Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘s’apprêter’

DE NOIRS NUAGES-TEMPS-DE-DEUIL (Egon Schiele)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2021



    

DE NOIRS NUAGES-TEMPS-DE-DEUIL

s’élevaient de toutes parts en tourbillonnant —
forêts-d’eau menaçantes.
Huttes murmurantes et arbres-gémissements —
Je me dirigeai vers le ruisseau noir —
Des oiseaux, semblables à des feuilles blêmes livrées au vent.

ORAGE S’APPRÊTANT

***

SCHWARZE TRAUERWETTERWOLKEN

rollten allüberall hoch
warnende Wasserwälder.
Raunige Hütten und Brummbäume —
Ich ging gegen den schwarzen Bach —
Vögel, gleich wie fahle Blätter im Wind.

GEWITTERANZUG

(Egon Schiele)

 

Recueil: Moi, éternel enfant
Traduction:Nathalie Miolon
Editions: Comp’act

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les tueurs sont à l’affût (Abdellatif Laâbi)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2020



Brahim Bouarram    
    
Les tueurs sont à l’affût*

Mère, ma superbe
mon imprudente
Toi qui t’apprêtes à me mettre au monde
De grâce, ne me donne pas de nom
Car les tueurs sont à l’affût

Mère, fais que ma peau
soit d’une couleur neutre
Les tueurs sont à l’affût

Mère, ne parle pas devant moi
Je risque d’apprendre ta langue
et les tueurs sont à l’affût

Mère, cache-toi quand tu pries
laisse-moi à l’écart de ta foi
Les tueurs sont à l’affût

Mère, libre à toi d’être pauvre
mais ne me jette pas dans la rue
Les tueurs sont à l’affût

Ah mère, si tu pouvais t’abstenir
attendre des jours meilleurs
pour me mettre au monde
Qui sait
Mon premier cri
ferait ma joie et la tienne
Je bondirais alors dans la lumière
comme une offrande de la vie à la vie

* Poème à la mémoire de Brahim Bouarram,
jeune Marocain jeté et noyé dans la Seine, le 1er mai 1995,
par un groupe de skinheads venant d’une manifestation du Front national.

(Abdellatif Laâbi)

 

Recueil: 120 nuances d’Afrique
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’ATTENTE (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2020



Illustration: Tamara Lunginovic
    
L’ATTENTE

Des attentes sans nombre
Parcourent les jungles du coeur.
Les unes hurlent comme les loups.
Qu’elle arrive une bonne fois, elle,
La femme, colonne en marbre de la lune,
Dansant sur des alpages ensoleillés;
D’autres guettent aux alentours de ponts
Pour vous attirer dans le gouffre;
D’autres dorment, ours dans leur tanière
Ou serpents engourdis
Par les brumes de l’automne;
Les unes croisent votre sentier,
Lapins effrayés,
Et courent, courent à travers champs.
Mais il y a une grande attente
Qui ressemble à l’ombre.
Elle est tantôt devant, tantôt derrière,
Elle se roule à vos pieds,
Elle s’apprête à vous saisir la nuque,
Elle s’arrête, vous abandonne
Puis se remet à vous pister.
Parfois vous l’oubliez, elle commence alors
A suinter doucement sur votre cerveau
Sa pluie froide.
Vous vous secouez, elle s’enfuit.
Une fois,
Quand vous ne serez pas sur vos gardes,
Elle jettera sur vous ses filets
Où se brisent désespérées
Toutes les flèches de la lumière.

(Mihai Beniuc)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

IL FAIT BEAU (Isabelle de Gill)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2020




    
IL FAIT BEAU
(Chanson)

Dans la prairie diaprée,
La campagne émerveillée,
Chante un tout petit ruisseau…
Il fait beau ! il fait beau !

Dans l’herbette il se prélasse,
Autour des pins il s’enlace
Et fait du charme aux bouleaux.
Il fait beau ! il fait beau !

Il raconte ses méandres
A une source qui chante,
Qui chante à tous les échos,
Il fait beau ! il fait beau !

Il chante avec les mésanges,
Il murmure avec les anges
Qui s’emparent de l’écho
Il fait beau ! il fait beau !

Se pend au cou des fontaines
Qui l’embrassent à perdre haleine ;
Aux fleurs il met des jabots
Il fait beau ! il fait beau !

Quatre moineaux dans les langes
S’apprêtent à quitter dimanche
Le balcon de leur berceau
Il fait beau ! il fait beau !

(Isabelle de Gill)

 

Recueil: Arpèges
Traduction:
Editions: Les Délices

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

HERCYNITE (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 8 septembre 2018



HERCYNITE

J’aime ton mot de nuit et ton nom
d’avant l’homme quand, infante, la terre
s’apprêta aux sacres des volcans.
Pavane des soleils. Cantate des calcaires.
En toi dort et attend, chrysalide, le temps.

(Jacques Lacarrière)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Une fleur (Gérard Macé)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2018



Illustration: Karen Lamonte
    
Une fleur, peut-être même une rose
au pied du lit: le corsage dégrafé,
le linge déboutonné d’une femme
qui s’apprête à plonger nue dans le sommeil.

(Gérard Macé)

 

Recueil: Homère au royaume des morts a les yeux ouverts
Traduction:
Editions: Le bruit du temps

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Qui appelle son amour (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2017




    
Qui appelle son amour
s’apprête à le tuer

(Anonyme)

 

Recueil: La présence pure et autres textes
Editions: Gallimard

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , | Leave a Comment »

Comment se nomme la force (Pierre Dhainaut)

Posted by arbrealettres sur 19 septembre 2017




    
Comment se nomme
la force qui change
un cri en buée
la buée en lumière ?

farouche, prodigue,
on s’apprête à la suivre :

on ne craint pas d’obstacle,
il n’y a plus de cibles.

(Pierre Dhainaut)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Sans relâche (Aïcha Arnaout)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2017



 


Illustration: ArbreaPhotos
    

sans relâche
le circuit
qui m’isole
s’apprête
à l’ultime
tour
que je parte
au pays le plus
lointain

(Aïcha Arnaout)

 

Recueil: L’inventaire des choses (Anthologie)
Traduction: Aïcha Arnaout
Editions: Action Poétique

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Incommensurable (Hannah Arendt)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2016



Incommensurable, l’étendue, juste,
quand nous nous apprêtons à mesurer,
ce dont notre coeur avait ici pour mission de s’emparer.

Insondable, la profondeur, juste,
quand, approfondissant, nous sondons,
ce qui, dans notre chute, nous accueille comme fond.

Inaccessible, l’altitude, juste,
quand nos yeux s’épuisent à scruter
ce qui, flamme devenu, s’élève au-dessus du firmament.

Inévitable, la mort, juste,
quand, assoiffés d’avenir,
nous ne supportons pas le pur continu d’un instant.

***

Unermessbar, Weite, nur,
wenn wir zu messen trachten,
was zu fassen unser Herz hier ward bestellt.

Unergründlich, Tiefe, nur,
wenn wir ergründend loten,
was uns Fallende als Grund empfángt.

Unerreichbar, Höhe, nur,
wenn unsere Augen mühsam absehn,
was als Flamme übersteigt das Firmament.

Unentrinnbar, Tod, nur,
wenn wir zukunftsgierig
eines Augenblickes reines Bleiben nicht ertragen.

(Hannah Arendt)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :