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Posts Tagged ‘diamant’

A FLEUR DE CHANCE (Georges Henein)

Posted by arbrealettres sur 21 juin 2022


 


Paige Bradley (6)

A FLEUR DE CHANCE

tu n’es pas venue d’aussi loin qu’on le penserait
tu n’as fait que ralentir ta marche à ma hauteur
j’ai trouvé ta tête près de moi comme une lettre sur ma table
comme une lettre que je n’ai pas besoin de décacheter
pour savoir ce qu’elle contient
et que tout s’y décline en clins d’herbe
en chevauchées d’écume à la poursuite du plus haut diamant rétif dans son nid d’aigle
désormais l’imprévu et l’habituel se confondent pour nous dans un grand cri de distraction
une seule rue suffit à nous rendre semblables
la barricade de la vie c’est un sourcil qui se hausse
la petite chanson de l’écolier puni qui trompe l’ennui dans un coin sombre
l’inaperçu nous berce comme un domaine acquis d’une seule caresse de la main
nous nous dirigeons l’oreille légère au fil rompu des torrents,
sur les deux rives les éventails mettent une pudeur d’enlèvement
nous sautons d’une roche à l’autre
notre sourire est le cerceau qui nous précède à fleur de chance
notre rôle n’a jamais été aussi beau
nous cultivons la première morsure des superstitions de l’avenir.

(Georges Henein)

Illustration: Paige Bradley

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N’être que (Claude Haller)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2022




    

N’être que

Je ne suis qu’hirondelle
Disait l’hirondelle

Non tu es vent
Souffle espace
Fouet superbe du mouvement

Je ne suis qu’océan
Disait l’océan

Non tu es vague
Dérive et croisière
En un champ de diamants bleus
Prête-moi ta houle
Pour chanter un air

Je ne suis qu’amour
Disait l’amour

Non tu es l’espoir
Et la douleur
Mêlés en l’effusion trouble
D’un bouquet rose et noir

Prête-moi ton coeur
Pour écrire ma vie
et l’hymne de ma souriante mort

(Claude Haller)

Recueil: Poèmes du petit matin
Traduction:
Editions: Hachette

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Dans cette heure qui meurt sur un saule qui tremble (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 31 décembre 2021




    
Dans cette heure qui meurt sur un saule qui tremble,
Où l’on aime en silence et comme en souvenir,
Tant l’amour se fait âme et la chair se fait ombre,
mais ombre palpitante, ivre de soutenir
L’infini d’un instant délicieux et sombre
moment de diamant qui vaut des jours sans nombre
Et nous fait pressentir l’immensité de nous,
Alors, serrant nos mains jointes sur tes genoux
Nous savons dans nos coeurs leurs forces se répondre
Et nous laissons gravir nos degrés les plus doux
Par la nécessité suprême de nous fondre…

(Paul Valéry)

 

 

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REGARD (Guy Dieppedalle)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2021




REGARD

Je regarde briller les diamants
Dans l’écrin de tes yeux.
J’écoute le vent chaud de ton sourire
Au jardin de mon coeur.
Je tente de poser mes pas quotidiens
Sur le sentier de tes pensées.
Je cueille les fruits du désir
A l’arbre de la vie.
Je sens le parfum de tes doigts
Sur la fleur de ma peau.
Regard.

Et mon esprit vagabonde
Comme un enfant sur les étoiles
Je voudrais être un lever de soleil
A l’horizon de tes rêves.
Ou le clochard d’un soir
Sur le banc de ton existence.
Je voudrais être une corde de guitare
Pour danser sur les vagues de ta main.
Le temps d’un refrain.
L’espace d’un jour.
Le temps d’un regard
D’un regard d’amour.

(Guy Dieppedalle)

Illustration: Pierre-Auguste Renoir

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La vie (Robert Momeux)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2021



La vie

La vie est un diamant étonné
dans la main rêveuse
du hasard

(Robert Momeux)

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La Lune (Louis Simon Denise)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2021


 


 

Theophile-Alexandre Steinlen (1859-1923)  -Chat au Clair de Lune

La Lune

Dans la nuit qu’elle argente avec son regard blanc,
Faisant hurler les chiens et chanter les poètes,
La lune pend, légère, ainsi qu’un cerf-volant.

Au milieu des tuyaux longs et des girouettes
Qui dentellent les toit blancs de leur profil noir,
Chagrine, elle poursuit les chattes inquiètes,

En guettant les matous lascifs qui vont s’asseoir
Au bord de la gouttière, elle monte la garde
Devant ces diamants, les étoiles du soir.

Voici l’astre aux blancheurs métalliques qui farde
De craie, au fond du ciel, son masque glacial,
La lune pâle et ronde, attirante et blafarde,

Comme un suave écu de cent sous idéal.

(Louis Simon Denise)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration: Théophile-Alexandre Steinlen

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LE GRAND DÉFI (Jacques Rabemananjara)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2021




LE GRAND DÉFI

I

Ton corps était tendu de grâce et d’insolence :
Le grand défi brillait d’un feu de diamant
dans tes yeux où l’amour en pleine virulence
rutilait comme un astre au fond du firmament.

Nous reprîmes le chant de nos premières fêtes :
Le monde de nouveau chancela sous nos poids,
tellement nous étions lourds de tous nos émois ;
royale tu m’ouvris les alcôves secrètes.

Aussitôt jaillissant du sarcophage d’or
telle tu m’apparus qu’en songe j’avais prise :
reine Néfertiti sans voile ni trésor,

ayant pour seul atour sa beauté reconquise
ou bien, livrée à la caresse de nos brises,
ondine d’Alassour, nymphe des lacs du Nord.

II

Royale tu m’ouvris les alcôves du ciel :
Par quel prodige, par quelle métamorphose
dans ton lit devenu l’axe de toute chose,
l’Univers retrouva son centre essentiel !

Ce fut le tourbillon fantastique des sens
pris soudain dans la ronde éternelle des astres.
Et tel fut le combat que jouant les désastres
il nous rongea les os et nous brilla le sang.

Cherchant de nos volcans les plus riches vestiges
nous tournions, nous tournions sur nos propres vertiges
avant la chute d’or dans le cratère en feu.

Le bonheur renaissait de la chaude coulée
des laves dévalant les flancs nus et nerveux
de ta divinité de nouveau révélée.

III

O Déesse, voici le temps de l’apogée :
La terre disparaît avec son rituel
et son cortège de soucis habituels.
C’est l’ivresse du ciel par l’amour propagée

qui déferle sur nous en beaux cyclones d’or.
Quelle force nous lance au-delà de nous-mêmes,
plus haut que notre rêve et plus loin que la mort.
Le zénith nous délivre un message suprême

pour franchir la frontière au col de l’infini.
Nous avons à passer la charge la plus lourde
dont un simple mortel se soit jamais muni.

Notre soif est si grande et si fraîche la gourde
que du désert brillant le sable et les rocailles
s’en trouvent attendris jusque dans les entrailles.

(Jacques Rabemananjara)

Illustration

 

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LE SENS (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2021



Illustration
    
LE SENS

Le sens ne réside pas en un lieu.
C’est comme une lèvre tronquée
ou la musique d’une planète lointaine.
Rarement c’est un palais ou une plaine,
le diamant d’un vol ou le coeur de la pluie.
Parfois c’est le bourdonnement d’une abeille, une infime présence
et le jour est un feu brûlant sur la corolle de la mer.
Il s’abreuve de violence et d’obscurité
et ses rivages sont jonchés d’oubli et de chaos.
Ses caprices contiennent toute la distance du silence
et tout l’éclat du désir. Avec une musique désespérée,
il craque parfois sous le masque du temps.
Avec des cendres d’eau, il crée des halos de pénombre
et d’un côté c’est le désert, de l’autre une cataracte.
On peut le parcourir certaines fois comme le spectre solaire
ou le sentir comme un cri en lambeaux ou une porte condamnée.
Souvent ses noms ne sont pas des noms,
mais des blessures, des murailles sourdes, des lames effilées,
de minuscules racines, des chiens d’ombre, des ossements de lune.
Toutefois, il est toujours l’amant désiré que
recherche le poète dans les remous des ténèbres.

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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La vierge aux yeux bleus (Alfred de Musset)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2021



Et la vierge aux yeux bleus, sur la souple ottomane,
Dans ses bras parfumés te berçait mollement;
De la fille de roi jusqu’à la paysanne
Tu ne méprisais rien, même la courtisane,
A qui tu disputais son misérable amant;
Mineur, qui dans un puits cherchais un diamant.

(Alfred de Musset)


Illustration: Jean-Auguste-Dominique Ingres

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THÈME SENTIMENTAL (Emile Nelligan)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2021



THÈME SENTIMENTAL

Je t’ai vue un soir me sourire
Dans la planète des Bergers :
Tu descendais à pas légers
Du seuil d’un château de porphyre.

Et ton oeil de diamant rare
Éblouissait le règne astral.
Femme, depuis, par mont ou val,
Femme, beau marbre de Carrare,

Ta voix me hante en sons chargés
De mystère et fait mon martyre,
Car toujours je te vois sourire
Dans la planète des Bergers.

(Emile Nelligan)

Illustration: Georges Paul François Laurent Laugée

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