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Poésie

Posts Tagged ‘hameçon’

PLUS LOIN (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2019



PLUS LOIN

J’en ai fini du globe avec quatre foulées !
— Lance un hameçon dans le ciel !
Il ne faut pas moins que le ciel
Pour te remplir les mains et fondre dans ta bouche ! —
— Je plonge dans la chair des étoiles, je touche
La nuit avec son long goût d’herbe, je me couche
Sur les nuages de l’été !
— Il ne faut pas moins que l’éternité.

(Marie-Jeanne Durry)

 

 

 

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LE PÊCHEUR (La Flûte de Jade)

Posted by arbrealettres sur 8 avril 2018



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LE PÊCHEUR

Le croissant de la lune
se reflète dans le lac.

Pareil à un gigantesque pêcheur
en manteau sombre,
le pic Chung-ti semble attendre qu’un poisson
vienne happer cet hameçon.

(La Flûte de Jade)

 Illustration

 

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CONJONCTURE (Hans Magnus Enzensberger)

Posted by arbrealettres sur 3 avril 2018




    
CONJONCTURE

Ce que vous mangez ce n’est pas
ce que vous croyez ce n’est pas
de la viande qu’on vous donne à bouffer,
c’est de l’appât, c’est bon
(peut-être les pêcheurs ont-ils
oublié leur ligne, peut-être
ont-ils fait le voeu
de jeûner désormais?)

L’hameçon n’a pas un goût de gâteau
mais le goût du sang
il va vous arracher à votre bouillon tiède :
Comme l’air est froid au bord de la Bérézina!
Et vous allez dévaler
sur un sable étranger
sur des glaces étrangères :
Groenland Nevada,
vos membres vont agripper
la peau du désert de Nubie.

Soyez sans crainte ! Les pêcheurs distingués
ont bonne mémoire et vieille expérience.
Ils ont pour vous l’affection
du charcutier pour son cochon.
Les voici sagement assis au bord du Rhin,
du Potomac, de la Bérézina,
au bord de tous les fleuves du monde.
Ils vous font paître. Ils attendent.

Et vous, vous déchirant la gorge à belles dents,
dans votre crainte de crever de faim,
vous vous battez pour le mortel appât.

(Hans Magnus Enzensberger)

 

Recueil: Mausolée
Traduction: Maurice Regnaut et Roger Pillaudin
Editions: Gallimard

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PÊCHEURS (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2018



Illustration: Claude Monet
    
PÊCHEURS

L’arbre gigantesque
pêche avec ses lianes
les taupes bizarres
de la terre.
Le saule sur l’eau dormante
pêche ses rossignols,
mais à l’hameçon vert
du cyprès la blanche lune
ne mordra pas… ni
ton coeur au mien,
fille brune de Grenade.

(Federico Garcia Lorca)

 

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Village au bord de l’eau (Du Fu)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2018



Illustration
    
Village au bord de l’eau

Eau claire entourant de ses bras le village
Longs jours d’été où tout n’est que poésie

Sans crainte vont et viennent les couples d’hirondelles
Dans l’étang, les unes contre les autres, les mouettes

Ma vieille épouse dessine un échiquier sur papier
Mon jeune fils fait d’une aiguille un hameçon

Souvent malade, je cherche les plantes qui guérissent
Est-il d’autre désir pour mon humble corps?

(Du Fu)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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LE VIDE ET LES FORMES (Margherita Guidacci)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2017



Illustration: Gilbert Garcin
    
LE VIDE ET LES FORMES

La poursuite, la lutte
sur le bord invisible,
les images saisies, déjà crues
nôtres et en un instant
redevenues brouillard,
le retour déçu —
du chasseur auquel ne fut donné
qu’un bruissement de feuillages et l’éclair gris
du lièvre qui s’enfuit en bondissant dans les buissons ;
du pêcheur dont la longue attente
s’acheva dans un ironique saut de carpe,
cette illusion d’argent sur l’hameçon à peine effleuré…

Comme nous voici vaincus !
Comme nous tombent des mains les armes inutiles!
La pierre reste pierre,
la toile n’est que toile, la feuille une bruissante
absence, le clavier
silence obstiné.

Le vide se défend.
il ne veut pas qu’une forme le tourmente.

***

L’inseguimento, la lotta
sull’orlo invisibile,
le immagini afferrate, già credute
nostre, ed in un istante
ridivenute nebbia,
il deluso ritorno —
di cacciatore a cui toccô soltanto
uno stormir di frasche e il breve lampo grigio
della lepre che a balzi si salva tra i cespugli ;
di pescatore la cui lunga attesa
fini in un guizzo ironico di carpa,
quella belfa d’argento sull’amo appena sfiorato…

Come siamo sconfitti !
Come ci cadono di mano le inutili armi !
La pietra resta pietra,
la tela è solo tela, il f oglio una frusciante
assenza, la tastiera
ostinato silenzio.

Il vuoto si difende.
Non vuole che una forma lo torturi.

(Margherita Guidacci)

 

Recueil: PRISMA
Traduction: Philippe Renard
Editions: OBSIDIANE

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Pour tout ce que j’ai à faire (Amin Maalouf)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2017




    
Pour tout ce que j’ai à faire
combien de temps m’est-il accordé ?

Cela, tu n’en sauras rien,
Tu as l’éternité et l’instant,
quelle importance ?

Le temps est l’hameçon des ténèbres,
ne te laisse pas leurrer,
n’aie d’autre souci que ta mission,
chaque jour.

(Amin Maalouf)

 

Recueil: Les Jardins de lumière
Editions: LE LIVRE DE POCHE

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Le poisson de ta main dans l’eau de ma mémoire (Tristan Tzara)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2017



Le poisson de ta main
dans l’eau de ma mémoire
il dort ou c’est comme
à la belle étoile

les pêcheurs les astronomes
le convoitent les malins
ni calculs ni hameçons
tentations ou tours d’adresse
ne sauraient avoir raison
du souci de ma tendresse

(Tristan Tzara)

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Le pêcheur (Laurent Albarracin)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2017




    

Le pêcheur s’abîme, il tient
au centre de sa réflexion
son âme comme son hameçon
Hébété il sourit
et le bouchon qui tangue à la surface de l’eau
hausse les petites épaules de l’indifférence de l’eau

(Laurent Albarracin)

 

Recueil: Le Secret secret
Editions: Flammarion

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EPIPHANIE (Piero Bigongiari)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2016


 

EPIPHANIE

Fumées, songes, un signe sur l’eau :
c’est la ligne du pêcheur, le soleil,
un reflet qui ne navigue pas, qui n’appareille pas ;
un regard qui ne parvient pas à voir, le coeur.

Sur ces extrêmes ramifications du déluge
les feux ne s’allument pas, ils fument longtemps
longtemps ; en levant la tête les rescapés
veulent-ils replacer le soleil dans le ciel ?

On dit que s’il y a un esprit il ne peut oublier,
une lumière part de la mémoire, divise la mémoire
la trouble, mais déjà sur ces frêles clartés
le soleil — ou l’hameçon, ou l’appât — trouve le bond de la proie.

***

EPIFANIA

Fumi, sogni, un segno sull’acqua :
è la lenza del pescatore, il sole,
un riflesso che non naviga, che non si stacca;
uno sguardo che non arriva a vedere, il cuore.

Su queste estreme propaggini del diluvio
i faló non si accendono, fumano a lungo
a lungo, alzando it viso gli scampati
vogliono riportare it sole in cielo ?

Dicono che se c’è una mente non puô dimenticare,
una luce parte dalla memoria, divide la memoria
la confonde, ma già su queste fragili chiarie
trova il sole — o l’amo, o l’esca — il guizzo della preda.

(Piero Bigongiari)

Illustration: René Magritte

 

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