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Poésie

Posts Tagged ‘charbon’

Vieux mineur (Johannes Kühn)

Posted by arbrealettres sur 23 novembre 2022




    
Vieux mineur

Es-tu allé dans la nuit —
je connais
la nuit, c’est de la roche.
De mes mains j’ai frappé,
des battoirs mes mains à force.
Il sont partis en fumée
les charbons que j’ai abattus,
et dans les airs
se sont dissipées les fumées,
et dans les poêles des blancs hivers
elle est morte
la chaleur.

À la place des mains des battoirs.

Mais ils ne sont pas morts
les gens dans le froid
des blancs hivers.
À l’usine, qui fumait de toutes ses cheminées,
ce que j’ai abattu
est devenu fer
il sert pour les voitures
et étayent les maisons

Habite ! vis ! tout va bien,
mes mains sont des battoirs :
pas pour rien.

***

Alter Bergmann

Bist du in der Nacht gegangen —
ich kenn
die Nacht, die Gestein ist.
Ich schlug mir die Hände zu Brettern.
Es sind verraucht
die Kohlen, die ich gebrochen,
es sind die Rauchschwaden
vergangen in Luft,
es ist in Öfen
der weißen Winter
die Wärme
gestorben.

Mir sind die Hände zu Brettern geworden.

Gestorben sind nicht die Menschen
in Kälte
der weiBen Winter.
In Fabriken, wo durch Schornsteine rauchte,
was ich gebrochen,
ist Eisen geworden,
das dient an Wagen,
als Träger in Häusern.

Wohnt! Lebt! Wie gut,
mir sind die Hände zu Brettern geworden
nicht umsonst.

(Johannes Kühn)
Traduction de Claude Vercey

 

Recueil: Poésies du Monde
Traduction:
Editions: Seghers

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Nous avons choisi sciemment la part obscure (Pierre-Alain Tâche)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2022



Nous avons choisi sciemment la part obscure
les transhumances du silence
et le tendre chardon des bouches

Notre parole écharpe l’ineffable
ébauche des jardins où fondent des sorbiers
capture des oiseaux si prompts
que notre joie vacille
et se rompt

Qui sèchera cette marée étale
cette féconde usure

(Pierre-Alain Tâche)

 

 

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Le Pèlerin chérubinique (extraits) (Angelus Silesius)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2022




    
Le Pèlerin chérubinique (extraits)

Homme, tu es un charbon,
Dieu est ton feu et ta lumière ;
tu es noir, obscur, froid,
si tu ne reposes pas en Lui.

La lumière est le vêtement du Seigneur ;
si même tu perds la lumière,
sache que tu n’as pas encore perdu Dieu même.

Dieu demeure dans une lumière où nulle voie ne mène :
qui ne devient pas elle,
ne le verra jamais de toute éternité.

Dieu est la vraie lumière, le reste n’est qu’éclat,
si tu ne l’as pas, Lui, la lumière des lumières.
L’esprit qui se dirige vers Dieu en tout temps
conçoit sans cesse en lui-même la lumière éternelle.

(Angelus Silesius)

Recueil: Les poètes de Dieu (Pierre Haïat)
Editions: Philippe Lebaud

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TROP DE MORTS ET DE MAL (Pierre Morhange)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2022



TROP DE MORTS ET DE MAL

C’est un parc aux pigeons
Et vous le croyez doux
Pensez donc!

C’est la grille d’enfer
Pour votre serviteur
songez-y!

Le parc ne lui fait peur
Mais quelques souvenirs
A haïr

Ainsi sommes-nous
Des deux côtés de cette grille
De belle herbe fraîche
Et d’arbres aérés

Vous dites que c’est doux
Que n’y suis-je!
Tandis que j’y frémis
Ah ! Dieu oui !
Car moi je ne m’en tire
Que rompu et roussi

Trop de morts et de mal
Et une nuit trop longue
Pour trop de cruauté
Et nos coeurs trop longtemps serrés
Et presque sans souffler
Trop de notre vie passé dans la terreur et dans la guerre

Jusqu’à nous avoir changés de nature
Et accablés de notre péché la fatigue
Comment décharger nos mémoires
Et les laver des fours et des gibets et de l’outrage ?

