Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘dégager’

Qu’appelons-nous espace ? (Jean Paulhan)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2019




    
Qu’appelons-nous espace ?

… c’est ce qui nous entoure et à travers quoi nous pouvons avancer et reculer,
aller à droite et à gauche, un milieu parfaitement réel (sinon épais) où sont situés les corps,
bref une chose que nous révèlent nos yeux, nos, mains et nos mouvements.

… c’est aussi cette odeur épaisse de canard mouillé
que dégage la terre sous l’averse ; de lilas et de terre labourée,
les cheveux de femme.

(Jean Paulhan)

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je suis dans le train (Alexandre Romanès)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2019



Illustration: Mathurin Méheut
    
Je suis dans le train, on traverse les Vosges.
De l’homme assis en face de moi
se dégage un parfum extraordinaire.
Je n’ai jamais rien senti d’aussi bon.
J’engage la conversation
et je lui demande ce qu’il fait.
« Je suis bûcheron. »
Ce parfum, c’était les arbres.

(Alexandre Romanès)

 

Recueil: Un peuple de promeneurs histoires tziganes
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Echelle du sec au fluide (Roxana Páez)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2018




    
Echelle du sec au fluide

Les lettres d’encre ne sont pas si différentes
de la fumée que dégage le lit de papier
dans le feu.

Et mon plaisir n’a pas de nom quand les paroles montent
pour se fondre dans la tourmente, au rythme aléatoire
des papillons en guenilles.

***

Escala de lo seco a lo fluido

Las letras de tinta no son muy distintas
del humo que suelta la cama de papel
en el fuego.

Y mi placer no tiene nombre cuando las palabras suben
a fundirse con la tormenta, en un ritmo aleatorio
de mariposas harapientas.

(Roxana Páez)

 

Recueil: Des brindilles à sa flambée
Traduction:
Editions: Reflet de lettres

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LA DANSE DES FLEURS (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2018




    
LA DANSE DES FLEURS

Anthis, danseuse de Lydie, a sept voiles autour d’elle.
Elle déroule le voile jaune, sa chevelure noire se répand.
Le voile rose glisse de sa bouche.
Le voile blanc tombé laisse voir ses bras nus.

Elle dégage ses petits seins du voile rouge qui se dénoue.
Elle abaisse le voile vert de sa croupe double et ronde.
Elle tire le voile bleu de ses épaules,
mais elle presse sur sa puberté le dernier voile transparent.

Les jeunes gens la supplient : elle secoue la tête en arrière.
Au son des flûtes seulement, elle le déchire un peu,
puis tout à fait, et, avec les gestes de la danse,
elle cueille les fleurs de son corps.

En chantant : « Où sont mes roses ? où sont mes violettes parfumées ?
Où sont mes touffes de persil ?
— Voilà mes roses, je vous les donne.
Voilà mes violettes, en voulez-vous ?
Voilà mes beaux persils frisés. »

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Les arbres étaient immobiles (Herman Gorter)

Posted by arbrealettres sur 3 mai 2018



 Illustration: Robert Cattan
    
Les arbres étaient immobiles,
la lumière grise,
les collines inertes
s’étalaient d’étrange façon.

Les hommes creusaient
un peu le sol,
comme pour dégager un trésor,
mais calmes et prudents.

Partout sur terre sans doute
c’était ainsi,
le monde et le végétal humain
vivotaient.

J’observais en marchant
craintif et satisfait,
mes pieds obéissants
marchaient sur le sol.

Calme sur la lande,
à l’entour pleine lumière,
comme un fuseau d’argent
la lumière du soleil;

partis les nuages
par delà le bleu-gris flou,
route blanche lointaine
comme argentée.

Je sens le vent
me souffler aux oreilles,
J’aurais voulu partir
me perdre dans la lumière.

(Herman Gorter)

 

Recueil: Ce que tu es
Traduction: Saskia Deluy et Henri Deluy
Editions: Al Dante

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’oiseau ensemble (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2018



Illustration: Chantal Dufour
    

L’oiseau ensemble

Ton pays se souvient
De la tempête ouverte
D’un nom plus fort que les oiseaux
D’un vent serré dans les mémoires

Les grands toits de la neige attendrissaient nos doutes
Nous courions, enfants des libertés d’oiseaux
Sous des rocs confus de la mémoire divine
Un grand souffle éclairait nos lampes dégagées

Ton pays se souvient-il
De la terre et du vin
Que nous buvions sans doute
Dans les maisons fermées

Un grand courage fou illimitait nos craintes
Et nous marchions tous deux comme deux grands yeux ensemble.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’étreinte (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018



Illustration: Diane Maizel
    
L’étreinte

Ange lourd, tu parles dans la boue sans hâte ni douceur
Tu portes les barques voûtées de ton rêve
En ce pays de berges dégagées

Et tu cours sur les patries nommées douteur
Parmi les rangs blancs des coquilles
Et les courants sans hâte ni douceur
Qui montent dans le soir à la mer étoilée

L’ardente solitude de ta voix déportée
Et l’aile vive rouge de ton nom odorant
L’arcade
En robe de lin dans le poids des marées
Fait effroi, et je te nomme Ô voûte
L’étranger

Et l’étreinte est bleue et redoutable
Ange

Car deux longs bras t’étreignent
Car tu n’es pas le vent.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je crois toujours (Jean-Louis Giovannoni)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018



    

Je crois toujours que quelqu’un viendra
me dégager du corps.

(Jean-Louis Giovannoni)

 

Recueil: Les mots sont des vêtements endormis
Traduction:
Editions: Unes

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , | Leave a Comment »

Tu bouges (Jean-Louis Giovannoni)

Posted by arbrealettres sur 8 avril 2018




    
Tu bouges pour dégager ce qui est
enfermé dans l’air.

(Jean-Louis Giovannoni)

 

Recueil: Les mots sont des vêtements endormis
Traduction:
Editions: Unes

Posted in poésie | Tagué: , , , , | Leave a Comment »

UNE BRANCHE CASSÉE (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2018



Illustration
    
UNE BRANCHE CASSÉE

Une branche s’est cassée.
Je la vois
prise entre les autres branches
ses feuilles déjà flétries.

Dans le jardin je sors
et je lève les yeux :
il faudra que je prenne l’échelle
pour dégager le bois
du bois enchevêtré.

Mais d’énormes nuages
bousculent parfois des pensées d’homme
et la branche
sous le ciel qui grince
devient une parole
dont je sens la terrible faiblesse.
Puisqu’elle vient de moi.

(François de Cornière)

 

Recueil: Ces moments-là
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :