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A la Divinité inconnue (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2019



A la Divinité inconnue

J’ASPIRE auprès de toi le silence et le charme
Des nuits où la douleur se plaît à demeurer,
Toi qu’on ne voit jamais essuyer une larme,
Mais dont parfois j’entends la grande âme pleurer.

Le miroir réfléchit tes chastes attitudes,
Et tu fuis le factice et le faste et le fard.
Tes lèvres ont gardé le pli des solitudes
Et l’accent des bonheurs qui nous viennent trop tard.

Le décor de ton deuil est la chambre sereine
Où meurt languissamment le bruit lointain des eaux.
Les souffles de la mer n’ont soulevé qu’à peine
Le soir perpétuel sous l’ombre des rideaux.

Vers toi le songe pur de mon âme s’élève,
Mon angoisse ne cherche point à s’apaiser,
Car tu m’es inconnue et n’existes qu’en rêve.
C’est pourquoi je t’adore au-dessus du baiser.

(Renée Vivien)

Illustration: Abbott Handerson Thayer

 

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Sourire et soupir (Lord Byron)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2019



 

Sourire et soupir sont un même abîme
Aux coeurs désunis que deuil tient,
Mais mon esprit vole sur mers et cimes,
Peine en quête du tien.

(Lord Byron)

Illustration

 

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Le Pêcheur (Jacqueline Wiener)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2019



Fisherman   

Le Pêcheur

Parmi les ouvriers qui vont pérégrinant
le long du chemin d’cette chienne de vie,
J’aime par-dessus tout le pauv’Pêcheur.
Il a bien des malheurs quelquefois;
il doit lutter bien dur
pour gagner sa pitance…
qu’il fasse mauvais jour,
il n’hésite jamais.
ll n’hésite jamais aux menaces du temps,
gagne le large
le front serein.
ll n’hésite jamais
d’aller vers l’inconnu…
qu’il pleuve,
qu’il tonne
toujours il se défend…
Parmi les ouvriers qui vont pérégrinant
Le long du chemin d’cette chienne de vie
J’aime par-dessus tout le pauv’pêcheur,
qui n’hésite jamais
d’affronter le danger,
de traverser la mer;
Cette mer cruelle qui offre
un triste sort,
Cette mer « qui tant a semé de deuils autour d’elle… »
J’aime le voir dans le matin clair
offrir les voiles aux vents,
Et, debout, sur sa barque brune
Scruter l’horizon…

(Jacqueline Wiener)

Illustration: Patrice Piard

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SOUVENIRS (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2019



SOUVENIRS

Poésie, poésie…
Jaune, plomb, violet…

Et vide, la rue…
Ou longues attentes,
Et parcs glacés…
Poète et solitaire…
Jaune, plomb, violet…

Vide, la chambre,
Et longues les nuits…
Parfum de deuil,
Séculaire…
A tout jamais..

(George Bacovia)

 

 

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DÉCOR (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2019



DÉCOR

Les arbres blancs, les arbres noirs
Sont nus dans le parc solitaire ;
Un décor de deuil, funéraire…
Les arbres blancs, les arbres noirs.

Dans le parc
Pleurent les regrets de naguère…
Plumage blanc, plumage noir
Un triste oiseau à voix amère
Traverse le parc séculaire…
Plumage blanc, plumage noir…

Dans le parc
Les spectres vont sous la lumière…

Feuillage blanc, feuillage noir ;
Les arbres blancs, les arbres noirs ;
Plumage blanc, plumage noir
Un décor de deuil, funéraire…

(George Bacovia)

Illustration

 

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INSOMNIE (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2019



 

Irina Kotova

INSOMNIE

La nuit s’en va, noir taureau,
— pleine chair d’effroi, de deuil, et de mystère —,
brame immense et terrible,
sur la peur moite de tous les morts ;
et vient le jour, enfant de fraîcheur,
quêtant l’amour, le rire et la confiance
— enfant qui, très loin, là-bas,
dans les arcanes où
se rejoignent les fins et les commencements,
a joué un instant,
sur je ne sais quel pré
de lumière et d’ombre,
avec le taureau qui fuyait —.

