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A propos des poèmes qu’on dit volontiers obscurs (Yves Namur)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2019



 

bouton de rose

A propos des poèmes qu’on dit volontiers obscurs,

Sait-on vraiment pourquoi ils sont si obscurs que ça
Ou si fermés qu’on le prétend généralement ?

Toutes les choses qu’on voit dehors,
Tout ce monde qui bouge et vit comme des fourmis,

Toutes les larmes et tout le chagrin du ciel,

Et même l’amour, autant celui qu’on donne
Que celui qu’on nous reprend,

Tout ça n’est-il pas un peu obscur
Comme le sont certains poèmes,

Comme l’est aussi l’odeur d’un café chaud
Ou un simple bouton de rose ?

(Yves Namur)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

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LE BOUT DU ROULEAU (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 30 mars 2019



Illustration: Ludovic Florent
    
LE BOUT DU ROULEAU

Le poète muet, défait,
s’appuie au comptoir du café.

Ses poèmes sont loin de lui,
c’était hier qu’ils ont fleuri

quand la lumière environnait
d’un duvet d’or le moindre objet

maintenant nu dans la poussière
près des crachats, fils de misère.

(Henri Thomas)

 

Recueil: Trézeaux
Traduction:
Editions: Gallimard

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TRISTE SOIR (George Bacovia)

Posted by arbrealettres sur 26 février 2019



Kees van Dongen e [800x600]

TRISTE SOIR

La femme chantait comme une barbare
En le café vide tard dans la nuit,
Comme une barbare, à déchirer l’âme…
Et quelle révolte autour, quelle flamme !…
Les tympanons hurlaient et dans le bruit
La femme chantait comme une barbare.

La femme chantait comme une barbare…
Et nous fumions, noyés dans un halo,
Bande de fêtards infiniment tristes,
En rêvant d’un monde qui point n’existe.
Et dans de longs, sataniques échos,
La femme chantait comme une barbare.

La femme chantait comme une barbare,
Et quelle révolte, autour, quelle flamme !…
Plus personne alors chez soi n’est rentré,
Le front sur la table on a tous pleuré,
Tandis qu’en la salle, à déchirer l’âme,
La femme chantait comme une barbare…

(George Bacovia)

 Illustration: Kees van Dongen

 

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L’espérance se fortifie (Jean Pérol)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2018




    
L’espérance se fortifie

Souvent au matin tu démêles tes cheveux
Souvent aux jours du gel tu donnes tes mains au feu
Souvent tu ris Souvent l’été — plonges dans l’eau
Et tu flânes amical au bord des lacs cristal

Souvent tu montes la sente et bois le café chaud
Souvent tu lis aux berges calmes des lampes soie
Souvent tu pleures souvent une femme est ta joie
Tu l’admires tu l’aimes — tu crois qu’elle est à toi

Souvent souvent — Que de chants tu ne peux dire :
Tout se lève au soleil dans les villes tout respire

— Tout homme a ses mains pleines combien différemment —

Alors tu vois
Tu vois comme il fait bon couler les jours de sang.

(Jean Pérol)
lire,berge,calme,lampe,soie,

 

Recueil: Poésie I (1953-1978)
Traduction:
Editions: De la Différence

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La Bohème (Charles Aznavour)(Jacques Plante)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2018



 

Illustration: Alcide Théophile Robaudi
    
La Bohème

Je vous parle d’un temps
Que les moins de vingt ans
Ne peuvent pas connaître
Montmartre en ce temps-là
Accrochait ses lilas
Jusque sous nos fenêtres
Et si l’humble garni
Qui nous servait de nid
Ne payait pas de mine
C’est là qu’on s’est connu
Moi qui criait famine
Et toi qui posais nue

La bohème, la bohème
Ça voulait dire
On est heureux
La bohème, la bohème
Nous ne mangions qu’un jour sur deux

Dans les cafés voisins
Nous étions quelques-uns
Qui attendions la gloire
Et bien que miséreux
Avec le ventre creux
Nous ne cessions d’y croire
Et quand quelque bistro
Contre un bon repas chaud
Nous prenait une toile
Nous récitions des vers
Groupés autour du poêle
En oubliant l’hiver

La bohème, la bohème
Ça voulait dire
Tu es jolie
La bohème, la bohème
Et nous avions tous du génie

Souvent il m’arrivait
Devant mon chevalet
De passer des nuits blanches
Retouchant le dessin
De la ligne d’un sein
du galbe d’une hanche
Et ce n’est qu’au matin
Qu’on s’asseyait enfin
Devant un café-crème
Épuisés mais ravis
Fallait-il que l’on s’aime
Et qu’on aime la vie
La bohème, la bohème
Ça voulait dire
On a vingt ans
La bohème, la bohème
Et nous vivions de l’air du temps

Quand au hasard des jours
Je m’en vais faire un tour
À mon ancienne adresse
Je ne reconnais plus
Ni les murs, ni les rues
Qui ont vu ma jeunesse
En haut d’un escalier
Je cherche l’atelier
Dont plus rien ne subsiste
Dans son nouveau décor
Montmartre semble triste
Et les lilas sont morts

La bohème, la bohème
On était jeunes
On était fous
La bohème, la bohème
Ça ne veut plus rien dire du tout

(Charles Aznavour)(Jacques Plante)

 

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L’ARMOIRE AUX ÉPICES (Norge)

Posted by arbrealettres sur 15 août 2018



L’ARMOIRE AUX ÉPICES

Elle est en merisier ;
c’est l’armoire de ma grand-mère.
Le safran, la verveine, le poivre,
la noix de muscade et le clou de girofle y font bon ménage avec la riche cassonade.
Mais le thym, le laurier, le café, la cannelle sont les seigneurs de ce petit royaume ;
vassaux toutefois de la reine Vanille, la longue fée en robe noire
qui les domine tous par la taille, le parfum, la noblesse.

(Norge)

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Telle une femme d’intérieur (Hala Mohammad)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2018




    
Telle une femme d’intérieur
J’ouvre mes fenêtres sur celles des voisines
Je m’affiche un peu en chemise de nuit
Derrière les rideaux transparents
Je prépare mon café à feu doux
Je dépoussière le balcon
J’aère mes couvertures
Et j’étale mon linge sur les cordes.

Aux yeux des étrangers je presse le pas
Pour rejoindre ma famille
Je salue à la hâte les voisins
Comme celle dont le bonheur l’attend derrière la porte.

Mes plats n’ont pas d’odeur
Mon linge non plus
Les fenêtres des voisines se sont fermées
Sur la vie en famille.

Telle une femme d’intérieur

Je ferme mes fenêtres.

***

(Hala Mohammad)

 

Recueil: Ce peu de vie
Traduction: Antoine Jockey
Editions: Al Manar

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Le soldat et les servantes (Armand Lanoux)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2018



Le soldat et les servantes

Dans l’escalier qui roule
à grilles vers l’étage
où boivent les capitaines
voici les filles de Nancy
apportant le riesling.

Par de beaux rubans à dénouer
liant au creux des reins
mousseline et dentelles
dorment sur leurs jupes gonflées
les tabliers blancs
Pour le soldat qui les regarde
elles ne sont pas fières
les filles de Nancy.
C’est avec l’un que l’une ira
lorsque places et porches
seront d’ombre
rêver la ville aux rois
– c’est avec l’un que l’une ira
– douce est ta vareuse de drap
mon soldat
– ton corps qui fuit de toutes ses soies
laisse courir mes doigts.

Les filles de Nancy
– c’est avec l’un que l’une ira
aiment trop les fantassins
et rêvent qu’on les embrasse
comme dans les films.

Le train en partance ne revient pas
et le quai luira sous les pas
sous les pas et sous la pluie
– c’est avec l’un que l’une ira –
jamais il ne reviendra
et ce n’est plus vers vous qu’il ira
filles de Nancy
mais vers d’autres villes.

Avez-vous toujours
votre vin gris et vos rires
pour le caporal de jour
filles de Nancy ?

Parfois dans la ville lorraine
– Chantons
tous les soldats se ressemblent
– avec mes sabots dondaine
je ne suis pas si vilaine…
– Non pas j’en sais qui se sanglent
d’un geste si las
qu’ils sont beaux comme des anges
des anges qui marchent au pas.

Quand le café sera mort
mort de nuit
elles iront danser
belles d’ennui
dans tout les bouges du sort
les filles de Nancy.

(Armand Lanoux)


Illustration

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Pluie dans la nuit (Nakahara Chûya)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018




    
Pluie dans la nuit
– image de Verlaine –

La pluie ce soir encore entonne sa chanson,
Sa chanson monotone.
Lalala, lalala, toujours la même chanson.
Et voilà la carcasse de Verlaine
Qui passe dans la ruelle au milieu des entrepôts.

Dans la ruelle des entrepôts, c’est l’éclair de la cape,
L’ironie radine de la tourbe.
Mais au bout de la ruelle,
Au bout de la ruelle, l’espoir luit faiblement …
Qu’y a-t-il d’autre que cet espoir ?

A quoi bon toutes ces voitures ?
A quoi bon toutes ces lumières ?
Yeux globuleux, et vitreux, des lampes des cafés !
Au loin la chimie chante.

(Nakahara Chûya)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Nakahara Chûya Poèmes
Traduction: Yves-Marie Allioux
Editions: Picquier poche

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Pourquoi écrire ? (Petr Král)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2018




    
Pourquoi écrire ?
Pour la trêve du moment
où on se relit,
seul avec un cigare, un café
et le temps qui passe.

(Petr Král)

 

Recueil: Cahiers de Paris
Traduction:
Editions: Flammarion

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