Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘goûter’

Dans le marais (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2021



Dans le marais

Je goûte à la pomme
A la pulpe du jour
Dans ce pays du rocher
Fouetté par le flot
Du granit austère
Du schiste qui s’effeuille
En ardoises pour le toit
De la lande où le vent
Conte des légendes
Pays amphibie de la fougère
De la pomme de terre et du cidre
Du goémon et de l’huître
Je vis en liberté
Dans la paix du rivage
Sur une langue de sable qui plonge
Dans les vagues où rêvent les poissons.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Prisonnier d’un bureau (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2021



François Coppée    
    
Prisonnier d’un bureau, je connais le plaisir
De goûter, tous les soirs, un moment de loisir.
Je rentre lentement chez moi, je me délasse
Aux cris des écoliers qui sortent de la classe ;
Je traverse un jardin, où j’écoute, en marchant,
Les adieux que les nids font au soleil couchant,
Bruit pareil à celui d’une immense friture.
Content comme un enfant qu’on promène en voiture,
Je regarde, j’admire, et sens avec bonheur
Que j’ai toujours la foi naïve du flâneur.

(François Coppée)

Recueil: Promenades et interieurs
Traduction:
Editions:

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

L’AGRÉABLE DE CE MONDE… (Friedrich Hölderlin)

Posted by arbrealettres sur 29 décembre 2020



Illustration: Jérôme Royer
    
L’AGRÉABLE DE CE MONDE…

L’agréable de ce monde, je l’ai goûté,
Les heures de jeunesse sont depuis si longtemps ! si longtemps ! écoulées,
Avril et mai et juillet sont loin,
Je ne suis plus rien, je vis maintenant sans plaisir.

***

DAS ANGHENEHME DIESER WELT…

Das Angenehme dieser Welt hab’ ich genossen,
Die Jugendstunden sind, wie lang ! wie lang ! verflossen,
April und Mai und Julius sind ferne,
Ich bin nichts mehr, ich lebe nicht mehr gerne !

(Friedrich Hölderlin)

 

Recueil: Derniers poèmes
Traduction: Jean-Pierre Burgart
Editions: William Blake and Co.

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

ELLE EST MORTE… (Anonyme)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2020



Illustration: Oleg Zhivetin
    
ELLE EST MORTE…

À cette source elle a bu.
Elle est morte – et la source n’a pas tari.
À ce miel elle a goûté.
Elle est morte – et le miel est resté aussi doux.
Sur ce rosier elle s’est penchée.
Elle est morte – et le rosier fleurit toujours.
Mais mon cœur, elle l’avait pris entre ses mains.
Elle est morte – et mon cœur repose dans sa tombe.

(Anonyme)

 

Recueil: Ghazels – Poemes persans
Traduction: Marguerite Ferté
Editions: http://www.ebooksgratuits.com

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Au fils du nomade (Hawad)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2020



    

Au fils du nomade

Chausse tes sandales
et foule le sable
qu’aucun esclave n’a piétiné

Éveille ton âme
et goûte les sources
qu’aucun papillon n’a frôlées

Déploie tes pensées
vers les voies lactées
dont aucun fou n’a osé rêver

Respire le parfum des fleurs
qu’aucune abeille n’a courtisées

Écarte-toi des écoles et des dogmes
Les mystères du silence
que le vent démêle dans tes oreilles
te suffisent

Éloigne-toi des marchés et des hommes
et imagine la foire des étoiles
où Orion tend son épée
où sourient les Pléiades
autour des flammes de la Lune
où pas un Phénicien n’a laissé ses traces

Plante ta tente dans les horizons
où aucune autruche n’a songé à cacher ses oeufs

Si tu veux te retrouver libre
comme un faucon qui plane dans les cieux
l’existence et le néant suspendus
à ses ailes
la vie la mort

(Hawad)

Caravane de la soif, traduit de la tamajadht des Touaregs par l’auteur et Hélène Claudot-Hawad, Édisud, 1985.

Recueil: 120 nuances d’Afrique
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je suis un berger de troupeaux (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2020



Illustration: Rosa Bonheur
    
Je suis un berger de troupeaux.
Le troupeau sont mes pensées
et mes pensées sont toutes des impressions.
Je pense avec mes yeux et mes oreilles
avec mes mains et mes pieds
mon nez et ma bouche.

