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Posts Tagged ‘austère’

Notre-Dame de Paris (Gérard de Nerval)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2019




    
Notre-Dame de Paris

Notre-Dame est bien vieille : on la verra peut-être
Enterrer cependant Paris qu’elle a vu naître ;
Mais, dans quelque mille ans, le Temps fera broncher
Comme un loup fait un bœuf, cette carcasse lourde,
Tordra ses nerfs de fer, et puis d’une dent sourde
Rongera tristement ses vieux os de rocher !

Bien des hommes, de tous les pays de la terre
Viendront, pour contempler cette ruine austère,
Rêveurs, et relisant le livre de Victor :
— Alors ils croiront voir la vieille basilique,
Toute ainsi qu’elle était, puissante et magnifique,
Se lever devant eux comme l’ombre d’un mort !

(Gérard de Nerval)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

Recueil: Odelettes
Traduction:
Editions:

 

… Souvenirs …15/02/2015
https://arbreaphotos.wordpress.com/2013/02/15/nouvelles-cloches-en-attente-dascension-a-notre-dame-de-paris-desole-flash-interdit/

 

Pour celles et ceux qui voudraient participer à sa … Résurrection …

https://don.fondation-patrimoine.org/SauvonsNotreDame/~mon-don

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Les Chats (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018




Les Chats

Les amoureux fervents et les savants austères
Aiment également, dans leur mûre saison,
Les chats puissants et doux, orgueil de la maison,
Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires.

Amis de la science et de la volupté
Ils cherchent le silence et l’horreur des ténèbres;
L’Erèbe les eût pris pour ses coursiers funèbres,
S’ils pouvaient au servage incliner leur fierté.

Ils prennent en songeant les nobles attitudes
Des grands sphinx allongés au fond des solitudes,
Qui semblent s’endormir dans un rêve sans fin;

Leurs reins féconds sont pleins d’étincelles magiques,
Et des parcelles d’or, ainsi qu’un sable fin,
Etoilent vaguement leurs prunelles mystiques.

(Charles Baudelaire)

 

 

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AU DÉSESPOIR (André Berry)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2018



    

AU DÉSESPOIR

C’est toi que j’invoque ce soir,
Ô consolant, rassurant Désespoir,
De la douleur extrémité certaine,
Fin de la crainte au sommet de la peine!
Dans mes malheurs que tu viens à propos,
Combien me plaît ton austère figure,
Bon Désespoir, de la mort doux augure,
Désespoir, fourrier du repos.

(André Berry)

 

Recueil: Poèmes involontaires suivi du Petit Ecclésiaste
Traduction:
Editions: René Julliard

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Sérénade (Louis Bouilhet)

Posted by arbrealettres sur 18 octobre 2018



Sérénade

Les musiciens.

Le soir a tendu ses voiles.
Éveillons, à petit bruit,
La plus blanche des étoiles
Qui manque au front de la nuit.

Un chanteur.

J’ai dans mon cœur une belle
Que j’adore nuit et jour ;

Une lampe est devant elle,
La lampe de mon amour !

Dans cette chapelle austère
Que desservent mes douleurs,
Tous mes rêves sont à terre,
Effeuillés comme des fleurs.

La détresse, en cape noire,
Tient, goutte à goutte amassés
Dans un bénitier d’ivoire,
Tous les pleurs que j’ai versés !

Le seul encensoir qui fume
À l’autel silencieux,
C’est mon âme qui s’allume
Sous le rayon de tes yeux.

Apaise enfin ta colère,
Toi que Dieu fit pour charmer ;
Va, c’est un crime de plaire
Quand on ne veut pas aimer !

Les musiciens.

Le soir a tendu ses voiles,
Éveillons, à petit bruit,
La plus blanche des étoiles
Qui manque au front de la nuit.

(Louis Bouilhet)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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La journée en feu (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2018



La porte brillait dans le jour en feu
mais les nattes des habitantes
ne tremblaient pas
l’une se penchait sur les eaux des chaudrons
et peint sur une faïence
un oiseau s’épuisait à chanter.
On vit entrer le messager
il avait dans ses mains
une lettre et un pain d’or
il parla
puis ce fut un silence austère
et tout le jardin embauma.

(Jean Follain)

Illustration: Vladimir Gusev

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Il sait (Marie NDiaye)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018



 

Illustration: Dominique Zehrfuss
    
Il sait que l’ourson ne sera d’aucune fête
Les songeries du rhino sont austères en Malaisie
Et l’attente paraît bonne quand on ne veut rien décider
Il et plus facile de regarder les autres, dans l’étreinte, feindre l’amour fou

Les songeries du rhino sont austères
Comment pouvait-elle, ma propre maison, se détourner de moi si durement
Il est plus facile de regarder s’étreindre les autres
Je savais immobile que je n’entrerais jamais plus

(Marie NDiaye)

 

Recueil: Vingt-huit bêtes: un chant d’amour
Traduction:
Editions: Gallimard

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La nuit du poisson (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 23 juillet 2018



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La nuit du poisson

Je peux mourir car je sais qu’il existe
Pour me survivre un grand poisson tout blanc.
Parfois la nuit du fond des mers il glisse
Dans mon silence et me parle du temps.

Poisson d’argent, ma tristesse, mon prince,
La forme ici de mon désir futur.
Si solitaire en d’austères provinces,
Il m’attendra clans l’amitié des mers.

Et je m’éloigne, heureux comme une hélice
Pour me visser à l’intérieur du temps.
Le corps luisant, je glisse d’île en île
Pour marier le soleil et les vents.

Que cent poissons me donnent l’espérance
Et je viendrai musique sous la peau
Dans le miroir où les âmes se penchent
Pour vous offrir la première splendeur.

(Robert Sabatier)

Illustration

 

 

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BOUTIQUE (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 6 juillet 2018



Illustration: Alain Gaudin
    
BOUTIQUE

Des hommes viennent chercher
avec un lent sourire
des paquets clos
parfois une bougie blanche
dans cette boutique austère
où pendent les sabots ornés
leur voix clame :
« Y a-t-il du monde ? »
Une femme vient enfin
les servir de ses mains
ayant cueilli l’herbe
au bord de ces chemins
que traverse si vite un lièvre
d’espèce commune.

(Jean Follain)

 

Recueil: Des Heures
Traduction:
Editions: Gallimard

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Aujourd’hui est un jour mauvais (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2018


 


Aujourd’hui est un jour mauvais,
Et le chœur des grillons sommeille
Et l’abri des roches obscures
Est plus sombre que les pierres tombales.

Le cri des corbeaux prophétiques,
Le bourdon des flèches qui volent…
Je fais un rêve, un cauchemar,
Après l’instant l’instant s’enfuit.

Écarte les bornes des phénomènes,
Jette à bas la cage terrestre,
Fais retentir l’hymne sauvage,
Le cuivre des mystères rebelles !

Ô ! des âmes l’austère pendule
Se balance, vertical et sourd,
Et le destin passionnément
Frappe à notre porte interdite…

(Ossip Mandelstam)


Illustration: Odilon Redon

 

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Le mot de Cambronne (Jean Villard–Gilles)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2018




    
Le mot de Cambronne

On nous dit qu’il est de Cambronne.
C’est bien possible, mais voilà
Très sincèrement je m’étonne
Que notre humanité bougonne
Ait pu s’en passer jusque-là.

Souvenez-vous des temps d’Homère !
Homère d’alors, quel mordant
T’eût donné ce mot légendaire
Si tu avais, grand visionnaire,
Pu te le mettre sous la dent !

Que serait donc notre existence
Si nous devions nous en passer ?
N’est-il pas bon français de France,
Riche en couleurs, riche en nuances ?
Essayez de le remplacer,

Par exemple, sortant de table,
Quand, ayant abusé, hélas,
Par trop de nectars délectables,
Dans une obscurité du diable,
Vous tombez sur un bec de gaz !

Vous le lâchez, ça vous soulage,
Vous ne sentez plus la douleur.
Ah ! Messieurs, le bel avantage,
Quel secours, quel appui ! J’enrage
Quand je vois d’austères censeurs

Aux visages de funérailles
Vouloir nous ôter ce trésor,
Ce cri – jailli sous la mitraille –
Du fond des humaines entrailles
D’un héros marchant à la mort !

Il peut tout dire : ardent, lyrique,
Tendre ou sec, placide, enragé,
Plébéien, aristocratique,
Il est à nous, il est unique,
Ils ne l’ont pas à l’étranger !

Je le vois, rocher solitaire,
Car de tous les mots que l’on sait
Il est presque seul, sur la terre,
À ne pas avoir, ô mystère,
De rime dans les mots français.

Si, une seule, le mot : perde…
Là devant, je me sens perdu,
Car il faut une rime à perdre,
Maintenant, et je n’ai que…
Pardon…ce fut sous-entendu !

Pourtant cet illustre vocable,
Je voudrais que, par un décret,
Il fût, en ces temps misérables,
Dont la cruauté nous accable,
Mis en quelque sorte au secret,

Afin qu’au fond de ce silence,
Tendant lentement ses ressorts,
Accumulant force et puissance,
Se chargeant d’âpre violence,
Au nom des vivants et des morts,

Il puisse, un jour, jaillir, sublime,
Du cœur des peuples outragés,
Tendres moutons, pauvres victimes,
Rejetant dans les noires abîmes,
D’un seul coup, leurs mauvais bergers !

Cri vengeur, cri pur, cri superbe,
De l’éternelle humanité,
Que nous leur jetterons en gerbe,
Quand, enfin, nous leur dirons : MERDE !
En saluant la Liberté !

(Jean Villard–Gilles)

 

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