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Posts Tagged ‘café’

AMERICA (WEST SIDE STORY)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2021




    
AMERICA – WEST SIDE STORY

[Rosalia]
Porto Rico,
Magnifique archipel…
Île aux embruns tropicaux.
Éternelle culture de l’ananas,

Éternelles cerises de café…

[Anita]
Porto Rico…
Dégoûtant archipel…
Île des maladies tropicales.
Toujours y soufflent les ouragans,
Toujours y augmentent la population…
Et les dettes,
Et les cris des bébés,
Et les balles qui sifflent.
J’aime l’île de Manhattan.
Fumer la pipe, c’est le paradis !

[Les Autres]
J’aime vivre en Amérique !
Pour moi tout va bien en Amérique !
Tout est gratuit en Amérique !

À bas prix en Amérique !

[Rosalia]
J’aime la ville de San Juan.

[Anita]
Je connais un bateau qui t’y emmènera.

[Rosalia]
Des milliers d’arbres en fleurs.

[Anita]
Des milliers de personnes qui grouillent !

[Toutes]
Il y a des automobiles en Amérique,
Il y a de l’acier chromé en Amérique,
Il y a des roues à rayon en Amérique,

C’est du lourd, en Amérique !

[Rosalia]
Je roulerai en Buick dans les rues de San Juan.

[Anita]
S’il y a une route à emprunter.

[Rosalia]
J’offrirai une course à mes cousins.

[Anita]
Comment tu vas t’y prendre pour les faire rentrer ?

[Toutes]
L’immigrant choisit l’Amérique,
Tout le monde se dit bonjour en Amérique ;

Personne ne se connaît en Amérique
Porto Rico est en Amérique !

[Rosalia]
J’apporterai une télé à San Juan.

[Anita]
Si il y a du courant !

[Rosalia]
Je leur offrirai une nouvelle machine à laver.

[Anita]
Qu’ont-ils à laver ?

[Toutes]
J’aime les côtes d’Amérique !
Le confort t’attend en Amérique !

Ils ont des poignées à serrure en Amérique,
Ils ont du parquet en Amérique

[Rosalia]
Quand je retournerai à San Juan.

[Anita]
Quand cesseras-tu de bavasser, va-t’en !

[Rosalia]
Tout le monde m’acclamera là-bas !

[Anita]
Là-bas, tout le monde sera parti ici !

(WEST SIDE STORY)

***

America

[Rosalia]
Puerto Rico,
You lovely island . . .
Island of tropical breezes.
Always the pineapples growing,

Always the coffee blossoms blowing . . .

[Anita]
Puerto Rico . . .
You ugly island . . .
Island of tropic diseases.
Always the hurricanes blowing,
Always the population growing . . .
And the money owing,
And the babies crying,
And the bullets flying.
I like the island Manhattan.
Smoke on your pipe and put that in!

[Les Autres]
I like to be in America!
O.K. by me in America!
Ev’rything free in America

For a small fee in America!

[Rosalia]
I like the city of San Juan.

[Anita]
I know a boat you can get on.

[Rosalia]
Hundreds of flowers in full bloom.

[Anita]
Hundreds of people in each room!

[Toutes]
Automobile in America,
Chromium steel in America,
Wire-spoke wheel in America,

Very big deal in America!

[Rosalia]
I’ll drive a Buick through San Juan.

[Anita]
If there’s a road you can drive on.

[Rosalia]
I’ll give my cousins a free ride.

[Anita]
How you get all of them inside?

[Toutes]
Immigrant goes to America,
Many hellos in America;
Nobody knows in America

Puerto Rico’s in America!

[Rosalia]
I’ll bring a T.V. to San Juan.

[Anita]
If there a current to turn on!

[Rosalia]
I’ll give them new washing machine.

[Anita]
What have they got there to keep clean?

[Toutes]
I like the shores of America!
Comfort is yours in America!
Knobs on the doors in America,

Wall-to-wall floors in America!

[Rosalia]
When I will go back to San Juan.

[Anita]
When you will shut up and get gone?

[Rosalia]
Everyone there will give big cheer!

[Anita]
Everyone there will have moved here!

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Le café brûle l’envie de partir (François de Cornière)

Posted by arbrealettres sur 4 décembre 2021


cafe

Chuchotements
des regards
le matin dans les bars
Le café brûle
l’envie de
partir

(François de Cornière)

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Coin de rue (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2021


 


 

-Coin-de-rue [1280x768]

Coin de rue

J’ me souviens d´un coin de rue
Aujourd´hui disparu
Mon enfance jouait par là
Je me souviens de cela
Il y avait une palissade
Un taillis d´embuscades
Les voyous de mon quartier
V’naient s´y batailler

A présent, il y a un café,
Un comptoir flambant qui fait d’ l´effet
Une fleuriste qui vend ses fleurs aux amants
Et même aux enterrements

Je revois mon coin de rue
Aujourd´hui disparu
Je me souviens d´un triste soir
Où le cœur sans espoir
Je pleurais en attendant
Un amour de quinze ans
Un amour qui fut perdu
Juste à ce coin de rue

Et depuis, j´ai beaucoup voyagé
Trop souvent en pays étrangers
Mondes neufs, constructions ou démolitions
Vous m’ donnez des visions

Je crois voir mon coin de rue
Et soudain apparus
Je retrouve ma palissade
Mes copains, mes glissades
Mon muguet d’deux sous d’printemps
Mes quinze ans… mes vingt ans
Tout c’ qui fut et qui n´est plus
Tout mon vieux coin de rue.

(Charles Trenet)

Illustration

 

 

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L’attente (Yannis Ritsos)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2021



Le café, la cigarette,
L’attente,
l’attente, la cigarette.

Mes yeux sont plus bleus.

(Yannis Ritsos)

 

 

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VILLE INSECTE (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 13 juillet 2021



VILLE INSECTE

Un essaim de bruits bourdonne
Dans la ruche des villes
Où butinent d’étranges filles
A la taille de guêpe
La nuit allume des vers luisants
Aux vitres des cafés où viennent
Se cogner des hannetons titubants.

(Jean-Baptiste Besnard)

Site de Jean-Baptiste Besnard


Illustration

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EN VAIN J’ÉMIGRE (Abdellatif Laâbi)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2021




    
EN VAIN J’ÉMIGRE

J’émigre en vain
Dans chaque ville je bois le même café
et me résigne au visage fermé du serveur
Les rires de mes voisins de table
taraudent la musique du soir
Une femme passe pour la dernière fois
En vain j’émigre
et m’assure de mon éloignement
Dans chaque ciel je retrouve un croissant de lune
et le silence têtu des étoiles
Je parle en dormant
un mélange de langues
et de cris d’animaux
La chambre où je me réveille
est celle où je suis né
J’émigre en vain
Le secret des oiseaux m’échappe
comme celui de cet aimant
qui affole à chaque étape
ma valise

(Abdellatif Laâbi)

 

Recueil: L’arbre à poèmes Anthologie personnelle 1992-2021
Traduction:
Editions: Gallimard

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MÉTAPHYSIQUE (Nuno Jùdice)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2021




    
MÉTAPHYSIQUE

La tasse de café devant lui, il allume
une cigarette. Ne veut rien savoir de l’inspiration
des vers de hasard, des destinations aussi vagues
que le cours des fleuves. Il est probable
que le temps ne l’effraie pas; que la mort
ne soit, pour lui, pas davantage qu’une
idée sans réalité visible ; que
ses yeux ne laissent rien transparaître
qu’une vie abstraite coïncidant
avec l’âme. Parfois, il pense à répondre
aux questions qui lui sont posées. Mais
il ajourne ces moments. Il préfère maintenir
la silencieuse obstination du présent,
comme s’il durait, et que le café
n’avait pas refroidi dans sa tasse.

(Nuno Jùdice)

 

Recueil: Un chant dans l’épaisseur du temps suivi de méditation sur des ruines
Traduction: Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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SCÈNE DE RUE (Nuno Jùdice)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2021



Illustration: Konstantin Razumov
    
SCÈNE DE RUE

Dans un coin du café, ce que tu recherches, c’est que le
poème
te dise qui tu es, pourquoi tu te caches, quel est le nom
de la fille qui t’a regardé fixe-
ment. Et tu n’as pas de réponse. La réponse
était sur les lèvres de cette fille que
ton silence n’a pas su interroger;
et dans le vent qui balayait l’esplanade, em-
portant feuilles et papiers. L’automne :
une image, celle de ta propre vie, que
tu n’as pas su ignorer; pour que d’une
banale conversation avec l’inconnue,
surgisse une image, cette autre, de la
vie que tu aurais aimé ne pas perdre,
à chaque instant, entre tes doigts et tes vers.

(Nuno Jùdice)

 

Recueil: Un chant dans l’épaisseur du temps suivi de méditation sur des ruines
Traduction: Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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CONSTELLATIONS D’HUMILITÉ (Aksinia Mihaylova)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2020




    
CONSTELLATIONS D’HUMILITÉ
Je n’ai pas pu être ton printemps…
STANKA PENTCHEVA

Pendant que j’évoque les esprits
de mes ancêtres païens
pour qu’ils m’apprennent les pas de la ronde
qui peut amener deux jours d’été
en plein décembre,
il aiguise les cisailles rouillées
de ses devoirs familiaux
et découpe les soleils
que je dessine au-dessus de la ville.

Tu n’étais pas encore née
quand j’ai vécu mon printemps,
me dit-il, tu es venue trop tard
pour être mon automne
et je ne sais que faire
avec tous ces soleils
qui font mal aux yeux
de mon quotidien.

Chaque matin depuis lors j’étale
tous les soleils et lunes découpés
pour composer une nouvelle carte céleste :
celle des constellations d’humilité.

Chaque matin il s’assoit sur le balcon
pour boire son café
mais un brouillard épais et humide
s’empare de son corps
et j’ai du mal à trouver
sur ma carte
où placer le soleil noir
qui apparaît
au fond de sa tasse de café.

(Aksinia Mihaylova)

 

Recueil: Le baiser du temps
Traduction:
Editions: Gallimard

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ILS SE CROISENT, LES TRAINS (Aksinia Mihaylova)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2020




    

ILS SE CROISENT, LES TRAINS
à mon frère Mikhaïl

Tout est comme avant
peu après la moitié de la vie.
Nous achetons trois sortes de pommes
au marché de la gare,
un kilo de maïs pour les semis de papa
et trois racines de pétunias pour maman.
Ce quart d’heure contient les quelques samedis
que nous avons partagés
sur des quais différents.

Alors que nous touillons le silence
au fond du café dans des gobelets en plastique
les fleurs de pétunias grandissent
aussi hautes que le clocher du village
et retentissent d’un son long et lent
deux fois pour maman, trois fois pour papa
le maïs pousse long et dru jusqu’au ciel
là, où une barque essaie de rompre
la chaîne des nuages.

Dans l’étreinte d’adieu
dans le bleu de tes yeux qui fane
je ne décrypte
plus rien
sauf notre sang
qui est tout comme avant.

[…]

(Aksinia Mihaylova)

 

Recueil: Le baiser du temps
Traduction:
Editions: Gallimard

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