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Poésie

Posts Tagged ‘s’avancer’

Il croit distinguer un fin réseau de veine (Paul Nougé)

Posted by arbrealettres sur 26 septembre 2022



Il croit distinguer un fin réseau de veine.
Il se prend à désirer de toucher cet éventail presque impalpable.
Et le bras qui soutiennent cette fine ramure bleue.
Et le corps dont vivent les bras et le visage qu’il distingue mal
à cause de la lumière ou de sa honte.
Et voilà qu’il regarde sa main s’avancer vers la main de la femme.
Il va la toucher.
Elle retire la main.

(Paul Nougé)

Illustration

 

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UNE EXECUTION INTIME (Georges Henein)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2022



 

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UNE EXECUTION INTIME

c’est un instant toujours émouvant
que celui où l’on se demande
certains matins
si l’on va pouvoir reconnaître la vie

si les choses ont gardé la même place
si les places ont gardé le même nom
et s’il reste quelque part un miroir de secours
où l’on cesserait enfin de se voir
où l’on verrait plus loin que soi

alors c’est comme si l’on s’avançait tout seul
Boulevard Arago
à l’aube
pour une exécution intime
et l’on n’éprouve aucun soulagement
à l’idée que le bourreau n’est pas là

et pourtant tout à coup on se retourne
c’est bon signe
on se croyait suivi
il y a donc des gens qui en suivent d’autres
il y a donc une suite et c’est tout ce que l’on voulait savoir

dans les sous-bois du langage
une voix cherche à dire
le premier mot de la journée
comme on cherche sa clé
sur le palier dans le noir

on n’hésite plus
on mise sur cet objet perdu
sur cette voix déjà proche des faubourgs
sur l’étrangère qui s’appuie aux affiches lacérées de la vie
mais sur quoi ne s’appuierait-on pas ce matin ?
sur quelle blessure ?
— sur quel outrage ?

(Georges Henein)

Illustration

 

 

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La beauté doit venir d’un autre monde (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 18 juin 2022



Illustration
    
La beauté doit venir
D’un autre monde

Qui s’avance
Jusqu’au nôtre

Et parfois même
L’enveloppe.

Regarde
Cette chapelle romane,

Les prés alentour,
Le ciel qui s’incline,

Regarde et maintenant
Ose dire où nous sommes.

(Eugène Guillevic)

 

Recueil: Art poétique précédé de Paroi et suivi de Le Chant
Traduction:
Editions: Gallimard

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Désert vivant (Claude Haller)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2022




Illustration: Gabriel Lefebvre
    
Désert vivant

Écoute ce silence
Le désert est à nos portes
Voici que s’avance
La muette cohorte

Poids figé des dunes
Crêtes miragées
Ce soir sous la lune
Fleurit l’apogée

La caravane évanouie
Dans ce sable opulent
Trace l’inouï

(Claude Haller)

Recueil: Poèmes du petit matin
Traduction:
Editions: Hachette

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La Nostalgie chante (Rainer-Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2022



Illustration: Salvador Dali
    

La Nostalgie chante :

Je suis pour toi celle qui annonce et
souris doucement quand tu erres ; je
sais que du fond des solitudes tu
t’avances vers le grand bonheur et
que tu trouveras mes mains.

Je traverse avec toi toute prose et
mes conseils te font comprendre la
valeur de tous les destins.
Apprends : dans la plus petite rose
à voir venir le grand printemps.

(Rainer-Maria Rilke)

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Conter fleurette (Feng Menglong)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2022




    
Conter fleurette
(Chanson sur l’air de la « Branche suspendue »)

Je l’ai dans la peau,
La délicieuse petite,
Je meurs de ne pouvoir d’un coup l’avaler
Comme un grand bol d’eau, tant j’ai soif d’elle !
Des jours et des jours que je ne pense qu’à elle,
Des jours et des jours que j’attends.
En fin de compte, la nécessité me poussant,
J’ai pris tout mon courage,
Me suis avancé et l’ai baisée sur la bouche.
Le Ciel en soit loué, la Terre en soit remerciée :
Elle ne m’a pas repoussé.
« Si j’avais su plus tôt que tu voulais bien,
Je n’aurais pas attendu si tard d’en avoir le coeur net ! »

(Feng Menglong)

 

Recueil: Cent poèmes d’amour de la Chine ancienne
Traduction: André Lévy
Editions: Philippe Picquier

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Où étais-tu cachée? (Comptine du folklore Russe)

Posted by arbrealettres sur 4 avril 2022




Illustration: ArbreaPhotos
    
Où étais-tu cachée?

Qui vient là? Mais c’est ma chatte
Une brindille à la patte.
Le dos rond, elle passe le pont
Puis s’avance, l’oeil fripon.
Minou, minou, mounette,
Où étais-tu cachée?
Mounette répond tout net
Qu’elle gardait les poulettes
Depuis le déjeuner.

(Comptine du folklore Russe)

Traduction: Fabienne Finifter

Recueil: le chat en cent poèmes
Traduction:
Editions: Omnibus

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La nuit s’avance (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 7 février 2022




    
La nuit s’avance.
Le ciel est bleu.
Qui donc me manque ?

Le vent du sud
Noie jusqu’à l’âme
Mon corps au calme,

Quelqu’un m’attend,
O vent furtif ?
Je ne sais. Face brève,
Ferme les yeux. Viens !

(Fernando Pessoa)

Recueil: Oeuvres poétiques
Traduction:
Editions: Gallimard

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Premier adieu (Friedrich Nietsche)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2021




Premier adieu

Les étoiles s’avancent tristement
au ciel nu
les vents demandent avec détresse,
pourquoi je suis si calme.

Et la fenêtre déverse
l’éclat de la pleine lune,
ô rayons chéris, apaisez
mon coeur et sa peine !

Je ne sais si je dois rire, plaisanter,
ou pleurer ici —
mes yeux sont emplis de douleur
mais aussi d’ironie amère.

Et mes mains passent
ici et là presque en tremblant,
et mes pensées s’élargissent
à l’infini comme une mer.

J’ai entendu tinter les cloches
brièvement vers minuit.
Cela veut dire à présent pour moi
qu’on a fait une tombe.

On a enterré une année,
le nouvel an s’annonce.
On a enterré mon coeur,
et nul ne s’est enquis de moi.

(Friedrich Nietsche)

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Toute poésie est suspension (Gérard Bocholer)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2021




Illustration: ArbreaPhotos
    
Toute poésie
est suspension
(Henri Brémond)

Au-dessus de l’abîme de l’indicible, le poème va s’avancer,
se risquer au-dessus du vide.
S’il parle vrai,
ses lecteurs seront eux aussi suspendus durant un instant,
sur un seuil d’éternité.

Instant arraché à la durée, gagné sur l’inéluctable usure,
la perte, la destruction définitive.

(Gérard Bocholer)

 

Recueil: Le poème Exercice spirituel
Traduction:
Editions: Ad Solem

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