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Posts Tagged ‘appréhension’

OBSCURCISSEMENT (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2019



Illustration: Abanindranath Tagore   
    
OBSCURCISSEMENT

Une sombre appréhension servant de linceul
Enveloppe le monde,
En son centre demeure par-delà l’appréhension
Une ferme conviction.

Au milieu d’un orage de mots et la poussière de débats
L’ intelligence aveuglée tâtonne désespérément,
La conviction reste inébranlable, au fond,
Sans une ombre de peur.

Des centaines d’épreuves sur le chemin de la vie
Errent en un tourbillon,
Tandis qu’au centre règne la paix imperturbable
Sous l’ombre d’un arbre immortel.

Des flèches empoisonnées fusent sans relâche —
La censure, la perte, la mort et la séparation —
Éternelle, la Joie reste calme dans sa transe :
Elle ne connaît nulle destruction.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt dièse tantôt bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: La Différence

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Il existe un pays (Michel Houellebecq)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2018



 

Bill Viola  vertebrae-horizontal-1_large

Il existe un pays, plutôt une frontière,
Où la lumière est douce et pratiquement solide
Les êtres humains échangent des fragments de lumière,
Mais ils n’ont pas la moindre appréhension du vide.

La parabole du désir
Remplissait nos mains de silence
Et chacun se sentait mourir,
Nos corps vibraient de ton absence.

Nous avons traversé des frontières de craie
Et le second matin le soleil devint proche
Il y avait dans le ciel quelque chose qui bougeait,
Un battement très doux faisait vibrer les roches.

Les gouttelettes de lumière
Se posaient sur nos corps meurtris
Comme la caresse infinie
D’une divinité – matière

(Michel Houellebecq)

Illustration: Bill Viola

 

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Je suis un homme meurtri (Franck Venaille)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2018



Je suis un homme meurtri
Les blessures, cette anxiété qui jamais ne me quitte
La chair la nuit la nudité des corps m’obsèdent
L’appréhension est un rongeur circulant dans mes
poumons
la gueule pleine
Faut-il le dire?
Quand cessera, quand prendra fin ce temps d’épuisement?
Déjà ce corps flottant, déjà
d’amers pressentiments de bras en croix
Par la vie entière!
Je suis un homme meurtri

(Franck Venaille)


Illustration

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Belle est la vie (Bernard Delvaille)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2017


la vie est belle

Pourquoi
tenir dans mes bras
ce fantôme
de la vitesse
ce noeud de gorge
le vin et le vent
rival
de son silence
So long
Chaque fois
tout change
La crainte
rit absurde
Seule
la réalité
s’impose
plus juste
plus vraie
et toute appréhension
se fait vaine
Alors
belle est la vie

(Bernard Delvaille)

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FLAMME ESSENTIELLE (André Pieyre de Mandiargues)

Posted by arbrealettres sur 26 octobre 2015




FLAMME ESSENTIELLE

Dans les flammes flambe une flamme,

Si nous savions celle-là
Nous pourrions savoir le feu
Nous brûlerions l’air l’eau la terre
Et dans l’ardeur de la totalité
Le rien se réduirait jusqu’en
Cette cendre ultime qui n’est
Qu’appréhension d’une existence.

(André Pieyre de Mandiargues)

 

 

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UNE JOURNÉE QUI COMMENCE (Yvon Le Men)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2015



écoliers rl

UNE JOURNÉE QUI COMMENCE

Le même cartable de cuir
Prix d’un mois de travail
Les mêmes baisers furtifs
Au bord de la route,
Le même vélo historique et quotidien
Tous les trois, la marche en avant
Au goût d’appréhension,
Les camarades qui accrochent leurs yeux
Aux souliers de la grande soeur
A la blouse lavée et raccommodée
Le chef serrant une poignée de main de traître,
Mais le soir, une nourriture
Réchauffée,
Savoureuse.
Maternelle,
Amoureuse,
Une communion solidaire
Après,
Un partage du livre :
Les hommes auront la force d’être ;
Il faut comprendre,
Rappelle la voix fatiguée
Et forte du Père.

(Yvon Le Men)

Illustration: Robert Doisneau

 

 

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