Comment revivre ?
Comment des graines dans la cendre
Dans notre âme mortelle nourrie de sable
Trop longtemps bue par le désert ?
Comment revivre ?
Comment des branches vertes
Dans le charbon des arbres calcinés ?
Il faudrait un printemps plus fort
Pour nous reprendre tout à fait
I1 faudrait nous refaire
Au lieu de ces ravines de ces fentes
Dont nous sommes en nous
Tout blanchis et ouverts

Désarmée
Attardée
En tendresse
En détresse
O ma soeur profonde
Que je te reconnais
Nous portons même cendre
Dans un pauvre sachet
Nous avons même soif
Humble et très en peine
De rejaillir et de trembler
De toutes ces fleurs du soleil
Où nos yeux ont recommencé

Vent de la vie au crin puissant
Viens attaquer
Pour en tirer
Les accents et les cris d’une pleine musique
Ces deux violons penchés
Bons pêcheurs ces filets
Allez les replonger
Dans les eaux ruisselantes

(Pierre Morhange)

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Le charbon (Malcolm de Chazal)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2021


bombe

Le charbon
Flambant
Eut
La mémoire
De ses origines.

(Malcolm de Chazal)

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Les erreurs (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2021



 

Les erreurs

(la première voix est ténorisante,
maniérée, prétentieuse ;
l’autre est rauque, cynique et dure.)

Je suis ravi de vous voir
bel enfant vêtu de noir.

– Je ne suis pas un enfant
je suis un gros éléphant.

Quelle est cette femme exquise
qui savoure les cerises ?

– C’est un marchand de charbon
qui s’achète du savon.

Ah ! Que j’aime entendre à l’aube
roucouler cette colombe !

– C’est un ivrogne qui boit
dans sa chambre sous le toit.

Mets ta main dans ma main tendre
je t’aime ô ma fiancée !

– Je n’suis point vot’ fiancée
je suis vieille et j’ suis pressée
laissez-moi passer !

(Jean Tardieu)

 

 

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Maman ne cesse de rire… (Krishnakânt)

Posted by arbrealettres sur 5 juillet 2021




    
Maman ne cesse de rire…

Maman ne connaît pas
Le nom du Premier ministre
Elle n’a jamais entendu parler
Du Gouverneur
Maman ne sait rien non plus
Du Commonwealth, de la 2G
Et des concessions de charbon
Elle ne sait pas lire
Pas même les gros titres des scandales
Imprimés dans les journaux
Il est également difficile de lui faire comprendre
Combien représente en réalité
La somme de plusieurs dizaines de milliards, en pièces de 50 centimes
Maman ne sait que ceci
Si un père maçon reçoit au travail
Un billet à l’effigie de Gandhi
Alors on obtient
250 grammes de gros sel
Deux kilos de pommes de terre
Deux morceaux de mélasse
Deux doses de médicament pour l’asthme
Et du tabac pour une semaine
Là-dessus elle peut encore économiser
Quelques piécettes
Maman sait très bien
Ce que signifie ne plus avoir de grain dans la jarre
Le docteur de la ville prend
Beaucoup, beaucoup de billets à l’effigie de Gandhi
C’est pourquoi elle ne parle jamais
De ses yeux troubles
Et ses poumons malades
Maman s’échine sans relâche avec le bétail
Et ne cesse jamais de rire.

(Krishnakânt)

 

Recueil: Pour une poignée de ciel Poèmes au nom des femmes dalit (Intouchable)
Traduction: Traduit du Hindi par Jiliane Cardey
Editions: Bruno Doucey

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Mais il reste la nuit (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 17 novembre 2020



    

Mais il reste la nuit
Où la braise en souffrance
Épure mille charbons
En unique diamant.

