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Poésie

Posts Tagged ‘luire’

AMOUR IMMACULÉ (Emile Nelligan)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2021



AMOUR IMMACULÉ

Je sais en une église un vitrail merveilleux
Où quelque artiste illustre, inspiré des archanges,
A peint d’une façon mystique, en robe à franges,
Le front nimbé d’un astre, une Sainte aux yeux
bleus.

Le soir, l’esprit hanté de rêves nébuleux
Et du céleste écho de récitals étranges,
Je m’en viens la prier sous les lueurs orange
De la lune qui luit entre ses blonds cheveux.

Telle sur le vitrail de mon coeur je t’ai peinte,
Ma romanesque aimée, ô pâle et blonde sainte,
Toi, la seule que j’aime et toujours aimerai;

Mais tu restes muette, impassible, et, trop fière,
Tu te plais à me voir, sombre et désespéré,
Errer dans mon amour comme en un cimetière !

(Emile Nelligan)

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Le Soleil a rendez-vous avec la Lune (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2021



 

eclipse soleil

Le Soleil a rendez-vous avec la Lune

1. Sur le toit de l´hôtel où je vis avec toi
Quand j´attends ta venue mon amie
Que la nuit fait chanter plus fort et mieux que moi
Tous les chats tous les chat tous les chats
Que dit-on sur les toits que répètent les voix
De ces chats de ces chats qui s´ennuient
Des chansons que je sais que je traduis pour toi
Les voici les voici les voilà…

{Refrain:}
Le soleil a rendez-vous avec la lune
Mais la lune n´est pas là et le soleil l´attend
Ici-bas souvent chacun pour sa chacune
Chacun doit en faire autant
La lune est là, la lune est là
La lune est là, mais le soleil ne la voit pas
Pour la trouver il faut la nuit
Il faut la nuit mais le soleil ne le sait pas et toujours luit
Le soleil a rendez-vous avec la lune
Mais la lune n´est pas là et le soleil l´attend
Papa dit qu´il a vu ça lui…

2. Des savants avertis par la pluie et le vent
Annonçaient un jour la fin du monde
Les journaux commentaient en termes émouvants
Les avis les aveux des savants
Bien des gens affolés demandaient aux agents
Si le monde était pris dans la ronde
C´est alors que docteurs savants et professeurs
Entonnèrent subito tous en chœur

{Refrain}

3. Philosophes écoutez cette phrase est pour vous
Le bonheur est un astre volage
Qui s´enfuit à l´appel de bien des rendez-vous
Il s´efface il se meurt devant nous
Quand on croit qu´il est loin il est là tout près de vous
Il voyage il voyage il voyage
Puis il part il revient il s´en va n´importe où
Cherchez-le il est un peu partout…

(Charles Trenet)

 

 

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LA FORÊT AUX CERFS (Wang Wei)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2021



Illustration: ArbreaPhotos
    
LA FORÊT AUX CERFS

La montagne est déserte,
je ne vois personne.
A peine me parvient
l’écho de voix lointaines.
Un dernier trait de soleil
perce la profondeur de la forêt :
sur la mousse verte,
luit un éclat de lumière.

(Wang Wei)

 

Recueil: Neige sur la montagne du lotus Chants et vers de la Chine ancienne
Traduction: Ferdinand Stočes
Editions: Picquier poche

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LA MORT DU CLOWN (Jan Van Nijlen)

Posted by arbrealettres sur 10 mai 2021



    

LA MORT DU CLOWN

Je ris parce que je sais que je vis toujours
et je rirai toujours quand je ne serai plus :
l’ombre luisante laissée par l’amour est
un astre qu’on voit, bien qu’il ait disparu.

***

LA MORT DU CLOWN JAN VAN

Ik lach omdat ik weet dat ik blijf leven,
en lachen zal als ik niet meer zal zijn :
de door de liefde nagelaten schijn
is als een ster, zichtbaar ofschoon verdwenen.

(Jan Van Nijlen)

 

Recueil: Petite anthologie Poésie européenne
Traduction:
Editions: Singulières

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Fillettes (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2021



Fillettes

En longue file, viennent et vont
Les diablotins, mes petites saintes;
Et c’est du chaud pain frais que leur front –
Yeux de charbon, braises de charbon
Encor non éteintes.

En longue file, viennent et vont,
Et leurs amours aux fleurs sont pareilles;
Comme muguets aiment les garçons –
Vont aux garçons comme grives vont
Aux raisins des treilles.

En longue file, viennent et vont,
Même pleurantes, ne font que rire;
Lointaines sont, et lointaines vont –
Ainsi l’on voit, par les soirs trop bons,
Les étoiles luire.

