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Poésie

Posts Tagged ‘se nouer’

NUIT (Marie-Jeanne Durry)

Posted by arbrealettres sur 14 août 2018



NUIT

Seule dans le silence
Mais avec ce coeur sourd où bat le sang du monde
Tu gis les doigts rejoints et les jambes serrées.
Rien ne vit que ce dur battement de tonnerre,
Ce bruit de pas et de canons dans ma poitrine.
Je guette un souffle au loin dans la nuit qui me cerne,
Un souffle de soleil sur les rives d’enfance.
Bouche pleine d’une eau de l’ombre, mes appels
Se taisent engloutis sous l’inerte marée
Où seule je vous noue à moi.

(Marie-Jeanne Durry)

Illustration: Liliana Sanches 

 

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Une rumeur à peine audible (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2018



Illustration: Gao Xingjian
    
une rumeur
à peine audible
mêlée à une poussée
un appel

elle hausse le ton
se précise

des mots étouffés
vite perdus

je me sonde
les cherche
tâtonne
au sein du silence
qui les a repris

ce qui voudrait
éclore
ne cesse de coaguler
se défaire
se recomposer

ne cesse de s’absenter
et de réapparaître

des mots plus vaillants
luttent s’imposent se nouent
donnent consistance
à ce qu’il leur faut
engendrer

la main entre en action
transcrit le poème
qui lui est dicté

que dit-il

(Charles Juliet)

 

Recueil: une joie secrète
Traduction:
Editions: Voix d’encre

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Frémissement (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 17 juillet 2018



Illustration: Xing Jianjian 
    
Frémissement
à l’intime
du silence

un murmure
d’abord indistinct

puis des mots cristallisent
se nouent les uns aux autres

avec et sans moi
un poème se dicte
me fait don d’une vie
plus intense que la vie

(Charles Juliet)

 

Recueil: L’Opulence de la nuit
Traduction:
Editions: P.O.L.

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SOIRS (Jules Tordjman)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2018



 

SOIRS

La ceinture du soir se noue et se dénoue
Sous les frissons légers et paniques du vent,

La ceinture du soir se noue et se dénoue.

Le vent bleu de ce soir a des ruses d’enfant :
Il m’offre et me reprend l’appui frais de sa joue,

Car il sait les secrets de tes ruses d’enfant.

II

Les filles des faubourgs qui vont à la fontaine
Hument le soir biblique, un soir au goût de miel,

Les filles des faubourgs qui vont à la fontaine.

L’instant est pur comme un verset d’Ézéchiel :
Combien semble la vie une chose lointaine

Par ce soir pur comme un verset d’Ézéchiel !

III

Les sons nus d’une flûte aux jardins de l’été,
Ce soir ont remué l’odeur fraîche des feuilles ;

Les sons nus d’une flûte aux jardins de l’été.

Berger de tes désirs j’irai, si tu m’accueilles,
Gravir l’échelle d’or où l’amour est monté,

Car l’amour est deux fois l’amour quand tu m’accueilles.

(Jules Tordjman)

Illustration

 

 

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Des mots plus vaillants (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 18 juin 2018




    
des mots plus vaillants
luttent s’imposent se nouent
donnent consistance
à ce qu’il leur faut
engendrer

la main entre en action
transcrit le poème
qui lui est dicté

que dit-il

(Charles Juliet)

 

Recueil: L’Opulence de la nuit
Traduction:
Editions: P.O.L.

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Que dit-il (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2018



des mots plus vaillants
luttent s’imposent se nouent
donnent consistance
à ce qu’il leur faut
engendrer

la main entre en action
transcrit le poème
qui lui est dicté

que dit-il

(Charles Juliet)

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Des âges légendaires (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2018



Illustration

    

Des âges légendaires perçus dans la distance
inventaient une écriture de roches.

La phrase s’étendait se nouait s’élevait
tour à tour éclat danse ou prélude.

Tel fut le pouvoir du jeu.

(Georges-Emmanuel Clancier)

Recueil: Contre-Chants
Traduction:
Editions: Gallimard

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Rien ne t’accueille (Jean-Marie Barnaud)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2017



Illustration
    
Rien ne t’accueille sur la rive
Qu’un silence humide
Mendiant
Tu ne sais plus à quoi tendre
Ces mains qui hèlent
Ta voix se noue

Parler insulte
Quand tout se tait

Les choses là devant
Ne parlent pas
Ni même l’eau qu’on entend
Ruisseler dans la terre noire
Sous les feuilles
Ni même penchées sur elle
Les bêtes aux yeux fauves

Sans le voir
Elles regardent onduler
Sous cette peau si douce
L’autre visage qu’elles ignorent
Et le ciel tout au fond

Quelques herbes vacillent
Dans le courant
Et si seules
Les fraîches
Et rétives
Dès que ta main les effleure

(Jean-Marie Barnaud)

 

Recueil: POEMES II
Editions: Cheyne

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Les forêts flambaient (Zbigniew Herbert)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2017



Les forêts flambaient —
mais eux
se nouaient les bras autour du cou
comme bouquets de roses

les gens couraient aux abris —
il disait que dans les cheveux de sa femme
on pouvait se cacher

blottis sous une couverture
ils murmuraient des mots impudiques
litanie des amoureux

Quand cela tourna très mal
ils se jetèrent dans les yeux de l’autre
et les fermèrent fort

si fort qu’ils ne sentirent pas le feu
qui gagnait les cils

hardis jusqu’à la fin
fidèles jusqu’à la fin
pareils jusqu’à la fin
comme deux gouttes
arrêtées au bord du visage

(Zbigniew Herbert)

Illustration: Ethan Cranke

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FINESSE D’UN JOUR (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 15 octobre 2015




FINESSE D’UN JOUR

Que sur les seuils
se montrent des visages
on voit aussi des mains jeter une eau fumante
et l’on entend des bêtes
soupirer dans des doigts d’ouvrier.
Cependant par-delà les jardins construits
aux plantes balancées
mais qui serrent leurs graines
se nouent les vapeurs
se rejoignent les plaintes.

(Jean Follain)

Illustration: Jason Hawkes

 

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