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Poésie

Posts Tagged ‘menthe’

Ambiance diabolo menthe (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2019




    
Ambiance diabolo menthe
Sur le boulevard

Vert des arbres
Encore verts
Glaçons crus
D’un vent sans indulgence

Le soir tombe
D’un coup
Porte de Montreuil

La petite foule du vendredi
S’irrite

Entre les palissades des chantiers
Gisant noir
Dodu
Un sac poubelle
Embarrasse le trottoir

Le temps presse

Il est bientôt l’heure
De se repaître
Des malheurs du monde
Au journal télévisé

(Josée Tripodi)

 

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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Laurence endormie (Patrice de La Tour du Pin)

Posted by arbrealettres sur 30 décembre 2018



Laurence endormie

Cette odeur sur les pieds de narcisse et de menthe,
Parce qu’ils ont foulé dans leur course légère
Fraîches écloses, les fleurs des nuits printanières,
Remplira tout mon cœur de ses vagues dormantes ;

Et peut-être très loin sur ses jambes polies,
Tremblant de la caresse encor de l’herbe haute,
Ce parfum végétal qui monte, lorsque j’ôte
Tes bas éclaboussés de rosée et de pluie ;

Jusqu’à cette rancœur du ventre pâle et lisse
Où l’ambre et la sueur divinement se mêlent
Aux pétales séchées au milieu des dentelles
Quand sur les pentes d’ombre inerte mes mains glissent,

Laurence… Jusqu’aux flux brûlants de ta poitrine,
Gonflée et toute crépitante de lumière
Hors de la fauve floraison des primevères
Où s’épuisent en vain ma bouche et mes narines,

Jusqu’à la senteur lourde de ta chevelure,
Éparse sur le sol comme une étoile blonde,
Où tu as répandu tous les parfums du monde
Pour assouvir enfin la soif qui me torture !

(Patrice de La Tour du Pin)


Illustration: Elina Brotherus

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J’ai de toi une image (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2018



 

Koh Sang Woo 1978 - Korean photographer -  (11) [1280x768]

J’ai de toi une image
Qui ne vit qu’en mon coeur.
Là, tes traits sont si purs
Que tu n’as aucun âge.

Là, tu peux me parler
Sans remuer les lèvres,
Tu peux me regarder
Sans ouvrir les paupières.

Et lorsque le malheur
M’attend sur le chemin,
Je le sais par ton coeur
Qui bat contre le mien.

Vers le soir, tu me parles parfois de la mort
Comme si tu étais déjà un peu absente,
Comme si ton coeur se détachait sans effort
De la vie dont tu fus la docile servante.

Tu me parles paisiblement de la maison
Qu’il ne faudra pas vendre et des vieux groseilliers
De ton jardin qu’on ne devra pas arracher,
Et des miettes de pain à donner aux pinsons
Qui viennent dès l’hiver picorer dans la cour,
Et de tous ces simples travaux de tous les jours
Que tes mains dénouées auront abandonnés.

Et ta voix coule alors, pareille à un ruisseau
Qui s’en va humblement, comme le veut sa pente,
Mais qui, sans le savoir, fait refleurir la menthe
Et met au creux des prés des morceaux de ciel bleu.

(Maurice Carême)

Illustration: Koh Sang Woo

 

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LES PARFUMS (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2018




    
LES PARFUMS

Je me parfumerai toute la peau pour attirer les amants.
Sur mes belles jambes, dans un bassin d’argent,
je verserai du nard de Tarsos et du métôpion d’Aigypte.

Sous mes bras, de la menthe crépue ; sur mes cils et sur mes yeux, de la marjolaine de Kôs.
Esclave, défais ma chevelure et emplis-la de fumée d’encens.

Voici l’oïnanthê des montagnes de Kypre ; je la ferai couler entre mes seins ;
la liqueur de rose qui vient de Phasêlis embaumera ma nuque et mes joues.

Et maintenant, répands sur mes reins la bakkaris irrésistible.
Il vaut mieux, pour une courtisane, connaître les parfums de Lydie
que les moeurs du Péloponnèse.

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’impatient (Yvonne Le Meur-Rollet)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2018



 

Arthur Hughes

L’impatient

Je t’attends près de l’eau, feuilletant quelque livre
Et je guette tes pas qui tardent, quelquefois.
Les cymbales du vent font rutiler le cuivre
Qui coule du soleil, embrasant le sous-bois…

Enfin tes bras ! Nos corps, pressés d’être impudiques,
S’étreignent sous les troncs des grands hêtres bleutés.
La menthe et les roseaux nous tissent des tuniques,
Voiles d’ivresse et d’or, masquant nos nudités.

Au velours de tes mains, s’efface ma détresse.
Je laisse mes remords frapper comme des sourds
Sur le tambour vibrant, offert par ta tendresse,
À l’amour interdit qui m’entraîne en son cours.

Le galop du désir nous emporte et nous cambre.
Nous traversons les prés, franchissons l’étang bleu,
Et nous nous envolons vers la secrète chambre,
Où, de braise et de miel, nous ranimons le feu.

(Yvonne Le Meur-Rollet)

Illustration: Arthur Hughes

 

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Apprends à connaître le figuier (Claude Michel Cluny)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2018



 

le-vieux-puits-et-le-figuier

apprends à connaître le figuier
qui croît près de ton puits.
Contemple et enchante-toi
du carré de menthe
que ton jardin protège. Écoute
le chant mince de la source.
Le monde sera
tout entier dans la paume
de ta main
et toi respirant son souffle.

(Claude Michel Cluny)

Illustration

 

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Ma renarde (René Char)

Posted by arbrealettres sur 26 avril 2018




    
Ma renarde, pose ta tête sur mes genoux.
Je ne suis pas heureux et pourtant tu suffis.

Bougeoir ou météore,
il n’est plus de coeur gros
ni d’avenir sur terre.

Les marches du crépuscule révèlent ton murmure,
gîte de menthe et de romarin, confidence échangée
entre les rousseurs de l’automne et ta robe légère.

Tu es l’âme de la montagne aux flancs profonds,
aux roches tues derrière des lèvres d’argile.

Que les ailes de ton nez frémissent.
Que ta main ferme le sentier
et rapproche le rideau des arbres.

Ma renarde, en présence des deux astres, le gel et le vent,
je place en toi toutes les espérances éboulées,
pour un chardon victorieux de la rapace solitude.

(René Char)

 

Recueil: Feuillets d’Hypnos
Traduction:
Editions: Gallimard

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VISIONS (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2018



Illustration: Paul Cézanne
    
VISIONS

Par les villes des hommes
s’épient, se méconnaissent
des filles aux yeux lourds
pensent hâter leur fin.
Une image du dieu Jésus
chez un artisan orne
la cheminée démantelée
dans les prés tremblent
menthes, saponaires ;
sur un seuil usé
où la poussière s’apaise
sommeille ce vieillard
sans foi ni loi
qui fut jardinier
il y a beau temps.

(Jean Follain)

 

Recueil: Des Heures
Traduction:
Editions: Gallimard

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MATRICE ET RÊVE (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2018



 

MATRICE ET RÊVE

Choses imperceptibles, taillées
chaque nuit :
souffle, traversée
souterraine de l’hiver : mots-puits
tombant dans la lumière minée
de ruisselet-berceuse
et gouffre.

Tu passes.
Entre peur et mémoire,
l’agate
de ton pas devient
pourpre
dans la poussière de l’enfance.

Soif : et coma : et feuille —
des bribes
de ce qu’on ne sait plus : le message non signé
enfoui dans mon corps.

Le linge blanc
étendu sur la corde. L’armoise
écrasée
dans le champ.

L’odeur de menthe
venant des ruines.

(Paul Auster)

Illustration: Andrej Gorenkov

 

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La relique de notre étreinte (Luis Mizón)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2017



 

La relique de notre étreinte
est déjà dans mes os
dans mes atomes
dans mon sang
ton parfum est encore plus vivant
que l’odeur de la menthe
le soleil sert du vin
le nuage nourrit les aigles
de son corps épris
crabes d’ombres
dansent sur le mur du vent
un secret de semence enterrée
mûrit
dans l’alchimie de l’eau
encore
un petit feu de ronces
et d’algues sèches
réveille
le grand rêve rejeté par la mer

(Luis Mizón)

Illustration: Alberto Pancorbo

 

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