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Poésie

Posts Tagged ‘fer’

Les lames du vent glacé (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 12 mai 2019



Illustration: Paul Delvaux
    
Les lames du vent glacé
Lacèrent mon visage

Le code au bout des doigts
Un portail
Puis un autre

Une envolée dans l’escalier
Je fais la nique
A l’ascenseur

Derrière la porte
Et son cadre de fer
Le ventre chaud
De mon enclos

Qu’est-ce que ça change

Invisible dehors

Ici
Dans les miroirs
Compagne unique
De moi-même

(Josée Tripodi)

 

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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Tu m’accompagnes partout (Albert Ayguesparse)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2019



Illustration: Odilon Redon
    
Tu m’accompagnes partout dans ce monde mal fait
Ton poids est plus léger que la buée du premier jour
Je te respire par tous les pores de ma peau triste
Et ton sang reconnaît sans effort le dédale brûlant de mes veines
Dans cette saison de fer je ne me sens plus seul
Car tu me donnes la force d’être ce que je suis
Je mêle l’espoir et la peine, la joie et la souffrance
Je peins la peur et le courage des mêmes couleurs
Je donne à l’ortie et au blé la pluie et le soleil
Je mets la graine et l’épi dans la seule balance
J’accepte sans choisir les larmes et l’amour
J’abandonne le ciel pour cette terre amère
Mais je ferme les yeux pour retenir ton ombre
Immobile et debout dans mon sang ébloui.
Je ne parle qu’à toi de la vie, de la mort.

(Albert Ayguesparse)

 

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Notre-Dame de Paris (Gérard de Nerval)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2019




    
Notre-Dame de Paris

Notre-Dame est bien vieille : on la verra peut-être
Enterrer cependant Paris qu’elle a vu naître ;
Mais, dans quelque mille ans, le Temps fera broncher
Comme un loup fait un bœuf, cette carcasse lourde,
Tordra ses nerfs de fer, et puis d’une dent sourde
Rongera tristement ses vieux os de rocher !

Bien des hommes, de tous les pays de la terre
Viendront, pour contempler cette ruine austère,
Rêveurs, et relisant le livre de Victor :
— Alors ils croiront voir la vieille basilique,
Toute ainsi qu’elle était, puissante et magnifique,
Se lever devant eux comme l’ombre d’un mort !

(Gérard de Nerval)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

Recueil: Odelettes
Traduction:
Editions:

 

… Souvenirs …15/02/2015
https://arbreaphotos.wordpress.com/2013/02/15/nouvelles-cloches-en-attente-dascension-a-notre-dame-de-paris-desole-flash-interdit/

 

Pour celles et ceux qui voudraient participer à sa … Résurrection …

https://don.fondation-patrimoine.org/SauvonsNotreDame/~mon-don

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MER IDÉALE (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 16 mars 2019



 

Edmund Dulac

MER IDÉALE

Nous nageons, tous les deux,
— eau de fleurs ou de fer —
en nos doubles vies.

— Moi, dans la mienne et dans la tienne ;
toi, dans la tienne et dans la mienne —.

Soudain, tu te noies dans ta vague,
moi dans la mienne ; et, soumises,
ta vague, sensitive, me soulève,
te soulève la mienne, pensive.

***

MAR IDEAL

Los dos vamos nadando
—agua de flores o de hierro —
por nuestras dobles vidas.

—Yo, por la mía y por la tuya;
tú, por la tuya y por la mía—.

De pronto, tú te ahogas en tu ola,
yo en la mía; y, sumisas,
tu ola, sensitiva, me levanta,
te levanta la mía, pensativa.

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration: Edmund Dulac

 

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Minuit Automne (Claude Roy)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2019




    
Minuit Automne
à Florence Delay

Des pattes fines sur le toit la nuit sans lune
Le bruit mat d’une pomme qui tombe dans l’herbe
Les pattes qui tricotent doux sûrement un loir
On entend très haut dans le ciel un très fin cri d’oiseau
Que font les grives mauvis à voler à cette heure?
Et moi qu’est-ce que je fais à ne pas encore dormir?

