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Poésie

Posts Tagged ‘fer’

Me taire, te regarder (Marguerite Burnat-Provins)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2021



Illustration: Pablo Picasso
    
Le Livre pour toi

LI

Me taire, te regarder.
Sentir ton amour en moi, comme un fer fouge, ne pas crier.
M’étourdir à contempler ton visage, ne pas chanceler.
Suivre la ligne longue de tes mains, sans les toucher.
Voir ton corps provocant tout près, tout près, sans approcher.
Souffrir d’un torturant bonheur : me taire, te regarder.

(Marguerite Burnat-Provins)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Quand les femmes parlent d’amour
Traduction:
Editions: Points

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Melancholia (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2021




    
Melancholia
(extrait)

… Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ?
Ces doux êtres pensifs que la fièvre maigrit ?
Ces filles de huit ans qu’on voit cheminer seules ?
Ils s’en vont travailler quinze heures sous des meules
Ils vont, de l’aube au soir, faire éternellement
Dans la même prison le même mouvement.
Accroupis sous les dents d’une machine sombre,
Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l’ombre,
Innocents dans un bagne, anges dans un enfer,
Ils travaillent. Tout est d’airain, tout est de fer.
Jamais on ne s’arrête et jamais on ne joue.
Aussi quelle pâleur ! la cendre est sur leur joue.
Il fait à peine jour, ils sont déjà bien las.
Ils ne comprennent rien à leur destin, hélas !
Ils semblent dire à Dieu : – Petits comme nous sommes,
Notre père, voyez ce que nous font les hommes !
Ô servitude infâme imposée à l’enfant !
Rachitisme ! travail dont le souffle étouffant
Défait ce qu’a fait Dieu ; qui tue, oeuvre insensée,
La beauté sur les fronts, dans les coeurs la pensée,
Et qui ferait – c’est là son fruit le plus certain ! –
D’Apollon un bossu, de Voltaire un crétin !
Travail mauvais qui prend l’âge tendre en sa serre,
Qui produit la richesse en créant la misère,
Qui se sert d’un enfant ainsi que d’un outil !
Progrès dont on demande : Où va-t-il ? que veut-il ?
Qui brise la jeunesse en fleur ! qui donne, en somme,
Une âme à la machine et la retire à l’homme !
Que ce travail, haï des mères, soit maudit !
Maudit comme le vice où l’on s’abâtardit,
Maudit comme l’opprobre et comme le blasphème !
Ô Dieu ! qu’il soit maudit au nom du travail même,
Au nom du vrai travail, sain, fécond, généreux,
Qui fait le peuple libre et qui rend l’homme heureux !

(Victor Hugo)

 

Recueil: Cent poèmes de Vivtor Hugo
Traduction:
Editions: Omnibus

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Près du rail (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2021



    

Près du rail, où souvent passe comme un éclair
Le convoi furieux et son cheval de fer,
Tranquille, l’aiguilleur vit dans sa maisonnette.
Par la fenêtre, on voit l’intérieur honnête,
Tel que le voyageur fiévreux doit l’envier.
C’est la femme parfois qui se tient au levier,
Portant sur un seul bras son enfant qui l’embrasse.
Jetant un sifflement atroce, le train passe
Devant l’humble logis qui tressaille au fracas.
Et le petit enfant ne se dérange pas.

(François Coppée)

 

Recueil: Promenades et interieurs
Traduction:
Editions:

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L’allée est droite et longue (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2021




    
L’allée est droite et longue, et sur le ciel d’hiver
Se dressent hardiment les grands arbres de fer,
Vieux ormes dépouillés dont le sommet se touche.
Tout au bout, le soleil, large et rouge, se couche.
À l’horizon il va plonger dans un moment.
Pas un oiseau. Parfois un léger craquement
Dans les taillis déserts de la forêt muette ;
Et là-bas, cheminant, la noire silhouette,
Sur le globe empourpré qui fond comme un lingot,
D’une vieille à bâton, ployant sous son fagot.

(François Coppée)

 

Recueil: Promenades et interieurs
Traduction:
Editions:

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À CÉLIMÈNE (Alphonse Daudet)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2020



Illustration: Konstantin Razumov
    

À CÉLIMÈNE.

Je ne vous aime pas, ô blonde Célimène,
Et si vous l’avez cru quelque temps, apprenez
Que nous ne sommes point de ces gens que l’on mène
Avec une lisière et par le bout du nez ;
Je ne vous aime pas…depuis une semaine,
Et je ne sais pourquoi vous vous en étonnez.

Je ne vous aime pas ; vous êtes trop coquette,
Et vos moindres faveurs sont de mauvais aloi ;
Par le droit des yeux noirs, par le droit de conquête,
Il vous faut des amants. (On ne sait trop pourquoi.)
Vous jouez du regard comme d’une raquette ;
Vous en jouez, méchante…et jamais avec moi.

Je ne vous aime pas, et vous aurez beau faire,
Non, madame, jamais je ne vous aimerai.
Vous me plaisez beaucoup ; certes, je vous préfère
À Dorine, à Clarisse, à Lisette, c’est vrai.
Pourtant l’amour n’a rien à voir dans cette affaire,
Et quand il vous plaira, je vous le prouverai.

J’aurais pu vous aimer ; mais, ne vous en déplaise,
Chez moi le sentiment ne tient que par un fil…
Avouons-le, pourtant, quelque chose me pèse :
En ne vous aimant pas, comment donc se fait-il
Que je sois aussi gauche, aussi mal à mon aise
Quand vous me regardez de face ou de profil ?

Je ne vous aime pas, je n’aime rien au monde ;
Je suis de fer, je suis de roc, je suis d’airain.
Shakespeare a dit de vous : « Perfide comme l’onde » ;
Mais moi je n’ai pas peur, car j’ai le pied marin.
Pourtant quand vous parlez, ô ma sirène blonde,
Quand vous parlez, mon cœur bat comme un tambourin.

Je ne vous aime pas, c’est dit, je vous déteste,
Je vous crains comme on craint l’enfer, de peur du feu ;
Comme on craint le typhus, le choléra, la peste,
Je vous hais à la mort, madame ; mais, mon dieu !
Expliquez-moi pourquoi je pleure, quand je reste
Deux jours sans vous parler et sans vous voir un peu.

(Alphonse Daudet)

 

Recueil: Les amoureuses
Traduction:
Editions:

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Le Loup et le Chien (Isaac de Benserade)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2020



Illustration:  Jean-Jacques Grandville
    
Le Loup et le Chien.

Que tu me parais beau, dit le loup au limier,
Net, poli, gras, heureux et sans inquiétude !
Mais qui te pèle ainsi le col ? Mon collier.
Ton collier ? fi des biens avec la servitude.

Dépendre dans les fers du caprice d’un maître,
Dure condition, disait le loup au chien ;
Il lui fit bien connaître
Que sans la liberté, tout le reste n’est rien.

(Isaac de Benserade)

 

Recueil: Fables
Traduction:
Editions:

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Rien n’avait résisté… (Marilyse Leroux)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2020




    
Rien n’avait résisté…

Rien n’avait résisté ni le fer ni l’acier
Dieu est une arme plus cruelle
que la houe du jardinier
j’aurais voulu me coucher dans la terre une
jarre d’eau fraîche à portée de main mais
où étaient mes mains?

J’ai recollé ma tête et mes pieds
pour épargner le sable

mais rien ne tenait on avait broyé mes os
Alors j’ai suivi la route des fourmis
mon souffle dans leurs pattes
La colonne avançait en bénissant les nuages
pour trois gouttes d’eau
aucun dieu ne nous a aidés.

Nos pieds allaient vers la mer
loin des arbres à histoires
Nous marchions vers un monde
que nous ne connaissions pas
nos sandales ne comprenaient plus le sable.

La marche m’a forcée
à habiter mon corps
le désert à l’oublier
La mer fut un miracle
je l’ai remerciée de nous porter
plus encore de nous laisser.

Ce que j’ai vu
aucune eau ne pourra l’effacer
aucune source aucune pluie la
mer elle-même a renoncé.

Aujourd’hui je suis là de l’autre côté
avec ma peau d’hier et d’avant-hier
je suis là et je vous regarde grande comme je peux
avec ce poids au bout de mes bras
Des ondes me traversent que je ne comprends pas
ni la force qui me porte
ni le courage qu’elles me donnent
Si je le savais mon coeur s’en irait avec elles.

(Marilyse Leroux)

 

Recueil: Courage Dix variations sur le courage et un chant de résistance
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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L’ÎLE DE LUMIERE (Gabriel Rosenstock)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2020



Illustration: Satish Gupta

    
Poem in French, Dutch, Spanish, English, Italian, German, Portuguese, Sicilian, Romanian, Polish, Greek, Chinese, Arab, Hindi, Japanese, Farsi, Bulgarian, Icelandic, Russian, Filipino, Hebrew, Tamil, Kurdish, Bangla, Irish

Poem of the Week Ithaca 649
« The Isle of Light », Gabriel Rosenstock, Ireland

Watch the poem at https://youtu.be/IJzios4TRwY

Varavara Rao * cf ci-dessous
* https://thewire.in/rights/varavara-rao-release-academics-statement

– All translations are made in collaboration with Germain Droogenbroodt –

***

L’ÎLE DE LUMIERE

pour Varavara Rao *

Il existe une Ile de Lumière
C’est là que je veux t’emmener.
Elle n’a jamais connu de barreaux de fer
Accompagne-moi à l’Ile de Lumière.

Là aucun gouvernement
Seuls y règnent les vents des mers et des océans
Les saisons changent sur ordre des poètes
Accompagne-moi à l’Ile de Lumière.

(Gabriel Rosenstock)

Traduction Elisabeth Gerlache
Translation into French by Elisabeth Gerlache

***

HET EILAND VAN LICHT

voor Varavara Rao *

Er bestaat een Eiland van Licht
Daarheen wil ik je brengen.
Het heeft nooit ijzeren tralies gekend
Kom met mij mee naar het Eiland van Licht

Daar is geen regering
De zeeën en de oceaanwinden regeren er
Seizoenen veranderen op het bevel van dichters
Kom met me mee naar het Eiland van Licht.

Vertaling Germain Droogenbroodt
Translation into Dutch by Germain Droogenbroodt

***

LA ISLA DE LA LUZ

para Varavara Rao *

Hay una Isla de la Luz
Te llevaré allí.
Nunca conoció barrotes de hierro.
Ven conmigo a la Isla de la Luz.

No hay gobierno allí.
Gobiernan los mares y los vientos del océano.
Las estaciones cambian con la palabra de los poetas.
Ven conmigo a la Isla de la Luz.

Traducción de Rafael Carcelén
Translation into Spanish by Rafael Carcelén

***

THE ISLE OF LIGHT

for Varavara Rao *

There is an Isle of Light
I will take you there
It has never known iron bars
Come with me to the Isle of Light

There is no government there
The seas rule and the ocean winds
Seasons change at the word of poets
Come with me to the Isle of Light.

Gabriel Rosenstock, Ireland

***

L’ISOLA DI LUCE

Per Varavara Rao *

C’è un Isola di Luce
ti porterò là
non ha mai conosciuto sbarre di metallo
vieni con me all’Isola di Luce

Non c’è governo laggiù
i mari dettano legge e i venti dell’oceano
le stagioni cambiano alla parola dei poeti
vieni con me all’Isola di Luce.

Traduzione di Luca Benassi
Translation into Italian by Luca Benassi

***

DIE INSEL DES LICHTS

Für Varavara Rao *

Es gibt eine Insel des Lichts
Dorthin will ich dich bringen
Sie hat nie Gitter gekannt
Komm mit mir zur Insel des Lichts
Dort gibt es keine Regierung
Es herrschen das Meer und die Ozeanwinde
Jahreszeiten wechseln auf Geheiß der Dichter
Komm mit mir zur Insel des Lichts.

Übersetzung Hans-Christian Oeser
Translation into German by Hans-Christian Oeser

***

A ILHA DA LUZ

Para Varavara Rao

Existe uma ilha de Luz
vou te levar lá.
Nunca conheceu barras de ferro.
Vem comigo para a ilha de Luz.

Não existe governo lá.
Governam os mares e os ventos do oceano.
As estações mudam com a palavra dos poetas.
Vem comigo para a ilha de luz.

Tradução ao português: José Eduardo Degrazia
Translation into Portuguese by José Eduardo Degrazia

***

L’ISULA DÂ LUCI

pir Varavara Rao

C’è na isula di luci
Ti cci portu
Non havi sbarri di ferru
Veni cu mmia a l’isula dâ luci
Ddà non c’è un guvernu
Cumannanu lu mari e li venti di l’oceanu
Li staciuni cancianu scutannu a li pueti
Veni cu mmia a l’isula dâ luci.