Penser une fleur est la voir et la respirer
et manger un fruit est goûter sa saveur.

C’est ainsi que, lorsqu’au cours d’une chaude journée
je me sens triste d’avoir tellement joui
et lorsque dans l’herbe je m’étends
et ferme mes yeux brûlants,
je sens tout mon corps s’enfoncer dans la réalité,
je connais la vérité et je suis heureux.

***

Sou um guardador de rebanhos.
O rebanho é os meus pensamentos
E os meus pensamentos sao todos sensaçaóes.
Penso com os olhos e com os ouvidos
E com as maos e os pés
E com o nariz e a boca.

Pensar urna flor é ve-la e cheirá-la
E comer um fruto é saber-lhe o sentido.

Por isso quando num dia de calor
Me sinto triste de gozá-lo tanto,
E me deito ao comprido na erva,
E fecho os olhos quentes,
Sinto todo o meu corpo deitado na realidade,
Sei a verdade e sou feliz.

***

Ich bin ein Hüter von Herden.
Die Herde sind meine Gedanken
und meine Gedanken sind alle Empfindungen.
Ich denke mit Augen und Ohren
und mit Händen und Füßen
und mit Mund und Nase.

Eine Blume zu denken ist sie sehen und riechen
und eine Frucht essen ist erfahren wie sie schmeckt.

Deswegen, wenn ich an einem heißen Tag
mich traurig fühle, so vieles zu genießen
und mich auf dem Rasen ausstrecke
und die heißen Augen schließe,
fühle ich wie mein ganzer Körper in der Realität versinkt,
ich die Wahrheit kenne und glücklich bin.

***

Sono un guardiano di greggi.
Il gregge è i miei pensieri.
E i miei pensieri sono tutti sensazioni.
Penso con gli occhi e con gli orecchi
e con le mani e i piedi
e con il naso e la bocca.

Pensare un fiore è vederlo e odorarlo
e mangiare un frutto è saperne il senso.

Perciò quando in un giorno di calura
sento la tristezza di goderlo tanto,
e mi corico tra l’erba
chiudendo gli occhi accaldati,
sento tutto il mio corpo immerso nella realtà,
so la verità e sono felice.

***

I am a herdsman of flocks.
The flock is my thoughts,
and my thoughts are all sensations.
I think with my eyes and my ears
and with my hands and feet
and with my nose and mouth.

To think a flower is to see and smell it,
and to eat a fruit is to sense its taste.

Therefore, when on a hot day
I feel sad, because of enjoying so much,
I stretch out on the grass
and close my sun-warmed eyes,
I feel my whole body immersed in reality,
know the truth and am happy.

***

Soy un guardador de rebaños.
El rebaño es mis pensamientos
y mis pensamientos son todos sensaciones.
Pienso con los ojos y con los oídos
y con las manos y los pies
y con la nariz y la boca.

Pensar una flor es verla y olerla
y comer un fruto es saberle el sentido.

Por eso cuando en un día de calor
me siento triste de gozarlo tanto
y me tiendo a lo largo sobre la hierba
y cierro los ojos calientes,
siento todo mi cuerpo tumbado en la realidad,
sé la verdad y soy feliz.

***

Ik ben een herder van kudden.
De kudde zijn mijn gedachten
en mijn gedachten zijn allemaal gewaarwordingen.
Ik denk met mijn ogen en mijn oren
en met mijn handen en mijn voeten
en met mijn neus en mijn mond.

Een bloem te denken is ze zien en ze ruiken
en een vrucht eten is de smaak ervan te proeven.

Daarom is het, als ik mij op een warme dag
verdrietig voel door zoveel te genieten
en als ik mij languit uitstrek op het gras
en mijn warme ogen sluit,
voel ik mijn hele lichaam wegzakken in de werkelijkheid,
ken ik de waarheid en ben ik gelukkig

(Fernando Pessoa)(Pseudo Alberto Caeiro)

 

Recueil: ITHACA 579
Traduction: Français Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache / Portugais Original / Allemand Wolfgang Klinck / Italien Luca Benassi / Anglais Stanley Barkan / Espagnol Pablo del Barco / Néerlandais Germain Droogenbroodt /
Editions: POINT

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Faux pas (Francis Blanche)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2020




Quand on fait un faux pas,
Faut pas… faut pas…
Faut pas le regretter.
Ce qui s’est passé là,
C’est la… c’est la…
C’est la faute à l’été.