J’aimerais avoir des mains légères de lingère
Je plierais ma tristesse comme du linge frais
qui sent encore la bonne chaleur du fer à repasser
Je la rangerais dans le tiroir de la commode
et je serais tranquille simplement l’ami des loirs
qui ont des pattes si fines et le bout du museau rose
l’ami des grives qui ont le jabot piqueté de confettis noirs
Je serais sage comme une grosse pomme tombée dans l’herbe
Je dormirais comme la pomme J’aurais des rêves légers
où les jeunes filles d’autrefois la plupart maintenant mortes
me diraient gravement des choses sans gravité
et me regarderaient avec de grands yeux clairs

(Claude Roy)

 

Recueil: À la lisière du temps suivi de Le voyage d’automne
Traduction:
Editions: Gallimard

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Je suis tellement heureuse (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2019



Paul Signac _l_age_d_or

La floraison du bâton

[8]
Je suis tellement heureuse,
je suis la première ou la dernière

d’un vol ou d’un essaim ;
je suis pleine de nouveau vin ;

je suis marquée par un mot,
je suis brûlée par le bois,

tirée de braises rougeoyantes,
ni coupée, ni marquée par l’acier ;

je suis la première ou la dernière à renoncer
au fer, à l’acier, au métal ;

je suis allée en avant,
je suis allée en arrière,

je suis allée de l’avant depuis le bronze et le fer,
jusque dans l’Âge d’Or.

***

I am so happy,
I am the first or the last

of a flock or a swarm;
I am full of new wine;

I am branded with a word,
I am burnt with wood,

drawn from glowing ember,
not cut, not marked with steel;

I am the first or the last to renounce
iron, steel, metal;

I have gone forward,
I have gone backward,

I have gone onward from bronze and iron,
into the Golden Age.

(Hilda Doolittle)

Illustration: Paul Signac

 

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Où se termine l’arc-en-ciel ? (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2019



Ne cesser d’attendre fait-il
plus souffrir que jamais n’attendre ?

Où se termine l’arc-en-ciel ?
Dans ton âme ou à l’horizon ?

Et si une étoile invisible
était le ciel des suicidés ?

Où sont les vignobles de fer
d’où le météore s’abat ?

(Pablo Neruda)


Illustration

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Nous n’entendons pas l’harmonie (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2018




Nous n’entendons pas l’harmonie
Qui résonne tout à l’entour;
Le corps saigne sur le fer et les ronces
De roc et de feu
Jusqu’à ce que la mort brise les formes élémentaires
Et libère la musique des sphères
Qui sans cesse bâtit les mondes.

***

We do not hear the harmony
That sounds about us everywhere;
Sense bleeds on iron and thorns
Of rock and fire
Until death breaks the elemental forms
To free the music of the spheres
That builds all worlds continually.

(Kathleen Raine)

Illustration: Pablo Amaringo

 

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Alchimie de la Douleur (Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018


pompei

L’un t’éclaire avec son ardeur,
L’autre en toi met son deuil, Nature!
Ce qui dit à l’un : Sépulture!
Dit à l’autre: Vie et splendeur!

Hermès inconnu qui m’assistes
Et qui toujours m’intimidas,
Tu me rends l’égal de Midas,
Le plus triste des alchimistes;

Par toi je change l’or en fer
Et le paradis en enfer;
Dans le suaire des nuages

Je découvre un cadavre cher,
Et sur les célestes rivages
Je bâtis de grands sarcophages.

(Baudelaire)

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TU PASSES (Maurice Henry)

Posted by arbrealettres sur 18 novembre 2018




    
TU PASSES

Tu passes derrière la vie traînant sans effort l’invisible tapis de diamants
fine sur tes aiguilles tu t’avances
et la rue tangue et bascule et disparaît dans le fracas des volets de fer
dans le parfum de l’enfance à la recherche des étoiles perdues
dans le flux des visages rendus à la nuit

Tes yeux sont des lièvres à l’heure de la rosée
tes mains sont de sable d’été

Je tombe dans ton souffle je nage dans tes murmures
mais tu passes comme une torche

(Maurice Henry)

 

Recueil: Les poètes du Grand Jeu
Traduction:
Editions: Gallimard

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