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Poésie

Posts Tagged ‘reste’

Migrateur pris (Olivier Larronde)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2017



Migrateur pris

Mortes couleurs de mauvais temps
Novembre en plumes de voyage
— Autant en portent les autans —
Seul des vols reste ce langage
Pris à la source en la quittant
Dont un reflet tenait en cage

Sourire outremer des printemps.

(Olivier Larronde)

Illustration: Audrey Kawasaki

 

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NOUVELLES A GIUSEPPINA APRÈS TANT D’ANNÉES (Mario Luzi)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2017




    

NOUVELLES A GIUSEPPINA APRÈS TANT D’ANNÉES

Qu’espères-tu, qu’attends-tu, amie,
revenant en si sombre voyage
jusqu’ici où dans le soleil les orages
ont une très haute voix de deuil,
de jasmin embaument et d’avalanches ?

Je me trouve ici à cet âge que tu sais,
ni jeune ni vieux, j’attends, je regarde
cette vicissitude suspendue ;
je ne sais plus ce que j’ai voulu, ce qu’on m’imposa,
tu entres dans mes pensées et tu en sors indemne.

Tout le reste qui doit être est encore,
le fleuve coule, la campagne change,
il grêle, la pluie cesse, un chien aboie,
la lune sort, rien ne se réveille,
rien du long sommeil aventureux.

***

NOTIZIE A GIUSEPPINA DOPO TANTI ANNI

Che speri, che ti riprometti, arnica,
se torn per cosí cupo viaggio
fin qua dove nel sole le burrasche
hanno una voce altissima abbrunata,
di gelsomino odorano e di frane ?

Mi trovo qui a questa eta che sai,
né giovane né vecchio, attendo, guardo
questa vicissitudine sospesa ;
non so più quel che volli o mi fu imposto,
entri nei miei pensieri e n’esci illesa.

Tuno l’altro che deve essere è ancora,
il flume scorre, la campagna varia,
grandira, spiove, qualche cane lacra,
esce la luna, riente si riscuote,
niente dal lungo sonno avventuroso.

(Mario Luzi)

 

Recueil: Dans l’oeuvre du monde
Traduction: Philippe Renard, Bernard Simeone
Editions: Editions Unes

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L’invisible (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2017




    
L’invisible

Où fut la truite il reste un éclair blanc,
Où fut l’oiseau le paraphe dans l’air.

Cette fleur morte a laissé son parfum,
Ce tournesol éteint sa graine d’ambre.

Le rossignol a déposé la nuit
Sur le lilas des gouttes de musique.

Pour les roseaux, l’avenir est caresse
Et le passé rit dans chaque platane.

Il reste un goût de soleil sous les ailes
Des guêpes d’or à leur dernier voyage.

Dans ce jardin superbe tout est trace
Et l’on entend ce qui ne parle plus.

L’éternité, c’est un caillou dans l’onde
Agrandissant les cercles d’infini.

Moi le passant je réserve mes gestes
Où mon silence a même son écho.

Où fut mon ombre une autre passera
Qui sera moi le temps de me connaître.

Je lui dédie un reste de mystère
Pour qu’il le cueille ainsi qu’un fruit tardif.

Que le jour s’ouvre à ces coeurs désertés
Pour que la nuit soit l’étreinte furtive.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Editions: Albin Michel

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Un poil dans l’âme (Jean-Michel Robert)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2017



Un poil dans l’âme

Il s’est souvent demandé
si sa fatigue

liberté ceci
volonté cela

et maladie
et patata

il n’a toujours pas
trouvé de réponse

trop fatigué

*

Depuis le big-bang
ce long chemin étoilé
vers la conscience humaine

Tout ça m’a épuisé

se dit-il en tapotant
l’édredon

*

Son cauchemar
bien sûr
escalader l’Everest

Son rêve
tomber infiniment
dans la facilité

Entre les deux
la vaisselle sale s’entasse

*

Pour trouver
la sérénité
le fainéant ne fouille pas les poubelles
de ces philosophies
plus ou moins exotiques

Un bon canapé lui suffit
il reste ainsi des heures
vautré
dans son plus beau sourire

tandis que son esprit essaye
un un
tous les coussins de l’absolu

*

Si vraiment l’avenir
appartient à ceux
qui se lèvent tôt

le reste
appartient aux autres

Franchement
l’affaire
le fainéant la trouve
plutôt bonne

*

Des rêves de grandeur
il n’en nourrit
que pour son lit

Pour le reste
il veut bien
vivre en chien de fusil

*

Pour la beauté
c’est différent
Il n’a qu’à se laisser
transporter

*

De la fenêtre de sa chambre
des heures durant
il admire
l’élévation patiente
l’orgueil
la noblesse des arbres

Les arbres

la seule élite
respectable

*

Rien ne sert de courir

Nul besoin de fable
pour en persuader le fainéant

qui ajoute volontiers
rien ne sert de partir
rien ne sert d’arriver
ce pâté de lièvre est excellent

*

Évidemment
il grossit

rajoute chaque jour
un peu de gras

entre le monde et lui

*

Il n’est pas pour autant
pressé de mourir

Le sommeil
à de telles profondeurs
ne le tente pas encore

Nul n’est parfait

*

Faire son marché
suffit à épuiser
son besoin d’aventure

Dans le cabas
son odyssée
pèse moins que la laitue

D’ailleurs sa Pénélope
supporte mal
les attentes prolongées

*

Sa ligne de conduite
n’exige
qu’une géométrie minimale

Pourquoi perdre son temps
le long des droites
des courbes ou des brisées ?

Dormir
est le plus court chemin
d’un point au même point

*

Il s’affale
dans son fauteuil
gauloise
dans une main
verre
dans l’autre

Vingt heures
la télé
l’informe
de la santé
du monde

Écoutez
dans le whisky
le bonheur
fait craquer
les glaçons

(Jean-Michel Robert)

 

 

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LE DÉSIR N’A PAS DE LÉGENDE (V) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2017



    

LE DÉSIR N’A PAS DE LÉGENDE (V)

L’espace est pris entre nos regards
et nous n’avons que quelques gestes à ébaucher
pour qu’il tombe à nos pieds sans faire plus de bruit
que la dernière goutte d’eau d’un orage sur la forêt.

Tu es plus nue sous mes mains
que la pluie sur les tuiles,
qu’un feuillage dans le matin,
que les dents ensoleillant la bouche.

Des insectes s’écrasent en plein vol sous notre peau,
mes doigts ne cherchent pas à se protéger de la lumière
qui s’élève du fond de tes yeux
pour faire se lever dans les miens un jour insoutenable.

Le reste de notre vie se fige autour de nous
en hautes statues qui ne peuvent entrer
dans le cercle de silence et de joie
qui nous serre aux reins.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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Je ne veux pas voir noir (Amir Gilboa)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2017



Illustration: Edvard Munch
    
Je ne veux pas voir noir
mais

Je ne veux pas voir noir mais
le gris arrive de toutes parts et je sais ce que
je ne veux pas savoir et je n’enfouis même plus
ma tête dans le sable ici il faut que j’
arrête et je ne veux pas dire
le reste mais ce qui pleure en moi
est

(Amir Gilboa)

 

Recueil: Anthologie de la poésie en hébreu moderne
Traduction: E. Moses
Editions: Gallimard

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Où est le tendre bourgeon (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2017




    
Des fenêtres ouvertes, un olivier
Et des restes éparpillés
Où est ta tige?
Où est le tendre bourgeon
Ô rose des souvenirs.

(Adonis)

 

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SOUVENIR (Jacques Basse)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2017



 Illustration

    

SOUVENIR

il est des souvenirs heureux
sous des horizons merveilleux

où les nuits sont pleines à ravir
de passion péché et désir

de baisers à n’en plus finir
qui font mourir de plaisir

des restes de pur bonheur
Cachés là dans mon coeur

mais il me souvient aussi
combien vous étiez jolie

le temps passe sans retenir
Une reste que le souvenir

il est des souvenirs heureux
sous des horizons merveilleux

il me revient cette euphorie
avec ses effluves d’empathie

(Jacques Basse)

 

Recueil: Le temps des Résonances
Editions: Rafaël de Surtis

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Nous ne vivons (Khalil Gibran)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    
Nous ne vivons
que pour découvrir la beauté.

Tout le reste n’est qu’attente.

(Khalil Gibran)

 

Recueil: Le sable et l’écume

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Chanson à boire (Henri-Frédéric Blanc)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2017



Pieter_Bruegel_

 

Tant d’efforts, tant d’efforts
pour un jour être mort…
Le désespoir s’arrose,
bois du vin, bois du vin
à la santé des roses
car tout le reste est vain.

(Henri-Frédéric Blanc)

Illustration: Pierre Bruegel

 

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