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Poésie

Posts Tagged ‘peau’

Avec mes doigts (Martin Laquet)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2022



Illustration: Charles Edouard Boutibonne
    
avec mes doigts

avec mes doigts
j’écris des poèmes d’amour dans ton dos
petits doigts de neige pour fondre sur ta peau

(Martin Laquet)

 

jour après nuit, 2017.

Recueil: La Beauté Éphéméride poétique pour chanter la vie
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Danaë (Michel Deguy)

Posted by arbrealettres sur 3 septembre 2022



klimt-danae

le ciel comme un enfant monte en haut des arbres
l’eau devenue senteur
traverse
les fleurs de Rome s’appellent Danaë dans le lit
le bruit de Rome dans les cimes
oscillantes
ivres insectes tonnelles des cris
et le soleil mis en sacs légers ici
et là
la peau s’irrite
beauté d’arbre comme un cheval musclé sur la mare
plus loin l’école de danse des jeunes pommiers

(Michel Deguy)

Illustration: Gustav klimt

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Tuez (Michel Besnier)

Posted by arbrealettres sur 29 août 2022



Illustration: Henri Galeron
    
Tuez
Dépouillez
Videz
Coupez
Enflammez
Fendez la peau du cou
Enlacez les pattes
Cordez les ailes
Pilez les foies
Hachez menu
Faites sauter
Faites rôtir
Supprimez la tête
Laissez refroidir

– La cuisine c’est la guerre –
Oui Chef

(Michel Besnier)

 

Recueil: Cuisine au beurre noir
Traduction:
Editions : Møtus

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Bestiaire des animaux à l’aise dans leur peau (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 24 août 2022



Illustration: Frédéric Rébéna
    
Bestiaire des animaux à l’aise dans leur peau
À Richard et Jacqueline Heyd

Très oiseaux les oiseaux sont très sûrs d’être oiseaux
L’écureuil sait très bien son métier d’écureuil
Les chevaux dans leur peau de cheval sont chevaux
Le lézard sait par coeur l’art de vivre en lézard
La fourrure du chat tient le chat tout entier
Le renard est renard tout le long de l’année
Le poisson est dans l’eau comme un poisson dans l’eau

Mais moi je m’évapore et me perds et me trouve
et ne suis jamais sûr d’être ce que je suis.

(Claude Roy)

 

Recueil: Poèmes de Claude Roy
Traduction:
Editions : Bayard Jeunesse

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Visages (Gaëlle Josse)

Posted by arbrealettres sur 18 août 2022




    

visages
visages
visages
tant de rivages
tant d’inconnu

en exil de quelles
histoires sous la peau
à fleur de sang à
fleur de souffle

de quels paysages
de quelles musiques oubliées ?

et sur la courbe
d’une joue s’attarde
l’écho d’une
lointaine enfance

(Gaëlle Josse)

Recueil: et recoudre le soleil
Traduction:
Editions: NOTAB/LIA

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Désir de quelque chose (Gaëlle Josse)

Posted by arbrealettres sur 3 août 2022



Illustration: Marc Chagall
    

désir de quelque
chose qui demeurerait
intact gai comme des
draps qui sèchent au
soleil

quelque chose qu’aucune grande marée
aucun grand vent
n’emporterait

ta voix sur ma peau
dans la nuit
par exemple

(Gaëlle Josse)

Recueil: et recoudre le soleil
Traduction:
Editions: NOTAB/LIA

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Le vent sur la peau (Gaëlle Josse)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2022



Illustration: Auguste Chabaud
    

le vent sur la peau
et mes pas sur quelques branches
au-dessus du vide

des fenêtres au loin
leur point lumineux
palpite derrière les vitres

(Gaëlle Josse)

Recueil: et recoudre le soleil
Traduction:
Editions: NOTAB/LIA

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Le seul moyen de me retrouver un visage (Charles Dobzynski)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2022


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– Colle-toi de toutes forces
à cette vitre invisible,
à cette peau
dont je tente de t’arracher
ta délivrance.

– Je cogne, cogne,
sur la paroi d’un mutisme
qui me perfore,
et je disparais
dans les intervalles.

– Si c’est toi qui remues
sous le drap,
tu resurgiras plus sombre,
imprimée,
là où je te touche
tu deviens de plus en plus
écriture.

– Est-ce toi qui me suis
ombre dans l’ombre
sueur dans mes plis
éboulis dans mes veines?

– Je cherche à m’échapper
en claquant la porte
de ton image.

– Où est ton île
battue des vents et des voiles?

– J’ai perdu mes rivages
je n’habite plus qu’un contour.

– Je navigue sans port d’attache
sans étape annoncée
la dérive est le seul moyen
de me retrouver un visage.

(Charles Dobzynski)

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M’endormir la joue contre le ciel (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2022



M’endormir la joue contre le ciel
avec un picotement d’étoiles
sur la peau comme d’abeilles
qui butineraient mon sommeil

pour nourrir des essaims de joies.

(Robert Mallet)

Illustration: Josephine Wall

 

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Même pur le désert s’adoucit (Ernest Delève)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2022



 

Goyo Dominguez _500

Même pur le désert s’adoucit tu te mires
Dans l’eau qui lui sourit à la bouche désir
De t’offrir le secret de sa meilleure source
C’est ton heure et pour toi les mirages se couchent

Je te vois et le beau temps de la journée
Où j’ai vécu sans y voir clair
Enfin prend corps pour m’éclairer
Sur les baumes qui ont fleuri
En ton absence à notre insu
Tu en es toute imprégnée

Toi la trouvaille tu viens parée
D’un fin collier d’instants perdus
Qui ont perlé de mes pensées
D’où mon amour était exclu

Ton art parfait entre les lignes
Chasse le blanc confus de n’être
Que la fumée autour des signes
Où les flammes n’ont pas pu naître

Quand la mémoire en secret rêve
Profond contre l’oubli forcé
Tu sors réelle de l’absence
Naturelle de ta légende
Suggérée insinuante
Innocente de tes tours

Tu vis heureuse entre les ombres
Ouvrant mon livre à deux battants
Et consacrant cette fenêtre
A la lumière du satin
Au filigrane de tes veines
Au grain le plus fin du destin
A la nacre ayant la peau chaude
Au miroir que tu mets que tu ôtes

Mon livre comme un lit ouvert
Où je te trouve et je te perds

(Ernest Delève)

Illustration: Goyo Dominguez

 

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