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Poésie

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Cette caresse toute fraîche (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 26 octobre 2019



 

A ce souffle à ce soleil d’hier
Qui joint tes lèvres
Cette caresse toute fraîche
Pour courir les mers légères de ta pudeur
Pour en façonner dans l’ombre
Les miroirs de jasmin
Le problème du calme.

(Paul Eluard)

 

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Testament (Jean Cuttat)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2019



Quand la mort viendra m’enfourner
joignez fort mes mains, mais en douce
laissez donc libres les deux pouces
que je puisse les tourner

(Jean Cuttat)

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L’Utile (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2019


 

Dans les couleurs de l’utile
celle de l’étoffe grise et noire
de l’acier bleu
des graines rousses
d’aucuns se réfugient pour vivre.

On entend parfois leurs paroles
les appels qu’ils font à la pluie
au soleil, aux verdures

et les choses autour d’eux se joignent
pour se refléter dans leurs yeux.

(Jean Follain)

 

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Parfois elle sent (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2018




    
Parfois elle sent : la vie est grande
mais sauvage, tels des fleuves qui écument,
mais sauvage, telle tempête dans les arbres.
Et doucement, lâchant les heures,
elle offre son âme aux rêves.

Puis s’éveille. Une étoile alors
éclaire en silence la terre discrète,
sa maison a des murs tout blancs —
Et elle sait : la vie et lointaine, inconnue —
et elle joint ses mains fripées.

(Rainer Maria Rilke)

 

Recueil: Oeuvres 2 Poésie
Traduction: Jacques Legrand, Lorand Gaspar, Philippe Jaccottet, Armel Guerne, Maurice Betz
Editions: Seuil

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ON M’A DONNE (Charles Aznavour)

Posted by arbrealettres sur 2 octobre 2018



ON M’A DONNE

On m’a donné des yeux et l’on m’a dit regarde
J’ai eu beau regarder je n’ai rien entrevu
On m’a donné un coeur et l’on m’a dit prends garde
J’ai eu beau prendre garde un jour je l’ai perdu
On m’a donné l’amour, hélas! je le regrette
Car il s’en est allé, depuis je n’y crois plus
On m’a donné un corps mais j’ai perdu la tête
Et j’ai donné mon corps à bien des inconnus
On m’a donné, on m’a donné bien plus.

On m’a donné des rêves pour que mes nuits soient pures
Mais ces rêves ne sont que de longs cauchemars
On m’a donné des lèvres afin qu’elles murmurent
Elles n’ont jamais dit que des mots sans espoir
On m’a donné des larmes pour mes joies et souffrances
Je ne pleure jamais car mon coeur est de bois
On m’a donné aussi, en plus, une conscience
Mais au fond de moi-même je n’entends pas sa voix.
On m’a donné, on m’a donné, pourquoi ?

On m’a donné des livres afin que je les lise
Mais je les ai brûlés sans les avoir ouverts
On m’a donné des mains pour les joindre à l’église
Mais qui sait si j’irai au ciel ou en enfer
On m’a donné une âme pour la garder bien blanche
Mais j’ai vendu mon âme au diable un beau matin
On m’a donné la vie pour me faire des dimanches
Mais j’ai gâché la vie que j’avais dans mes mains.
On m’a donné, on m’a donné, en vain.

(Charles Aznavour)

 

 

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L’ÉTREINTE ÉPERDUE (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2018




    
L’ÉTREINTE ÉPERDUE

Aime-moi, non pas avec des sourires, des flûtes ou des fleurs tressées,
mais avec ton coeur et tes larmes, comme je t’aime avec ma poitrine et mes gémissements.

Quand tes seins s’alternent à mes seins, quand je sens ta vie contre ma vie, quand tes genoux se dressent derrière moi,
alors ma bouche haletante ne sait même plus joindre la tienne.

Étreins-moi comme je t’étreins ! Vois, la lampe vient de mourir, nous roulons dans la nuit;
mais je presse ton corps mouvant et j’entends ta plainte perpétuelle…

Gémis ! gémis ! gémis ! ô femme ! Éros nous traîne dans la douleur.
Tu souffrirais moins sur ce lit pour mettre un enfant au monde que pour accoucher de ton amour.

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Du fond du rêve (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2018




    
Du fond du rêve,
comme un poing illuminé
émergeant de la créature solitaire endormie,
surgit la volonté irrésistible
de continuer la narration.

Il ne s’agit pas de conter ceci ou cela,
ni de copier ou de traduire
ou d’enjôler le jour aux abois.
Il s’agit d’une pulsion bien plus forte
et qui ne peut s’interrompre :
poursuivre simplement la narration.

Narration qui n’a pas de début ni de fin,
narration qui n’est pas un genre,
qui nе lie pas une intrigue.
Images qui coulent comme un fleuve,
se prennent et se dessaisissent,
étrange manière de dire et de dédire
en arrière et en avant des choses.

Volonté de poursuivre la narration,
énergie éparse dans l’ici de partout,
qui ne distingue pas les vies des morts
ni l’homme d’autre chose

C’est l’histoire qui s’écoule tout au fond,
l’histoire sans et avec histoire
qui joint dans un bouquet délié
l’arôme de l’être
et le parfum du néant.

Le service demandé à l’homme
n’est que poursuite de la narration
quel que soit l’argument.

Et même sans aucun.

 

Recueil: Poésie et Réalité
Traduction: Jean-Claude Masson
Editions: Lettres Vives

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PAR L’HEUR OU LE MALHEUR, JE ТE BENIS !… (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
PAR L’HEUR OU LE MALHEUR, JE ТE BENIS !…

Par l’heur ou le malheur, je te bénis !
De tout mon amour, je te fais un nid
En joignant les mains et je te protège
Avec les dés d’or, les nuées de neige.

Un chant qui me perd monte de tes pas.
Le mur que je t’oppose, tu l’abats.
Dans ses obscurs décombres je vacille,
Et de ta douce haleine je m’habille.

Ah, qu’importe que tu m’aimes ou non !
Même si ton coeur au mien ne se fond,
Je t’entends, je te chante, je te vois,
Et je réponds au seigneur par ta voix.

Ainsi la forêt qui s’étire à l’aube
De ses mille bras ennoués dérobe
Violemment sa lumière au ciel bleu,
Pour la plaquer sur son coeur amoureux.

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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DANSE DES FLAMMÈCHES (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 13 juin 2018



Illustration: Berthe Morisot
    
DANSE DES FLAMMÈCHES

Meule de feu, je voltige
Autour de toi, en flammèches.
En boitillant je jaillis
De tes douces tiges courbes.
Et hop ! du bout de ton nez,
Je te souris, mon amour.
Et le crépuscule arrive,
Drapé dans sa houppelande,
Gardant en sa pipe fraîche
Tes fretins de flammes qui
Me giflent sur les deux joues.
Accroupie es-tu, coquine ?
Et voilà que le buisson
Jette au loin ta jupe rouge
Dont tu l’as, impertinente,
Couvert pour te joindre à moi.
Rentre tes cornes de feu,
Étends-toi sur l’herbe tendre,
Pour que ton corps brun je puisse
L’oindre d’entière blancheur.

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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L’AMANDE (Jules Tordjman)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2018



 

L’AMANDE

Un miracle à portée des sens bourgeonne dans l’air nu —
noyau de lait.

L’oeil le voit accroché à une branche déserte et l’aime pour sa nuance.

Mais que dire des lèvres réduites à l’hésitation ?
Une saveur virtuelle les frôle, tandis que cinq phalanges
rigides prétendent au pouvoir d’une main.

Ni hâte ni lenteur : où veillait une flamme converge le désir.

Je n’invente rien.

Gagée par l’arbre, une promesse est accomplie.

Dureté et délice ont commencé de joindre les dents et l’amande.

(Jules Tordjman)

 

 

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