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Je suis un voyageur en noir (Louise de Vilmorin)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2021



Je suis un voyageur en noir.
Qui voudrait suivre mes empreintes?
Qui voudrait m’entendre et savoir?
Bateau de deuil, bateau de plaintes,
Je suis un voyageur en noir.

Je suis un navire en détresse
Sous l’offense du mauvais sort.
Ma cargaison n’est que tristesse,
Ah! ne montez pas à mon bord,
Je suis un navire en détresse.

Je suis un voyageur en noir.
Toute saison m’est étrangère.
Un souvenir veut me revoir,
Ma pensée est sa messagère,
Je suis un voyageur en noir.

Enfants, beaux oiseaux demoiselles,
Citadelles d’enlacements,
Dites, la parole peut-elle,
Peut-elle égarer le tourment?
Enfants, beaux oiseaux demoiselles,

Peut-elle égarer le malheur,
Lui faire quitter son ouvrage,
Le changer en saule pleureur
Drapant une chambre d’ombrage?
Peut-elle égarer le malheur?

Mes mains sont herbier de caresses.
Herbes d’amour, fleurs de mes soins
Ne sont plus qu’ombre et sécheresse
En ma paume et bruissant au loin.
Mes mains sont herbier de caresses.

Notre lit était un pays,
Une île, une gorge bien creuse,
La plaine où nous avons cueilli
Des fleurs du nom d’aventureuses.
Notre lit était leur pays.

Jeunes filles battant des ailes,
Premiers rayons, premier oubli.
Dites, la parole peut-elle
Plier le drap de l’ancien lit ?
Jeunes filles battant des ailes,

Peut-elle égarer le chagrin,
Le changer en rose des vents marins,
Soit en forêt, soit en prairie ?
Peut-elle égarer le chagrin ?

Si vous montez du puits des larmes,
Enfants, vous venez de mon coeur.
Vous êtes, peut-être, en vos charmes
Ma morte libre de mes pleurs?
Si vous montez du puits des larmes

Vais-je m’arrêter à jamais
Auprès de vous, mes patineuses ?
Comme vous, celle que j’aimais
Etait en étant nombreuse.
Vais-je m’arrêter à jamais

Pour votre chaleur à ma hanche,
Pour goûter à votre pâleur
Et pour vos doux bras de peau blanche ?
Ne serais-je plus voyageur
Pour votre chaleur à ma hanche?

Sous quelque auvent, guettant mon pas,
Un petit garçon me supplie,
Il crie :  » Oh! ne t’attarde pas,
Ma mère croit que tu l’oublies
Sous quelque auvent, guettant un pas  »

Femme, mon ange fiancée,
Nous marierons nos souvenirs.
Cultive un jardin de pensées
Je viendrai bientôt les cueillir.
Femme, mon ange fiancée,

Regarde aux miroirs du trépas,
Rougissante des nuits prochaines,
Ta lèvre où mon baiser soupa.
Attend la fin de ma semaine,
Regarde aux miroirs du trépas.

(Louise de Vilmorin)

Illustration: Max Mitenkov

 

 

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Comme à cinq ans on est une grande personne (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2021



Illustration: Edouard Manet  
    
Comme à cinq ans on est une grande personne,
On lui disait parfois :  » Prends ton frère, mignonne,  »
Et, fière, elle portait dans ses bras le bébé,
Quels soins alors ! L’enfant n’était jamais tombé.
Très grave, elle jouait à la petite mère.
Hélas ! le nouveau-né fut un ange éphémère.
On prit sur son berceau mesure d’un cercueil ;
Et la sœur de cinq ans a des habits de deuil,
Ne parle ni ne joue et, très préoccupée,
Se dit :  » Je n’aime plus maintenant ma poupée.  »

(François Coppée)

 

Recueil: Promenades et interieurs
Traduction:
Editions:

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Tu peux, comme il te plaît, me faire jeune ou vieux (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2021



 

Illustration: Freydoon Rassouli  
    
Tu peux, comme il te plaît, me faire jeune ou vieux.
Comme le soleil fait serein ou pluvieux
L’azur dont il est l’âme et que sa clarté dore,
Tu peux m’emplir de brume ou m’inonder d’aurore.
Du haut de ta splendeur, si pure qu’en ses plis
Tu sembles une femme enfermée en un lys,
Et qu’à d’autres moments l’œil qu’éblouit ton âme
Croit voir, en te voyant, un lys dans une femme,
Si tu m’as souri, Dieu ! tout mon être bondit ;
Si, madame, au milieu de tous, vous m’avez dit,
À haute voix : Bonjour, monsieur, et bas : Je t’aime !
Si tu m’as caressé de ton regard suprême,
Je vis ! je suis léger, je suis fier, je suis grand ;
Ta prunelle m’éclaire en me transfigurant ;
J’ai le reflet charmant des yeux dont tu m’accueilles ;
Comme on sent dans un bois des ailes sous les feuilles,
On sent de la gaîté sous chacun de mes mots ;
Je cours, je vais, je ris ; plus d’ennuis, plus de maux ;
Et je chante, et voilà sur mon front la jeunesse !
Mais que ton cœur injuste un jour me méconnaisse ;
Qu’il me faille porter en moi jusqu’à demain
L’énigme de ta main retirée à ma main :
— Qu’ai-je fait ? qu’avait-elle ? Elle avait quelque chose.
Pourquoi, dans la rumeur du salon où l’on cause,
Personne n’entendant, me disait-elle vous ? —
Si je ne sais quel froid dans ton regard si doux
A passé comme passe au ciel une nuée,
Je sens mon âme en moi toute diminuée ;
Je m’en vais courbé, las, sombre comme un aïeul ;
Il semble que sur moi, secouant son linceul,

Se soit soudain penché le noir vieillard Décembre ;
Comme un loup dans son trou, je rentre dans ma chambre ;
Le chagrin — âge et deuil, hélas ! ont le même air —
Assombrit chaque trait de mon visage amer,
Et m’y creuse une ride avec sa main pesante.
Joyeux, j’ai vingt-cinq ans ; triste, j’en ai soixante.

(Victor Hugo)

 

Recueil: Cent poèmes de Vivtor Hugo
Traduction:
Editions: Omnibus

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Ma France à moi (Pierre Perret)

Posted by arbrealettres sur 9 novembre 2020




    
Ma France à moi
(Poème épique en 70 vers)

I
Ma France à moi elle est joyeuse
Elle dit bonjour et comment allez-vous
Mais elle sait dire non elle est frondeuse
On ne la f’ra jamais mettre à genoux
Ma France à moi celle que j’adore
Celle qui chantait le chant des partisans
Celle des Klarsfeld celle de Senghor
Celle de Prévert et la France des paysans
France de Stendhal Chamfort Molière
France de Balzac La Fontaine et Victor
Des frères Lumière d’Apollinaire
D’Alfred Jarry des chants de Maldoror
Ma France à moi qu’avant tout j’aime
C’est celle de la liberté d’expression
Les mots d’amour voire les blasphèmes
Sont l’essentiel de ma respiration

II
France de Matisse Monet Soulages
France de Desproges et des tweets de Pivot
France de Coluche France du partage
France de Daumier Gotlib et Picasso
Ma France à moi peut-êt’ croyante
Mais a parfaitement le droit d’être athée
Bible ou Coran si ça lui chante
Elle dit pardon c’est pas ma tasse de thé
Ma France à moi elle est gourmande
D’accordéon de jazz et de Verdi
Elle chérit ses enfants d’légende
Ceux du Vel’ d’hiv’ et ceux du paradis
L’obscurantisme d’un autre âge
Les fanatismes elle en a fait son deuil
Aucun racisme aucun clivage
Ne sont bienv’nus sur sa terre d’accueil

III
Nos femmes en France embrassent et dansent
Libres d’aimer d’faire valser les textos
Z’apprécient guère qu’on les tabasse
Ni d’êt’ voilées ce n’sont pas des bateaux
Eh oui ma France adore ses femmes
Les Barbara Colette Marie Curie
Les De Beauvoir celles qui s’enflamment
Lucie Aubrac Simone Veil Adjani
Ma France de Jaurès fût compagne
Et des savants des chercheurs elle raffole
Jules Ferry Pasteur Charlemagne
C’est grâce à eux qu’on va tous à l’école
Bien sûr ma France elle est laïque
De penser libre et libre de parole
C’est la France de la république
Les religions s’apprenn’ pas à l’école

IV
Cette France que certains haïssez
A ceux qui l’aiment il vous faut la laisser
Cette chanson libre jaillie d’mon cœur
J’aim’rais qu’les écoliers l’apprenn’ par cœur
Car cette Franc’-là tel est mon vœu
Je souhait’ qu’elle soit demain leur France à eux

Car ma France à moi
Elle est comme ça !

(Pierre Perret)

Parole et musique : Pierre Perret – © Éditions Adèle – 2018

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RELÈVE (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2020




    
RELÈVE

À notre place
On a posé
Des soldats frais
Pour amorcer
La mort d’en face.
Il a fallu toute la nuit pour s’évader.
Toute la nuit et ses ténèbres
Pour traverser, suant, glacé,
Le bois martyr et son bourbier
Cinglé d’obus.
Toute la nuit à se tapir,
À s’élancer éperdument,
Chacun choisissant le moment,
Selon ses nerfs et son instinct
Et son étoile.
Mais passé le dernier barrage,
Mais hors du jeu, sur la route solide,
Mais aussitôt le ralliement
Aux lueurs des pipes premières,
Dites, les copains, les heureux gagnants,
Quelle joie titubante et volubile !
Ce fut la joie des naufragés
Paumes et genoux sur la berge
Riant d’un douloureux bonheur
En recouvrant tout le trésor ;
Tout le trésor fait du vaste monde
Et de la mémoire insondable
Et de la soif qu’on peut éteindre
Et même du mal aux épaules
Qu’on sent depuis qu’on est sauvé.
Et l’avenir ! Ah ! l’avenir,
Il sourit maintenant dans l’aube :
Un avenir de deux longues semaines
À Neuvilly dans une étable…

*

Ah ! les pommiers qui sont en fleurs !
Je mettrai des fleurs dans mes lettres.
J’irai lire au milieu d’un pré.
J’irai laver à la rivière.
Celui qui marche devant moi
Siffle un air que son voisin chante ;
Un air qui est loin de la guerre :
Je le murmure et le savoure.
Et pourtant ! les tués d’hier !
Mais l’homme qui a trébuché
Entre les jambes de la Mort
Puis qui se relève et respire
Ne peut que rire ou sangloter :
Il n’a pas d’âme pour le deuil.
La lumière est trop enivrante
Pour le vivant de ce matin ;
Il est faible et tout au miracle
D’aller sans hâte sur la route.
Et s’il rêve, c’est au délice
D’ôter ses souliers pour dormir,
À Neuvilly, dans une étable.

