Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘frire’

FÊTES DE VILLAGE EN PLEIN AIR (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2018



 

Carl Larsson  -« Petit déjeuner dans le parc » [1280x768]

FÊTES DE VILLAGE EN PLEIN AIR

Le bal champêtre est sous la tente.
On prend en vain des airs moqueurs ;
Toute une musique flottante
Passe des oreilles aux coeurs.

On entre, on fait cette débauche
De voir danser en plein midi
Près d’une Madelon point gauche
Un Gros-Pierre point engourdi.

On regarde les marrons frire ;
La bière mousse, et les plateaux
Offrent aux dents pleines de rire
Des mosaïques de gâteaux.

Le soir on va dîner sur l’herbe ;
On est gai, content, berger, roi,
Et, sans savoir comment, superbe,
Et tendre, sans savoir pourquoi.

Feuilles vertes et nappes blanches ;
Le couchant met le bois en feu ;
La joie ouvre ses ailes franches :
Comme le ciel immense est bleu!

(Victor Hugo)

Illustration: Carl Larsson 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Il était un petit navire (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 22 novembre 2017




Il était un petit navire, (bis)

Qui n’avait ja, ja, jamais navigué (bis)
Ohé ! Ohé !

Il partit pour un long voyage (bis)
Sur la mer Mé, Mé, Méditerranée (bis)

Au bout de cinq à six semaines, (bis)
Les vivres vin, vin, vinrent à manquer (bis)

On tira z’à la courte paille (bis)
Pour savoir qui, qui, qui serait mangé (bis)

Le sort tomba sur le plus jeune (bis)
C’est donc lui qui, qui, qui fut désigné (bis)

On chercha alors à quelle sauce (bis)
Le pauvre enfant, fant, fant sera mangé (bis)

L’un voulait qu’on le mit à frire (bis)
L’autre voulait, lait, lait le fricasser (bis)

Pendant qu’ainsi on délibère, (bis)
Il monte en haut, haut, haut du grand hunier. (bis)

Il fait au ciel une prière (bis)
Interrogeant, geant, geant l’immensité. (bis)

Mais regardant la mer entière (bis)
Il vit des flots, flots, flots de tout côtés. (bis)

Oh ! Sainte Vierge ma patronne (bis)
Cria le pau, pau, pauvre infortuné. (bis)

Si j’ai pêché, vite pardonne, (bis)
Empêche les de, de ,de me manger. (bis)

Au même instant un grand miracle (bis)
Pour l’enfant fut, fut, fut réalisé. (bis)

Des p’tits poissons dans le navire, (bis)
Sautèrent par, par, par et par milliers. (bis)

On les prit, on les mit à frire, (bis)
Le jeune mou, mou, mousse fut sauvé (bis)

Si cette histoire vous amuse (bis)
Nous allons la, la, la recommencer. (bis)

(Anonyme)

Illustration: Laurence Cleyet-Merle

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Étude de voix d’enfant (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2017




    
Étude de voix d’enfant
Rengaine pour piano mécanique
(Comme un rémouleur superbe et désabusé.)

Dépêche-toi de rire
il en est encor temps
bientôt la poêle à frire
et adieu le beau temps.

D’autres viendront quand même
respirer le beau temps
c’est pas toujours les mêmes
mais y a toujours des gens.

Sous le premier empire
y avait des habitants
sous le second rempire
y en avait tout autant.

Même si c’est plus les mêmes
tu t’en iras comme eux
tu t’en iras quand même
tu t’en iras chez eux.

C’est pas moi c’est mes frères
qui vivront après moi
même chose que mon grand-père
qui vivait avant moi.

Même si c’est plus les mêmes
on est content pour eux
nous d’avance on les aime
sans en être envieux.

Dépêche-toi de rire
il en est encor temps
bientôt la poêle à frire
et adieu le beau temps…

(Jean Tardieu)

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE PETIT POISSON ET LE PÊCHEUR (Jean de la Fontaine)

Posted by arbrealettres sur 9 août 2017



 

LE PETIT POISSON ET LE PÊCHEUR

Petit poisson deviendra grand,
Pourvu que Dieu lui prête vie.
Mais le lâcher en attendant,
Je tiens pour moi que c’est folie ;
Car de le rattraper il n’est pas trop certain.

Un Carpeau qui n’était encore que fretin
Fut pris par un Pêcheur au bord d’une rivière.
« Tout fait nombre, dit l’homme en voyant son butin ;
Voilà commencement de chère et de festin :
Mettons-le en notre gibecière. »
Le pauvre Carpillon lui dit en sa manière :
« Que ferez-vous de moi ? je ne saurais fournir
Au plus qu’une demi-bouchée ;
Laissez-moi Carpe devenir :
Je serai par vous repêchée.
Quelque gros Partisan m’achètera bien cher,
Au lieu qu’il vous en faut chercher
Peut-être encor cent de ma taille
Pour faire un plat. Quel plat ? croyez-moi ; rien qui vaille.
– Rien qui vaille ? Eh bien soit, repartit le Pêcheur ;
Poisson, mon bel ami, qui faites le Prêcheur,
Vous irez dans la poêle ; et vous avez beau dire,
Dès ce soir on vous fera frire. »

Un Tien vaut, ce dit-on, mieux que deux Tu l’auras :
L’un est sûr, l’autre ne l’est pas.

(Jean de la Fontaine)

Illustration: Marc Chagall

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 8 Comments »

Il y a des mots (Georges Jean)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2016



Il y a des mots

Il y a des mots, c’est pour les dire,
c’est pour les faire frire,
c’est pour rire.

Il y a des mots, c’est pour les chanter,
c’est pour rêver,
c’est pour les manger.

Il y a des mots, que l’on ramasse;
des mots qui passent,
des mots qui se cassent.

Il y a des mots pour le matin,
des mots métropolitains,
ou lointains.

Il y a des mots épais et noirs,
des mots légers pour les histoires,
des mots à boire.

Il y a des mots pour toutes les choses,
pour les lèvres, pour les roses,
des mots pour les métamorphoses,
Si l’on ose…

(Georges Jean)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :