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Poésie

Posts Tagged ‘disparaître’

Le vieil orme (Abbas Kiarostami)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2019



Lentement
Disparaît
Le vieil orme
Dans le noir de la nuit

(Abbas Kiarostami)

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Désapprendre les routes du petit jour (Emmelie Prophète)

Posted by arbrealettres sur 8 avril 2019



 

Duy Huynh -  (12)

Désapprendre les routes du petit jour
Inventer des commencements
Parce que la folie disparaît
Les soupirs se meurent
Dans ces nuits qui s’effondrent.

Désapprendre les routes
Où traînent les témoins aveugles,
La bande blanche qui sépare
La mémoire et l’amour.

(Emmelie Prophète)

Illustration: Duy Huynh

 

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Ce soir (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2019



Ettore Aldo Del Vigo   (5)

 

Ce soir dans la paix des pipes
la mémoire est un plat froid,
la salive sur la lippe
remonte de l’autrefois.
On est toujours loin des nôtres
— entre eux et soi que de croix !
quand tu te souviens de toi,
songeur, c’est encore un autre.
Au printemps des papillons
tu revois passer la morte,
elle suit le couloir long
et disparaît par la porte.

(Georges Libbrecht)

Illustration: Ettore Aldo Del Vigo

 

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Analogiste précis l’imaginaire fut pris (Georges Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2019



 

Gurbuz Dogan Eksioglu (6)

Analogiste précis
l’imaginaire fut pris.
Antinomie de l’espace
tu regardes par contraste
la distance était le but :
le futur ne revint plus
Mes chants seront de forêt
et de mer qui reste à boire,
mes chants seront de mémoire
de bateaux et leurs agrès.
L’homme entre les deux silences
aura des mots pour l’oiseau,
j’aurai des chants de conscience
qui ne parlent pas très haut,
vole, vole ma parole
et disparaisse sans bruit
dans le monde de l’esprit
qui la couvre bénévole.
Où donc le regard fuit-il
captant l’objet d’avant dire ?
L’image d’un trait subtil
dicte ce qu’il faut écrire.

(Georges Libbrecht)

Illustration: Gurbuz Dogan Eksioglu

 

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CRÉPUSCULE (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2019



CRÉPUSCULE

Vois les corbeaux — ah ! les « Corbeaux »
Du poète Demetresco —
Ils passent dans la nuit, s’enfuient
Par-dessus la ville transie,

Et tout au loin ils disparaissent…
Cependant que toute d’argent
Dans le crépuscule d’argent
La lune s’allume et caresse

De rayures couleur d’argent
Le vaste et lugubre caveau…
Ah ! ma chérie, ah ! les « Corbeaux »
Du poète Demetresco…

(George Bacovia)

Illustration

 

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Un geste (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2019



Illustration: Aaron Siskind
    
Un geste vers le bas
ne trouve pas toujours
un geste vers le haut.
Mais lorsqu’il le trouve
ils vont tous deux vers le haut
ou tous deux vers le bas.

Ou peut-être les directions disparaissent
et inaugurent dans le point de rencontre
la transfiguration qui les dispense
d’un mouvement quelconque.

Tout geste est une épiphanie
lorsqu’il n’y a plus de différences
entre le haut et le bas.

***

Un gesto hacia abajo
no siempre encuentra
un gesto hacia arriba.
Pero cuando lo encuentra
van los dos hacia arriba
o los dos hacia abajo.

O quizá se disuelven los sentidos
e inauguran en el punto de encuentro
la transfiguración que los exime
de cualquier movimiento.

Todo gesto es una epifanía,
cuando ya no hay diferencias
entre arriba y abajo.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Il y a un nom perdu (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2019




    
Il y a un nom perdu.

Nous ne savons pas s’il a toujours été perdu,
une seconde après avoir été prononcé
ou peut-être déjà d’avant.

Nous ne savons pas si quelqu’un l’a caché
et oublia l’endroit,
ou si l’endroit disparut de lui-même.

Nous ne savons pas s’il fut peut-être retiré
du flux furtif des noms
afin de préserver une anomie
indispensable dans l’ouvert.

Nous ne savons pas si la futilité de l’homme
le laissa choir
comme un déchet supplémentaire
dans la pente générale des déchets.

Mais maintenant il nous manque.
Non pour désigner ceci ou cela
parmi tant de choses qui n’ont pas de nom.

Son manque nous affecte plus au fond :
le nom perdu
fracture les noms du reste des choses.

Le nom perdu
creuse petit à petit les autres noms
et nous abandonne dans ce presque unanime désert de mots,
où le vent de la nuit
change de place tous les lieux.

Le vent de la nuit
ou une topographique vengeance de l’abîme.

De sorte que la perte d’un nom
nous a fait perdre tous les noms.

***

Hay un nombre perdido.

No sabemos si estuvo siempre perdido,
desde un segundo después de articulado
o quizá desde antes.

No sabemos si alguien lo ocultó
y olvidó el lugar
o si el lugar desapareció por si mismo.

No sabemos si tal vez fue retirado
del flujo furtivo de los nombres
para preservar una anomia
imprescindible en lo abierto.

No sabemos si la trivialidad del hombre
dejó que se cayera
como un desecho mas
en el declive general de los desechos.

Pero ahora lo extrañamos.
No para designar esto o aquello
entre tantas cosas que no tienen nombre.

Su falta nos afecta más adentro:
el nombre perdido
fractura los nombres de todas las otras cosas.

El nombre perdido
ahueca poco a poco todos los otros nombres
y nos deja abandonados en este casi un
unánime desierto de palabras,
donde el viento de la noche
cambia de sitio todos los lugares.

El viento de la noche
o una topográfica venganza del abismo.

Así el extravío de un nombre
nos ha hecho perder todos los nombres.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Tout comme l’espace s’habitue à l’espace (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2019



Tout comme l’espace s’habitue à l’espace,
je me suis habitué à être quelque chose.

Quand je disparaîtrai,
il y aura simplement une habitude de moins.

***

Así como el espacio se acostumbra al espacio,
yo me he acostumbrado a ser algo.

Cuando desaparezca,
habrá sencillamente una costumbre menos.

****

As space gets used to space,
I got used to being something.

When I’ll disappear,
There will just be one habit less.

(Roberto Juarroz)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

 

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LE SOLEIL ET LA LUNE (Louis Simpson)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2019



    

LE SOLEIL ET LA LUNE

« Si le soleil et la lune devaient douter,
Ils disparaîtraient à l’instant. »

Quand j’essaie de penser à ce qu’ils ont en commun
Je dois bien admettre que c’est la paranoïa

Une foi inébranlable en leur propre importance…
Ils voient ce qu’ils veulent.

A coup sûr, la vie est beaucoup plus simple.
Il faut être fou, tout est là.

En fait, je n’ai qu’à m’en prendre à moi-même.
Je m’assois pour écrire…

Une heure plus tard la table est couverte de mots.
Alors je les raye l’un après l’autre.

***

THE SUN AND THE MOON

« If the Sun and Moon should doubt,
They’d immediately go out. »

When I try to think what they have in common
I have to say, paranoia.

An unshakable belief in their own impo rtance…
They see what they desire.

Certainly, life would be a lot simpler.
You have to be mad, that’s the catch.

As it is, I have no one to blame but myself.
I sit down to write…

An hour later the table is covered with words.
And then I start crossing them out.

(Louis Simpson)

 

Recueil: Nombres et poussière
Traduction:
Editions: Atelier La Feugraie

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J’ai soif du retour (Dài Wàngshú)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2019



 

Brendan MonroeThe_Interpretation_2009_1513_97

J’ai soif du retour
vers ce ciel — vers ce ciel si clair,
Là, je peux dormir tranquille — là je peux et vivre et disparaître
Comme rit et pleure en silence
un enfant dans le sein de sa mère.

(Dài Wàngshú)

Illustration: Brendan Monroe

 

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