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Poésie

Posts Tagged ‘se vêtir’

BILITIS (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2018



    

BILITIS

Une femme s’enveloppe de laine blanche. Une autre se vêt de soie et d’or.
Une autre se couvre de fleurs, de feuilles vertes et de raisins.

Moi je ne saurais vivre que nue. Mon amant, prends-moi comme je suis :
sans robe ni bijoux ni sandales, voici Bilitis toute seule.

Mes cheveux sont noirs de leur noir et mes lèvres rouges de leur rouge.
Mes boucles flottent autour de moi, libres et rondes comme des plumes.

Prends-moi telle que ma mère m’a faite dans une nuit d’amour lointaine,
et si je te plais ainsi, n’oublie pas de me le dire.

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Je me suis vêtu de blanc comme on chante… (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2018



    

Je me suis vêtu de blanc comme on chante…

Femme nue, femme masquée,
Perle folle ou fruit de l’ombre,
A chacune j’ai consacré
L’antique bijou qui la brûle.

L’ombre d’une aile sur la gorge.
L’ombre d’un bec au creux du ventre.
Le cri du coq à la dormeuse
Éblouie de sa propre chair;

Un loup de cerne à l’innocence,
Jusqu’aux cuisses des bas de boue,
A l’infante un éclat de nuit
Léché de langues amoureuses;

Une vipère au ventre ému,
A la rêveuse une morsure,
Une griffe à la désireuse,
Une corde à la désirée,
Aux mains perdues la sanguinaire
Qui fleurit aux jardins mortels.

Fille masquée, femme de fer,
Soeurs captives de vos richesses,
À votre feu noir je préfère
La nudité pour mes princesses.

(Jean Joubert)

 

Recueil: Longtemps j’ai courtisé la nuit
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Complainte de Panurge (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018



Illustration: Konstantin Razumov
    
Complainte de Panurge

1
Il n’est vraiment pas surprenant
Qu’une fille aux yeux caressants
Se fatigue de travailler
Et, mal payée,
Rêve d’être riche
Sa vie n’est-elle pas chiche?
A d’autres les adorateurs
A d’autres les toilettes
D’autres qui parfois sont plus bêtes
Parfois moins jolies et sans coeur
Au lieu des dîners à cent sous,
Des sommeils trop courts
Manger tout son saoul
Dormir tout le jour
Pourquoi n’est-ce pas elle
Que l’on admire et trouve belle
Et son coeur
Attend le séducteur.

2
Elles ont trimé tout le jour
Au fond des boutiques trop sombres
Elles rentrent comme des ombres
Quand meurt le jour
Elles vont très loin
Hélas pour manger sans faim
Se déshabiller dans un coin
Seules jusqu’à demain
Pourquoi n’est-ce pas elles… etc.

3
Et quand a surgi leur vainqueur
Il est naturel qu’un beau soir
Elles donnent lèvres et coeur
Le temps de boire
Le vin dans le verre
Ceux qui leur jettent la pierre
Ont l’âme sèche et le coeur dur
Peut-on leur faire honte
Puisque la mort vient en fin d’ compte
De courir sans peur l’aventure
De se vêtir avec la soie
Au lieu de la vendre
De chercher la joie
Et pour ça se vendre
C’est à leur tour à elles…

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

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la poésie demeure nue (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 6 janvier 2018



Illustration: Georges Bareau
    
Le roman prend corps pour ensuite se vêtir.
Prenant âme; la poésie demeure nue.

(Andrée Chedid)

 

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Silence dans l’oiseau (Marc Alyn)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2016



Silence dans l’oiseau

à tâtons fait son nid.
C’est ainsi que le chant
lentement s’élabore.

Dans l’oiseau le silence
et le vol se conjuguent
pour élucider l’air
et distancer le cri.

Le pollen et l’oiseau
fertilisent l’espace
à force de silence
sous l’aile délébile.

Pour éluder l’abîme
l’oiseau se fait vertige
et se vêt de sa chute :
le risque est sa pudeur.

(Marc Alyn)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 Illustration: ADHOK Le Nid

 

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CHANSON (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2015



CHANSON

Voici venir la nuit.

Sur l’enclume du soir
frappent les rayons de lune.

Voici venir la nuit.

Un grand arbre s’est vêtu
de paroles mélodieuses.

Voici venir la nuit.

Si tu venais me voir
par les sentiers de l’air,

Voici venir la nuit

tu me verrais en pleurs
sous les grands peupliers,
ô fille brune!
sous les grands peupliers.

(Federico Garcia Lorca)

Illustration

 

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