(François Cheng)

 

Recueil: Enfin le royaume
Traduction:
Editions: Gallimard

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AVANT LA JOIE (Hussein Habasch)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2020



Illustration: Yaha Silo    
    
Poem in French, Dutch, Spanish, English, Italian, German, Portuguese, Sicilian, Romanian, Polish, Greek, Chinese, Arab, Hindi, Japanese, Farsi, Bulgarian, Icelandic, Russian, Filipino, Hebrew, Tamil, Kurdish, Bangla, Irish

Poem of the Week Ithaca 648
« Before the Joy », HUSSEIN HABASCH, Koerdistan (Syrië), 1948

uit: „Verletze das Licht nicht“, Hogir Verlag, Bonn, 2005

– All translations are made in collaboration with Germain Droogenbroodt –

***

AVANT LA JOIE

Désormais mes mots ne sont plus du charbon de bois
comme autrefois
quand dans la chaleur du brasier
ils avaient noirci
maintenant ils se meuvent avec la douceur de l’espoir
dans l’aube de la beauté
ils ouvrent les yeux
et se parent déjà
pour le voyage d’éternité.

(Hussein Habasch)

Traduction de Elisabeth Gerlache
Translation into French by Elisabeth Gerlache

***

VÓÓR DE VREUGDE

Mijn woorden zijn niet langer houtskool
zoals voorheen
toen ze in de hitte van de gloed
zwart geworden waren
nu bewegen ze zich met de zachtheid van de hoop
in de dageraad van de schoonheid
openen ze hun ogen
en smukken zich reeds op
voor de eeuwige reis.

Vertaling Germain Droogenbroodt
Translation into Dutch by Germain Droogenbroodt

***

ANTES DE LA ALEGRÍA

Mis palabras ya no son carbón
como lo fueron antes
cuando en el calor del resplandor
se habían ennegrecido
ahora se mueven con la suavidad de la esperanza
y en el amanecer de la belleza
abren sus ojos
adornándose ya
para el viaje eterno.

Traducción Rafael Carcelén
Translation into Spanish by Rafael Carcelén

***

BEFORE THE JOY

My words are no longer charcoal
as they were before
when in the heat of the glow
they had become black
now they move with the softness of hope
and at the dawn of beauty
they open their eyes
already adorning themselves
for the eternal journey.

Translation into English by Hussein Habasch

***

DAVANTI ALLA GIOIA

Le mie parole non sono più scritte con il carbone
come lo erano prima
quando nel calore della fiamma
erano divenute nere
adesso si muovono con la dolcezza della speranza
e all’alba della bellezza
aprono i loro occhi
già adorne
per il viaggio eterno.

Traduzione di Luca Benassi
Translation into Italian by Luca Benassi

***

VOR DER FREUDE

Meine Worte sind keine Holzkohle mehr
wie früher
als sie in der Hitze der Glut
schwarz geworden waren
jetzt bewegen sie sich mit der Weichheit der Hoffnungen
und im Morgengrauen der Schönheit
öffnen sie ihre Augen
sie schmücken sich schon
für die ewige Reise.

Übersetzung Wolfgang Klinck
Translation into German by Wolfgang Klinck

***
ANTES DA ALEGRIA

Minhas palavras já não são cinzas
como foram antes
quando no calor resplandecente
ficaram escurecidas
agora se movem com a suavidade da esperança
e no amanhecer da beleza
abrem seus olhos
enfeitando-se já
para a viagem eterna.

Tradução ao português: José Eduardo Degrazia
Translation into Portuguese by José Eduardo Degrazia

***

PRIMA DI LA GIOIA

I me palori non sunnu carbuneddu
Com’eranu prima
Quannu nta lu caluri di lu splinnuri
Avianu divintatu niuri
Ora si movunu cu la ducizza dâ spiranza
A lu spuntari dâ biddizza
Aprunu l’occhi
Azzizzannusi in priparazioni
Pir l’eternu viaggiu.

Traduzioni in sicilianu di Gaetano Cipolla
Translation into Sicilian by Gaetano Cipolla

***

ÎN ÎNTÂMPINAREA BUCURIEi

Cuvintele nu-mi mai sunt cărbunii
de odinioară
ce se înnegreau
în dogoarea jarului
acum se urnesc cu moliciunea
speranțelor
și-n zorii frumuseții
își deschid ochii
gătindu-se deja
pentru veșnicul drum.

Traducere: Gabriela Căluțiu Sonnenberg
Translation into Romanian by Gabriela Căluțiu Sonnenberg

***

WOBEC ZACHWYTU

Moje słowa to już nie szkice węglem
jakimi były wcześniej
gdy w upalnym blasku
stawały się czarne
teraz przesuwają się miękkością nadziei
i u zarania piękna
otwierają swe oczy
już się strojąc
na wieczną podróż.

Przekład na polski: Mirosław Grudzień — Małgorzata Żurecka
Translation into Polish by Mirosław Grudzień — Małgorzata Żurecka

***

ΠPIN TH XAPA

Τα λόγια μου δεν είναι κάρβουνα
όπως πιο πριν
που με τη τη ζέστη της λάμψης
μαύρισαν.
Τώρα πλανιούνται στης ελπίδας τ’ απαλό
στην ομορφιά του ξημερώματος
που ανοίγουν τα μάτια
ματιές λατρείας
πριν το μακρινό τους ταξίδι.

Μετάφραση Μανώλη Αλυγιζάκη//
Translation into Greek by Manolis Aligizakis

***

欢乐之前

我的话不再是木炭
不再像以前
那样早已在
光热中变黑
现在它们随希望的温柔而进步
且在美丽的黎明
睁开它们的眼睛
它们已在装点自己
为奔永恒的旅程。

汉 译:中 国 周道模 2020-9-4
Translation into Chinese by William Zhou

***

قبل الفرح

كلماتي ليست فحما
کما كانت
تحترق من القیظ
إنها تتحرك بنعومة الآمال
و مع فجر الجمال
تفتح عينيها
تتزيَّن
من أجل الرحلة الأبدية

حســــــین حبــــــــــش، کردستان (سوریا)، ١٩٤٨

ترجمة حیدر عمر و المؤلف

من دیوان  » لا تجرح النور »، کردی – ألمانی، دار النشر هوگر بــــــــــــــــــون
Translation into Arab by Sarah Selim

***

हर्ष से पहले

मेरे शब्द अब
लकड़ी का कोयला नहीं हैं
जैसे वे पहले थे
जब चमक की गर्मी में
वे काले हो गए थे
अब वे आशा की कोमलता के साथ
आगे बढ़ते हैं
और सुंदरता के भोर में
वे अपनी आँखें खोलते हैं
पहले से ही खुद को सजाना
अनन्त यात्रा के लिए।

Translation into Hindi by Jyotirmaya Thakur

***

喜びの前に

私の言葉はもはや炭ではない
しかし、かつてはそうだった
白熱で黒くなってしまったために
いまはそれが柔らかい希望で流れている
そして美の夜明けに
目を見ひらく
永遠の旅に向けて
もう美しく飾っているのだ

Translation into Japanese by Dr. Manabu Kitawaki

***

قبل از خوشی

حرفهايم ديگر زغالى نيست
که زمانی
در حرارتى آتشین
سياه شده بوده اند
اكنون آنها با نرمى اميد حركت مى كنند
و در طلوع زيبايى
چشمهاى شان را باز مى كنند
در حاليكه خود را مزين كرده اند
براى سفر نامتناهى.

حسين حبش، كردستان( سوريه)، ١٩٤٨
مترجم: سپیده زمانی
Translation into Farsi by Sepideh Zamani

***

Преди радостта

Думите ми не са вече въглени
както бяха преди
когато в разгара на блясъка
почерняха
сега те се движат с мекотата на надеждата
и в зората на красотата
отварят своите очи
докато се приготвят
за вечно пътуване.

превод от английски: Иван Христов
Translation into Bulgarian by Ivan Hristov

***

FRAMMI FYRIR GLEÐINNI

Orð mín eru ekki lengur grá
eins og áður fyrr
þegar þau urðu svört
í hitanum frá glóðinni
nú bærast þau með blíðri von
og opna augun
um leið og fegurðin birtist
strax farin að punta sig
fyrir ferðina eilífu.

Translation into Icelandic by Þór Stefánsson

***

Накануне радости

Мои слова – уже не антрацит,
как прежде,
когда в пламени огня
они чернели вмиг.
Летят они отныне мягко, как надежда,
и на рассвете красоты
они поднимут взгляд,
уже украшенные
к вечному пути.

Перевод Гермайна Дрогенбродта
Перевод на русский язык Дарьи Мишуевой
Translation into Russian by Daria Mishueva
***

BAGO MAGALAK

Ang aking mga salita
ay hindi na nag-uuling
na gaya ng dati
nagbabaga kapag nasa apoy
ito ay naging itim lamang
ngayon sumusulong sila sa malamyos na pag-asa
at sa kagandahan ng bukang-liwayway
iminulat nila ang kanilang mga mata
na pinalamutian na ang kanilang sarili
para sa walang hanggang paglalakbay.

Translation into Filipino-by Eden Soriano Trinidad

***

לפני החדווה

מִלּוֹתַי כְּבָר אֵינָן רְשׁוּמוֹת בְּפֶחָם
כְּמוֹ שֶׁהָיוּ לְפָנִים
כַּאֲשֶׁר בַּחֹם הַזּוֹהֵר
הָפְכוּ שְׁחוֹרוֹת

עַכְשָׁו הֵן נָעוֹת עִם רַכּוּת הַתִּקְוָה

וּבְשַׁחַר הַיֹּפִי
הֵן פּוֹקְחוֹת עֵינֵיהֶן
כְּבָר מְקַשְּׁטוֹת עַצְמָן

תרגום מאנגלית לעברית: דורית ויסמן
Translation into Hebrew by Dorit Weissman

***

மகிழ்ச்சிக்கு முன்

எரியும் வெளிச்சத்தில்
முன்னர் இருந்தவாறு
எனது சொற்கள் அடுப்புக் கரியல்ல
அவை கருப்பு நிறம் ஆயின
இப்பொழுது அவை நம்பிக்கையோடு நகர்கின்றன
அழகு விடியும்பொழுது
கண்களைத் திறக்கின்றன
நிலைபேறுடைய பயணத்திற்கு

Translation into Tamil by Dr. N V Subbaraman

****

BERÎ ŞAHIYÊ

Peyvên min ne rejî ne
çawa berê li ber qijaviyê
dihatine şewitandin
ew bi nermiya hêviya dilivin
û bi berbanga ciwaniyê re
çavên xwe vedikin
ew jî xwe dixemilînin
bona geşta abedîn

Husên Hebeş, Hussein Habasch

***

আনন্দের প্রারম্ভে

আমার কথাগুলো আর কাঠ কয়লা হয়ে যায় না
যেমন হত আগে
যখন জ্যোতির উত্তাপে
তারা হয়ে যায় কৃষ্ণকায়
এখন তারা অগ্রসর হয় আশার কোমলতা নিয়ে
আর ভোরের ঊষালগ্নে সৌন্দর্যের প্রারম্ভে
তারা চোখ মেলে
আত্ম প্রশংসায় পঞ্চমুখ
তাদের অন্তিম যাত্রা পথের জন্য।

Translation into Bangla by Tabassum Tahmina Shagufta Hussein

***

ROIMH LÚCHÁIR

Ní fioghual níos mó na briathra seo
mar a bhíodh
nuair a tháinig dath dubh orthu
faoi bhrú laomtha
gluaiseann siad anois le dóchas séimh
agus roimh chamhaoir na háilleachta
osclaíd na súile
á bhfeistiú féin cheana
i gcomhair an aistir shíoraí

Transcreated in Irish by Gabriel Rosenstock

 

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Toute fleur n’est que de la nuit (Philippe Jaccottet)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2020



 

Toute fleur n’est que de la nuit
qui feint de s’être rapprochée

Mais là d’où son parfum s’élève
je ne puis espérer entrer
c’est pourquoi tant il me trouble
et me fait si longtemps veiller
devant cette porte fermée

Toute couleur, toute vie
naît d’où le regard s’arrête

Ce monde n’est que la crête
d’un invisible incendie

Je marche
dans un jardin de braises fraîches
sous leur abri de feuilles

un charbon ardent sur la bouche

(Philippe Jaccottet)

Illustration

 

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