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Poésie

Posts Tagged ‘possible’

Le poète est combustible (Jean Sénac)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2019




    
Le poète est combustible
ses poèmes ne sont que cendres exaltées
si le coeur est une cible
c’est aussi le cageot frais
des matins possibles.

(Jean Sénac)

 

Recueil: Oeuvres poétiques
Traduction:
Editions: Actes Sud

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MORTEL BATTEMENT (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2019




    
MORTEL BATTEMENT

Ici commence et meurt
le peut-être encore
le très-peu le presque pas

Nulle image. Rien à voir
ni le clair ni l’obscur ni la couleur
l’ombre un instant gardée
d’un objet disparu

C’est que les signes tracés
aussitôt le feu les flambe :
il roule en deçà des sons
un grondement monotone

A travers l’énorme rien
la menace du possible
avec l’impossible
se cache pour s’accoupler

Par un bruit de paroles
je m’efforce d’imiter
ce mortel battement
qui couvre le silence.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

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CONJUGAISONS ET INTERROGATIONS II (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2019



Illustration: Ryszard Miłek
    
CONJUGAISONS ET INTERROGATIONS II

Nous restons où nous sommes
Nous restons où nous sommes arrivés.

Pourtant nous ne restons pas là où nous sommes
Nous ne restons pas où nous sommes arrivés.

Là où nous sommes tantôt nous restons, tantôt non.
Là où nous ne sommes pas arrivés, tantôt nous restons
tantôt nous ne restons pas (nous partons).

Là où nous sommes venus il se peut
Que nous restions il se peut que nous ne restions pas.

Là où tu es venu, resteras-tu ?
Ne cesseras-tu de partir, au lieu d’arriver, de rester ?
Ne finiras-tu pas d’arriver
et tantôt de rester et tantôt de partir ?

Toi qui restes, penses-tu ne jamais partir ?
Toi qui pars, saurais-tu, pourrais-tu rester ou revenir ?
Est-il possible à la fois de rester de partir,
de ne pas rester de ne pas partir ?

Tout est dissemblable tout se ressemble
ce qui part ce qui reste
ce qui est ce qui n’est pas
Ce que l’on dit a trop de sens n’a pas de sens.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

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Il n’y a pas de fin heureuse (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2019



Illustration
    
Il n’y a pas de fin heureuse.

Au milieu,
le bonheur est improbable
et s’il survient,
il a presque toujours les yeux bandés.

À la fin,
les yeux n’ont pas besoin de bandeaux
pour ne pas voir.

Ne pas voir et ne pas être heureux
composent l’ultime équation.
Les autres équations possibles
tombent derrière la pensée
comme si un terrain plus fertile
les eût attendues là.

Il n’y a pas de fin heureuse.
La place du bonheur
a été occupée par un appel.
Et on ne sait même pas
si l’appel s’entend jusqu’à la fin.

***

No hay final feliz.

En el medio,
la felicidad es improbable
y si aparece
tiene casi siempre los ojos vendados.

Al final,
los ojos no necesitan vendas
para no ver.
No very no ser feliz

componen la última ecuación.
Las otras ecuaciones posibles
se caen detrâs del pensamiento,
como si alti las aguardara
un terreno más fértil.

No hay final feliz.
El lugar de la felicidad
lo ha ocupado un llamado.
Y ni siquiera sabemos
si el llamado se oye hasta el final.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Non, mes heures idéales ne tiennent pas (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2019



Moonlight installation.

Non, mes heures idéales
ne tiennent pas — non ! —
en mon jour matériel !

Non ! il ne m’est pas possible
de couper la rose de feu,
de la réduire aux limites
que fixe l’implacable horloge !

Si ma vie toute entière
n’est rien d’autre qu’une heure ;
et si seule l’éternité
pouvait être mon soir ou mon matin !

***

¡No, si no caben mis horas
ideales en las horas
de mi día material!

¡Si no es posible que corte
la rosa de fuego, hasta
dejarla justa en los límites
que le da el reló implacable!

¡Si mi vida enteras es
sólo una hora; y tan sólo
podría la eternidad
ser mi mañana o mi tarde!

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Kristoffer Zetterstrand

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Il n’y a pas de saut dans le vide (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2019




    
Il n’y a pas de saut dans le vide.

Même si les anges n’existent pas pour nous soutenir
ni non plus des traverses de la pensée,
ni des relativisations ou des absolus
qui puissent nous retenir par les bras.

Il faut par avance gagner le vide,
le coloniser avec nos abandons
comme s’il était un territoire dépouillé
ou une nouvelle liberté jamais exercée.
Et cultiver à l’intérieur ses fragments flottants
qui s’entremêlent aux choses
pour leur apprendre à ne pas être.
Et presque sans le savoir
arriver à aimer le vide.
Ce qui est aimé nous soutient,
même si cela nous pousse vers l’abîme.

Un vide aimé
ne peut pas nous abandonner.
Et dans un vide non aimé
il n’est même pas possible de sauter.

***

No hay salto al vacío.

Aunque no existan ángeles para sostenernos,
ni tampoco travesaños de pensamiento,
ni relativizaciones o absolutos
que puedan retenernos de los brazos.

Hay que ganar el vacío desde antes,
colonizarlo con nuestros abandonos
como si lisera un despojado territorio
o una nueva libertad nunca ejercida.
Y cultivar adentro sus fragmentos flotantes,
que se entreveran con las cosas
para enseñarles a no ser.
Y casi sin saberlo,
llegar a amar el vacío.
Aquello que se ama nos sostiene,
aunque también nos empuje hacia el abismo.

Un vacío que se ama
no puede abandonarnos.
Y a un vacio que no se lo ama
no es posible ni siquiera saltar.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Tracer une circonférence (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2019




    
Tracer une circonférence
s’y introduire.

De là il est peut-être possible
de voir toutes les choses
la même distance.

***

Trazar una circunferencia
e introducirse en ella.

Tal vez se pueda desde allí
ver todas las cosas
a la misma distancia.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Est-il seulement possible (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2019



 

Est-il seulement possible de concevoir quelque chose
qui ne communique avec rien ?
Absolument isolé,
un zéro n’existerait même pas.

(Roberto Juarroz)

 

 

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Pour la faible lumière d’un bien (Michele Ranchetti)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2019



 

Pour la faible lumière d’un bien
sous la cendre des années le germe intact
d’une vie possible.

***

Per poca luce di un bene
sotto l acenere degli anni germe intatto
si una vita possibile.

(Michele Ranchetti)

 

 

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Si la perfection était possible sur terre (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 26 janvier 2019



Illustration: Satish Gupta  
    
Si la perfection
était possible sur terre
cantates de Bach.

***

Als volkomenheid
toch op aarde zou bestaan
Bachcantates

***

Como si la perfección
existiera en el mundo
cantatas de Bach

***

As if perfection
on earth could possibly be
Cantatas of Bach

***

Come esistesse
al mondo perfezione
cantate di Bach

***

(Germain Droogenbroodt)

 

Recueil: Gouttes de rosée Cent haïkus
Traduction: Français Elisabeth Gerlache / Néerlandais l’original / Espagnol Rafael Carcelén / Anglais Stanley H. Barkan / Italien Silvia Pio / Japonais Taeko Uemura – Mariko Sumikura
Editions: POINT et Boeken Plan(P0ésie INTernationale)

 
 
 

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