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Poésie

Posts Tagged ‘passer’

A croquer (Virginie Greiner)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2019



Illustration: Eugenio Sicomoro
    
A croquer

Puisque tu n’as jamais pris le temps de te dénuder,
J’entreprends aujourd’hui de te déshabiller.
De ta nudité, j’apprendrai les contours.
Je croquerai chaque courbe qui passera à ma portée.
Lorsque l’épreuve de ta géographie sera mise à jour,
Je l’offrirai à toutes les femmes dont tu as mendié l’amour.

(Virginie Greiner)

 

Recueil: EN MÂLES DE NUS
Traduction:
Editions: Attakus
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Tu conjugues la veille à l’éternelle absence (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2019



Illustration: Francine Van Hove
    
Tu conjugues la veille
à l’éternelle absence,
conjonction des figures et des pauses,
ce qui tombe et se relève avec le soir.

Des oiseaux bleus quelquefois
traversent ton regard. Tu retournes
à la table peinte, à tes plumes,
tes ciseaux, tes phrases, tes silences.

Tant de choses inexplicables passent
par le détail des mois et des années.
Tu reviens de partout

Si pâle du sommeil refusé,
cherchant le lieu et la limite
ou la coïncidence.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Syllabes de sable Poèmes
Traduction:
Editions: Gallimard

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Comme ils étaient extravagants (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2019




    
Comme ils étaient extravagants,
ces arbres d’encre, ces bouffées de fête
tu regardais de loin vivre les gens.

L’heure qui passe ne passe pas
et les pas sont tout en moi-même.

Tout s’éloigne les amis les saisons
La lampe de l’oeil, qu’a-t-elle donc éclairé ?
Même l’hypothèse d’un nuage
était impossible à dire.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Comme un château défait suivi de Syllabes de sable
Traduction:
Editions: Gallimard

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Écoute au-dessus de ta tête (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2019




    
Écoute au-dessus de ta tête
passer les mots silencieux ! et tous ces bruits
muets des intimes désastres,

Ces guerres qui n’en sont pas, ces cris
que nul ne peut entendre, ces tragédies

Étouffées dans le sable du désert,
ces prières à la mesure des dieux morts,
ce grand spectacle des paroles mortes !

(Lionel Ray)

 

Recueil: Comme un château défait suivi de Syllabes de sable
Traduction:
Editions: Gallimard

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Un savoir infini (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2019



Illustration: Gabriel Gebka
    
Un savoir infini coule entre les rives,
tu regardes l’eau chargée du sang des hommes,
tu es uni au fleuve et au ciel.

Et le temps qui te semblait passer
n’est plus du temps.

Tu te souviens de la présence
sans nom des choses comme d’une musique
mentale et proche et presque lisible.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Comme un château défait suivi de Syllabes de sable
Traduction:
Editions: Gallimard

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M’entendez-vous (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2019



    
M’entendez-vous, est-ce moi qui frappe au coeur
comme un vent frappe à la porte, et passe,
m’entendez-vous quand vous dormez ?

Je crie dans vos cris, je marche dans vos flammes
et vous dites que vous n’entendez pas.

Tant de distance à parcourir ! tant de silence
à traverser ! et tant de temps
pour échapper au Temps !

(Lionel Ray)

 

Recueil: Comme un château défait suivi de Syllabes de sable
Traduction:
Editions: Gallimard

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DE BACCHUS ET ARIANE (Jacqueline Risset)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2019



Illustration: Kupka Frantisek
    
DE BACCHUS ET ARIANE

Quelqu’un dit : « Appelle-moi
même au coeur de la nuit »

et maintenant à partir de sa voix
je suis dans ce coeur-là

vrai soleil noir

d’où distraite à ma table

je ne l’appelle pas puisqu’il est déjà là
manquant à chaque instant avec force et douceur

il dit : « l’absence »
il dit : « la semaine a passé
comme une année »

et moi j’écoute quand il parle
émerveillée sur cette plage
cailloux remués par la vague

on ne voit presque aucun paysage
soleil noir lumière d’or
cailloux bougeant
à chaque fois dans la vague

(Jacqueline Risset)

 

Recueil: L’Amour de loin
Traduction:
Editions: Flammarion

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LE TOUCHER (Jacqueline Risset)

Posted by arbrealettres sur 1 janvier 2019




    
LE TOUCHER

Tu ne m’as pas touchée encore

l’amour passe par les yeux
et descend dans le coeur
l’amour de loin nous exerce
et nous perfectionne

mais qui

pourrait me toucher à présent
sinon toi ?

je circule dans l’air
dans ce bois sacré
couloir de givre

dans cette auréole

(Jacqueline Risset)

 

Recueil: L’Amour de loin
Traduction:
Editions: Flammarion

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Caravane (Bedir-Khan)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2018



Caravane

La caravane passe
Entourée d’une cadence,
D’un silence,
D’un rythme sans écho.

Liant les pays et les races,
Laissant sous leurs pas
Des mesures égales.

(Bedir-Khan)


Illustration

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Comment? (Patrizia Cavalli)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2018



 

Alex Alemany -22

Comment?

Tu m’étais si intime.
Comment ai-je pu passer
de la mer à la piscine?

(Patrizia Cavalli)

Illustration: Alex Alemany

 

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