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Poésie

Posts Tagged ‘diamant’

Je déboutonne ton chemisier (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 16 juillet 2020



Tu accroches
tes robes
un peu
partout
dans la chambre
de bonne
où tu loges
tes vingt ans

Moi je viens
mettre
mon nez
dedans
comme on ouvre
des huîtres
pour
respirer l’air
du grand
large
et de la marée

Sur un gaz de
fortune
tu as laissé
des lentilles
gonfler
sans pudeur
dans l’eau
comme
grossit un désir

Bouton
de nacre après
bouton
je déboutonne
ton
chemisier
vert pomme
et laitue tendre

Comme on ouvre
à la bourse
d’Anvers
les sachets pliés
pleins
de diamants bruts

(Werner Lambersy)


Illustration

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Ne vous tenez pas devant ma tombe en pleurant (Mary Elizabeth Frye)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2020



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Ne vous tenez pas devant ma tombe en pleurant.
Je n’y suis pas, je ne dors pas.
Je souffle dans le ciel tel un millier de vents,
Je suis l’éclat du diamant sur la neige,
Je suis la douce pluie d’automne,
Je suis les champs de blé.
Je suis le silence du matin,
Je suis dans la course gracieuse
Des magnifiques oiseaux qui volent,
Je suis l’éclat des étoiles dans la nuit.
Je suis dans chaque fleur qui s’épanouit,
Je suis dans une pièce tranquille.
Je suis dans chaque oiseau qui chante,
Je suis dans chaque belle chose.
Ne vous tenez pas devant ma tombe en pleurant,
Je n’y suis pas. Je vis encore.

***

Do not stand at my grave and weep
I am not there; I do not sleep.
I am a thousand winds that blow,
I am the diamond glints on snow,
I am the sun on ripened grain,
I am the gentle autumn rain.
When you awaken in the morning’s hush
I am the swift uplifting rush
Of quiet birds in circled flight.
I am the soft stars that shine at night.
Do not stand at my grave and cry,
I am not there; I did not die.

(Mary Elizabeth Frye)

 

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UN HOMME ATTEND L’AUBE (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2020



 

Illustration: Christophe Saccard
    
UN HOMME ATTEND L’AUBE

Le livret militaire, le diplôme de docteur
Et quelques lyriques tourmentes.
Sur la colline,
Tranquille,
Le moulin à vent.
Le miroir du lac
S’assombrit dans le soir.
Sur une maison abandonnée
La chouette chuinte.
Les étoiles sont loin.
De la fraîcheur.
Il fait bon maintenant
Etre avec les siens
Autour de la table
Sous la lampe à pétrole.
Un chien aboie
Sur l’étranger qui passe.
Seul.
Les chemins vont dans les ténèbres.
Silence.
Des diamants — les étoiles —
Ecorchent le verre bleu de la nuit.
Déserte, la plaine.
Un mur inachevé.

Ruines. Odeur de ciguë.
Ici, dans les fondations,
Le maître-maçon
N’a pas emmuré son amour.
Demain
Sur les pierres chaudes, au soleil,
Sortiront les lézards.
Demain !
Soleil !
Ici il y a du feu dans l’âtre.
Sous les cendres, la braise.
Des vieilles ramures
Jaillit la flamme.
Le passé est une souche
Sur laquelle est assis un homme,
Le visage éclairé
Par la flambée.
Le visage éclairé,
Un homme
Attend l’aube.

(Mihai Beniuc)

 

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CHANTS A LA JEUNE FILLE NOIRE (Langston Hughes)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2020



 

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CHANTS A LA JEUNE FILLE NOIRE

Que ne suis-je
Un joyau
Un joyau brisé
Pour que tombent à tes pieds
Tous mes diamants éclatants,
O ma ténébreuse!
Que ne suis-je
Un vêtement
Un vêtement de soie chatoyante,
Pour que tous mes plis
Enveloppent ton corps,
Absorbent ton corps,
Soutiennent et cachent ton corps,
O ma ténébreuse!
Que ne suis-je
Une flamme,
Une flamme unique, vive et bondissante,
Pour anéantir ton corps
O, ma ténébreuse!

(Langston Hughes)

 

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Aux fleurs (Albert Lozeau)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2020



Aux fleurs

Fleurs des bois, fleurs des prés, fleurs aux formes parfaites,
Quelle peine sincère, en ce mois, vous nous faites !
Vos coupes de parfums, vos vases de couleurs,
Vos calices de miel, vos corolles de pleurs,
Vos feuillages luisants, vos tiges élancées
Harmonieusement par la brise bercées,
Rien de votre beauté frêle n’a parfumé
Ni réjoui ce triste et frileux mois de mai !
Sans doute, un peu de vous dans la grâce des femmes
A charmé nos regards et consolé nos âmes…
Vos grandes sœurs ont eu leur règne séduisant
Et c’est le tour des plus petites, à présent.
– Églantines, lilas, tulipes, violettes,
C’est le printemps ! Muguets, agitez vos clochettes !
Dans les cerisiers blancs, dans les pommiers fleuris,
Le merle vous appelle avec de petits cris ;
Et les amants qui font l’amour à lèvres closes,
Ne peuvent rien se dire en l’absence des roses…
La terre, sous son herbe avare, vous attend,
Marguerite au cœur d’or, svelte lys éclatant,
Narcisse rose et blanc, pensée au velours sombre,
Et rêve de sommeil à votre petite ombre.
Chantez-nous la chanson délicate du bleu,
Et la gamme du rose exquis au rouge feu ;
Détaillez-nous la forme ascétique ou charnue,
Épanouie en boule, étoilée ou menue,
Et la variété soyeuse du satin,
Sa nuance innombrable au soleil du matin,
Ses éblouissements de pierres précieuses,
Ses ors, ses argents mats, ses pourpres somptueuses !
Comme trempé de sang, qu’on aperçoive au loin
L’ardent coquelicot dressé dans le sainfoin,
Et que dans la forêt, dentelée et légère,
Verte au pied du tronc gris, foisonne la fougère !
Point d’abeilles sans vous et point de papillons
Qui voltigent, de miel en miel, dans les rayons.
Vous êtes la lumière éclairant toute chose,
Ou bleue ou blanche ou mauve ou violette ou rose,
Et qui s’est incarnée en votre fine chair
Et, sous le ciel de pluie ou le firmament clair,
De vos calices fait de petites veilleuses
Frissonnantes au vent, douces et merveilleuses !
Vous êtes les parfums enivrants des sentiers,
Qui s’exhalent sans s’épuiser, des jours entiers,
Et, moite, dans le bois profond au vaste dôme,
Fume et l’emplit, pareil à l’encens, votre arôme !
La jeune fille rit en s’embaumant à vous,
Et pour vous respirer baise vos cœurs si doux.
Quand elle vous caresse à sa lèvre, on peut dire
Que la lèvre a l’odeur et la fleur le sourire !
Vous embellissez tout ; l’eau devient diamant
Dès que sur vous la goutte étincelle un moment,
Et lorsqu’un papillon brun en vous s’aventure,
Vous composez un prodige de la nature !
– Fleurs des champs, fleurs des bois, riches fleurs des jardins,
Splendide floraison : velours, tulles, satins ;
Humbles fleurs qui croissez au bord des grandes routes,
Fleurs indigentes qui bientôt vous fanez toutes ;
Fleurs à qui chaque jour le jet de l’arrosoir
Prodigue la fraîcheur qu’entretiendra le soir ;
Et vous, chétives fleurs tristes et négligées,
Qui n’êtes pas souvent d’eau limpide aspergées,
Qui comptez sur le ciel seulement, et que juin
Négligemment arrose en passant – et de loin,
C’est la saison ! Ne nous laissez pas dans la peine :
Sans couleurs, sans parfums, qu’est l’existence humaine ?

(Albert Lozeau)

 

 

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Pluies (Suzanne François)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2020




    
Pluies

La pluie d’avril est venue ce jour-là
Avec des gouttes de soleil
La pluie d’avril est venue ce jour-là
Un jour vermeil.

La pluie d’orage est venue ce jour-là
Avec des gouttes de chaleur
La pluie d’orage est venue ce jour-là
Un jour de peur.

La pluie d’automne est venue ce jour-là
Avec des gouttes de chagrin
La pluie d’automne est venue ce jour-là
Un jour sans fin.

La pluie de neige est venue ce jour-là
Avec des gouttes de diamant
La pluie de neige est venue ce jour-là
Un jour tout blanc.

La pluie de d’avril un jour nous reviendra
Avec ses gouttes de soleil
La pluie de d’avril un jour nous reviendra
Un jour vermeil.

(Suzanne François)

 

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Le Charme (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2020


Le Charme

Par la vertu d’un charme
rêve une pucelle
qu’elle pénètre dans le diamant taillé de sa bague
alors que les poissons sortis de l’eau
halètent sur la jeune herbe
monde illusoire
qu’abrite le soleil caché ou pas
sans trêve sur terre
et sur les eaux.

(Jean Follain)

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Poésie? (Michel Leiris)

Posted by arbrealettres sur 4 mars 2020



Cette chose sans nom
d’entre rire et sanglot
qui bouge en nous,
qu’il faut tirer de nous
et qui,
diamant de nos années
après le sommeil de bois mort,
constellera le blanc du papier.

(Michel Leiris)

Illustration: Josephine Wall

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Poésie ? (Michel Leiris)

Posted by arbrealettres sur 2 mars 2020



Poésie ?

Cette chose sans nom
d’entre rire et sanglot
qui bouge en nous,
qu’il faut tirer de nous
et qui,
diamant de nos années
après le sommeil de bois mort,
constellera le blanc du papier.

(Michel Leiris)

Illustration

 

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Cotapos a dit de ton rire (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2020



Cotapos a dit de ton rire qu’il tombe
comme fond le faucon du haut des tours soudaines
tu traverses, c’est vrai, le feuillage du monde
d’un éclair pourfendeur et parent de ton ciel.
ll tombe, et sautent les langues de la rosée,
les eaux du diamant, la lumière d’abeilles
et là où le silence habitait dans sa barbe
grenades du soleil, étoiles, tout éclate.
Avec le ciel c’est la nuit sombre qui descend,
et cloches et oeillets brûlent à pleine lune,
tandis que courent les chevaux des bourreliers :
je sais, tu es toute petite ; cependant
le rire pleut de toi comme d’un météore,
la nature par toi porte un nom électrique.

***

que cae, y corta, y saltan las lenguas del rocío,
las aguas del diamante, la luz con sus abejas
y allí donde vivía con su barba el silencio
estallan las granadas del sol y las estrellas,
se viene abajo el cielo con la noche sombría,
arden a plena luna campanas y claveles,
y corren los caballos de los talabarteros :
Cotapos dice que tu risa cae
como un halcón desde una brusca torre
y, es verdad, atraviesan el follaje del mundo
con un solo relámpago de tu estirpe celeste
porque tú siendo tan pequeñita como eres
dejas caer la risa desde tu meteoro
electrizando el nombre de la naturaleza.

(Pablo Neruda)

 

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