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Poésie

Posts Tagged ‘agile’

Leurs corps demeurent amis (Claude Pujade-Renaud)

Posted by arbrealettres sur 19 décembre 2018



Illustration: Pascal Renoux
    
Leurs corps demeurent
amis
même après l’amour

Poreuses
les peaux
et les rêves
poissons agiles
traversent
les frontières

Au matin
nulle nécessité
de les raconter
à cet autre

embué de nuit
qui n’a pas encore
pris le temps
d’être à nouveau

l’autre

(Claude Pujade-Renaud)

 

Recueil: Instants incertitudes
Traduction:
Editions: Le Cherche Midi

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Contre la rumeur (Claude Pujade-Renaud)

Posted by arbrealettres sur 17 décembre 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Contre la rumeur
grumeleuse
de la mer
un oiseau
maintient
l’aigu l’agile
d’un trille

Vaincue
la marée
recule

(Claude Pujade-Renaud)

 

Recueil: Instants incertitudes
Traduction:
Editions: Le Cherche Midi

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A une passante (Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,
Une femme passa, d’une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l’ourlet;

Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l’ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

Un éclair… puis la nuit! – Fugitive beauté
Dont le regard m’a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l’éternité ?

Ailleurs, bien loin d’ici! trop tard! jamais peut-être!
Car j’ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j’eusse aimée, ô toi qui le savais!

(Baudelaire)


Illustration: Miriam Naïli

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SILLAGES (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2018



SILLAGES

La neige où s’étouffent les vols
A retenu l’empreinte agile de ces pattes,
Les dessins envolés des oiseaux sur le sol.
Neige, feu blanc qui dors, épaisseur d’âme, ouate
Froide où je m’engourdis, quelles traces de pas
Enfoncés dans ma nuit tu me gardes sans moi !

(Marie-Jeanne Durry)

Illustration

 

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Laisse-nous pleurer (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2018



Carrie Vielle (5)

Laisse-nous pleurer

Toi qui ris de nos coeurs prompts à se déchirer,
Rends-nous notre ignorance, ou laisse-nous pleurer !
Promets-nous à jamais le soleil, la nuit même,
Oui, la nuit à jamais, promets-la-moi ! Je l’aime,
Avec ses astres blancs, ses flambeaux, ses sommeils,
Son rêve errant toujours et toujours ses réveils,
Et toujours, pour calmer la brûlante insomnie,
D’un monde où rien ne meurt l’éternelle harmonie !

Ce monde était le mien quand, les ailes aux vents,
Mon âme encore oiseau rasait les jours mouvants,
Quand je mordais aux fruits que ma soeur, chère aînée,
Cueillait à l’arbre entier de notre destinée ;
Puis, en nous regardant jusqu’au fond de nos yeux,
Nous éclations d’un rire à faire ouvrir les cieux,
Car nous ne savions rien. Plus agiles que l’onde,
Nos âmes s’en allaient chanter autour du monde,
Lorsqu’avec moi, promise aux profondes amours,
Nous n’épelions partout qu’un mot :  » Toujours ! Toujours !  »

Philosophe distrait, amant des théories,
Qui n’ôtes ton chapeau qu’aux madones fleuries,
Quand tu diras toujours que vivre c’est penser,
Qu’il faut que l’oiseau chante, et qu’il nous faut danser,
Et qu’alors qu’on est femme il faut porter des roses,
Tu ne changeras pas le cours amer des choses.
Pourquoi donc nous chercher, nous qui ne dansons pas ?
Pourquoi nous écouter, nous qui parlons tout bas ?
Nous n’allons point usant nos yeux au même livre :
Le mien se lit dans l’ombre où Dieu m’apprend à vivre.
Toi, qui ris de nos coeurs prompts à se déchirer,
Rends-nous notre ignorance, ou laisse-nous pleurer.

Vois, si tu n’as pas vu, la plus petite fille
S’éprendre des soucis d’une jeune famille,
Éclore à la douleur par le pressentiment,
Pâlir pour sa poupée heurtée imprudemment,
Prier Dieu, puis sourire en berçant son idole
Qu’elle croit endormie au son de sa parole :
Fière du vague instinct de sa fécondité,
Elle couve une autre âme à l’immortalité.

Laisse-lui ses berceaux : ta raillerie amère
Éteindrait son enfant… Tu vois bien qu’elle est mère.
À la mère du moins laisse les beaux enfants,
Ingrats, si Dieu le veut, mais à jamais vivants !

Sinon, de quoi ris-tu ? Va ! J’ai le droit des larmes ;
Va ! Sur les flancs brisés ne porte pas tes armes.
Toi qui ris de nos coeurs prompts à se déchirer,
Rends-nous notre innocence, ou laisse-nous pleurer !

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Carrie Vielle

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CHANSON (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2018



CHANSON

J’ai volé un petit nuage
Pour me promener

Je flotte sur les villages
D’un monde abandonné

Vous pouvez vous mettre en chasse
Vous ne m’attraperez pas

Mais d’en haut je tends mes nasses
Viens partager mon repas

De gouttes et d’étincelles
Viens partager mon repos

Je plonge et je te soulève
Jusqu’à mon nid dans le ciel

Le soleil est sur nos lèvres
Un gâteau de miel

Ecoute comme je chante
Vois naître dans l’air

Les agiles couleurs changeantes
Qui frémissent sur la mer.

(Marie-Jeanne Durry)

 

 

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LE BANC (Christiane Barrillon)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2018



LE BANC

Les myosotis bleus, blancs, roses,
sont mille fois plus séduisants
quand ils éclosent
dans le jardin de vos quinze ans.
Venez, rusées, venez, moqueuses,
poser vos robes sous mes yeux,
vos rubans de rire précieux,
volants, froufrous, jambes agiles
sur la fragilité du banc
bordé de bleu, bordé de blanc…

(Christiane Barrillon)

Illustration

 

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Bonne nuit (Guy Béart)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



Georgy Kurasov 32

Bonne nuit, nos ennuis s’évanouissent lorsque glissent nos pas réunis
Pas à pas, tous les papillons tristes, sur la piste, ne reviennent pas
Tour à tour, les détours, les figures ont l’allure des gestes d’amour

Mais autant, nos vingt ans sont agiles
Sont fragiles l’horloge et le temps

Bras ballants, se balancent nos hanches
Carte blanche pour tous nos élans
Entre nous, nos genoux se chuchotent
Et complotent d’autres rendez-vous

Mais autant, nos vingt ans sont agiles
Sont fragiles l’horloge et le temps

Que ma joue à ta joue s’harmonise et se grisent nos souffles qui jouent
En chemin, nos deux mains se sont jointes
Nos étreintes commencent demain
Tour а tour les détours, les figures ont l’allure des gestes d’amour

Mais autant, nos vingt ans sont agiles
Sont fragiles l’horloge et le temps

Bonne nuit, nos ennuis s’évanouissent lorsque glissent nos pas réunis

(Guy Béart)

Illustration: Georgy Kurasov

 

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CIELS TRISTESSES DU MATIN (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018




    
CIELS TRISTESSES DU MATIN
A Claude Arrieu,

Les dimanches matins
Les cloches cathédrales
Étonnent et labourent
La mer fraîche du ciel.

Altérées, de guingois,
Plus basses que l’aurore
S’effacent les étoiles,
Solitudes sans fond.

Et sur les villes grises
S’écrasent les fumées;
Les ennuis nous assiègent
Comme pluies de fourmis.

Tous les cris de la vie
Coulent dans les fontaines;
Les bocages de pierre
Ne cachent point d’oiseaux.

Mais l’agile lumière
Qui tremble sur les eaux,
A la pointe des aigles,
Rit à notre destin.

(Maurice Fombeure)

 

Recueil: A dos d’oiseau
Traduction:
Editions: Gallimard

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LA MADONE (Guy de Maupassant)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2018




    
LA MADONE

I

Vous m’avez donné, Madame,
Un étrange chapelet
Qui m’a pris le coeur et l’âme
Comme un agile filet !

Où sont mes goûts de naguère ?
On me disait libertin !
Aujourd’hui je n’ai plus guère
Que des soifs de sacristain.

Je me prosterne et je prie,
Chaque jour à deux genoux,
La bonne Vierge Marie
Qui, d’en Haut, veille sur nous.

II

Je récite l’Angelus,
Brûlant d’une ardeur nouvelle !…
Mais ne vous étonnez plus…
Mon secret – je le révèle !

Au fond du ciel étoilé
La Vierge m’est apparue
Découvrant son front, voilé
Par un grand manteau de nue !

J’ai cru… N’ai-je point rêvé ?
Oui j’ai cru… Dieu me pardonne !
En bredouillant mes Ave
Que c’était vous la Madone.

(Guy de Maupassant)

Découvert ici: https://nicole-pessin.com/

 

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