***

DESVELO

Se va la noche, negro toro
— plena carne de luto, de espanto y de misterio —,
que ha bramado terrible, inmensamente,
al temor sudoroso de todos los caídos;
y el día viene, niño fresco,
pidiendo confianza, amor y risa,
— niños que, allá muy lejos,
en los arcanos donde
se encuentran los comienzos con los fines,
ha jugado un momento,
por no sé qué pradera
de luz y sombra,
con el toro que huía —.

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Irina Kotova

 

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À MOI PÈLERIN (Salvatore Quasimodo)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2019



Illustration: Erin Hanson
    
À MOI PÈLERIN

Me voici de retour sur la place tranquille :
à ton balcon solitaire oscille
le drapeau de la fête déjà terminée.
— Réapparais, dis-je. Mais seul l’âge
qui aspire aux sortilèges est leurré par l’écho
des carrières de pierre à l’abandon.
Depuis quand l’invisible ne répond-il pas
quand j’appelle comme autrefois dans le silence!
Tu n’es plus ici, ton salut ne me parvient
plus, à moi le pèlerin. La joie ne se révèle
jamais deux fois. Et l’extrême lumière
cogne sur le pin qui rappelle la mer.
Même l’image des eaux est vaine.

Notre terre est loin, dans le sud,
chaude de larmes et de deuils. Là-bas,
des femmes, dans leurs châles noirs,
parlent à voix basse de la mort
sur le seuil des maisons.

(Salvatore Quasimodo)

 

Recueil: Ouvrier de songes
Traduction: Thierry Gillyboeuf
Editions: LA NERTHE

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Souvenir (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2019




Souvenir

Tu m’as inventée. Celle que tu imagines
N’existe pas, ne peut exister nulle part.
Chez les médecins, pas de remède ; pas de réconfort
chez les poètes.
Cette ombre, ce fantôme jour et nuit te persécute.

Notre rencontre eut lieu en une année invraisemblable.
Les forces du monde étaient à bout.
Tout portait le deuil. Tout déclinait, malade.
Rien de nouveau, sinon des tombes.

Plus de lumière. Flots de la Néva, noirs comme du goudron.
Nuit, tout autour, compacte, comme un mur.
C’est alors que ta voix m’a défiée.
Ce que je faisais, je ne le comprenais pas encore.

Tu es venu vers moi, comme conduit par une étoile,
Tu foulais aux pieds l’automne tragique,
Tu es entré dans la maison à jamais déserte,
D’où avait fui le vol des poèmes brûlés.

(Anna Akhmatova)

Illustration: Fabienne Contat

 

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Ce n’est pas vers l’azur (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2019



genévrier

 

Ce n’est pas vers l’azur …

Ce n’est pas vers l’azur que mon esprit s’envole :
Je pense à toi, plateau hanté des chevriers.
Aux pétales vermeils, à la blanche corolle,
Je préfère le deuil de tes genévriers.

Noir plateau, ce qui berce une audace rendue,
Ce n’est point le zéphyr sur les flots de la mer,
C’est la plainte du vent sur ta morne étendue
Où je voudrais songer prisonnier de l’hiver.

(Jean Moréas)

Illustration

 

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Ô ma lyre (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2019



Alexandre Seon -lyre-dorphc3a9e

Ô ma lyre …

Ô ma lyre, cessons de nous couvrir de cendre
Comme auprès d’un cercueil !
Je t’orne de verdure et ne veux plus entendre
Des paroles de deuil.

Mais non, fais retentir d’une douleur non feinte,
Lyre, l’accent amer !
N’es-tu pas l’alcyon qui calme de sa plainte
Les vagues de la mer ?

(Jean Moréas)

Illustration: Alexandre Seon

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