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Poésie

Posts Tagged ‘avoine’

D’UNE PERFECTION (Alain Bosquet)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2019



D’UNE PERFECTION

ce qui est immortel ressemble
aux cigognes venues
d’un soleil égaré
nous n’avons pas le droit
d’en retenir
fût-ce une plume
fût-ce l’ombre d’un cou
va-t-en vivre chez toi
entre tes seins plus borgnes
que l’horizon mort-né
moi je retourne à mon désert
où les mots sont privés de pétales
car je reste quelconque
c’est mon église
car tu restes quelconque c’est ta chance
d’être avoine qui court
ou avoine couchée sous le galop du vent
séparons-nous
puisque tout est parfait

(Alain Bosquet)

Illustration

 

 

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ARRIVE QUI PLANTE (Albert Ayguesparse)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2018



ARRIVE QUI PLANTE

Epique, aigre, de petit bois et sur les dents
Cette époque écoute le fracas des naufrages
Les marées têtues de la fièvre.

Elle grandit au milieu des statues,
Elle enfante des spectres et des machines.

Son âme, pour ne pas rouiller, est peinte au minium,
C’est la couleur du sang,
Du sang magique et secret qui bat sans fin
Dans les artères aveugles et soudées.

Les bivouacs ont peur de fermer l’oeil
Dans les avoines gorgées de nuit
Et les hommes pour gagner le ciel
Amarrent les cathédrales égarées dans ce siècle.

C’est l’heure où l’haleine des prairies
Entre dans les chambres des jeunes filles
Et souffle sur les braises du désir.

Avec tout cet acier qui se fabrique chaque nuit,
Avec ses terreurs, ses sortilèges, ses massacres,
Cette époque, je vous la laisse
Pour les maigres fleurs rousses des champs.

(Albert Ayguesparse)

 

 

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AVOINE (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2018



 

Illustration: Claude Monet    
    
AVOINE

L’avoine est coupée d’hier.
Ce jour est pareil aux autres.
La grande herbe se balance
depuis les débuts du monde.

Le ruisseau des heures ne cesse
de fuir et de naître.

La brise oublie dans le ciel
un nuage hirsute.
Rien ne quitte les yeux
sans fréquenter l’âme.

(Jean Grosjean)

 

Recueil: Nathanaël
Traduction:
Editions: Gallimard

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La fleur (Jacques Prévert)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2018



Illustration: Vincent Van Gogh
    
La fleur

Dans un pot de fer
des grenades
Dans un pot de terre
une fleur.

La fleur ancienne
toute neuve
Folle comme avoine
lucide comme blé
ou riz
Vraie comme rêve
belle comme amour
rouge comme toujours.

Dans un pot de fer
des grenades
Dans un pot de terre
Une fleur.

La fleur libre et véritable
indispensable
utile comme pain
utile comme vin
juste colère larmes et rires
ou fol espoir
Dans un pot de fer
des grenades
Dans un pot de terre
une fleur.

La fleur interdite de séjour
la fleur rebelle à la lobotanique
réfractaire à l’ortie-culture
La fleur du libre-savoir et des vérités ouvrières
La fleur de n’importe qui quand n’importe qui c’est quelqu’un
la fleur aux couleurs éclatantes et qui éclate n’importe où
quand n’importe où c’est partout
éclate de vivre
éclate de rire
et d’inquiétude
et de détresse aussi.
Dans un pot de fer
des grenades
lancées par des grenadiers
Dans un pot de terre
la fleur
défendue par ses jardiniers.

(Jacques Prévert)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

Recueil: Choses et autres
Traduction:
Editions: Gallimard

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Cri (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2018



Cri

Un matin comme les autres,
l’avoine coupée d’hier,
le verger jonché de prunes.

Le ruisseau ne cesse guère
de s’en aller sous la brume.

Un nuage à l’horizon,
l’agneau que sa mère oublie,
le pic-épeiche et son cri.

La grande herbe se balance
depuis les débuts du monde.

(Jean Grosjean)

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Port Saint Père (Paul Louis Rossi)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2018



 

Port Saint Père

Petit village
tu emprisonnes le temps
autour de ton clocher

Ni le vent ni la brise
n’agitent tes moissons
tes avoines ne sont plus folles

Moulins les bras croisés
qui regardez paisibles
dormir les reines marguerites

Petit village si sage
quel drame mûris-tu
derrière tes volets clos

(Paul Louis Rossi)

 

 

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PARIS NAIT DE PARIS (Albert Ayguesparse)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



PARIS NAIT DE PARIS

Paris des braseros, Paris des barricades,
Paris qui s’émerveille au bout de la journée
Quand l’amour fatigué des rideaux de cretonne
Respire à la fenêtre un air de liberté,
Paris qui ne dort pas quand le monde sommeille,
Paris naît de Paris dans son décor de suie.

Sous le vieux ciel rayé par le vent des émeutes,
Son grand bûcher troué de rires et de perles
Eclaire le sommeil paisible des amants.

Les objets oubliés au fond de la campagne,
Après le long travail des saisons de soleil,
Viennent toucher le coeur endormi de l’enfance,
Le bras des voyageurs étendus dans la nuit
Au pied du mur doré des avoines poudreuses.

En plein vent, la tête et les mains dans le silence,
Paris respire à peine et replie doucement
Sa songerie et ses longues jambes de pierre.

Alouette ou caille, on ignore le nom
De son bonheur, de ses soupirs, de ses fantômes,
Des boucles de la Seine entre les cils humides
Du matin, scintillante et fiancée au monde.

Mais je connais le bruit de son coeur de cristal
Et lis son nom parmi les étoiles mourantes.

L’été couvert d’oiseaux dans la force de l’âge,
L’été, les cheveux pleins de brindilles de feu
S’arrête sur Paris et se mouille les lèvres
Sur Paris qui écoute et rêve de bonheur.

(Albert Ayguesparse)

Illustration

 

 

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Trois escargots (Maurice Carême)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2018




J’ai rencontré trois escargots
Qui s’en allaient cartable au dos

Et dans le pré trois limaçons
Qui disaient par cœur leur leçon.

Puis dans un champ, quatre lézards
Qui écrivaient un long devoir.

Où peut se trouver leur école ?
Au milieu des avoines folles ?

Et leur maître est-il ce corbeau
Que je vois dessiner là-haut

De belles lettres au tableau ?

(Maurice Carême)

Illustration

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Il n’y a pas de vieille joie (Bernard Chambaz)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2018




    
Est-ce qu’on peut dire qu’il n’y a pas de vieille joie
mais que la joie
est toujours
neuve — fraîche simultanée
et pourquoi pas repeinte à neuf
comme les traces
de l’orage dans un grand champ
d’avoine ou un chapeau de paille emporté par le vent
même s’il est dangereux
depuis l’enfance de se pencher par la fenêtre
d’un train —

(Bernard Chambaz)

 

Recueil: Etc.
Traduction:
Editions: Flammarion

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Elle apparut au sortir de l’enfance (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2018



    

Illustration: Claire Jeanne Roberte Colinet

Elle apparut au sortir de l’enfance
Et prit musique en son haleine
Des sources, des avoines au vent,
Ses seins furent fleurs plutôt que
Fruits, et son visage de primevère.
Temps ingénu que glorifiaient les lis
Et qui renaît sur les lèvres
Tremblantes de l’artiste épris dans l’autrefois,
Comme dans l’herbe fraîche, d’une fille
Pareille à l’image de cette enfant
Nue dansant jadis sur la garrigue.

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

Recueil: Le Poème Hanté
Traduction:
Editions: Gallimard

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