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Poésie

Posts Tagged ‘luire’

Le poète (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2020



Mihai Criste - Tutt'Art@ (34)

Le poète est la synthèse des générations qui ont convoité la beauté absolue
quand elles ont vu luire en elle un éclat de l’édifice cosmique…

(Srecko Kosovel)

Illustration: Mihai Criste

 

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Tout se tient (Marc Alyn)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2020



 

Martin Jarrie 562 [1280x768] [1280x768]

Tout se tient

Tout se tient, tout se suit,
Rien ne naît au hasard:
L’amour, le nid, la vie,
La vigne, le vin noir.

Quand il fait jour ici
C’est la nuit quelque part;
Le soleil et la pluie
S’effacent sans retard.

Bourgeon, fleur et puis fruit,
Enfant, homme, vieillard;
Avant le pain, l’épi,
Après la peur, l’espoir.

Hier crée aujourd’hui,
Le matin sort du soir,
Le non contient le oui
Comme le blanc le noir.

Tout se tient, tout se lie.
Chacun guette au miroir
Telle image de lui
Qu’il crut un jour y voir.

Le temps coule et s’enfuit
Vers la mer ou la mare.
Qu’importe! L’instant luit
Mieux que toute la gloire.

(Marc Alyn)

Illustration: Martin Jarrie

 

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L’enfant (Marc Alyn)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2020



 

Adam Tan  kj54o1_500 [1280x768]

L’enfant dont la tête buissonne
Fait semblant d’être ici, mais non,
Au fond, il n’est là pour personne,
Ses yeux voient d’autres horizons.

L’enfant dont la tête bourgeonne
Lit feuille à feuille la forêt
Comme un grand livre qui frissonne
Plein d’écureuils et de furets.

L’enfant dont la tête grillonne
Respire un air de mélodie;
En lui la nuit d’été ronronne
Quand il prend son bain de minuit.

L’enfant dont la tête rayonne
Est un soleil qui luit au ciel:
S’il se perd, qu’une fée lui donne
Pour goûter un rayon de miel.

(Marc Alyn)

Illustration: Adam Tan

 

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ESTAMPE (Isabelle de Gill)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2020



Illustration: Hiroshige
    
ESTAMPE

Barque de joie
Harpe de soie
Forêt de nuit
Ombre qui luit

Sirop de lune
Dans la lagune
Soupirs d’un pont
Vers le lagon

(Isabelle de Gill)

 

Recueil: Arpèges
Traduction:
Editions: Les Délices

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Rondeau de la dernière goutte de pluie (Jacques Roubaud)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2020



Illustration
    
Rondeau de la dernière goutte de pluie

La dernière goutte de pluie
Sait-elle qu’elle est la dernière ?
Elle se hâte vers la terre
Derrière elle le soleil luit

Déjà les grands arbres s’essuient
Pendant qu’elle tombe, légère
La dernière goutte de pluie

Au creux d’une feuille de buis
Qui l’abrite de la lumière
Elle s’évapore sans bruit
La dernière goutte de pluie

(Jacques Roubaud)

 

Recueil: Rondeaux poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

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Noël (Jean-Louis Vanham)

Posted by arbrealettres sur 25 décembre 2019



Les-3-sapins

Noël

Trois petits sapins
Se donnaient la main
Car c’était Noël
De la terre au ciel.

Prirent le chemin
Menant au village
Jusqu’à l’étalage
D’un grand magasin.

Là, ils se couvrirent
De tout ce qui brille:
Boules et bougies,
Guirlandes pour luire,

Et s’en retournèrent
La main dans la main
Par le beau chemin
De l’étoile claire

Jusqu’à la forêt
Où minuit sonnait,
Car c’était Noël
De la terre au ciel.

(Jean-Louis Vanham)

 

 

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QUE PENSENT LES ÉTOILES (Itzhak-Leibush Peretz)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2019




Illustration: Vincent Van Gogh

    
QUE PENSENT LES ÉTOILES

Que méditent, à quoi pensent
Les étoiles dans leur transe
Lorsque les larmes qui luisent
Au fond des yeux s’y calcinent ?
Que pense donc, à quoi rêve
La triste source flétrie ?
Fulgure-t-elle, sa brève
Lueur parfois dans la vie,
L’éclair qui nous irradie?
Nous qui recherchons sans trêve
Dans les jours d’obscurité
Pour la pauvre humanité
Le chemin qu’elle perdit?

Que méditent donc, que pensent
Ceux-là sans cesse qui poussent
La brouette des souffrances ?
Est-ce qu’au moins sur leurs lèvres
Que pèlent et que calcinent
Les perpétuels soucis
Brille parfois un sourire ?
Un reflet de l’avenir,
D’un lendemain plus heureux
Qui nous ferait reconnaître
Dans les ténèbres des cieux
Toute dorée, une rive ?

À quoi pense la famine
Dans les caves faméliques ?
Le sommeil ne veut venir
Et la nuit n’est que silence,
Est-ce qu’au moins elle entend
Dans la paix l’écho de fer –

C’est le pas pesant des temps,
Générations en marche,
Est-ce que le ciel se fend
Parfois dans la main de Dieu ?
Est-ce qu’il voit le tonnerre,
Est-ce qu’il sait que c’est vrai?

(Itzhak-Leibush Peretz)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Écoutez ! (Vladimir Maïakovski)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2019


 


 

Sarolta Bán n-03 [1280x768]

Écoutez !
Puisqu’on allume les étoiles,
c’est qu’elles sont à
quelqu’un nécessaires?
C’est que quelqu’un désire
qu’elles soient?
C’est que quelqu’un dit perles
ces crachats?
Et, forçant la bourrasque à midi des poussières,
il fonce jusqu’à Dieu,
craint d’arriver trop tard, pleure,
baise sa main noueuse, implore
il lui faut une étoile!
jure qu’il ne peut supporter
son martyre sans étoiles.

Ensuite,
il promène son angoisse,
il fait semblant d’être calme.
Il dit à quelqu’un :
 » Maintenant, tu vas mieux,
n’est-ce pas? T’as plus peur ? Dis ?  »

Écoutez !
Puisqu’on allume les étoiles,
c’est qu’elles sont à quelqu’un nécessaires ?
c’est qu’il est indispensable,
que tous les soirs
au-dessus des toits
se mette à luire seule au moins
une étoile?

(Vladimir Maïakovski)

Illustration: Sarolta Bán

 

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Une plume de la lune (Géo Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2019



 

Une plume de la lune
lutine le ver qui luit
elle allume pour chacune
la lunule brune et fuit.
Avec l’ut du luth tu luttes
pure lune sans appui
et les flûtes que vous fûtes,
roseaux, annulent l’ennui.

(Géo Libbrecht)

 

 

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Les dés éternels (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2019




    
Les dés éternels
Pour Manuel Gonzalez Prada

Mon Dieu, je pleure sur l’être que je vis
je regrette d’avoir pris ton pain;
mais la pauvre boue pensive que je suis
n’est pas croûte fermentée dans ton flanc :
toi tu n’as pas de Maries qui s’en vont!

Mon Dieu, si tu avais été un homme,
aujourd’hui tu saurais être Dieu;
mais toi, qui as toujours été bien,
tu ne sens rien de ta création.
En fait l’homme te souffre : le Dieu c’est lui!

Aujourd’hui que dans mes yeux sorciers luisent des chandelles,
comme dans ceux d’un damné,
mon Dieu, tu vas allumer tous tes cierges,
et nous jouerons avec le vieux dé…
Peut-être que, oh joueur! sortant le chiffre
de l’univers entier
surgiront les cernes de la Mort,
comme deux funèbres as de boue.

Mon Dieu, en cette nuit sourde, obscure,
tu ne pourras plus jouer, car la Terre
est un dé rongé et désormais rond
à force de rouler à l’aventure,
qui ne peut s’arrêter que dans un trou,
le trou d’une immense sépulture.

(César Vallejo)

 

Recueil: Poésie complète 1919-1937
Traduction: Nicole Réda-Euvremer
Editions: Flammarion

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