Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘étage’

Personne (José Craveirinha)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2020




    
Personne

jusqu’au quinzième étage
de l’édifice moderne en béton armé.
Le rythme
forestier du ferraillage dressé
architectoniquement dans l’air
Et un passant curieux
qui demande :
– Quelqu’un est-il déjà tombé des échafaudages?

Le ronronnement modéré des
moteurs aux huiles lourdes
et la réponse tranquille de l’entrepreneur:
– Personne. Rien que deux Noirs.

(José Craveirinha)

In amigos-de-mocambique.org
traduit du portugais par Marie-Claire Vromans

 

Recueil: 120 nuances d’Afrique
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Du haut du pavillon des Cigognes (Wang Zhi-huan)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2020




    
Du haut du pavillon des Cigognes

Le soleil blanc s’efface par-delà les montagnes
Le fleuve Jaune se rue vers la mer
Vaste pays qu’on voudrait d’un regard embrasser :
Montons encore d’un étage

(Wang Zhi-huan)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le mot sens (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2020



sens

Le mot sens

Ce mot polysémique est un diamant du vocabulaire français.
Comprimé en une seule syllabe, il donne lieu à trois définitions,
à savoir: sensation, direction et signification.
Ces trois définitions marquent en réalité les trois étapes,
ou les trois étages, de notre existence.
Et c’est justement à la lumière de la beauté
que ces trois définitions acquièrent leurs sens plénier.

En effet, la beauté a le don de provoquer en nous les ressentis les plus forts et les plus immédiats,
des ressentis aussi bien charnels qu’émotionnels.
Imprégné des sensations nées de ses ressentis,
notre être se sent attiré par la présence de la beauté et d’instinct va vers elle.
Ce faisant, il s’oriente vers une certaine direction.
Or, dès que notre existence prend une direction, elle prend sens.
Et lorsque cette direction ouvre sur un état d’harmonie et de communion,
autrement dit un état d’amour, ce qui est le cas de la beauté,
notre existence atteint sa plus haute signification,
parce que c’est alors qu’elle fait signe à la vraie vie;
et la vraie vie, à son tour, lui fait signe.

(François Cheng)

 

 

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

VILLE (David Hofstein)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2020



Illustration: Sylvie Bartczak
    
VILLE

Ville!
De très loin tu m’as appelé
Avec tes écheveaux de fer,
Je te voyais toujours du haut des monts,
De très loin tu m’as attiré
Avec l’aimant
Des clartés, des miroitements,
Tu m’as leurré
Et tu m’as capturé !
Tu as transpercé
La paix de ma maison champêtre
Avec le sifflement des trains,
Effrité, fracassé,
Avec le tremblement des rails,
Dans les hauteurs toujours se balançait
Toujours s’avançait
L’inquiétude de tes échos ensorcelés,
Ville!
Tu m’as capturé !

Sous mes yeux éblouis
Ton corps de pierre omnipotent
S’étend à présent
Au hasard des champs et des bois,
Avec ses tuyauteries enracinées dans les profondeurs
de la terre,
Les bras écartelés,
Étage sur étage, cour sur cour,
Caisse sur caisse, pièce sur pièce,
Noir par le bas et scintillant dans l’altitude,
Aiguisé par les toits, dentelé par les tours,
De rails reptiliens noué et ceinturé,
Tendu, enchevêtré,
De toiles d’araignées de fer,
Ville !
Tu m’as capturé!

(David Hofstein)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La peine a mille visages (Jean-Marc Soriano)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2019



Illustration: Vincent Van Gogh
    
La peine a mille visages
Dans un costard une pièce
Sans salle de bains
Quatrième étage
Sans ascenseur.

(Jean-Marc Soriano)

 

Recueil: Une nuit de 7 jours
Traduction:
Editions: Petitfleur

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , | Leave a Comment »

Parmi de perfides poses (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2018




    
Parmi de perfides poses

Visage de la vie essaie un peu tes poses
mets ton masque de Nô
dans le tunnel des paroles
dans l’imprécis dramatique des mains
file ma clarté j’ai déjà compris
le sang s’explique dit la santé
trois veines à gauche le coeur s’arrête
une bouche prouve dans l’air
l’indomptable étalon d’un splendide mystère
je n’ai qu’à tendre la main
je saisis aussitôt le mors et un baudet
ah j’ai honte on me lie de mes torts
je le sais je conviens de mon tort j’ai tort
d’attendre la musique d’attendre le miracle
la joie à sept étages qui m’enlèvera
un jour pour ne plus revenir.

(Jean Pérol)

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Le soldat et les servantes (Armand Lanoux)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2018



Le soldat et les servantes

Dans l’escalier qui roule
à grilles vers l’étage
où boivent les capitaines
voici les filles de Nancy
apportant le riesling.

Par de beaux rubans à dénouer
liant au creux des reins
mousseline et dentelles
dorment sur leurs jupes gonflées
les tabliers blancs
Pour le soldat qui les regarde
elles ne sont pas fières
les filles de Nancy.
C’est avec l’un que l’une ira
lorsque places et porches
seront d’ombre
rêver la ville aux rois
– c’est avec l’un que l’une ira
– douce est ta vareuse de drap
mon soldat
– ton corps qui fuit de toutes ses soies
laisse courir mes doigts.

Les filles de Nancy
– c’est avec l’un que l’une ira
aiment trop les fantassins
et rêvent qu’on les embrasse
comme dans les films.

Le train en partance ne revient pas
et le quai luira sous les pas
sous les pas et sous la pluie
– c’est avec l’un que l’une ira –
jamais il ne reviendra
et ce n’est plus vers vous qu’il ira
filles de Nancy
mais vers d’autres villes.

Avez-vous toujours
votre vin gris et vos rires
pour le caporal de jour
filles de Nancy ?

Parfois dans la ville lorraine
– Chantons
tous les soldats se ressemblent
– avec mes sabots dondaine
je ne suis pas si vilaine…
– Non pas j’en sais qui se sanglent
d’un geste si las
qu’ils sont beaux comme des anges
des anges qui marchent au pas.

Quand le café sera mort
mort de nuit
elles iront danser
belles d’ennui
dans tout les bouges du sort
les filles de Nancy.

(Armand Lanoux)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’occulte est né de la paresse (Antonin Artaud)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2018




    
Je ne crois pas qu’il y ait un monde occulte ou quelque chose de caché au monde,
je ne crois pas qu’il y ait sous le réel apparent
des étages enfouis ou refoulés de notions, de perceptions, de réalités, ou de vérités.

Je crois que tout l’essentiel surtout fut toujours à découvert et en surface
et que ça a coulé à pic et au fond
parce que les hommes n’ont pas su et pas voulu le maintenir.
C’est tout.

L’occulte est né de la paresse,
mais n’en est pas devenu occulte,
c’est à dire irrévélable, pour cela.

(Antonin Artaud)

 

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 4 Comments »

L’été nocturne (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018




    
L’été nocturne

Dans les herbages jaunes de cet été
Te souviens-tu, nocturne était notre tristesse
Cet été-là, au baiser de la boue
Au chant furieux mêlé au rien
A ces palais de feuilles tombées irrévélées

Et c’est là que ta voix se posait, tremblant
Sous mille fleurs conquises des arbres éternels

S’émeuvent autour de toi ces fleurs qu’on dit sans nom
Mais les fleurs ont un nom mais ta voix s’y absente
Ces fleuves labourés de barques qui s’achèvent
Perdues merveilleusement sur l’écume étagée

Des accords se poursuivent en leur exil noir
Sur ces eaux si amères où je parle en ton nom.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les étoiles n’ont pas d’amoureux (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2018




    
Les étoiles
n’ont pas d’amoureux.
Jolies
comme elles sont!

Elles attendent un galant
qui les enlèvera
vers la Venise idéale.

Chaque soir elles paraissent
aux grilles de leur fenêtre
— ô ciel à mille étages! —
et font des signes lyriques
aux océans d’ombre
qui les environnent.

Mais attendez, mes belles :
lorsque je mourrai plus tard
je vous prendrai une à une
sur ma jument de brouillard.

(Federico Garcia Lorca)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :