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Poésie

Posts Tagged ‘environner’

HORAIRE (Nuno Jùdice)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2021



 


    
HORAIRE

Le vent, dans les gares de province, fait un bruit semblable à celui que j’entendais enfant.

Ce vent ne ressemble à rien
de ce qui m’environne : la ville, des rues, des immeubles, images fugitives du vide.

Cependant, je m’arrête par instants pour mieux me souvenir de ce bruit qui a disparu.

Au loin, un bout de fleuve m’emmène de l’autre côté, où le vent souffle comme toujours.

Je sors de l’ombre pour marcher sur le quai que le soleil de l’après-midi rend insupportable, bien que je n’aille nulle part.

Le vent, parfois, se limite à dire que le terminus peut être une gare de passage.

(Nuno Jùdice)

 

Recueil: Un chant dans l’épaisseur du temps suivi de méditation sur des ruines
Traduction: Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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UNE FEE (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2020




    
UNE FEE

Que ce soit Urgèle ou Morgane,
J’aime, en un rêve sans effroi,
Qu’une fée, au corps diaphane,
Ainsi qu’une fleur qui se fane,
Vienne pencher son front sur moi.

C’est elle dont le luth d’ivoire
Me redit, sur un mâle accord,
Vos contes, qu’on n’oserait croire,
Bons paladins, si votre histoire
N’était plus merveilleuse encor.

C’est elle, aux choses qu’on révère
Qui m’ordonne de m’allier,
Et qui veut que ma main sévère
Joigne la harpe du trouvère
Au gantelet du chevalier.

Dans le désert qui me réclame,
Cachée en tout ce que je vois,
C’est elle qui fait, pour mon âme,
De chaque rayon une flamme,
Et de chaque bruit une voix ;

Elle, – qui dans l’onde agitée
Murmure en sortant du rocher,
Et, de me plaire tourmentée,
Suspend la cigogne argentée
Au faîte aigu du noir clocher ;

Quand, l’hiver, mon foyer pétille,
C’est elle qui vient s’y tapir,
Et me montre, au ciel qui scintille,
L’étoile qui s’éteint et brille,
Comme un œil prêt a s’assoupir ;

Qui, lorsqu’en des manoirs sauvages
J’erre, cherchant nos vieux berceaux,
M’environnant de mille images,
Comme un bruit du torrent des âges,
Fait mugir l’air sous les arceaux ;

Elle, – qui, la nuit, quand je veille,
M’apporte de confus abois,
Et, pour endormir mon oreille,
Dans le calme du soir, éveille
Un cor lointain au fond des bois.

Que ce soit Urgèle ou Morgane,
J’aime, en un rêve sans effroi,
Qu’une fée, au corps diaphane,
Ainsi qu’une fleur qui se fane,
Vienne pencher son front sur moi !

(Victor Hugo)

 

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La Douceur de la nuit (Suzanne François)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2020




Illustration: ArbreaPhotos
    
La Douceur de la nuit

La Douceur de la nuit pénètre
Au fond de nos coeurs
Et chacun en lui sent naître
Un calme bonheur
Et chacun en lui sent naître
Un calme bonheur

Sous le ciel plein de mille mondes
Nous sommes petits
Mais nos coeurs amis se fondent
Jusqu’à l’infini
Mais nos coeurs amis se fondent
Jusqu’à l’infini

Cette paix qui nous environne
Demain et toujours
Qu’elle soit tranquille et bonne
Jusqu’au dernier jour
Qu’elle soit tranquille et bonne
Jusqu’au dernier jour

(Suzanne François)

 

 

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Je reviens à la mer (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2020



Je reviens à la mer et le ciel m’environne:
le silence, entre la vague et celle qui suit
établit une dangereuse interruption:
la vie s’éteint, le sang se tranquillise
jusqu’à ce que le nouveau mouvement
se brise, libérant la voix de l’infini.

(Pablo Neruda)

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LE BOUT DU ROULEAU (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2019



Illustration: Ludovic Florent
    
LE BOUT DU ROULEAU

Le poète muet, défait,
s’appuie au comptoir du café.

Ses poèmes sont loin de lui,
c’était hier qu’ils ont fleuri

quand la lumière environnait
d’un duvet d’or le moindre objet

maintenant nu dans la poussière
près des crachats, fils de misère.

(Henri Thomas)

 

Recueil: Trézeaux
Traduction:
Editions: Gallimard

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OÙ L’AVIDE ENVIRONNE (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2018




OÙ L’AVIDE ENVIRONNE

Lorsque oui viendra mes yeux brilleront
de la lumière dont je pleure
mais maintenant une rumeur de fugue
anime le coeur de toute chose.

(Alejandra Pizarnik)

Illustration: Vassily Kandinsky

 

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Les étoiles n’ont pas d’amoureux (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2018




    
Les étoiles
n’ont pas d’amoureux.
Jolies
comme elles sont!

Elles attendent un galant
qui les enlèvera
vers la Venise idéale.

Chaque soir elles paraissent
aux grilles de leur fenêtre
— ô ciel à mille étages! —
et font des signes lyriques
aux océans d’ombre
qui les environnent.

Mais attendez, mes belles :
lorsque je mourrai plus tard
je vous prendrai une à une
sur ma jument de brouillard.

(Federico Garcia Lorca)

 

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Loin du pays (Joseph von Eichendorff)

Posted by arbrealettres sur 21 mars 2018



Illustration: Marion Warren
    
Loin du pays

le murmure des ruisseaux
dans la forêt m’environne
suis-je en forêt
en murmure

les rossignols chantent
dans cette solitude
ils me parlent
d’autrefois

la lune danse
je vois mon vieux château
dans sa vallée
si loin d’ici

le jardin est plein de roses
ma bien-aimée
m’attend
morte depuis longtemps

***

In der Fremde

Ich hör die Bächlein rauschen
Im Walde her und hin,
Im Walde in dem Rauschen
Ich weiß nicht, wo ich bin.

Die Nachtigallen schlagen
Hier in der Einsamkeit,
Als wollten sie was sagen
Von der alten, schönen Zeit.

Die Mondesschimmer fliegen,
Als sáh ich unter mir
Das Schloß im Tale liegen,
Und ist doch so weit von hier !

Als müßte in dem Garten
Voll Rosen weiß und rot,
Meine Liebste auf mi ch warten,
Und ist doch lange tot.

(Joseph von Eichendorff)

 

Recueil: Poèmes de l’étrange départ
Traduction: Philippe Marty
Editions: Grèges

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L’air s’épaissit en nuées (Maurice Benhamou)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2017



Illustration
    
L’air s’épaissit en nuées.

A la bifurcation
des chemins
attend
celle qui m’environne.

Je navigue et divague
en ce qui résiste
au néant

une haleine de lune
un bruissement d’être
dans les mimosas écumeux
où se recueille
grâce
d’arrière vie,
le souffle de l’absence.

Pourquoi chercher
le seuil crépusculaire
de ce qui commence ?

En l’innommable
brûlant, brûlant,
plus loin que la chair,
court la déchirure.

(Maurice Benhamou)

 

Recueil: Tréfonds du Temps
Editions: Unes

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Tu prends le mot « sein » (Paul Mahieu)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2016



Tu prends le mot « sein »
attention c’est un mot sensible,
à manier avec infiniment de précaution,
de la douceur s’il te plaît, de l’aménité,
j’oserais dire du respect

c’est un mot de main, de paume,
de doigt, de bout d’ongle

c’est un mot de regard, de voile,
de halo ou de flambance, d’étincelle
ou de prière, de poème

c’est un mot de bouche,
de lèvre, de bout de dent,
de bout de langue
et d’un rien de salive

c’est un mot de framboise et de pêche
d’aubépine et de serpolet

c’est un mot d’écoute-coeur

tu le prends,
tu l’environnes ,
tu l’envoisines,
tu l’encotonnes ,
de partout

mais, je te le dis encore
il a besoin d’amour, tu sais

(Paul Mahieu)

Découvert ici: https://ecriturbulente.com/

Illustration: Oleg Zhivetin

 

 

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