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Poésie

Posts Tagged ‘parole’

Plume (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2019



 

Plume d’eau claire pluie fragile
Fraîcheur voilée de caresses
De regards et de paroles
Amour qui voile ce que j’aime.

(Paul Eluard)

 

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Plus qu’à fermer les yeux (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 26 octobre 2019




Toutes les tours d’ivoire seront démolies,
toutes les paroles seront sacrées
et l’homme s’étant enfin accordé
à la réalité qui est sienne
n’aura plus qu’à fermer les yeux
pour que s’ouvrent les portes du merveilleux.

(Paul Eluard)


Illustration: Odilon Redon

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J’entends dans le voyage (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 25 octobre 2019




    
J’entends dans le voyage des voix étranges.
Ne peut les cerner qu’un musée destiné
à l’enfance de la parole.

(Adonis)

 

Recueil: Toucher la lumière
Traduction: Anne Wade Minkowski
Editions: Imprimerie Nationale

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Midi (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2019



Midi

Midi, Roi des étés, épandu sur la plaine,
Tombe en nappes d’argent des hauteurs du ciel bleu.
Tout se tait. L’air flamboie et brûle sans haleine ;
La Terre est assoupie en sa robe de feu.

L’étendue est immense, et les champs n’ont point d’ombre,
Et la source est tarie où buvaient les troupeaux ;
La lointaine forêt, dont la lisière est sombre,
Dort là-bas, immobile, en un pesant repos.

Seuls, les grands blés mûris, tels qu’une mer dorée,
Se déroulent au loin, dédaigneux du sommeil ;
Pacifiques enfants de la Terre sacrée,
Ils épuisent sans peur la coupe du Soleil.

Parfois, comme un soupir de leur âme brûlante,
Du sein des épis lourds qui murmurent entre eux,
Une ondulation majestueuse et lente
S’éveille, et va mourir à l’horizon poudreux.

Non loin, quelques boeufs blancs, couchés parmi les herbes,
Bavent avec lenteur sur leurs fanons épais,
Et suivent de leurs yeux languissants et superbes
Le songe intérieur qu’ils n’achèvent jamais.

Homme, si, le coeur plein de joie ou d’amertume,
Tu passais vers midi dans les champs radieux,
Fuis ! la Nature est vide et le Soleil consume :
Rien n’est vivant ici, rien n’est triste ou joyeux.

Mais si, désabusé des larmes et du rire,
Altéré de l’oubli de ce monde agité,
Tu veux, ne sachant plus pardonner ou maudire,
Goûter une suprême et morne volupté,

Viens ! Le Soleil te parle en paroles sublimes ;
Dans sa flamme implacable absorbe-toi sans fin ;
Et retourne à pas lents vers les cités infimes,
Le coeur trempé sept fois dans le Néant divin.

(Leconte de Lisle)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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Il n’y avait que le silence (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2019



Il n’y avait que le silence
Derrière chaque mot volé ;
La route expirait dans les pierres
Entre les murs écroulés.
Et pourtant le dernier poète
Tendait l’oreille vers la mer
Et cherchait encore à saisir
L’insaisissable oiseau de la parole.

(Jean Rousselot)

Illustration: Chantal Dufour

 

 

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A flancs de coteau du village (René Char)

Posted by arbrealettres sur 30 septembre 2019



A flancs de coteau du village
bivouaquent des champs fournis de mimosas.
A l’époque de la cueillette,
il arrive que, loin de leur endroit, on fasse la rencontre extrêmement odorante
d’une fille dont les bras sont occupés durant la journée aux fragiles branches.
Pareille à une lampe ont l’auréole de clarté serait de parfum, elle s’en va,
le dos tourné au soleil couchant.
Il serait sacrilège de lui adresser la parole
L’espadrille foulant l’herbe, cédez-lui le pas du chemin.
Peut-être aurez vous la chance de distinguer sur ses lèvres
la chimère de l’humidité de la nuit ?

(René Char)

Illustration

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Qui n’a pas rêvé (René Char)

Posted by arbrealettres sur 29 septembre 2019



 

rose bc09

Qui n’a pas rêvé,
en flânant sur le boulevard des villes,
d’un monde qui,
au lieu de commencer avec la parole,
débuterait avec les intentions?

(René Char)

 

 

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Givre commun (René Char)

Posted by arbrealettres sur 29 septembre 2019



 

Parole,
orage,
glace
et sang
finiront
par former
un givre
commun

(René Char)

 

 

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Avant le temps de la parole (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2019



Une de tes voix
Me vient
De ces eaux traversées
Avant le temps de la parole.

(Guillevic)

Illustration

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Naissance du chant (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2019



Naissance du chant

Venu de plus loin que l’espace
De plus loin que le temps

Le Chant

Aborde le couloir sidéral
Se mêle au solfège des mondes
S’inscrit dans l’accord des planètes
Adopte la cadence des astres
Se rapproche

Puis se coule
Dans l’onde l’argile et l’air

S’éprenant des humains

Le Chant

Pénètre la pulpe des corps
Imprègne nerfs et sang
S’abrite au creux de l’âme
S’unit au souffle
S’empare de la parole
Saisit nos gorges
Éclot sur nos lèvres
Et devient

(Andrée Chedid)


Illustration: Sandra Jayat

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