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Posts Tagged ‘disparaître’

Un jour, un âne tomba dans un puits (Conte Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2018




    
Un jour, un âne tomba dans un puits.
Durant des heures, l’animal gémit pitoyablement
et le fermier à qui appartenait l’âne se demanda quoi faire.
Finalement, il décida que l’animal était vieux
et que le puits pouvait disparaître.
De toute façon, ni l’un ni l’autre n’était plus rentable.

Il demanda à quelques voisins de venir l’aider.
Tous prirent une pelle et commencèrent à boucher le puits.
Au début, quand l’âne réalisa ce qui se passait,
il se mit à braire horriblement.
Puis, à la stupéfaction générale,
il se tut. La besogne se poursuivit.

Au bout d’un moment,
le fermier finit par regarder au fonds du puits.
Il fut consterné par ce qu’il vit.
Après chaque pelletée qui tombait sur lui,
l’âne s’ébrouait pour rejeter la terre et la piétinait.

Un peu plus tard, l’âne apparut,
sortit du puits et se mit à gambader…

(Conte Anonyme)

 

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UN SOLEIL (Jan Erik Vold)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2018



 

UN SOLEIL

Je voulais savoir
qui
tu
es. Ma nuit, c’est que jamais je

n’ai vu
qui
tu étais. Tu as disparu quand je t’ai demandé
pour la troisième

fois.
Je voulais que tu
dessines
un soleil.

(Jan Erik Vold)

Illustration: Vincent Van Gogh

 

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Sous une lune pleine (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2018



Illustration
    
— Sous une lune pleine,
danse une femme seule,

Si un oiseau s’envole,
elle ferme les yeux,
fredonne un air triste,
et attend le silence,

Elle joint sur sa nuque,
ses doigts couverts de bagues,
et tourne lentement,
sans reprendre son souffle,

Quand un nuage mince
coupe la lune en deux,
elle s’écroule et gémit,
comme un chevreuil piégé,

Dès que la lune est libre,
elle se lève d’un bond,
et danse jusqu’à l’aube,
alors, elle disparaît ;

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Variations du sensible
Traduction:
Editions: De la Différence

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Qui pleure donc ce soir (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2018




Illustration: Jill Greenberg

    
— Qui pleure donc ce soir quand le jour épuisé
ne montre aucun regret à déserter le ciel ?
qui pleure quand la nature se donne au silence,
trop heureuse d’accueillir la voix de la nuit ?

Qui pleure ? l’enfant qui avait voulu croire
que jamais la lumière ne disparaîtrait,
qui se voit obligé de suspendre ses jeux,
d’affronter les monstres que l’aube effacera ;

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Variations du sensible
Traduction:
Editions: De la Différence

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Garde les yeux secs (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2018



Illustration
    
— Garde les yeux secs pour regarder le monde
qu’inutiles les larmes déforment jusqu’au dégoût,
garde les yeux secs et sans aménité,
dépouille-le des hardes répugnantes
dont l’histoire et ceux qui l’élaborent,
pour cacher leur honte de ce qu’ils en ont fait,
faussaires, l’ont couverte avant de disparaître,

Garde les yeux secs et prohibe toute plainte,
admire sans honte ce monde où tu respires,
invente sans répit des raisons de l’aimer,
car il est le seul monde à te rendre vivant ;

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Variations du sensible
Traduction:
Editions: De la Différence

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Chaque mot (Emilien Chesnot)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2018




    
chaque mot disparaît en son double
chaque mot est doublé
de la paresse d’un souffle

chaque mot disparaît en son double
et nomme alors un peu

de l’absolu
qui le quitte

(Emilien Chesnot)

 

Recueil: Faiblesse d’un seul
Traduction:
Editions: Centrifuges

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Je veux jeter le feu (Rabia al Adawiyya)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2017




    
Je veux jeter le feu dans le paradis
et verser de l’eau dans l’enfer
pour que ces deux voiles disparaissent

et que l’on voit clairement qui adore Dieu par amour
et non par crainte ou par espoir du paradis.

(Rabia al Adawiyya)

 

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Si tu disparais de mes yeux trop longtemps (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2017



 

Illustration: Oleg Zhivetin
    

Si tu disparais de mes yeux
trop longtemps
je n’aurai de toi dans la nuit de ma tête
que la pâle clair de lune de ton image
je n’aurai
qu’un reflet de tes yeux
traversant des nuages
le mot double de ta bouche
illisible sur la page de ta face.

Si tu disparais de mes yeux je n’aurai
rien que leur envers incertain
perchoir où se pose
chaque vague souvenir et bientôt
je ne saurai
si c’est ton ombre que je retiens
ou un rêve déchiré
ou un passé qui jette de sa cendre
la dernière étincelle.

Si tu disparais je n’aurai
que le frisson au bout des doigts
de ta chair
fleur gardée fraîche par le désir
et que le souvenir
de tes dents derrière mes lèvres.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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Le chagrin (Attila Jozsef)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2017



Le chagrin

Gris et muet, le chagrin est facteur.
Bleus sont ses yeux. Son visage est maigreur.
Une sacoche pend de son épaule fine.
Sombre est son vieux manteau comme charbon de mine.
Et bat, dans sa poitrine,
Un tic-tac bon marché.

Ayant, sur le trottoir, timidement marché,
Rasé les murs… sous un porche, il arrive.
Il disparaît telle une âme craintive.

Il frappe. On ouvre. Il tend une missive.

(Attila Jozsef)

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Je sais qui tu es (Carolyn Carlson)

Posted by arbrealettres sur 17 décembre 2017



Illustration: Freydoon Rassouli  
    
Je sais qui tu es
mais si je te définis
tu disparais

(Carolyn Carlson)

 

Recueil: brins d’herbe
Traduction: Jean-Pierre Siméon
Editions: Actes Sud

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