(Charles Vildrac)

 

Recueil: Chants du désespéré (1914-1920) –
Traduction:
Editions: Gallimard

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SÉRIEUX SPIRITUEL (Iuliana Pașca)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2020



Illustration: Tineke Storteboom
    
SÉRIEUX SPIRITUEL

Une sombre symbiose de pensées,
errant parmi des connexions d’étoiles
exige d’enterrer aussi mon âme
quand je mourrai.

Perçant la peau rugueuse
telle une mère en deuil
j’étreindrai le cœur brûlant.

Des abysses non encore pollués
nos âmes réunies amèneront
des personnes raisonnables.

Alors seulement persistera la lumière
qui émane de l’intérieur.

***

GRAVEDAD ESPIRITUAL

Una oscura simbiosis de pensamientos,
vagando entre las sinapsis de las estrellas
exige también enterrar mi alma
cuando me muera.

Atravesando su piel áspera,
abrazaré el corazón caliente
como una madre de luto.

Desde las simas aún no contaminadas
nuestras almas unidas
traerán a la vida humanos brillantes.

Sólo entonces perdurará la luz
que viene de adentro.

***

GRAVIDAD ESPIRITUAL

Uma obscura simbiose de pensamentos,
vagueando pelas sinapsis das estrelas
exige que enterre também a minha alma
quando morrer.

Passando pela sua pele áspera,
abraçarei o coração ardente
como uma mãe de luto.

Das profundidades ainda não contaminadas
as nossas almas unidas
trarão à vida brilhos humanos.

Só então perdurará a luz
vinda de dentro.

***

GRAVITÀ SPIRITUALE

Un’oscura simbiosi del pensiero
vagando attraverso le sinapsi delle stelle
chiede di seppellire anche la mia anima
quando muoio.

Attraverso la sua ruvida pelle,
abbraccerò il suo cuore incandescente
come una madre in lutto.

Dalle ancora incontaminate profondità,
le nostre anime unite
daranno vita ai luminosi esseri umani.

Solo allora rimarrà la luce
brillando dal di dentro.

***

Gravità spirituali

Na scura simbiosi di
Passiari ntra li sinapsi di li stiddi
Dumanna puru di vurricari la me arma
Quannu moru.

Pirciannu la peddi rascusa
M’abbrazzu lu cori cauddu
Comu na matri a luttu.

Di li prufunnità senza macchi
Li notri armi
Darannu vita a essiri nteliggenti.

Sulu tannu la luci dura ancora
Brillannu internamenti.

***

GRAVITAȚIE SPIRITUALĂ

O simbioză obscură de gânduri
rătăcite printre sinapse de aștri
cere să-mi îngropați și sufletul
atunci când voi muri.

Trecându-i prin pielea aspră,
voi cuprinde inima fierbinte
ca o mamă îndoliată.

Din adâncul încă neîntinat
sufletele noastre unite
vor naște oameni strălucitori.

Abia atunci va dăinui lumina,
venind dinăuntru.

***

SPIRITUAL GRAVITY

An obscure symbiosis of
wandering through the synapses of stars
demands also to bury my soul
when I die.

Passing through its rough skin,
I’ll embrace the hot heart
like a mourning mother.
From the still undefiled depths,

our united souls
will bring to life bright beings.

Only then shall the light last
glowing from within.

***

GEESTELIJKE ZWAARTEKRACHT

Een duistere symbiose van gedachten,
dwalend door de verbindingen van de sterren
eist om ook mijn ziel te begraven
als ik zal sterven.

Door de ruwe huid dringend
zal ik als een rouwende moeder
het warme hart omarmen.

Uit de nog niet vervuilde diepten
zullen onze verenigde zielen
verstandige mensen voortbrengen.

Alleen dan zal het licht
dat van binnenuit komt blijven bestaan.

***

SPIRITUELLE SCHWERKRAFT

Eine düsteres Knäuel von Gedanken,
das durch die Synapsen der Sterne wandert
fordert auch meine Seele zu begraben
wenn ich sterben werde.

Durch seine raue Haut gehend,
werde ich das heiße Herz
wie eine trauernde Mutter umarmen.

Aus den noch unberührten Tiefen
werden unsere vereinten Seelen
gute Menschen zum Leben erwecken.

Nur dann wird das Licht fortdauern
das von innen kommt.

***

ΠΝΕΥΜΑΤΙΚΗ ΒΑΡΥΤΗΤΑ

Δυσδιάκριτη συμβίωση
ανάμεσα στις συνάψεις αστεριών
ζητά να θάψει την ψυχή μου
όταν πεθάνω.

Το δέρμα της διαπερνά
κι εγώ αγκαλιάζω τη θερμή καρδιά
σαν μάνα που θρηνεί.

Από τ’ άσπιλα βάθη
ενωμένες οι καρδιές μας
τα φωτεινά παιδιά τους θα γεννήσουν.

Και τότε μόνο το φως θα λάμψει
εκ των έσω.

***

***

***

精神引力
一种深奥的思想共生
在星星的突触中游荡
需要也埋葬我的灵魂
当我将死时。
穿过它粗糙的皮肤,
我会拥抱那炽热的心
像一位在悲伤的母亲。
从这仍然洁白的深处
我们谐和的灵魂
会给生命带来光明的人类。
只有这样,光明才会持续
涌自内心。

***

GRAWITACJA DUSZY

Niezrozumiała symbioza
wędrująca przez synapsy gwiazd
domaga się również pogrzebania mojej duszy
kiedy umrę.

Przechodząc przez szorstką skórę,
obejmę gorące serce
jak lamentująca matka.

Z wciąż jeszcze nieskażonych głębin
nasze zespolone dusze
wzbudzą życie w świetlistych bytach.

Tylko wtedy światło niech trwa
promieniejąc od wewnątrz.

(Iuliana Pașca)

 

Recueil: ITHACA 624
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Espagnol Rafael Carcelén / Portugais Maria do Sameiro Barroso / Italien Luca Benassi / Corse Gaetano Cipolla / Roumain / Anglais Stanley Barkan / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Allemand Wolfgang Klinck / Grec Manolis Aligizakis / Russe Rahim Karim / Indi Jyotirmaya Thakur / Chinois William Zhou / Polonais Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka /Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

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MARINE (Paul Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2020



MARINE

L’océan sonore
Palpite sous l’oeil
De la lune en deuil
Et palpite encore,

Tandis qu’un éclair
Brutal et sinistre
Fend le ciel de bistre
D’un long zigzag clair,

Et que chaque lame,
En bonds convulsifs
Parmi les récifs,
Va, vient, luit et clame,

Et qu’au firmament,
Où l’ouragan erre
Rugit le tonnerre
Formidablement.

(Paul Verlaine)

Illustration

 

 

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BOULEVERSEMENT (Ángela Valle)

Posted by arbrealettres sur 24 août 2020




    
Poem in French, Dutch Spanish, English, Italian, German, Portuguese, Sicilian, Romanian, Polish, Greek, Chinese, Arab, Hindi, Japanese, Farsi, Bulgarian, Icelandic, Russian, Malaya, Filipino, Hebrew, Tamil, Kurdish, Bangla

Poem of the Week Ithaca 642
REVUELO by Ángela Valle, Honduras (1927 – 2003)

From « Poesía soy yo », Poetas en español del siglo XX
Raquel Lanseros en Ana Merino, Colección Visor de Poesía, 2016

– All translations are made in collaboration with Germain Droogenbroodt –

BOULEVERSEMENT

Vois, comme ta venue
a perturbé les oiseaux de mon âme …
Déjà rien que la vue
troubla mes oiseaux en deuil …
Ta présence rendit audible
mon battement inhabituel.
Vois comme en tremblant ils cherchent le nid
et crient car ils ne le trouvent pas.
Tu dois savoir que depuis que tu es arrivé,
secouées par des vents inaudibles,
elles ont fui très loin
les hirondelles de mes rêves.
Viens, enferme une à une d’une main pleine d’amour
les volées
qui tournoient effrayées
afin que jusqu’au soir de la vie
sous tes ailes, amour,
elles se nichent pour toujours.

Translation into French by Elisabeth Gerlache

***

BEROERING

Zie, hoe jouw komst
de vogels van mijn ziel heeft verward …
Alleen reeds jouw blik
veroorzaakte beroering bij mijn rouwende vogels …
Mijn ongewoon flapperen
werd door jouw aanwezigheid hoorbaar.
Zie hoe ze bevend het nest zoeken
en schreeuwen omdat ze het niet vinden.
Je moet weten dat ze gevlucht zijn,
dooreengeschud door onhoorbare winden,
de zwaluwen van mijn dromen, ver weg nu,
sinds je gekomen bent.
Kom, sluit met liefdevolle hand
één voor één de vogelzwermen
die verschrikt rondvliegen op
om zich tot op de avondval van het leven
onder jouw dak, liefde, voor altijd te nestelen.

Translation into Dutch by Germain Droogenbroodt

***

REVUELO

Mira que tu llegada
me ha aturdido los pájaros del alma…
Que tu sola mirada
causó revuelo a mis aves enlutadas…
Mi aletear insólito
se ha dejado escuchar con tu presencia.
Mira que temblorosas
buscan el nido y lloran a no hallarte.
Debes saber que han huido
sacudidos por los vientos inauditos
las golondrinas de mis sueños, lejos
desde que tú has venido.
Ven, encierra una a una
con amorosa mano las bandadas
que asustadizas vuelan
y por la tarde de la vida anidan
bajo tu alero, amor, y para siempre.

Ángela Valle

***

COMMOTION

Look how your arrival
has stirred up the birds of my soul . . .
How just that look of you
caused commotion in my mourning birds . . .
My unusual flapping
became audible with your presence.
Look how they tremble,
searching for the nest and cry not finding you.
You must know that they have fled
shaken by the inaudible winds,
the swallows of my dreams, faraway
since you came.
Come, lock up one by one
with loving hand the flocks
that are startled fly around,
and in the lateness of life, nest
under your wing, love, forever.

Translation into English by Stanley Barkan

***

IN SUBBUGLIO

Guarda come il tuo arrivo
ha eccitato gli uccelli della mia anima …
come il solo guardarti
ha messo in subbuglio i miei uccelli in lutto …
il mio insolito sbattere le ali
è diventato udibile alla tua presenza.
Guarda il loro tremare,
cercando il nido e piangendo nel non trovarti.
Devi sapere che sono fuggite
scosse da venti silenziosi,
le rondini dei miei sogni, lontano
fino al tuo arrivo.
Vieni, metti in gabbia uno ad uno
con amorevoli mani gli stormi
che volano intorno stupefatti,
e nell’attardarsi della vita, nidificano
sotto la tua ala, amore, per sempre.

Translation into Italian by Luca Benassi

***

ERREGUNG

Sieh, wie deine Ankunft
die Vögel meiner Seele verwirrt hat …
Schon dein einziger Blick
sorgte für Aufregung bei meinen trauernden Vögeln …
Mein ungewöhnliches Flattern
wurde durch deine Anwesenheit hörbar.
Sieh wie sie zitternd das Nest suchen
und schreien, weil sie es nicht finden.
Du sollst wissen, dass sie geflohen sind,
durchgeschüttelt von unhörbaren Winden,
die Schwalben meiner Träume, weit weg nun,
seit du gekommen bist.
Komm, fange, einen nach dem anderen,
mit liebevoller Hand die Schwärme ein
die aufgeschreckt herumfliegen
und am Lebensabend nisten
unter deinem Dach, Liebe, für immer.

Translation into German by Wolfgang Klinck

***

REVOADA

Olha que tua vinda
espantou os pássaros da minha alma…
Que só o teu olhar
causou revoadas nas minhas aves enlutadas…
Meu adejar insólito
deixou-se ouvir com a tua presença.
Olha como temerosas
buscam o ninho e choram ao não te encontrar.
Deves saber que fugiram
sacudidas pelos ventos desconhecidos
as andorinhas dos meus sonhos, longe
desde que tu vieste.
Vem, acolhe uma a uma
com mão amorosa as levas
que assustadas voam
e nas tardes da vida se aninham.

Tradução ao português, José Eduardo Degrazia
Translation into Portuguese by José Eduardo Degrazia

***

LU SBULAZZARI

Talia comu lu to arrivu
assintumau l‘aceddi dâ me arma…
Comu nu sulu sguardu to
fici sbulazzari li me aceddi n luttu
Lu me sbulazzari nsolitu
Si sintiu quannu arrivasti.
Talia comu tremanu
circannu lu so nidu
e comu chianciunu quannu non ti trovanu
Tu ha sapiri ca li rinnini
di li me sonnura
doppu ca tu arrivasti
si nni eru assai luntanu,
strantuliati di lu ventu
c’arrivau a la ntrasatta.
Veni, abbrazza a una a una
cu manu amurusa li muti di l’aceddi
ca bbulanu scantatizzi
e pi la basciura di la vita
si fannu lu nidu sutta la to ala,
amuri, e pir sempri.

Traduzioni di Gaetano Cipolla
Translation into Siciliano by Gaetano Cipolla

***

ÎNVOLBURARE

Vezi cum, odată cu venirea ta,
mi se agită păsările în suflet …
Privirea ta le face să tresalte,
înaripate făpturi îndoliate …
Insolitele zbateri din aripă
se aud numai în prezența ta.
Înfrigurate își caută cuibul,
țipând când nu dau peste tine.
Să știi că duse sunt, pe fugă,
trecând prin aspre vijelii neauzite,
privighetori din visurile mele, distante
de când tu ai apărut.
Vino să legi, rând după rând,
cu tandre mâini aceste stoluri
ce zboară așa de învolburate,
făcându-și cuib în după-amiaza vieții
sub streașina ta, dragoste eternă.

Traducere: Gabriela Căluțiu Sonnenberg
Translation into Romanian Gabriela Căluțiu Sonnenberg

***

ZAMIESZANIE
Spójrz jak twoje przybycie
zdezorientowało ptaki mojej duszy …
Już sam twój widok
wywołał rwetes w moich żałobnych ptakach …
Niezwykłe trzepotanie skrzydeł
dało się słyszeć w twojej obecności.
Popatrz jak chybocząc się,
szukają gniazda i płaczą nie znajdując ciebie.
Musisz wiedzieć, że odfrunęły
targane niesłyszalnymi wiatrami
jaskółki moich marzeń, daleko stąd
odkąd jesteś.
Chodź, ogarnij jedno po drugim
kochającą dłonią stada
które latają dookoła spłoszone,
i u schyłku życia gnieżdżą się
pod twoją osłoną, miłości, na zawsze.

Przekład na polski: Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka
Translation into Polish by Mirosław Grudzień – Małgorzata Żurecka

***

ΣΥΓΧΥΣΗ

Πρόσεξε πώς ο ερχομός σου
συγχύζει της ψυχής μου τα πουλιά
και πώς όταν σε βλέπω
ανακατεύεις τα θλιμένα μου φτερά
η ασυνήθιστη κίνηση τους
έντονη μες στην παρουσία σου
δες πώς τρέμουν ψάχνοντας για μια φωλειά
για να χωθώ να κλάψω όταν δεν σ’ έχω
Τα χελιδόνια των ονείρων μου πέταξαν μακριά
μ’ αθόρυβο αγέρα, αφού γύρισες.
Έλα και με το χέρι χάιδεψε με
στο ύστερο της ζωής μας,
για να φωλειάσω κάτω απ’ τα φτερά σου
αγαπημένε μου για πάντα.

Μετάφραση Μανώλη Αλυγιζάκη
Translation into Greek by Manolis Aligizakis

***

骚 动

瞧,你的到来怎样
惊起我灵魂的鸟儿……
正是你那神情
骚动了我的哀鸣鸟儿……
我独特的拍翅
随你现身变得有声可闻。
你瞧,灵鸟怎样颤抖,
在寻巢,因找不到你而哭泣。
你一定知道,鸟儿被听不见
的风惊扰,已经飞逃。
你光临以来,我梦想
的燕子飞向远方。
来,用爱之手
把吓得乱飞的鸟群
一个个地关起来,
并在生命的晚年,在鸟巢
在你的翅膀下,永远,爱。

英 译:杰曼·卓根布鲁特-斯坦利·巴坎
汉 译:中 国 周道模
Translation into Chinese by William Zhou

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اهتياج

انظر كيف أثار قدومك طيور روحي…
شاهد ما فعلته صورتك
في اهتياج طيور الحزن داخلي..
خفقان غير مألوف
فصار مسموعاً بحضورك.
انظر كيف ترتجف الطيور،
لتبحث عن عش تبكي فيه فراقك.
كان عليك أن تعرف أن طيور أحلامي، قد فرت بعيدا
بعدما أرعبتها أصوات الرياح غير المسموعة
ولأنك قد عدت.
تعال، لتقفل على طيور الأحلام هذه، واحدا واحدا
بيدك الحنون على الأسراب التي حلقت في الأرجاء.
إن العش الذي يستظل بجناحك
في آخر وقت من هذه الحياة
سيعمر بالحب إلى الأبد.

ترجمة: سارة سليم
Translation into Arabic by Sarah Selim

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हल्ला गुल्ला

देखो तुम्हारा आगमन कैसे हुआ
मेरी आत्मा के पक्षियों में हड़कंप मच गया। । ।
कैसे ? बस तुम देखो
मेरे शोकग्रस्त पक्षियों ने हंगामा कर दिया। । ।
मेरी असामान्य फड़फड़ाहट
आपकी उपस्थिति के साथ श्रव्य बन गया।
देखो वे कैसे कांपते हैं,
घोंसले को खोज रहा हूं और आपको नहीं पाकर रो रहा हूं।
आपको पता होना चाहिए कि वे भाग गए हैं
अश्रव्य हवाओं से हिल गया,
मेरे सपनों का निगल, दूर
जब से तुम आए हो
आओ, एक-एक कर ताला लगाओ
प्यार से झुंड के साथ
कि चारों ओर उड़ रहे हैं चौंका,
और जीवन की सुस्ती में, घोंसला
अपने पंख के नीचे, प्यार, हमेशा के लिए।
ज्योतिर्मय ठाकुर द्वारा हिंदी अनुवाद

Translation into Hindi by Iyotirmaya Thakur

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胸騒ぎ

見てごらんなさい
あなたがやってきてわたしの心はどれほど
波打ったことか
あなたをちらっと見たことで
わたしの中の嘆きの鳥たちがざわめく
あなたがいることで、わたしの心は
音を立てて羽ばたく
見て、震えているのを
自分の巣を探しながら、
あなたを見つけられずに泣き叫ぶ
鳥たちはすでに飛び立ったのよ
聞くことのできない風に震えながら
わたしの夢のツバメたちは、遠くに
あなたが来てからというもの
来て、一つひとつをつなぎとめて
驚いて飛び回る群れをその愛の手で
そして、人生に遅れながら、
あなたの翼の下で
愛よ永遠に

Translation into Japanese by Manabu Kitawaki

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هیاهو

نگاه کن چگونه آمدنت…
پرندگان روحم را آشفته ساخته
چگونه تنها آن نگاه تو
پرندگان عزادارم را مظطرب ساخته اند
بال زدن غیرمعمول من
با حضورت تماشایی شد
ببین چگونه می لرزند
در جستجوی آشیانه و در فقدانت گریه می کنند.
باید بدانی که فرار کردند
متلاشی از بادهای نامریی،
پرستوهای خواب هایم، به دوردستها
از وقتی تو آمدی.
بیا، قفل کن یک به یک
با دستان عاشقت، دسته هایی
که رمیده در حال پرواز در اطرافند
و در تاخیر زندگی، آشیانه میکنند
زیر بالهایت، عشق میورزند، برای همیشه.
آنجلا واللی، هندوراس ( ۱۹۲۷-۲۰۰۳)
ترجمه : سپیده زمانی

Translation into Farsi by Sepideh Zamani

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Вълнение

Моето необичайно пърхане
стана чуваемо в твоето присъствие.
Виж как пристигането ти
е събудило птиците на душата ми…
Как само начинът, по който изглеждаш
причини вълнение на сутрешните ми птици.

Виж как те треперят,
търсейки гнездото,
виж как страдат, че не те намират.
Трябва да знаеш, че те са отлетели
откакто ти дойде,
понесени далече на безшумни криле –
глътките на моите желания.

Ела, заключи едно по едно
с нежна ръка ятата,
които уплашено летят наоколо,
гнездото
под твоето крило,
любовта – завинаги.

превод от английски: Иван Христов
Translation into Bulgarian by Ivan Hristov

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Sko hvað koma þín
hefur raskað ró fuglanna í sál minni …
Bara að sjá þig
olli fjaðrafoki hjá sorgarfuglunum mínum …
Óvenjulegur sláttur minn
heyrðist þegar þú komst.
Sko hvað þeir skjálfa,
leita að hreiðrinu og garga þegar þeir finna þig ekki.
Þú hlýtur að vita að svölur drauma minna
hafa flúið hljóðlausa vinda langt í burtu
síðan þú komst.
Komdu og umlyktu eina af annarri
ástríkum höndum, allan skarann
sem flýgur styggur um
og til ævikvöldsins byggir sér hreiður
undir væng þínum, ást, að eilífu.

Translation into Icelandic by Þór Stefánsson

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СМЯТЕНИЕ

Смотри, как твой приезд
встревожил птиц в моей душе…
Один всего лишь взгляд
ввел моих грустных птиц в смятение…
Их необычный взмах
Стал слышен при тебе.
Смотри, как они дрожат, ища гнезда,
и кричат, ведь не могут тебя найти.
Знай, что они сбежали,
испугавшись неслышимых ветров,
ласточки моих снов где-то далеко-далеко,
с тех пор как ты вернулся.
Иди же, своею любовью
закрой в клетках одну за другой птичьи стаи,
что носятся по воздуху туда-сюда,
чтобы до конца жизни их приютить
под своим крылом и всегда любить.

Перевод на русский язык Дарьи Мишуевой
Translation into Russian by Daria Mishueva

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KEKECOHAN

Lihat bagaimana ketibaanmu
telah menimbulkan ribut dalam sukmaku, berkata burung . . .
Pandanganmu telah menimbulkan kekecohan pada burung berkabung. . .
Kedengaran kepak luar biasaku mengirap dengan kehadiranmu
Lihat bagaimana burung menggeletar, mencari sarangmu dan meratap pabila kau tidak kelihatan.
Kau wajar memahami, dalam bisu angin, terbang burung terketar-ketar, menelan mimpiku, yang jauh ketinggalan
sejak kau kunjung,
Ayuh, penjarakan burung yang terkejut dengan tangan penyayang, biar burung terbang dengan sarang di bawah kepakmu,
pada penghujung kehidupan, cinta abadi.

Penterjemah: Dr.Raja Rajeswari Seetha Raman
Translation into Malaya by Dr.Raja Rajeswari Seetha Raman

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KAGULUHAN

Tingnan mo kung paanong sa iyong pagdating
ay pinukaw nito ang mga ibon ng aking kaluluwa …
Kung paanong ang mamasdan ka lamang
ay nagdulot na ng kaguluhan sa aking mga ibong nalulumbay …
ang mahinahon kung pagkampay
naulinigan dahil sa iyong presensya.
Tingnan mo kung paano sila nanginginig,
Hinahanap ang pugad at nag-iiyakan ng di ka nila makita.
Nalalaman mong sila ay lumisan
Niyanig ng banayad na mga hangin
ang mga ibon sa aking mga pangarap, malayo
buhat ng dumating ka.
Halika, ikulong mo isa-isa
ng iyong mga palad ang mga inakay
na ng nagulat ay nagsilipiran
at sa pagdadapithapon ng buhay, sumilong
sa ilalim ng iyong mga pakpak, may pag-ibig, magpakailanman.

Translation in Filipino by Eden Soriano Trinidad

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המולה / אנג’לה ואלֶה

רְאִי אֵיךְ הַגָּעָתֵךְ
עוֹרְרָה אֶת צִפֳּרֵי נִשְׁמָתִי…
אֵיךְ רַק הַמַּרְאֶה הַזֶּה שֶׁלָּךְ
יָצַר מְהוּמָה בְּצִפּוֹרַי הַמִּתְאַבְּלוֹת…
הַמַּשָּׁק הַמְּיֻחָד שֶׁלִּי
הָפַךְ בְּנוֹכְחוּתֵךְ לְנִשְׁמָע יוֹתֵר.
רְאִי אֵיךְ הֵן רוֹעֲדוֹת,
מְחַפְּשׂוֹת אֵת הַקֵּן וּבוֹכוֹת כְּשֶׁאֵינָן מוֹצְאוֹת אוֹתָךְ.
עָלַיִךְ לָדַעַת שֶׁמֵּאָז שֶׁבָּאת
הֵן בָּרְחוּ הַרְחֵק,
נִרְעָדוֹת מֵרוּחוֹת שֶׁאֵין לְשָׁמְעָן,
סְנוּנִיּוֹת חֲלוֹמוֹתַי.
בּוֹאִי, כַּנְסִי אַחַת אַחַת
בְּיַד אוֹהֶבֶת אֶת הַלְּהָקוֹת
שֶׁעָפוֹת סָבִיב, חֲרֵדוֹת,
וּבְאַחֲרִית הַחַיִּים, יְקַנְּנוּ
תַּחַת כְּנָפֵךְ, אַהֲבָה, לַנֶּצַח.

תרגום מאנגלית לעברית: דורית ויסמן
בצילום: להק צפורים בשמש הערב
Translation into Hebrew by Dorit Weissman

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குமுறலும், கொந்தளிப்பும்!

எனது ஆன்மாவின் பறவைகளை
எப்படிக் கலக்கியுள்ளது
உனது வருகை என்பதைப்பார்!

ழுதுகொண்டிருக்கும் எனது பறவைகளிலுனது வெறும் பார்வையே குமுறலை ஏற்படுத்தியுள்ளதைப் பார்.
எனது வழக்கத்திற்கு மாறான சிறகடிப்பு
நீ இருக்கையில் செவியில் கேட்கிறது.
அதனுடைய கூட்டைத்தேடி, உன்னைக் காணாது
எப்படி நடுங்குகிறது என்பதைப் பார்!
காதில் கேட்காத காற்றை நினைத்து அதிற்சியுற்று
அவைபறந்து விட்டன என்பதை நீ உணரவேண்டும்.
எனது கனவுகளின் விழுங்குதல்கள் எங்கோ சென்றன
நீ வந்ததினால்!
திடுக்குற்று இங்கும் அங்கும் பறந்து கொண்டிருக்கும்
பறவைக் கூட்டத்தை உனது அன்புக்கைகளால்
ஒவ்வொன்றாக சிறைப்படுத்து நீ வந்து!
அவற்றின் இறுதிக்காலத்தில், உனது அன்புச்
சிறகுகளால் ஆன கூட்டில் என்றும் இருக்கட்டும்!

Translation into Tamil by Dr. N V Subbaraman

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COŞÎN

Binhêre çawa ye hatina te
çivîkên rewana min xwe şaşkirine …
Weha awira te ya yekê
çivîkên mine şîngirtî hizankirin …
Milmila mina neasayî
bi hatina te re hat bihîstin.
Binhêre çawa biheyhêrî li hêlînê digerin
û diqêrînin, lewma ew nikanin bibînin.
Divyabû te zanîba ew revyane,
hatin hejandin bi bayê neguhdarbar,
dwîvmeqeskên xewnên min dûr in, niha,
ji dema tu hatî de.
Were bi destê xwe yî nazik
yekî li pê yê din wan refan bigire
ewên bisawî li hawîrdorê difirin
û li êvara jiyanê di hêlînên xwe de lwîsbin
li jêr binbana te, evîn, bo herdemê.

Translation into Kurdish by Hussein Habasch

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আলোড়ন

চেয়ে দেখো সখা
তোমার আগমনে আলোড়িত আত্মার বিহঙ্গ কুল…
তোমার সেই দৃষ্টিতে
চাঞ্চল্য যে আমার শোকাহত আত্মা মাঝারে…
আমার এ কেমন হৃদয় ঝট্পটান
হয়ে যায় শ্রুতিমধুর শুধুই তোমার সান্নিধ্যে
চেয়ে দেখো সখা ওরা কিভাবে তড়পায়,
একটি নীড়ের খোঁজে আর কাঁদে তোমাকে না পেয়ে.
তোমাকে যে জানতেই হবে ওরা যে হঠাৎ করে চলে গেছে
শ্রবণাতীত বাতাসের কম্পনে,
আমার স্বপ্নগুলি গ্রাস হয়ে যায়, দূরে কোথাও
তুমি আসবে বলে.
এসো সখা, একের পর এক অবরুদ্ধ করো
তোমার প্রেমময় পরশে ওই বিহঙ্গকূল দের
যারা চারপাশে উড়ে বেড়ায় চকিত হৃদয়ে,
আর জীবনের এই শেষ পড়ন্ত বেলায়, নীড়
তোমার ডানার, ছায়ায় ভালোবাসা চিরন্তন.

Bangla translation by: Tabassum Tahmina Shagufta Hussein

(Ángela Valle)

 

Recueil: ITHACA 642
Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

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S’il pleuvait des larmes (Boris Vian)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2020



 

sombre-mur-sang-big [1280x768]

S’il pleuvait des larmes
Lorsque meurt un amour
S’il pleuvait des larmes
Lorsque des coeurs sont lourds

Sur la terre entière
Pendant quarante jours
Des larmes amères
Engloutiraient les tours

S’il pleuvait des larmes
Lorsque meurt un enfant
S’il pleuvait des larmes
Au rire des méchants

Sur la terre entière
En flots gris et glacés
Des larmes amères
Rouleraient le passé

S’il pleuvait des larmes
Quand on tue les coeurs purs
S’il pleuvait des larmes
Quand on crève sous les murs

Sur la terre entière
Il y aurait déluge
Des larmes amères
Des coupables et des juges

S’il pleuvait des larmes
Chaque fois que la mort
Brandissant ses armes
Fait sauter des décors

Sur la terre entière
Il n’y aurait plus rien
Que les larmes amères
Des deuils et du destin.

(Boris Vian)

Illustration

 

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C’était un soir de féeries (Francis Vielé-Griffin)

Posted by arbrealettres sur 7 juillet 2020


 


Albert Lichten (12) [1280x768]

 

C’était un soir de féeries,
De vapeurs enrubannées,
De mauve tendre aux prairies,
En la plus belle de tes années,

Et tu disais — écho de mon âme profonde, —
Sous l’auréole qui te sacre blonde
Et dans le froissement rythmique de soies :
« Tout est triste de joies ;
Quel deuil emplit le monde ?
Tout s’attriste de joies ».

Et je t’ai répondu, ce soir de féeries
Et de vapeurs enrubannées :
« C’est qu’en le lourd arôme estival des prairies,
Seconde à seconde,
S’effeuille la plus belle de tes années ;
Un deuil d’amour est sur le monde
De toutes les heures sonnées ».

(Francis Vielé-Griffin)

Illustration: Albert Lichten

 

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