Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘accident’

Ces grands cris des profondeurs (Marie Noël)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2018



    

Ces grands cris des profondeurs,
le poète ne les a poussés que rarement, à de très longs intervalles.

Ils ne doivent traverser une salle que très brièvement
sans s’y attarder.

Ce sont, comme presque tous les malheurs, des accidents.
Rassembler ces accidents me semble une faute d’art.
(…)
Ce n’est pas vrai.

(Marie Noël)

 

Publicités

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’embrasure la floraison (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2018


Comme une sorte d’accident
les objets paisibles les agendas les dates
les nombres les images.

cela qui dort de loin
inapprochable
et qu’on ne peut surprendre.

l’épars qui prend forme
dans la fumée
les jours les visages les attentes les gares.

chaque lumière perceptible
comme un mot inépuisable
un point que la nuit
n’engloutit pas.

on cherche la source dans l’infini réel
quel est le dieu quel est le lieu
en toi en moi
l’embrasure la floraison.

(Lionel Ray)

Illustration: Vladimir Kush

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Un enfant tient un trésor entre ses mains (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2018



Illustration: Edouard Boubat
    
Un enfant tient un trésor entre ses mains.
Un missel, une bille, un coquillage.
Il serre les mains si fort sur son bien qu’il le fait entrer sous ses ongles, dans ses veines, son cerveau,
le métamorphose en lumière dont l’enfant n’est plus lui-même qu’un accident bienheureux, comblé.

(Christian Bobin)

 

Recueil: La grande vie
Traduction:
Editions: Folio

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La hauteur de la rose (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2018



Illustration
    
La hauteur de la rose n’est pas la hauteur de la pierre,
mais parfois la rose la surpasse en son extase.
La hauteur de l’homme n’est pas la hauteur de la pluie,
mais son regard va plus loin que les nuages.
Et parfois la lumière l’emporte sur l’ombre,
bien que l’ombre ait toujours le dernier mot.
Les hiérarchies sont une distraction de l’infini
ou peut-être un accident.
Les hauteurs se supplantent comme tours qui dansent
mais tout tombe de la même hauteur.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Martine Broda pour Roberto Juarroz
Traduction: Martine Broda
Editions: José Corti

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Diamant brisé (Mathieu Bénézet)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2018



Diamant brisé

te rencontrer – doux intérieur approché

l’accident d’un amour ouvre en toi une lèvre de solitude –

une ombre passe sans but elle ébauche un ange qui veille –
pur espace

ô le sourire d’une pensée patiente dans le poème te parler –

comme la mort est rouge sous les épaules
profond le commencement du sens

geste des mains – hirondelle qui hésite
parfois le regard ancien plus doucement se dresse

poète – un diamant brisé

(Mathieu Bénézet)


Illustration: René Baumer

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’accident d’un amour (Mathieu Bénézet)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2018


 


Anne-Marie Zilberman (23)

 

l’accident d’un amour
ouvre en toi
une lèvre de solitude –

(Mathieu Bénézet)

Illustration: Anne-Marie Zilberman

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , | 2 Comments »

LE PASSÉ AVEC L’AVENIR (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2018



Illustration: Gilles Demarteau
    
LE PASSÉ AVEC L’AVENIR

Il y a bien sûr l’accident
à quoi pensent ceux qui sont frêles et tristes
quand au-dessus des clochers et des dômes
un jour se lève
alors les étreint le Temps
empli de tous les uniformes du passé
des blouses d’anciens ouvriers raisonneurs
mais aussi l’impénétrable splendeur
d’un corps féminin de l’avenir
que détient en puissance une fillette penchée
sur le bassin ovale
d’un jardin muré
aux parterres encore froids.

(Jean Follain)

 

Recueil: Des Heures
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Avec une auto… (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018




    
Avec une auto…

1
Avec une auto
On va tout de go
S’casser la figur’ contre un poteau
Si pour éviter
Un’ vieille, un curé
On fait un virage un peu forcé
Ou on s’ fait descendr’ par un taxi
Ah! quelle affair’!
Mais c’est bien plus rupin qu’ les acci…
Dents d’ chemin d’ fer!
C’est charmant,
Épatant
Une auto!
Une auto!
C’est le confort,
Le dernier mot du sport!
C’est pratique
Ultra chic
Viv’ l’auto!
Viv’ l’auto!
Viv’ la poussièr’
Et viv’ les courants d’air!
La quatrièm’ vitesse
Est vraiment un régal
Qui s’ termin’, je l’ confesse
Sur un lit d’hôpital
C’est rapid’
C’est splendid’
Une auto!
Une auto!
L’ dernier bateau
C’est un’ quarant’ chevaux!

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

Posted in humour, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je crois que la beauté du monde est partout (Etty Hillesum)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2018


 



    
De l’autre côté de cette tente, le soleil nous offre soir après soir le spectacle d’un coucher inédit.
Ce camp perdu dans la lande de Drenthe abrite des paysages variés.
Je crois que la beauté du monde est partout,
même là où les manuels de géographie nous décrivent la terre comme aride, infertile et sans accidents.
Il est vrai que la plupart des livres ne valent rien, il nous faudra les réécrire.

(Etty Hillesum)

 

 

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ma dame nue (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2018




    
ma dame nue sur fond
de crépuscule est un accident

dont l’agrément dépasse aisément l’intention
du génie—
toute peinture se sent honteuse
devant cette musique,et la poésie n’arrive
à s’en approcher tant elle est craintive.

et pourtant toutes deux la disent merveilleuse
Mais moi(dans mes bras ayant pris

le tableau)je le presse lentement

contre ma bouche,goûte le rythme précis
féroce
et sage d’une
impeccable
nonchalance. Savoure le prix

d’un geste inimaginable

chaud exact impie

***

my naked lady framed
in twilight is an accident

whose niceness betters easily the intent
of genius—
painting wholly feels ashamed
before this music,and poetry cannot
go near because perfectly fearful.

meanwhile these speak her wonderful
But i(having in my arms caught

the picture)hurry it slowly

to my mouth,taste the accurate demure
ferocious
rhythm of
precise
laziness. Eat the price

of an imaginable gesture

exact warm unholy

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Erotiques
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :