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Poésie

Posts Tagged ‘reste’

Notre eau croupit (Michel Besnier)

Posted by arbrealettres sur 29 août 2022




Illustration: Henri Galeron
    
Notre eau croupit
dans des marmites
rouillées où on se lave
le croupion

On nous jette
des restes des
miettes des
croûtes des
mioutes des
criettes des
couennes des
épluchures
des coulures
des fonds des
oublis des
vieux rabs
des ordures

Avec tout ça on
fait des oeufs
au jaune pur

(Michel Besnier)

 

Recueil: Mes poules parlent
Traduction:
Editions : Møtus

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Le grand départ (Mohammed Dib)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2022




Illustration: André Langevin dit: Zaü
    

Le grand départ

Lyyli Belle parle :
Vers une lointaine planète
Un jour nous serons partis.

Mais cette pauvre Terre
Déserte je penserai à elle.

Qu’elle ait été notre maison Et
qu’y viennent d’autres gens !

Sauront-ils au moins ceux-là
Où se trouvent les choses ?

La place des bols, des poêles,
Des balais, du fil à coudre ?

Chacun de nous aura laissé
Tout en ordre derrière lui.

Prendront-ils soin de cela,
Du reste et du jardin aussi ?

(Mohammed Dib)

Recueil: La cour couleurs Anthologie de poèmes contre le racisme
Traduction:
Editions: Rue du monde

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Le Pèlerin chérubinique (extraits) (Angelus Silesius)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2022




    
Le Pèlerin chérubinique (extraits)

Homme, tu es un charbon,
Dieu est ton feu et ta lumière ;
tu es noir, obscur, froid,
si tu ne reposes pas en Lui.

La lumière est le vêtement du Seigneur ;
si même tu perds la lumière,
sache que tu n’as pas encore perdu Dieu même.

Dieu demeure dans une lumière où nulle voie ne mène :
qui ne devient pas elle,
ne le verra jamais de toute éternité.

Dieu est la vraie lumière, le reste n’est qu’éclat,
si tu ne l’as pas, Lui, la lumière des lumières.
L’esprit qui se dirige vers Dieu en tout temps
conçoit sans cesse en lui-même la lumière éternelle.

(Angelus Silesius)

Recueil: Les poètes de Dieu (Pierre Haïat)
Editions: Philippe Lebaud

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LE JOUR OÙ TOUT SE BRISE EN TOI (Cécile Coulon)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2022



Illustration: Bing Wright
    
LE JOUR OÙ TOUT SE BRISE EN TOI

Le jour où tout se brise en toi
est un jour de vacances, ou bien
un jour de bureau, ou encore
un jour de retrouvailles, un jour
de famille, d’amis, de mariage ou de sexe.

Le jour où tout se brise en toi
ressemble aux autres jours de l’année : bien
sûr il y eut des signes de cet effondrement
mais tout est toujours sur le point de
s’effondrer, les immeubles, les piles de
linge propre, les actions en bourse,
alors pourquoi accorder à ces alarmes
quotidiennes la moindre importance ?

Le jour où tout se brise en toi —
je dis bien « tout » car il ne s’agit pas seulement
du coeur cassé comme le cou d’une volaille
la veille d’un dimanche à la campagne,
je parle du corps, de l’os du genou à celui de la mâchoire,
je parle de l’âme dans ses derniers retranchements,
je parle des plaies qui s’ouvrent, toutes en même temps.
Je parle de la raison qui se jette contre les murs,
du crâne mordu du sommet au
menton, des doigts de la main gauche
pliés entre ceux de la main droite.

Le jour où tout se brise en toi,
le pire n’est pas la quantité ahurissante de larmes
que tu bois des paupières à la bouche,
ni la migraine qui paralyse le visage et la nuque,
le pire, le jour où tout se brise en toi,
c’est le langage qu’on abandonne pour
des reniflements, le langage qu’on roue de coups
pour qu’il cesse d’aboyer ses mots d’amour
et de respect, le langage qu’on étouffe
dans la pornographie, le langage auquel on croyait tant
qui s’effondre avec le reste.

Le jour où tout se brise en toi
tu t’en veux si fort d’y avoir cru.

(Cécile Coulon)

Recueil: Noir Volcan
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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Gagner les profondeurs (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2022



Illustration: Gao Xingjian
    
Gagner
les profondeurs.

Forer.
Forer.

Dégager
l’authentique,

dénuder
le vrai,

desceller
l’énergie.

Enraciner
la paix.

Le reste
est vain.

(Charles Juliet)

Recueil: Pour plus de lumière anthologie personnelle
Traduction:
Editions: Gallimard

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Le reste de mon âge (Frédéric Jacques Temple)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2021




    

Le reste de mon âge
Le reste est l’avenir
dans le vol des oiseaux
la rumeur des abeilles
le grand amour de celle
qui me garde en éveil.

(Frédéric Jacques Temple)

 

Recueil: Par le sextant du soleil
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Après l’incendie (Óscar Hahn)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2021




    
Après l’incendie

Je dois ramasser mes décombres
leur donner la forme humaine qu’ils avaient
et aller de l’avant

Que je n’aie pas de braises dans les yeux
ni de nuages de fumée noire dans l’âme

Quelques cicatrices
par-ci par là sont acceptables

Pour le reste rejeter la douleur derrière soi
nettoyer ses cendres
et poursuivre son chemin

***

Después del incendio

Tengo que recoger mis escombros
darles la forma humana que tenían
y seguir adelante

Que no haya brasas en los ojos
ni nubes de humo negro en el alma

Algunas cicatrices
por aquí y por allá son aceptables

Lo demás es echarse el dolor a la espalda
limpiarse las cenizas
y continuar andando

(Óscar Hahn)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Peine de vie et autres poèmes
Traduction: Traduit de l’espagnol (Chili) par Josiane Gourinchas
Editions : Cheyne

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À l’ombre du cheval (António Ramos Rosa)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2021




    
À l’ombre du cheval, la vacuité retrouve sa plénitude.
Le plaisir de regarder la liberté du champ
où chaque arbre et chaque ombre disent
la tranquillité d’être à l’ombre du cheval.

La tranquillité du soleil, la terre égale à la terre,
et la lumière qui affermit les volumes et les couleurs.
Tout resurgit en force,
dans la pureté d’être en paix sous le cheval.

À l’ombre du cheval, la vacuité apprend à être
cela même qui est, une existence de lumière,
une raison d’être sans se savoir rien d’autre
que la raison des pierres, la vision des arbres.
L’ombre du cheval englobe tout le reste.

(António Ramos Rosa)

 

Recueil: Le cycle du cheval
Traduction: du portugais par Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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Pas bien avec lui-même (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2021



Pas bien
Avec lui-même
Et le reste

Quand il n’entend pas
Ce chant
Entremêlé d’espace.

(Guillevic)

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N’en souffle mot à personne (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2021




    
N’en souffle mot à personne,
oublie ce que tu as vu :
l’oiseau, la vieille, la prison
et le reste …

Car, si tu desserres les lèvres,
d’imperceptibles frissons
comme aiguilles de pin, le
jour venu, te saisiront.

Et tu te rappelleras la guêpe,
l’encre, le plumier d’enfant à
la datcha, et les myrtilles
que tu n’as jamais cueillies.

(Ossip Mandelstam)

 

Recueil: Nouveaux poèmes 1930-1934
Traduction: Traduction du russe par Christiane Pighetti
Editions: Allia

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