Le plaisir de céder
Céder… céder…
C’est déjà merveilleux
Ceux qui disent que c’est laid,
C’est les … c’est les,
C’est les plus malheureux.

Cueillir en souriant les mille fleurs,
Les mille brins de bouquets du bonheur,
C’est un jeu d’enfant … viens sur mon coeur,
Dis-moi surtout de ne plus avoir peur…

Et nous moquant déjà
Déjà… déjà…
Des jaloux irrités,
Puisqu’on fait un faux pas,
Faut pas… faut pas…
Faut pas le regretter!

Pour m’empêcher d’aimer
D’aimer… d’aimer…
Des méchants nous font peur
Ces gens qui nous séparent
C’est par… c’est par…
C’est par goût du malheur…

Ceux qui ont passé l’heure,
C’est leur… c’est leur…
C’est leur faute au départ,
Car, même quand il neige,
Il neige… il neige…
Il n’est jamais trop tard!

Il est toujours temps d’ouvrir son coeur
Au grand soleil éclatant de chaleur.
Il est toujours temps de goûter la douceur
D’un bel amour fait de rires et de pleurs.

Cet instant qu’on attend
A tant… a tant…
A tant de volupté
Que le premier faux pas,
Faux pas… faut pas…
Faut pas le regretter.

(Francis Blanche)

Illustration: Watteau

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le désir fait brûler mon sang (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2020



Illustration: Robert Doesburg
    
Le désir fait brûler mon sang,
d’amour tu m’as l’âme blessée.
Donne tes lèvres : tes baisers
me valent la myrrhe et le vin.
Penche sur moi ta tête tendrement
que je goûte un sommeil sans trouble
jusqu’au souffle joyeux du jour
qui chassera l’ombre nocturne.

(Alexandre Pouchkine)

 

Recueil: Poésies
Traduction: Louis Martinez
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’enfant (Marc Alyn)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2020



 

Adam Tan  kj54o1_500 [1280x768]

L’enfant dont la tête buissonne
Fait semblant d’être ici, mais non,
Au fond, il n’est là pour personne,
Ses yeux voient d’autres horizons.

L’enfant dont la tête bourgeonne
Lit feuille à feuille la forêt
Comme un grand livre qui frissonne
Plein d’écureuils et de furets.

L’enfant dont la tête grillonne
Respire un air de mélodie;
En lui la nuit d’été ronronne
Quand il prend son bain de minuit.

L’enfant dont la tête rayonne
Est un soleil qui luit au ciel:
S’il se perd, qu’une fée lui donne
Pour goûter un rayon de miel.

(Marc Alyn)

Illustration: Adam Tan

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

MÉTAMORPHOSES (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2019



MÉTAMORPHOSES I

Invente tes métamorphoses

Il est toujours temps de dépister l’éclair
De t’arracher aux paroles stagnantes
D’abreuver le coeur drainé par trop de soifs
D’écarter l’écorce pour surprendre le noyau

Des confins de la terre et du ciel
Jusqu’aux menées de l’âme
Il n’y a pas de grille à la poursuite
Ni aux fictions.

***

MÉTAMORPHOSES II

Où est l’homme
En ce vacarme
En cette lande crevassée ?

Sa voix se perd
Parmi les stridences
Sur sa toile impénétrable
Les fils se sont usés

Quelle main peut le saisir encore
Quel langage le traduire
Quel oeil le fixer ?

Seuls des fragments d’images
Surgissent du repaire des ombres
Écartent de funestes fagots
Infiltrent quelques lueurs
Métamorphosent quelques paroles
En brasiers.

***

MÉTAMORPHOSES III

L’homme décline puis se recrée
Loin des preuves et des ruines

De chantiers en chantiers
Sous le tain sous l’écorce
Il s’extrait du chaos
Il ratisse des jardins
Pour goûter à l’avenir
A sa flore fugitive
A ses grappes éphémères
Et au chant des matins.

(Andrée Chedid)


Illustration: Salvador Dali

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

 
%d blogueurs aiment cette page :