Traduzioni in sicilianu di Gaetano Cipolla
Translation into Sicilian by Gaetano Cipolla

***

INSULA LUMINII

pentru Varavara Rao*

Există o insulă a luminii
am să te duc la ea
gratii de fier nicicând n-a cunoscut
vino cu mine pe insula luminii.

Acolo nu există guvern
domnesc mările și curenții oceanici
iar anotimpurile se succed după glasul poeților
hai cu mine pe insula luminii.

Traducere: Gabriela Căluțiu Sonnenberg
Translation into Romanian by Gabriela Căluțiu Sonnenberg

***

WYSPA ŚWIATŁA

dla Varavara Rao *

Jest gdzieś Wyspa Światła
Zabiorę Cię tam
Nigdy nie zaznała żelaznych krat
Pójdź ze mną na Wyspę Światła

Nie ma tam władzy
Rządzą tam morza i oceanu wiatry
Pory roku zmieniają się na słowo poetów
Płyń ze mną na Wyspę Światła

Przekład na polski: Mirosław Grudzień — Małgorzata Żurecka
Translation into Polish by Mirosław Grudzień — Małgorzata Żurecka

***

ΕΚΕΊ ΣΤΟ ΝΗΣΊ ΤΟΥ ΦΩΤΌΣ

θα σε πάω
που δεν υπάρχουν φυλακές
έλα μαζί μου στο νησί
δίχως κυβέρνηση

εκεί που οι θάλασσες κι άνεμοι κυβερνούν
κι οι εποχές αλλάζουν
στα λόγια των ποιητών
έλα μαζί μου στο νησί του φωτός

Μετάφραση Μανώλη Αλυγιζάκη
Translation into Greek by Manolis Aligizakis

***

光明之岛

致瓦拉瓦拉·拉奥

有一个光明之岛
我会带你去那儿
它从来不知铁窗
跟我去光明岛吧

那里没有政府
大海统治而海洋呼吸
季节随诗人言语变化
跟我去这光明岛吧。

原 作:爱尔兰 加布里埃尔·罗森斯托克
汉 译:中 国 周道模
Translation into Chinese by William Zhou

***

جزيرة النور

من أجل فارافارا راو

ثمة مكان ساحر،
يُسمّى جزيرة النور.
أرغب بأخذك إلى هناك،
حيث لا أثر للحديد فيه ولا الإسمنت.
تعالي آخذك إلى جزيرة النور .
هناك..
لا حكومة تسير شؤون الناس.
البحار وحدها سيدة أمرها،
والمحيطات تحرك الرياح،
ووحدها قصائد الشعراء،
تبدل فصول السنة.
تعالي معي..
لنشد الرحال معا،
إلى جزيرة النور.

ترجمته عن الإنجليزية سارة سليم
Translation into Arab by Sarah Selim

***

प्रकाश का टापू

वरवर राव के लिए *
एक टापू प्रकाश का है
मैं तुम्हें वहाँ ले जाऊंगा
यह लोहे की सलाखों को कभी नहीं जानता है
मेरे साथ प्रकाश के टापू में आओ

वहां कोई सरकार नहीं है
समुद्र का शासन और समुद्र की हवाएँ
कवियों के कहने पर ऋतुएँ बदल जाती हैं
मेरे साथ प्रकाश के टापू में आओ।

Translation into Hindi by Jyotirmaya Thakur

***

光の島

光の島というところに
君を連れて行こう
そこは鉄の柵もないところ
私について来なさい

光の島へ行こう
その島には政府がない
海の掟と潮風があるのみ
海は詩人の言葉で変化する
私について来なさい
光の島へ

ガブリエル・ローゼンストック(アイルランド)
Translation into Japanese by Dr. Manabu Kitawaki

***

جزیره ای از نور
جزيره اي از نور وجود دارد

من تو را آنجا خواهم برد
که هرگز میله های آهنی به خود ندیده
با من به جزيره نورانى بيا
آنجا حكومتى ندارد

درياها حاكمند و بادهاى اقيانوس
فصول به حرف شاعران تغيير مى كنند
با من به جزيره شاعران بيا.
گابریل روزنتاک، ایرلند

ترجمه: سپیده زمانی
Translation into Farsi by Sepideh Zamani

***
ОСТРОВЪТ НА СВЕТЛИНАТА

На Варавара Рао*

Има един Остров на Светлината
Ще те заведа там
Той не знае решетки какво са
Ела с мен на Острова на Светлината

Там няма правителство
Моретата и океанските ветрове управляват
Сезоните се сменят щом поетите кажат
Ела с мен на Острова на Светлината.

превод от английски: Иван Христов
Translation into Bulgarian by Ivan Hristov

***

EYJA LJÓSSINS

Til Varavara Rao *

Eyja ljóssins er til
Ég skal fara þangað með þig
Þar hafa aldrei verið járnrimlar
Komdu með mér á Eyju ljóssins

Þar er engin ríkisstjórn
Höfin ráða og úthafsvindar
Árstíðir skipta við orð skálda
Komdu með mér á Eyju ljóssins.

Translation into Icelandic by by Þór Stefánsson

***

ОСТРОВ СВЕТА

Посвящается Вараваре Рао *

Знаешь, есть такой остров Света.
Я хотел бы туда с тобою поехать.
Там не знают железных решеток.
Давай вместе уедем на остров Света.

Там нет ни министров, ни президента.
Там правят моря и ветра с океанов,
Там стихами весну меняют на лето.
Давай вместе уедем на остров Света.

Перевод на русский язык Дарьи Мишуевой
Translation into Russian by by Daria Mishueva

***

ANG ISLA NG LIWANAG

para kay Paravara Rao *

Mayroong Isla ng liwanag
Dadalhin kita roon
Hindi nito alam kung ano ang rehas na bakal
Halika sumama ka sa akin sa Isla ng Liwanag

Walang pamahalaan doon
Ang dagat ang namumuno at ang hangin sa karagatan
Nagbabago ang panahon sa salita ng mga makata
Halika sumama ka sa akin sa Isla ng Liwanag

Translation into Filipino by Eden Soriano Trinidad

***

אי האור / גבריאל רוזנשטוק, אירלנ ד

ל Varavara Rao

יֵשׁ אִי שֶׁׁל אוֹ ר
אֶׁקַּח אוֹתְךָ לְשָׁׁ ם
מֵעוֹלָׁם לֹא יָׁדַּע סוֹרְגֵי בַּרְזֶׁ ל
בֹא עִמִי לְאִי הָׁאוֹ ר
שָׁׁם אֵין מֶׁמְשָׁׁלָׁ ה
שׁוֹלְטִים הַּיָׁמִים וְרוּחוֹת הָׁאוֹקְיָׁנוֹ ס
עוֹנוֹת מִשְׁתַּנּוֹת בְמִלַּת הַּמְשׁוֹרְרִי ם
בֹא עִמִי לְאִי הָׁאוֹר .

Translation into Hebrew by Dorit Weissman

***

வாழ்க்கைத்தீவு

ஒரு வாழ்க்கைத்தீவு இருக்கிறது

அங்கே உங்களை அழைத்துச் செல்வேன்
இரும்புக் கோல்களை என்றுமே அறியாதது
வாழ்க்கைத் தீவிற்கு என்னுடன் வாருங்கள்!

அங்கே அரசாங்கம் கிடையாது
கடல்கள் அரசாளுகின்றன, சமுத்திரம் காற்றைத்தருகின்றது
கவிஞர்கள் சொற்கள் கேட்டு காலங்கள் மாறுகின்றன
என்னுடன் வாருங்கள் வாழ்க்கைத் தீவிற்கு!
ஐரிஷ் மொழியில் ஆக்கம்
கேப்ரியல் ரோஸென் ஸ்டாக், அயர்லாந்து.

Translation into by Tamil by Dr. N V Subbaraman

***

GIRAVA RONAHIYÊ

Bo Varavara Rao *

Her Giraveke Ronahiyê heye
ez dixwazim te bibim wir
wê tucaran şîşeyên zîndanê nasnekirine
were em bi hevra herin Girava Ronahiyê

Li wir hikumet tune ye
bayên zerya û oqyanê li wir hikumdar in
demsal li gor daxwaza helbestvan tên guhartin
were em bi hevra herin Girava Ronahiyê

