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Posts Tagged ‘(Michel Houellebecq)’

Le jour monte et grandit (Michel Houellebecq)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2022



Le jour monte et grandit, retombe sur la ville
Nous avons traversé la nuit sans délivrance
J’entends les autobus et la rumeur subtile
Des échanges sociaux. J’accède à la présence.

Aujourd’hui aura lieu. La surface invisible
Délimitant dans l’air nos êtres de souffrance
Se forme et se durcit à une vitesse terrible;
Le corps, le corps pourtant, est une appartenance.

Nous avons traversé fatigues et désirs
Sans retrouver le goût des rêves de l’enfance
Il n’y a plus grand-chose au fond de nos sourires,
Nous sommes prisonniers de notre transparence.

(Michel Houellebecq)

Illustration

 

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Ce n’est qu’au bout de plusieurs jours (Michel Houellebecq)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2022



Julia Perret   -luminescence

Ce n’est qu’au bout de plusieurs jours, de plusieurs nuits de méditation et de veille
au centre de l’espace se révèle et prend forme quelque chose qui ressemble à un soleil,

quelque chose autour de quoi l’espace se lie et se constitue en même temps par ce lien,
un point central autour duquel le monde se forme et se finit dans un formidable entrelacement topologique,

Un point dont la contemplation prolongée conduit
l’âme à un saut vers l’absolument identique.

Le nom de ce point n’existe dans aucune langue ;
mais de lui émanent la joie, la lumière et le bien.

(Michel Houellebecq)

Illustration: Julia Perret

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Il est des moments dans la vie (Michel Houellebecq)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2022



 

Il est des moments dans la vie où l’on a presque l’impression d’entendre
l’ironique froufrou du temps qui se dévide,
Et la mort marque des points sur nous.
On s’ennuie un peu, et on accepte de se détourner provisoirement de l’essentiel
pour consacrer quelques minutes à l’accomplissement d’une besogne ennuyeuse et sans joie
mais que l’on croyait rapide,
Et puis on se retourne, et l’on s’aperçoit avec écoeurement
que deux heures de plus ont glissé dans le vide,

Le temps n’a pas pitié de nous.

À la fin de certaines journées on a l’impression d’avoir vécu un quart d’heure
et naturellement on se met à penser à son âge,
Alors on essaie d’imaginer une ruse une sorte de coup de poker
qui nous ferait gagner six mois et le meilleur moyen est encore de noircir une page,
Car sauf à certains moments historiques précis
et pour certains individus dont les noms sont écrits dans nos livres,
Le meilleur moyen de gagner la partie contre le temps
est encore de renoncer dans une certaine mesure à y vivre.

Le lieu où nos gestes se déroulent et s’inscrivent harmonieusement dans l’espace
et suscitent leur propre chronologie,
Le lieu où tous nos êtres dispersés marchent de front et où tout décalage est aboli,
Le lieu magique de l’absolu et de la transcendance
Où la parole est chant, où la démarche est danse
N’existe pas sur Terre,

Mais nous marchons vers lui.

(Michel Houellebecq)

Illustration: Edward Hopper

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L’étendue grise (Michel Houellebecq)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2020



Illustration: Gilbert Garcin
    

l’étendue grise
Par la mort du plus pur
Toute joie est invalidée
La poitrine est comme évidée,
Et l’œil en tout connaît l’obscur.

Il faut quelques secondes
Pour effacer un monde.

Disparue la croyance
Qui permet d’édifier
D’être et de sanctifier,
Nous habitons l’absence.

Puis la vue disparaît
Des êtres les plus proches.

(Michel Houellebecq)

 

Recueil: Configuration du dernier rivage
Traduction:
Editions: Flammarion

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L’espace entre les peaux (Michel Houellebecq)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2020




    
L’espace entre les peaux
Quand il peut se réduire
Ouvre un monde aussi beau
Qu’un grand éclat de rire.

(Michel Houellebecq)

 

Recueil: Configuration du dernier rivage
Traduction:
Editions: Flammarion

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Il existe, au milieu du temps (Michel Houellebecq)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2020




    
Il existe, au milieu du temps,
La possibilité d’une île.

(Michel Houellebecq)

 

Recueil: Configuration du dernier rivage
Traduction:
Editions: Flammarion

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La vie s’écoule à petits coups (Michel Houellebecq)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2019


 


 

La vie s’écoule à petits coups
Les humains sous leur parapluie
cherchent une porte de sortie
entre la panique et l’ennui

(Michel Houellebecq)

Découvert chez Lara ici

Illustration: René Magritte

 

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Je suis comme un enfant qui n’a plus droit aux larmes (Michel Houellebecq)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2018



Je suis comme un enfant qui n’a plus droit aux larmes,
Conduis-moi au pays où vivent les braves gens
Conduis-moi dans la nuit, entoure-moi d’un charme,
Je voudrais rencontrer des êtres différents.

Je porte au fond de moi une ancienne espérance
Comme ces vieillards noirs, princes dans leur pays,
Qui balaient le métro avec indifférence ;
Comme moi ils sont seuls, comme moi ils sourient.

(Michel Houellebecq)

découvert ici chez laboucheaoreilles

Illustration

 

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Il se sentait séparé du monde (Michel Houellebecq)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2018



 

Ernesto Arrisueño  miss

Il se sentait séparé du monde par quelques centimètres de vide,
formant autour de lui comme une carapace ou une armure

(Michel Houellebecq)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Ernesto Arrisueño

 

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Mains féminines (Michel Houellebecq)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2018




    
Attaqué par la maladie,
le corps ne croit plus
à aucune possibilité
d’apaisement.

Mains féminines,
devenues inutiles.

Toujours désirées,
cependant.

(Michel Houellebecq)

 

Recueil: Le sens du combat
Traduction:
Editions: Flammarion

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