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Posts Tagged ‘radieux’

Ode II (Jean Moréas)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2020



Van Balen Hendrik, l'Ancien le_festin_des_dieux32550

Ode II

Sur la nappe ouvragée où le festin s’exalte,
La venaison royale alterne aux fruits des îles ;
Dans les chypres et les muscats de Rivesalte,
Endormeur des soucis, ô Léthé, tu t’exiles.

Mais l’antique hippogriffe au vol jamais fourbu,
M’a porté sur son aile à la table des dieux ;
Et là, dans la clarté sidérale, j’ai bu,
A pleine urne, les flots du nectar radieux.

(Jean Moréas)

Illustration: Van Balen Hendrik, l’Ancien

 

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C’est notre camaraderie (Suzanne François)

Posted by arbrealettres sur 30 avril 2020




    
C’est notre camaraderie

C’est notre camaraderie
Qui est la plus joyeuse
C’est notre camaraderie
Qui est la plus jolie.

Tous les jeudis nous accourons
La mine radieuse
Pour retrouver nos compagnons
Le coeur plein de chansons.

Nous lançons à tous les échos
Nos voix mélodieuses
Et dans les bois tous les oiseaux
Se disent : que c’est beau !

Les chants, les jeux, le cinéma
Font la journée heureuse
Jeudi prochain nous serons là
Et vivent les Francas !

(Suzanne François)

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La peur de la mort (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2020



 

Illustration: Fred Einaudi
    
La peur de la mort

La Mort à son gré se promène dans nos vies, douce Mort
qui s’affaire à chaque souffle.
Pourquoi la redouter ? Voyez comme elle rit,
son visage est la rose de lumière d’une grâce enjouée !
Une aimante et charmante vierge cueillant des fleurs
dans un jardin embaumé, frais des ondées printanières,
telle est la chose que vous craignez, une jeune et radieuse tourière
qui ouvre à nos âmes les mondes de lumière.
Est-ce parce que la branche tordue doit souffrir
quand les plus tendres mains lui dérobent sa gloire ?
Est-ce parce que la tige sans fleur retombe, ternie
et blême, qui naguère fut si belle ?
Ou est-ce le grincement affreux quand s’ouvre le portail
qui vous ébranle, faibles âmes sans courage ?
La mort n’est que le changement de nos robes pour attendre
en habits de noce à la porte de l’Éternel.

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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Qui (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2020



Illustration: Josephine Wall 
    
Qui

Dans le bleu du ciel, dans le vert des forêts,
quelle main a peint ces rayons de lumière ?
Quand les vents dormaient encore au sein du firmament,
qui les éveilla et leur ordonna de souffler ?

Perdu dans le coeur, dans la caverne de la Nature,
retrouvé dans le cerveau, Il bâtit la pensée ;
tissé dans le dessin et dans l’éclat des fleurs,
saisi dans le réseau lumineux des astres,

Il est la force d’un homme, la beauté d’une femme,
le rire d’un garçon, l’émoi d’une fille ;
et Sa main qui fit tournoyer Jupiter dans le ciel
met tout son art à façonner une boucle.

Tels sont Ses oeuvres et Ses voiles et Ses ombres ;
mais Lui, où est-Il donc ? Par quel nom Le connaître ?
Est-il Brahma ou Vishnu ? Homme ou femme ?
Avec ou sans corps ? Double ou unique ?

Nous aimons un jeune garçon au teint sombre et radieux,
une femme, redoutable et nue, est notre souveraine.
Nous L’avons vu méditer sur la neige des montagnes,
nous L’avons vu à l’oeuvre au coeur des sphères.

Au monde entier nous dirons Ses voies et Son art ;
Il sent l’extase de la torture, de la passion, de la douleur ;
Il jouit de notre chagrin et fait couler nos larmes,
puis à nouveau nous séduit par Sa joie et Sa beauté.

Toute musique n’est que le son de Son rire,
toute beauté le sourire de Sa béatitude passionnée ;
nos vies sont les battements de Son coeur, notre extase les noces
de Râdhâ et Krishna, et notre amour leur baiser.

Sa force retentit dans la sonnerie des trompettes,
c’est Lui qui roule dans le char, qui frappe dans le combat ;
Il tue sans compter et Il est plein de compassion ;
Il combat pour le monde jusqu’à la fin des temps.

Dans la ruée des mondes, dans la houle des âges,
ineffable, puissant, majestueux et pur,
par-delà le dernier pinacle atteint par le penseur
Il trône en Ses royaumes qui demeurent à jamais.

Maître de l’homme et son éternel Bien-Aimé,
Il est proche de nos coeurs, si seulement nous savions Le voir ;
mais notre orgueil nous aveugle et le faste de nos passions,
nous sommes prisonniers de nos pensées, et nous nous croyons libres.

C’est Lui dans le Soleil qui est sans âge et sans mort,
et dans la minuit Son ombre est étendue ;
quand les Ténèbres étaient aveugles et englouties par les Ténèbres,
Il se tenait en elles, immense et solitaire.

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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SEUL (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2020



 

Nicholas Roerich 01 [1280x768]

SEUL

L’homme est étale.
Le monde s’est écarté, loin, étrangement.
Tu erres et tu divagues çà et là, perdu,
Tout est parti à la dérive, tu ne sais où.

Le radieux visage s’est éteint dans la grise pénombre;
En moi se mirent les châtaigniers nus
Et les feuilles foulées aux pieds dans la pluie
Pourrissantes sous les arbres.

Oh! je crierais jusqu’à ce que mon cri revienne
Des montagnes, des bois, des vallées,
Mais je tremble de rester seul
Avec le vide mille fois répercuté.

(Srecko Kosovel)

Illustration: Nicholas Roerich

 

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Le mirage (Alain Eludut)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2019


L’avenir, sa torche vacillante – c’est lui
toujours qui marche au loin ses pas
on les entend
et quand on le voit ce n’est pas lui
il est encore – au bout
lumineux, radieux qui tend les bras

le mirage – ce n’est pas lui
c’est nous – amen

(Alain Eludut)

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MODÈLE (Max Olivier Bizeau)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2019



 

Illustration: Brassaï 
    
MODÈLE

Elle se montre, au bras de la lumière
Effaçant le paravent
De sa nudité paisible
Modèle, elle livre au vieux peintre
Dans son aura
Le mystère d’un corps
Dont il caressera l’image
Elle s’est dévoilée toute
Apparition radieuse
Non par bribes
En déshabillage équivoque

La beauté, comme la mort
Chastes dans leur plénitude
L’agonie, seule
Est impudique

(Max Olivier Bizeau)

 

Recueil: Paris … en haïku et en brèves
Traduction:
Editions: La Simarre

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VIENS ICI (H. Leivick)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2019




Illustration: Marc Chagall
    
VIENS ICI

Viens ici, penche-toi,
Du bras touche ma chair.
Ô toi – je te tutoie
Toi, le Dieu. Moi, le ver.

Ô toi, genoux à terre
Docilement avant
Que sur ma peau je serre
Mon sacré vêtement.

Fais vite. Aux vitres claires
Je vois en feu voler,
Radieuse poussière
Ma carriole ailée.

Vite, dis la parole
Que tu viens m’apporter
Car sur ma carriole
Déjà je suis monté.

Viens ici, penche-toi,
Du bras touche ma chair
Tant que tu es encore
Un Dieu, et moi un ver.

(H. Leivick)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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RÉCONFORTEZ (Itzhak-Leibush Peretz)

Posted by arbrealettres sur 17 novembre 2019




    
RÉCONFORTEZ

Réconfortez mon peuple, il lui faut réconfort
Faites son coeur plus ferme et son esprit plus fort,
Ne soyez pas le vent qui éteint la flammèche,
Attisez-la plutôt, car la nuit est poison!
Versez de l’huile encore, époussetez la mèche,
Car la nuit est venin et le sommeil est mort !
Réconfortez mon peuple, il lui faut réconfort.

Faites son coeur plus ferme et plus fort son esprit!
L’on a vu s’embraser déjà plus d’une nuit
Être victorieux déjà plus d’un combat
Où le drapeau jamais de nos mains ne tomba!
Il se dresse – aussi fort que muraille de fer
Dans le chaos de mer dont bouillonnent les lames,
Ô faites fort mon peuple et soufflez sur sa flamme !

Ô faites fort mon peuple et qu’il ne s’affaiblisse !
Que les forces de vie radieuses jaillissent
En colonne de feu dans la nuit qui surgit!
La nuit chante, veillant le jour comme vigie !
Décochez, flèche d’or, son rayon lumineux
Pour saluer là-haut la colonne de feu!
Réconfortez mon peuple, il lui faut réconfort,
Faites son coeur plus ferme et son esprit plus fort!

(Itzhak-Leibush Peretz)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Midi (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2019



Midi

Midi, Roi des étés, épandu sur la plaine,
Tombe en nappes d’argent des hauteurs du ciel bleu.
Tout se tait. L’air flamboie et brûle sans haleine ;
La Terre est assoupie en sa robe de feu.

L’étendue est immense, et les champs n’ont point d’ombre,
Et la source est tarie où buvaient les troupeaux ;
La lointaine forêt, dont la lisière est sombre,
Dort là-bas, immobile, en un pesant repos.

Seuls, les grands blés mûris, tels qu’une mer dorée,
Se déroulent au loin, dédaigneux du sommeil ;
Pacifiques enfants de la Terre sacrée,
Ils épuisent sans peur la coupe du Soleil.

Parfois, comme un soupir de leur âme brûlante,
Du sein des épis lourds qui murmurent entre eux,
Une ondulation majestueuse et lente
S’éveille, et va mourir à l’horizon poudreux.

Non loin, quelques boeufs blancs, couchés parmi les herbes,
Bavent avec lenteur sur leurs fanons épais,
Et suivent de leurs yeux languissants et superbes
Le songe intérieur qu’ils n’achèvent jamais.

Homme, si, le coeur plein de joie ou d’amertume,
Tu passais vers midi dans les champs radieux,
Fuis ! la Nature est vide et le Soleil consume :
Rien n’est vivant ici, rien n’est triste ou joyeux.

Mais si, désabusé des larmes et du rire,
Altéré de l’oubli de ce monde agité,
Tu veux, ne sachant plus pardonner ou maudire,
Goûter une suprême et morne volupté,

Viens ! Le Soleil te parle en paroles sublimes ;
Dans sa flamme implacable absorbe-toi sans fin ;
Et retourne à pas lents vers les cités infimes,
Le coeur trempé sept fois dans le Néant divin.

(Leconte de Lisle)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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