(Attila Jozsef)


Illustration: Jean-Honoré Fragonnard

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MARIE (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2021



MARIE

Si luisent les armes de ta chair
Je vois d’un coup le pique noir
De ton secret de reine de cartes
Mon coeur fermé s’ouvre

O prairie de velours et vous les perfidies
Les jeux secrets et les violences
De vous j’étais ignorant
Du bourreau et de la potence

(Pierre Morhange)


Illustration

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Après l’hiver (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2021



    

Après l’hiver

Tout revit, ma bien aimée !
Le ciel gris perd sa pâleur ;
Quand la terre est embaumée,
Le coeur de l’homme est meilleur.

En haut, d’où l’amour ruiselle,
En bas, où meurt la douleur,
La même immense étincelle
Allume l’astre et la fleur.

L’hiver fuit, saison d’alarmes,
Noir avril mystérieux
Où l’âpre sève des larmes
Coule, et du coeur monte aux yeux.

O douce désuétude
De souffrir et de pleurer !
Veux-tu, dans la solitude,
Nous mettre à nous adorer ?

La branche au soleil se dore
Et penche, pour l’abriter,
Ses boutons qui vont éclore
Sur l’oiseau qui va chanter.

L’aurore où nous nous aimâmes
Semble renaître à nos yeux ;
Et mai sourit dans nos âmes
Comme il sourit dans les cieux.

On entend rire, on voit luire
Tous les êtres tour à tour,
La nuit les astres bruire,
Et les abeilles le jour.

Et partout nos regards lisent,
Et, dans l’herbe et dans les nids,
De petites voix nous disent :
« Les aimants sont les bénis ! »

L’air enivre ; tu reposes
A mon cou tes bras vainqueurs.
Sur les rosiers que de roses !
Que de soupirs dans nos coeurs !

Comme l’aube, tu me charmes ;
Ta bouche et tes yeux chéris
Ont, quand tu pleures, ses larmes,
Et ses perles quand tu ris.

La nature, soeur jumelle
D’Eve et d’Adam et du jour,
Nous aime, nous berce et mêle
Son mystère à notre amour.

Il Suffit que tu paraisses
Pour que le ciel, t’adorant,
Te contemple ; et, nos caresses,
Toute l’ombre nous les rend !

Clartés et parfums nous-mêmes,
Nous baignons nos coeurs heureux
Dans les effluves suprêmes
Des éléments amoureux.

Et, sans qu’un souci t’oppresse,
Sans que ce soit mon tourment,
J’ai l’étoile pour maîtresse ;
Le soleil est ton amant ;

Et nous donnons notre fièvre
Aux fleurs où nous appuyons
Nos bouches, et notre lèvre
Sent le baiser des rayons.

(Victor Hugo)

 

Recueil: Cent poèmes de Vivtor Hugo
Traduction:
Editions: Omnibus

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Officiers de la garde blanche (Louise de Vilmorin)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2020



Officiers de la garde blanche,
Gardez-moi de certaines pensées la nuit.
Gardez-moi des corps à corps et de l’appui
D’une main sur ma hanche.
Gardez-moi surtout de lui
Qui par la manche m’entraîne
Vers le hasard des mains pleines
Et les ailleurs d’eau qui luit.
Épargnez-moi les tourments en tourmente
De l’aimer un jour plus qu’aujourd’hui,
Et la froide moiteur des attentes
Qui presseront aux vitres et aux portes
Mon profil de dame déjà morte.
Officiers de la garde blanche,
Je ne veux pas pleurer pour lui
Sur terre. Je veux pleurer en pluie
Sur sa terre, sur son astre orné de buis,
Lorsque plus tard je planerai transparente,
Au-dessus des cent pas d’ennui.
Officiers des consciences pures,
Vous qui faites les visages beaux,
Confiez dans l’espace au vol des oiseaux
Un message pour les chercheurs de mesure
Et forgez pour nous des chaînes sans anneaux.

(Louise de Vilmorin)

 

 

 

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TOUJOURS L’AMOUR EST EN CRAINTE (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2020



TOUJOURS L’AMOUR EST EN CRAINTE

Ce vent avive la forêt
Avive d’autres vents qui portent nos nuées
Avive l’ombre que dans notre nuit tu fais
Où vont luire mes yeux comme des chats sauvages

Je vois que rien que toi ne compte
Tu as besoin de moi pour qu’il en soit ainsi
Et je suis ton Valet de crainte et de soucis
Son épée sur le temps qui lentement remonte.

(Pierre Morhange)

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MARINE (Paul Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2020



MARINE

L’océan sonore
Palpite sous l’oeil
De la lune en deuil
Et palpite encore,

Tandis qu’un éclair
Brutal et sinistre
Fend le ciel de bistre
D’un long zigzag clair,

Et que chaque lame,
En bonds convulsifs
Parmi les récifs,
Va, vient, luit et clame,

Et qu’au firmament,
Où l’ouragan erre
Rugit le tonnerre
Formidablement.

(Paul Verlaine)

Illustration

 

 

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