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Poésie

Posts Tagged ‘héroïque’

CE volume (Álvarez Ortega)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2018




    
CE volume, héroïque simplicité,
image d’une prison dans le temps maintenue,

de quoi nous accuse-t-il ?
Que nous refuse-t-il,
si ensemble nous le construisons

et si pour tous ce sera
le suaire, le cercueil – le néant ?

(Álvarez Ortega)

 

Recueil: Genèse suivi de Domaine de l’ombre
Traduction: Jacques Ancet
Editions: Le Taillis Pré

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Etes-vous la nouvelle personne attirée vers moi ? (Walt Whitman)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018



 

Jarek Puczel -11

Etes-vous la nouvelle personne attirée vers moi ?
Pour commencer sachez-le, je suis sûrement fort différent de ce que vous supposez ;
Supposez-vous que vous trouverez en moi votre idéal ?
Croyez-vous qu’il soit si aisé de me voir devenir votre amant ?
Croyez-vous que l’amitié mienne serait une satisfaction sans mélange ?
Croyez-vous que je sois sûr et fidèle ?
Ne voyez-vous pas plus loin que cette façade, cette manière à moi douce et tolérante ?
Vous supposez-vous en train d’avancer sur un sol véritable vers un véritable homme héroïque ?
N’avez-vous point le soupçon, ô rêveur, que ce peut être tout maya, illusion ?

(Walt Whitman)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration: Jarek Puczel

 

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CONTRETEMPS (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 5 juin 2018




    
CONTRETEMPS

Pureté aimée, dont les yeux jamais
ne parvinrent à jouir. Pureté absurde!

Je sais qu’un jour tu bougeais dans la chair.
alors que j’en étais encore à filer mon embryon de vie.

Pureté en jupe neutre de collège
et lait azur dans le blé tendre

d’une après-midi pluvieuse, lorsque l’âme
a battu son poignard en retraite,

lorsqu’en je ne sais quelle éprouvette
sans contenu s’est figée une pierre insolente:

lorsqu’il se trouve des gens pour être satisfaits; lorsque des
paupières aveugles
pleurent, sur des bordages purpurins.

Ô, pureté qui ne me laissas
pas même un message, en délaissant la triste boue

ni une miette de ta voix ; ni mémo le plus petit nerf
de ton héroïque banquet d’artifices.

Eloignez-vous de moi, bonnes méchancetés,
bouches douces et piquantes.

Je l’en souviens en vous voyant, ô femmes!
Car, si très peu naissent dans l’éternelle
après-midi de la vie, beaucoup en meurent!

***

DESHORA

Pureza amada, que mis ojos nunca
llegaron a gozar. Pureza absurda!

Yo sé que estabas en la carne un día,
cuando yo hilaba aùn mi embrión de vida.

Pureza en falda neutra de colegio;
y leche azul dentro del trigo tierno

a la tarde de lluvia, cuando el alma
ha roto su puñal en retirada,

cuando ha cuajado en no sé qué probeta
sin contenido una insolente piedra.

Cuando hay gente contenta; y cuando lloran
pàrpados ciegos en purpùreas bordas.

Oh, pureza que nunca ni un recado
me dejaste, al partir del triste barro

ni una migaja de tu voz; ni un nervio
de tu convite heroico de luceros.

Alejàos de mi, buenas maldades,
dulces bocas picantes…

Yo la recuerdo al veros oh, mujeres!
Pues de la vida en la perenne tarde,
nació muy poco pero mucho muere!

(César Vallejo)

 

 

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Vive la vigne de chez nous ! (Jean Villard–Gilles)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2018



    

Vive la vigne de chez nous !

Autrefois, dans les temps antiques
Y avait au bord du bleu Léman
De la terre nue, des rocs, des champs
Et des forêts mélancoliques
Et de braves types un peu froids
Qu’étaient pas encore des Vaudois !

(Refrain)
Entends-tu le glou-glou dans les verres ?
Entends-tu le joli glou-glou ?
La servante n’est pas sévère
Vive la vigne de chez nous !

Mais un jour, c’est une vieille histoire
Voilà qu’le sire du Châtelard
Qui guerroyait chez les barbares
En revenant couvert de gloire
Voit ses beaux côteaux envahis
Par une étrange maladie

Qu’est-ce que c’est qu’ce fouillis qui pousse ?
Cette espèce de végétation ?
Par saint Saphorin, mon patron !
On se croirait en pleine brousse !
Taillez par-ci, taillez par-là
Et foutez-y des échalas !

(au Refrain)

Mais voilà qu’en sept mois à peine
On voit des milliers de fruits d’or
Dont le jus, sacré nom de sort !
Coule à pleins bords des cuves pleines,
Pour conjurer ce grand fléau
On le canalise en tonneaux !

Dans la nuit – Ah ! La sale histoire !
Le jus se met à fermenter
Tous les tonneaux vont éclater !
Mon Dieu, que faire ? – Il faut le boire !
S’écrient trois héros obscurs
Qui n’avaient pas peur des coups durs

(au Refrain)

Et voilà, ces hommes héroïques
Qui, pour préserver la région
Des risques d’une inondation,
Se mettent à vider des barriques !
Pendant ce temps, la larme aux yeux
Leurs épouses priaient pour eux !

C’est pourquoi, le soir à la brune
On en voit, presque à bout d’efforts
De ces héros, à demi-morts
Marcher en zigzag sous la lune !
Et parfois, même terrassés
Se lever pour recommencer !

(au Refrain)

Ces garçons à la rude écorce
Ils font ça pour nous protéger
On se passerait de manger
Mais pour le boire, l’on se force !
Car ce jus-là, quand on le boit,
C’est lui qui nous fait bons Vaudois !

(au Refrain, x2)

(Jean Villard–Gilles)

 

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Ces gestes (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2017



geste

 

La pureté n’est faite que de détails
La bonté n’est faite que de gestes
Ces gestes ne mènent pas à de grandes victoires
aucune légende ne les retient
Ces gestes sont gestes de tous les jours
bien plus héroïques
que tout héroïsme

(Christian Bobin)

 

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La pureté (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2017




    
La pureté n’est faite que de détails
La bonté n’est faite que de gestes
Ces gestes ne mènent pas à de grandes victoires
aucune légende ne les retient
Ces gestes sont gestes de tous les jours
bien plus héroïques
que tout héroïsme
Laver le linge
pour que l’enfant demain
se sente léger confiant
dans des vêtements frais propres
Même si demain n’est plus
dans la suite des jours
Même si demain
ne verra pas le jour

(Christian Bobin)

 

Recueil: La Vie Passante
Editions: Fata Morgana

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Sur la crête noire (Jacques Lacarrière)

Posted by arbrealettres sur 15 mai 2017



    

Sur la crête noire de Psara,
Une mouette immaculée
couve des rêves héroïques.

(Jacques Lacarrière)

 

Recueil: Trois ménologues
Editions: Cheyne

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L’amour (Jean Vanier)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2017



L’amour, ce n’est pas faire des choses extraordinaires, héroïques,
mais faire des choses ordinaires avec tendresse.

(Jean Vanier)

 

 

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PARDON (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2016



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PARDON

Nous passons ensemble. Le rêve
lèche nos pieds quelle douceur ;
et tout se déplace, sans douceur,
en hâves renoncements.

Nous passons ensemble. Les âmes
mortes, celles qui, comme nous,
ont traversé l’amour,
en de malades pas opales,
revêtent leurs crêpes rigides
et ondulent à notre endroit.

Aimée, allons au bord
fragile d’un tas de terre.
Ointe d’huile et de pureté,
l’aile va. Mais le coup
en tombant je ne sais où,
fait chaque larme
dent hostile qu’il affûte.

Et un soldat, un soldat valeureux,
aux épaulettes-blessures,
s’anime dans le soir héroïque ;
A ses pieds, comme un horrible caparaçon
funèbre, montrant parmi les rires
le cerveau de la Vie.

Nous passons ensemble, l’un contre l’autre,
lumière invaincue, pas malade;
nous frôlons ensemble les lilas
moutarde d’un cimetière.

***

ROMERÍA

Pasamos juntos. El sueño
lame nuestros pies qué dulce;
y todo se desplaza en pálidas
renunciaciones sin dulce.

Pasamos juntos. Las muertas
almas, las que, cual nosotros,
cruzaron por el amor,
con enfermos pasos ópalos,
salen en sus lutos rígidos
y se ondulan en nosotros.
Amada, vamos al borde
frágil de un montón de tierra.
Va en aceite ungida el ala,
y en pureza. Pero un golpe,
al caer yo no sé dónde,
afila de cada lágrima
un diente hostil.

Y un soldado, un gran soldado,
heridas por charreteras,
se anima en la tarde heroica,
y a sus pies muestra entre risas,
como una gualdrapa horrenda,
el cerebro de la Vida.

Pasamos juntos, muy juntos,
invicta Luz, paso enfermo;
pasamos juntos las lilas
mostazas de un cementerio.

(César Vallejo)

 

 

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DON QUICHOTTE (Nâzim Hikmet)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2016




DON QUICHOTTE

Le chevalier de l’éternelle jeunesse
Suivit, vers la cinquantaine,
La raison qui battait dans son coeur.
ll partit un beau matin de juillet
Pour conquérir le beau, le vrai et le juste.
Devant lui c’était le monde
Avec ses géants absurdes et abjects
Et sous lui c’était la Rossinante
Triste et héroïque.

Je sais,
Une fois qu’on tombe dans cette passion
Et qu’on a un coeur d’un poids respectable
Il n’y a rien à faire, mon Don Quichotte, rien à faire,
ll faut se battre avec les moulins à vent.

Tu as raison,
Dulcinée est la plus belle femme du monde,
Bien sûr qu’il fallait crier cela
À la figure des petits marchands de rien du tout,
Bien sûr qu’ils devaient se jeter sur toi
Et te rouer de coups,
Mais tu es l’invincible chevalier de la soif
Tu continueras à vivre comme une flamme
Dans ta lourde coquille de fer
Et Dulcinée sera chaque jour plus belle.

(Nâzim Hikmet)

Illustration: Pablo Picasso

 

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