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Posts Tagged ‘malade’

J’ai souffrance beaucoup (Franck Venaille)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2019




Illustration: Guy Swyngedau
    
J’ai souffrance beaucoup, de coeur surtout,
Comme on l’est d’hôpital, malade aux draps
Fiévreux. J’ai longs moments où je suis autre
Où je cherche ma route personnelle désespéré-
Ment. Je me repose, adossé aux poumons qui
Puisent l’air bon : celui qui donne envie de vie.
On voit, de par le monde, beaucoup de coeurs
Blessés. Et cette souffrance, parfois, confie tout
Bas, aux autres, les raisons de sa présence. Ici.

(Franck Venaille)

 

Recueil: Ça
Traduction:
Editions: Mercure de France

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Sur le banc devant la maison (Charles-Ferdinand Ramuz)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2019




    
Sur le banc devant la maison

Viens t’asseoir à côté de moi sur le banc devant la maison,
femme, tu en as bien le droit,
voici quarante ans que nous sommes ensemble.

Cette fin d’après-midi, alors qu’il fait si beau,
c’est aussi le soir de notre vie.
Tu as bien mérité, vois-tu, un peu de repos.

Maintenant, les enfants sont placés.
Ils sont allés chacun de son côté et nous sommes de nouveau rien que les deux,
comme quand nous avons commencé.

Femme, te souviens-tu?
Nous n’avions rien pour commencer, tout était à faire.
Et nous nous sommes mis à l’ouvrage.

Ça n’allait pas tout seul, il nous en a fallu du courage !
Il nous en a fallu de l’amour,
et l’amour n’est pas ce qu’on croit au commencement.

Se serrer l’un contre l’autre, s’embrasser, se parler tout doux à l’oreille.
Ça, c’est bon pour le jour de la noce !
Le temps de la vie est grand, mais le jour de la noce ne dure qu’un jour.

C’est seulement après, qu’a commencé la vie.
Les enfants viennent; il leur faut quelque chose à manger,
des vêtements et des souliers, ça n’a pas de fin.

Il est aussi arrivé qu’ils étaient malades, alors tu devais passer toute la nuit à veiller
et moi, j’étais à l’ouvrage d’avant le jour jusqu’à la nuit tombée.
Nous croyions être arrivés à quelque chose, puis après, tout était en bas et à recommencer.

Des fois, nous étions tout dépités de voir que nous avions beau faire,
nous piétinions sur place et même, nous repartions en arrière.
Te souviens-tu, femme, de tous ces soucis ?

Mais nous sommes restés fidèles l’un à l’autre,
et ainsi, j’ai pu m’appuyer sur toi, et toi la même chose sur moi.
Nous avons eu de la chance d’être ensemble, les deux.

On s’est mis à l’ouvrage, nous avons duré et tenu le coup.
Le véritable amour n’est pas pour un jour.
C’est toute la vie que nous devons nous aimer, s’aider et se comprendre.

Puis, les affaires sont allées du bon côté, les enfants ont tous bien tourné.
Mais aussi, on leur avait appris à partir sur le bon chemin.
Nous avons un petit quelque chose au soleil et dans le bas de laine.

C’est pourquoi, cette fin d’après-midi, alors qu’il fait si beau,
assieds-toi à côté de moi.
On veut pas parler, nous n’avons plus rien à nous dire.

Nous n’avons besoin que d’être les deux
et laisser venir la nuit,
bienheureux d’avoir bien rempli notre vie.

(Traduction du texte patois)

(Charles-Ferdinand Ramuz)

 

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Douceur (Cécile Périn)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2019



Douceur d’avoir été malade étant petit.
Malade un peu… Douceur sucrée et languissante..
O bras souples et chauds où l’on était blotti
Si faible! et dorloté par des mains caressantes!

(Cécile Périn)

 

 

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Le petit garçon malade (Madeleine Ley)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2019



 

enfant-malade 

Le petit garçon malade

Le petit garçon malade
ne veut plus regarder les images,
il ferme ses yeux las;
il laisse ses mains chaudes
traîner sur le drap.

Sa mère ouvre la fenêtre,
et le rideau blanc se balance
sur la rue, ce soir de mai.
Il entend jouer les autres
qui sautent à cloche-pied
en criant sur le trottoir.
Alors il tourne la tête
et pleure en silence
dans son petit bras plié.

(Madeleine Ley)

 

 

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Vespergenèse (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2019



César Vallejo
    
Vespergenèse

Je suis né un jour
où Dieu était malade.

Tous savent que je vis,
que je suis mauvais; mais ils ne savent rien
du décembre de ce janvier.
Car je suis né un jour
où Dieu était malade.

Il est un vide
dans mon air métaphysique
que personne ne palpera :
le cloître d’un silence
qui parla à fleur de feu.

Je suis né un jour
où Dieu était malade.

Mon frère, écoute, écoute….
Bon. Et que je ne parte pas
sans emporter de décembres,
sans laisser de janviers.
Car je suis né un jour
où Dieu était malade.

Tous savent que je vis,
que je mastique… Mais ils ne savent pas
pourquoi dans mon vers grincent,
obscur déboire de cercueil,
des vents lyissés
décrochés du Sphinx
indiscret du Désert.

Tous savent… Et ne savent pas
que la Lumière est phtisique,
et l’Ombre grosse…
Mais ils ne savent pas que le Mystère synthétise…
qu’il est la bosse
musicale et triste qui à distance annonce
le passage méridien des lisières aux Lisières.

Je suis né un jour
où Dieu était malade,
gravement.

(César Vallejo)

 

Recueil: Poésie complète 1919-1937
Traduction: Nicole Réda-Euvremer
Editions: Flammarion

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Les jeunes filles torturées (Benjamin Péret)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2019




Les jeunes filles torturées

Près d’une maison de soleil et de cheveux blancs
une forêt se découvre des facultés de tendresse
et un esprit sceptique

Où est le voyageur demande-t-elle

Le voyageur forêt se demande de quoi demain sera fait
Il est malade et nu
Il demande des pastilles et on lui apporte des herbes folles
Il est célèbre comme la mécanique
Il demande son chien
et c’est un assassin qui vient venger une offense

La main de l’un est sur l’épaule de l’autre
C’est ici qu’intervient l’angoisse une très belle femme en
manteau de vison

Est-elle nue sous son manteau
Est-elle belle sous son manteau
Est-elle voluptueuse sous son manteau
Oui oui oui et oui
Elle est tout ce que vous voudrez
elle est le plaisir tout le plaisir l’unique plaisir
celui que les enfants attendent au bord de la forêt
celui que la forêt attend auprès de la maison

(Benjamin Péret)

 

 

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La tête me tourne (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2019



Illustration: Ludovic Florent
    
La tête me tourne
Comme une roue de bicyclette voilée

Juste un peu malade

Naufragée sur mon lit
Loin des rives
Je regarde mes pensées
Qui papillonnent

Leurs ailes s’effritent
En un tourbillon de poussière

(Josée Tripodi)

 

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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Mettre ma vie en pages (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2019




    
Mettre ma vie en pages
Est-ce bien raisonnable

Récurer
Calembours et calembredaines

Étendre mes rêves
Encore humides

Trouer à mains nues
Les poches de tristesse

Découdre les plaies

Sans gants ni masque
Souffler sur les cadavres

Donner à lire
Ma destinée
Dans les détours de mes viscères

Peut-être vaut-il mieux
Faire la coquette

À l’envi répétant
Que je suis vieille
Malade et moche

Et pauvre aussi

(Josée Tripodi)

 

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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NERFS D’AUTOMNE (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2019



NERFS D’AUTOMNE

C’est l’automne, tout bruit, on a sommeil,
Et les arbres soupirent dans la rue ;
Toux et pleurs et un vide sans pareil…
Il fait froid, il pleut à perte de vue.

Les amants, plus tristes à leur réveil,
Plus malades, ont d’étranges manières,
Et les feuilles dormant de leur sommeil
Éternel, tombent lourdes sur la terre.

Je reste là et m’en vais et reviens
Et les amants m’emplissent de tristesse.
J’ai envie, oui, de rire pour un rien,
Il fait froid, il pleut encor et sans cesse.

(George Bacovia)

Illustration

 

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LA CAGE (Alejandra Pizarnik)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2019




    
LA CAGE

Dehors, du soleil.
Ce n’est qu’un soleil
mais les hommes le regardent
et ensuite ils chantent.

Je ne sais rien du soleil.
Je sais la mélodie de l’ange
et le sermon brûlant
du dernier vent.
Je sais crier jusqu’à l’aube
quand la mort se pose nue
sur mon ombre.

Je pleure sous mon nom.
J’agite des mouchoirs dans la nuit
et des bateaux assoiffés de réalité
dansent avec moi.
Je cache des clous
pour maltraiter mes rêves malades.

Dehors, du soleil.
Je m’habille de cendres.

(Alejandra Pizarnik)

 

Recueil: Les aventures perdues
Traduction: Jacques Ancet
Editions: Ypfilon

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