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Posts Tagged ‘malade’

Cher frère blanc (Léopold Sédar Senghor)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2020



 

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Cher frère blanc

Quand je suis né, j’étais Noir
Quand j’ai grandi, j’étais Noir
Quand je vais au soleil, je suis Noir
Quand j’ai peur, je suis Noir
Quand je suis malade, je suis Noir
Quand je mourrai, je serai Noir

Tandis que toi, Frère Blanc

Quand tu es né tu étais Rose
Quand tu as grandi, tu étais Blanc
Quand tu vas au soleil, tu es Rouge
Quand tu as froid, tu es Bleu
Quand tu as peur, tu es Vert
Quand tu es malade, tu es Jaune
Quand tu seras mort, tu seras Gris

Alors, de nous deux, qui est l’homme de couleur?

(Léopold Sédar Senghor)

 

 

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LA ROSE MALADE (William Blake)

Posted by arbrealettres sur 26 juin 2020




LA ROSE MALADE

Ô rose, tu es malade :
L’invisible ver
Qui vole de nuit
Dans la tempête hurlante,

A trouvé où est ton lit
De joie cramoisie ;
C’est son noir amour secret
Qui détruit ta vie.

***

THE SICK ROSE

O rose, thou art sick:
The invisible worm
That flies in the night,
In the howling storm,

Has found out thy bed
Of crimson joy;
And his dark secret love
Does thy life destroy.

(William Blake)

Illustration: William Blake

 

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Dans l’air clarifié (Frédéric Nietzsche)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2020



 

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Dans l’air clarifié,
quand déjà le croissant de la lune
glisse ses rayons verts,
envieusement, parmi la pourpre du couchant :
— ennemi du jour,
glissant à chaque pas, furtivement,
devant les bosquets de roses,
jusqu’à ce qu’ils s’effondrent
pâles dans la nuit :
ainsi suis-je tombé moi-même jadis
de ma folie de vérité,
de mes désirs du jour,
fatigué du jour, malade de lumière,
— je suis tombé plus bas, vers le couchant et l’ombre :
par une vérité
brûlé et assoiffé
— t’en souviens-tu, t’en souviens-tu, coeur chaud,
comme alors tu avais soif ? —
Que je sois banni
de toute vérité !
Fou seulement ! Poète seulement !

(Frédéric Nietzsche)

Illustration: Gao Xingjian

 

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PRIERE (Langston Hughes)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2020



 

PRIERE

Rassemble
Dans tes bras miséricordieux
Ceux qui sont malades et ceux qui sont dépravés,
Ceux qui sont désespérés et ceux qui sont harassés,
Et toute l’écume
De notre triste cité
Rassemble-la
Dans tes bras miséricordieux.
Rassemble
Dans tes bras pleins d’amour,
Ceux qui n’attendent des cieux
Aucun amour.

(Langston Hughes)

Illustration

 

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Pensée d’une nuit en voyage (Du Fu)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2020



Illustration: Nora Auric
    
Pensée d’une nuit en voyage

Rive aux herbes menues. Brise légère
Barque au mât vacillant, seule dans la nuit
S’ouvre la plaine aux étoiles qui descendent
Surgit la lune, soulevant les flots du fleuve

L’homme laisse-t-il un nom par ses seuls écrits?
Vieux et malade, que le mandarin s’efface !
Errant, errant, à quoi puis-je ressembler
– Une mouette des sables entre terre et ciel

(Du Fu)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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Village au bord de l’eau (Du Fu)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2020



Illustration
    
Village au bord de l’eau

Eau claire entourant de ses bras le village
Longs jours d’été où tout n’est que poésie

Sans crainte vont et viennent les couples d’hirondelles
Dans l’étang, les unes contre les autres, les mouettes

Ma vieille épouse dessine un échiquier sur papier
Mon jeune fils fait d’une aiguille un hameçon

Souvent malade, je cherche les plantes qui guérissent
Est-il d’autre désir pour mon humble corps?

(Du Fu)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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MADRIGAL (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 8 avril 2020



Illustration: Anne-Marie Zylberman
    
MADRIGAL

Faut-il crier chérie
puisque j’entends qu’on veut vous tuer
à petits coups avec des mots
des petits sourires des clins d’oeil

Faut-il crier mon amour
puisqu’on vous étouffe peu à peu
avec des mots tendres comme les oeufs
avec des souvenirs d’enfance

Faut-il crier petite fille
puisqu’on vous assassine gentiment
en vous berçant en vous souriant
en vous jouant les airs connus

Je crie je crie et je crierai
comme crient les paralysés
les lépreux les intouchables
les enfants malades

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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Un coeur malade (David Marino)

Posted by arbrealettres sur 12 mars 2020



Un coeur malade

Les eaux
Des tombeaux
Viennent
Avec haine,
Tuer,
Mutiler
Les Cygnes
Majestueux

Les Signes
Des Cieux
Se plaisent
Dans les peurs
Qui pèsent
Dans nos coeurs.

(David Marino)


Illustration

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LE PAS QUI RÉSONNE (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2020



 

Zdzislaw Beksinski 001993

LE PAS QUI RÉSONNE

Le pas qui résonne dans cette nuit morne,
Même heureux ne sonne pas;
Dans l’âme sont le silence et l’angoisse
— Où ces yeux effrayés, fixes, regardent-ils ?

Ont-ils peur de voir plus avant,
Le pas craint-il de résonner dans l’ombre ?
Et ce coeur n’est-il plus Prométhée
Rebelle à Dieu, démolisseur ?

Etranges, étranges sont les temples du coeur,
Que j’aimerais fermer au monde
Et mourir au tremblement,
Créer une nouvelle forme
— Mais l’aile malade se met à tressaillir,
Tu ploies et tombes à genoux sur le chemin.

(Srecko Kosovel)

Illustration: Zdzislaw Beksinski

 

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DES SALLES INVISIBLES (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 29 février 2020



 

Otto Dix   3

DES SALLES INVISIBLES

Des salles invisibles
Retentit le rire;
Comme malade,
Je suis étendu sur le sol.

Dans le sol je suis incarcéré.
Hélas! songes, oit êtes-vous ?
Oh! en mon coeur
La mort est arrivée.

Dans mon pas
Chante la Mort,
Au fond de l’âme incarcéré,
Je suis le frère du nuage.

Le nuage est gris
Et il rayonne dans le désert,
Dans l’âme retentit :
Tu n’es plus en vie.

(Srecko Kosovel)

Illustration: Otto Dix 

 

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