Translation into Kurdish by Hussein Habasch

***

আইলঅফলাইট

বারাভারারাওএরজন্য *

ওইযেসেখানেআছে আইলঅফলাইট
আমিতোমায়নিয়েযাবসেখানে
যেখানেনেইকোনলৌহদার
চলেএসোচলেএসোআমার সাথে আইলঅফলাইটে
যেখানেকোননেইসরকার
সমুদ্রআরমহাসমুদ্রেরপবনরাজত্বকরেসেইখানে
এখানেযেইকবিদেরপংক্তিতেহয়ঋতুবদল
চলেএসোচলেএসোআমার সাথে আইলঅফলাইটে।

Translation into Bangla by Tabassum Tahmina Shagufta Hussein

***

INIS AN TSOLAIS

An raghfá liomsa
chuig Inis an tSolais
Barraí iarainn ní raibh riamh ann
tar liom chuig Inis an tSolais anois
Níl rialtas ar bith ag an inis séin
an mhuir a rialaíonn í is an ghaoth ar muir
Athraíonn séasúir ann ar fhocal an fhile
tar liom chuig Inis an tSolais anois

Gabriel Rosenstock, Ireland

 

Recueil: ITHACA 649
Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

    
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LES CANAUX D’AMSTERDAM (Duo Duo)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2020



 

Illustration: Jan Korthals
    
LES CANAUX D’AMSTERDAM

Une ville en novembre à la tombée de la nuit :
rien que les canaux d’Amsterdam
soudain
les oranges sur l’arbre près de chez moi frissonnent
au vent d’automne.
je ferme la fenêtre, mais en vain
la rivière coule en amont en vain
le soleil s’est levé, serti de perles
rien n’y fait
des nuées de pigeons tombent en virevoltant telle la limaille de fer
des rues sans jeunes garçons semblent soudain vides
après la pluie d’automne
ces toits, où se traînent partout des limaces
– ma patrie
passe lentement sur les canaux d’Amsterdam….

***

《阿姆斯特丹的河流》

十一月入夜的城市
惟有阿姆斯特丹的河流
突然
我家树上的桔子
在秋风中晃动
我关上窗户,也没有用
河流倒流,也没有用
那镶满珍珠的太阳,升起来了
也没有用
鸽群像铁屑散落
没有男孩子的街道突然显得空阔
秋雨过后
那爬满蜗牛的屋顶
--我的祖国

***

THE CANALS OF AMSTERDAM

A city in November at nightfall:
There are only the canals of Amsterdam
Suddenly,
The oranges on the tree at my house
Quiver in the autumn wind
I shut the window, it’s useless
The river flows backwards, to no avail
The sun, inlaid with pearls, has risen
It doesn’t help.
Flocks of pigeons whirl down like iron filings
Streets, devoid of boys, suddenly look empty.
After the autumn rains,
those roofs full of crawling snails
—my homeland
slowly pass over the canals of Amsterdam…

***

CANALELE DIN AMSTERDAM

Noiembrie, oraș în seară:
Prin Amsterdam numai canale.
Și dintr-odată
Vântul toamnei clatină pomul cu portocale din curtea mea
Încolo și-ncoace le leagănă.
Închid fereastra, nu mă ajută oricum.
Curge râul înapoi pe zadarnicul drum
Și-n perle bătut soarele suie
Inutil
Schije metalice stoluri străpung, cad porumbei.
Fără copii străzile par dintr-odată pustii.
După ploaia de toamnă
De melci pătura-i plină,
─ patria mea
Pe canale din Amsterdam trece lină…

***

ΚΑΝΑΛΙΑ ΤΟΥ ΑΜΣΤΕΡΝΤΑΜ
Πόλη τ’ απόσπερο, Νοέμβριος.
Εκεί τα κανάλια του Άμστερνταμ.
Ξαφνικά
Τα πορτοκάλλια στο δέντρο
του σπιτιού μου σιγοτρέμουν
στο φθινοπωρινό αγέρα
κλείνω το παράθυρο, ανώφελο
ο ποταμός κυλά αντίθετα, κι ο ήλιος,
μαργαριτάρια στολισμένος, υψώνεται.
Ανώφελο.
Κοπάδια περιστέρια ορμούν κάθετα
σαν σιδερένια αερικά, δρόμοι
από παιδιά ερημωμένοι που
ξάφνου μοιάζουν ορφανοί.
Μετά τη φθινοπωρινή βροχή
οι οροφές γεμίζουν σαλιγκάρια.
Μετάφραση Μανώλη Αλυγιζάκη

***

I CANALI DI AMSTERDAM

Una città all’imbrunire, a novembre:
solo rimangono i canali di Amsterdam
All’imprevviso
Le arance sull’albero della mia casa
tremano nel vento d’autunno
chiudo la finestra, inutile
il fiume scorre all’incontrario, senza scopo
è sorto il sole, intarsiato di perle
invano.
Stormi di piccioni vorticano come limatura d’acciaio
le strade, vuote di ragazzi, all’improvviso appaiono deserte
Dopo le piogge d’autunno
i tetti sono pieni di lumache che strisciano
─ la mia terra nativa…

***

DE AMSTERDAMSE GRACHTEN

een stad in november bij het vallen van de nacht:
niets dan de Amsterdamse grachten
plotseling
gaan de sinaasappelen aan de boom bij mij thuis
in de herfstwind heen en weer
ik sluit het raam, maar dat helpt niet
de grachten stromen terug, maar dat helpt niet
de zon is ingelegd met parels opgegaan
maar dat helpt niet
vluchten duiven dwarrelen als ijzervijlsel neer
straten zonder jongentjes lijken plotseling leeg
na de regen in de herfst
het dak waar overal slakken op rondkruipen
─ mijn vaderland
over de Amsterdamse grachten vaart het traag voorbij…

***

DIE KANÄLE VON AMSTERDAM

Eine Stadt im November bei Einbruch der Dunkelheit:
Nichts anderes als die Kanäle von Amsterdam.
Plötzlich
Bewegen sich die Orangen am Baum vor meinem Haus
Im Herbstwind hin und her
Ich schließe das Fenster, es hilft nicht.
Der Fluss fließt rückwärts, umsonst
Die Sonne, mit Perlen besetzt, ist aufgegangen.
Umsonst
Wie Eisenspäne wirbeln Taubenschwärme vorbei
Die Straßen, ohne Kinder, sehen plötzlich leer aus.
Nach den Herbstregen
Der Asphalt voller Schnecken,
─ Meine Heimat
Langsam zieht sie vorbei, auf den Kanälen von Amsterdam…

***

LOS CANALES DE AMSTERDAM

Noviembre, una ciudad al caer la noche
los canales de Amsterdam
al instante
en el viento otoñal se mecen
las naranjas del arbol de mi casa
en vano cierro la ventana
en vano cambian su curso los canales
ensartado de perlas sale el sol
en vano
cual limaduras de hierro caen las palomas
sin niños, las calles de repente se ensanchan
tras la lluvia otoñal
los caracoles invaden los tejados
─ mi patria
se desliza lentamente por los canales de Amsterdam

***

OS CANAIS DE AMSTERDAM

Novembro, uma cidade ao cair da noite
os canais de Amsterdam
no instante
no vento outonal se embalam
laranjas nas plantas da minha casa
em vão encerro as janelas
em vão mudam seus cursos os canais
num colar de pérolas sai o sol
em vão
iguais a limalhas de ferro caem as pombas
sem crianças, de repente, os caminhos se alargam
depois da chuva de outono
os caracóis invadem os telhados
– a minha pátria
desliza lentamente nos canais de Amsterdam

(Duo Duo)

 

Recueil: ITHACA 606
Traduction: Français Germain Droogenbroodt Elisabeth Gerlache / Chinois / Anglais Anna Keiko – Germain Droogenbroodt – Stanley Barkan / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Grec Manolis Aligizakis / Italien Luca Benassi / Néerlandais Maghiel van Crevel / Espagnol Pedro Villar – Diana Liao /
Allemand Wolfgang Klinck / Portugais José Eduardo Degrazia / Espagnol Pedro Villar – Diana Liao /
Editions: POINT

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Je m’appuie tendrement contre la nuit (Inger Christensen)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2020



    

Je m’appuie tendrement contre la nuit
sur la rampe rouillée
je trouve ma joue, mon épaule
je trouve ma tendresse:
fer et chair.

Le reste ondoie, s’effrange
en silence, interroge dedans, dehors
dans l’espace de la nuit, dans l’espace de l’âme :
est-ce la mort?
je pose ma main sur le visage
tremblant de la nuit

(Inger Christensen)

 

Recueil: Il pleut des étoiles dans notre lit : Cinq poètes du Grand Nord
Traduction:
Editions: Gallimard

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