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Poésie

Posts Tagged ‘fer’

Je riais (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2020



Je riais
Du centre vers la périphérie

Je riais
Du ventre et de la gorge
Des mains et des omoplates
Cela secouait tout l’espace
Faisait danser les fantômes
Comme ce mouchoir
Noué aux quatre coins

Dont la poupée dansait sous
Tes doigts
Avant d’aller enfant
Me coucher entre des draps
Amidonnés et froids
Sous la présence
Parfumée d’une chevelure
En chute libre

Je riais pour faire tomber
Les fruits de l’arbre
Du souffle
Au milieu du jardin d’Eden

Maintenant je ris
De la périphérie des autres
Vers le ventre
Avec des mains
Qui essorent les poumons
Comme du linge

Pour en sortir ce qui reste
Avant de passer le fer chaud
Sur les faux plis
De l’âme

(Werner Lambersy)

Illustration: Boleslaw Von Szankowski

 

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SOUS CASSIOPEE (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2020




    
SOUS CASSIOPEE

Le cliquetis du fer, les bottes en cadence
Sur la poussière du chemin, sous Cassiopée.
Pour la troisième compagnie l’ordre est d’aller.
Dans les hauteurs du ciel les grues vont en silence.

Coquelicots en fleur dans la steppe, à foison.
Gerbes amoncelées dans la steppe en été.
L’âme, bien sûr, mais c’est l’affaire du curé.
La jument qui hennit de rage est l’horizon.

Des nuages gris-blanc pour l’automne qui vient
Et l’hiver qui ricane avec ses dents de neige.
Frère, qui va tomber? Qui pour demain? Où vais-je?
C’est pour quand le retour? Père, écris-nous au moins.

(Mihai Beniuc)

 

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Le dernier des « Sept Poèmes d’amour en guerre » (Paul Éluard)

Posted by arbrealettres sur 10 mai 2020




    
Le dernier des « Sept Poèmes d’amour en guerre »

Au nom du front parfait profond
Au nom des yeux que je regarde
Et de la bouche que j’embrasse
Pour aujourd’hui et pour toujours

Au nom de l’amour enterré
Au nom des larmes dans le noir
Au nom des plaintes qui font rire
Au nom des rires qui font peur

Au nom des rires dans la rue
De la douceur qui lie nos mains
Au nom des fruits couvrant les fleurs
Sur une terre belle et bonne

Au nom des hommes en prison
Au nom des femmes déportées
Au nom de tous nos camarades
Martyrisés et massacrés
Pour n’avoir pas accepté l’ombre

Il nous faut drainer la colère
Et faire se lever le fer
Pour préserver l’image haute
Des innocents partout traqués
Et qui partout vont triompher.

(Paul Éluard)

 

Recueil: Au rendez-vous allemand
Traduction:
Editions:

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TENEBRES (Gyula Illyès)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2020



 

Talon Abraxas 1980 - British Surrealist painter - Tutt'Art@ (30) [1280x768]

TENEBRES

Nous marchons sans lanterne
Le sol est plat.
A gauche ondoient les blés
A droit — odeur de cèpes —
Nous suit un petit bois.

Noyaux de nuit plus dense
Un à un détachés
Des peupliers s’avancent
Vers nous pour défiler.

On ne voit pas la route
Où s’enfoncent les pieds
Nuit au ras de la bouche
Mais l’oreille émergée.

A fleur de paysage
S’allume à nos tympans
Un film dont les images
Se heurtent sur l’écran.

On tâtonne. A l’ami
Lointain, la bonté proche
La Parole nous lie
Seule : combien humaine !

Un train à l’infini
Siffle. La chouette ulule.
Monde, étroite cellule,
Plafond de galaxies.

La peur nous ratatine
Mais nous dilate aussi.
On passe des abîmes
Sans remuer d’ici.

Le flair renaît en nous
Aussi fin qu’à l’époque
Où l’homme était un loup.
Ses pistes sont les nôtres.

Des yeux nous en avons
Derrière notre crâne,
Au nez comme aux talons,
Au fer de notre canne

Tout au bout des antennes
Qui précèdent l’esprit
Fouillant la nuit, jumelle
De l’aveugle patrie.

Suivons l’aïeul farouche
L’instinct. Nulle clarté
Sinon quand ma main touche
La tienne, électrisée.

Marchons. La terre écoute.
Par chance de là-bas
Nos coeurs ne se voient pas
Vers luisants sur la route.

(Gyula Illyès)

Illustration: Talon Abraxas

 

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PASSANT QUI RENTRE RAVI (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2020



Illustration: Max Patte
    
(Recueil Une voix sans personne)
PASSANT QUI RENTRE RAVI

Passant qui rentre ravi
d’accord avec Mars inégal
voici voici que j’entends
un chant secret mais non triste

Le même toujours le même
depuis mille ans que je vis
c’est toi, présence paisible,
qui parle et parle à voix basse

Un geste un souffle et les choses
un mot un signe et les êtres
perdent leurs formes de fer,
— ce mot c’est toi qui le donnes

Par toi le jour dans leur ombre
se glisse, par toi l’écho
mes yeux font la nuit légère
les corps les murs transparents

Je suis la rencontre obscure
je vais je viens je connais
la terre dort dans mes mains
le temps c’est moi c’est ici

C’est moi c’est vous et les heures
le ciel la rue et le vent
chacun chacun comme nous
regarde entend et s’étonne

Printemps probables délices
espace ruses clartés
visage de vie et de mort

— je parle à des lèvres scellées

(Jean Tardieu)

 

Recueil: Jean Tardieu Un poète
Traduction:
Editions: Gallimard Jeunesse

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Ô Volonté de Dieu (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2020




    
Ô Volonté de Dieu

Ô Volonté de Dieu, tu t’éveilles et le Vide
s’emplit, les hommes t’ont nommée force, et tes ailes
emportent les étoiles dans leur ronde
inlassable ; son, lumière, forme
sont les masques de ton mouvement éternel.
Nous voyons ce que tu choisis, mais c’est toi que nous voyons.

Moi, Morcundeya, délivré des mondes,
le Voyant — mais c’est Dieu seul qui voit ! –
je m’affranchis des liens qui retiennent ici-bas
l’homme à sa petitesse, perdu depuis la nuit des temps
dans le spectacle que ses sens tissent autour de lui ;
je les découvre et ne suis plus leurré.
Mais avant que je m’élance, avant que je devienne
le vaste et lumineux Infini, et que libéré du passé
et de l’avenir, j’oublie ces êtres qui forgent leurs propres fers,
une fois je parlerai et vous dirai ce que je vois.
Le reste est Dieu. Partout, il n’est plus que silence.
Mes yeux au-dedans s’ouvrirent et je vis.

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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Dentelle (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2020



Femme fait dentelle de lin
Homme fait dentelle de fer
Et pourtant
Dentelle de fer
Se déchire à dentelle de lin

(Pierre Albert-Birot)

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L’INTERNATIONALE (Eugène Pottier)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2020




    
L’INTERNATIONALE

Couplet 1 :
Debout ! les damnés de la terre !
Debout ! les forçats de la faim !
La raison tonne en son cratère,
C’est l’éruption de la fin.
Du passé faisons table rase,
Foule esclave, debout ! debout !
Le monde va changer de base :
Nous ne sommes rien, soyons tout !

Refrain : (2 fois sur deux airs différents)
C’est la lutte finale
Groupons-nous, et demain,
L’Internationale,
Sera le genre humain.

Couplet 2 :
Il n’est pas de sauveurs suprêmes,
Ni Dieu, ni César, ni tribun,
Producteurs sauvons-nous nous-mêmes !
Décrétons le salut commun !
Pour que le voleur rende gorge,
Pour tirer l’esprit du cachot,
Soufflons nous-mêmes notre forge,
Battons le fer quand il est chaud !

Refrain

Couplet 3 :
L’État opprime et la loi triche,
L’impôt saigne le malheureux ;
Nul devoir ne s’impose au riche,
Le droit du pauvre est un mot creux.
C’est assez languir en tutelle,
L’égalité veut d’autres lois :
« Pas de droits sans devoirs, dit-elle,
Égaux, pas de devoirs sans droits ! »

Refrain

Couplet 4 :
Hideux dans leur apothéose,
Les rois de la mine et du rail,
Ont-ils jamais fait autre chose,
Que dévaliser le travail ?
Dans les coffres-forts de la bande,
Ce qu’il a créé s’est fondu.
En décrétant qu’on le lui rende,
Le peuple ne veut que son dû.

Refrain

Couplet 5 :
Les Rois nous saoûlaient de fumées,
Paix entre nous, guerre aux tyrans !
Appliquons la grève aux armées,
Crosse en l’air et rompons les rangs !
S’ils s’obstinent, ces cannibales,
À faire de nous des héros,
Ils sauront bientôt que nos balles
Sont pour nos propres généraux.

Refrain

Couplet 6 :
Ouvriers, Paysans, nous sommes
Le grand parti des travailleurs ;
La terre n’appartient qu’aux hommes,
L’oisif ira loger ailleurs.
Combien de nos chairs se repaissent !
Mais si les corbeaux, les vautours,
Un de ces matins disparaissent,
Le soleil brillera toujours !

Refrain

(Eugène Pottier)

 

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Fil de fer (Alain Serres)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2020



Illustration: Alain Chayer
    
Fil de fer

Comme il est habile,
le fildefériste !
Il mime un philodendron des îles,
un filament de profil,
un philharmonique à lui tout seul.
Puis le philanthrope
rembobine son échoppe
et, dans la nuit d’avril,
file.

(Alain Serres)

Recueil: Les poèmes ont des oreilles
Traduction:
Editions: Rue du Monde

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Mes femmes d’acier (Claude de Burine)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2020



 

tours-  [1280x768]

Mes dames, mes tours de l’an 2000
Mes femmes d’acier, de fer et de feu
Donnez-nous un soleil de rouge-gorge

(Claude de Burine)

 

 

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