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Poésie

Posts Tagged ‘clair de lune’

Au clair de la lune (Anonyme XVIIème siècle)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2020




Au clair de la lune,
Mon ami Pierrot,
Prête-moi ta plume
Pour écrire un mot.
Ma chandelle est morte,
Je n’ai plus de feu ;
Ouvre-moi ta porte,
Pour l’amour de Dieu.

Au clair de la lune,
Pierrot répondit :
« Je n’ai pas de plume,
Je suis dans mon lit.
Va chez la voisine,
Je crois qu’elle y est,
Car dans sa cuisine
On bat le briquet. »

Au clair de la lune,
L’aimable Lubin;
Frappe chez la brune,
Elle répond soudain :
-Qui frappe de la sorte ?
Il dit à son tour :
-Ouvrez votre porte,
Pour le Dieu d’Amour.

Au clair de la lune,
On n’y voit qu’un peu.
On chercha la plume,
On chercha le feu.
En cherchant d’la sorte,
Je n’sais c’qu’on trouva ;
Mais je sais qu’la porte
Sur eux se ferma..

(Anonyme XVIIème siècle)

 

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Le phare (Michael Edwards)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2020



phare
La mer saisie par la force électrique du clair de lune frissonne.
Des poissons rêveurs percent la tendre surface des eaux
Et par millions s’élèvent dans l’air pâle.

Le phare folle girouette du rivage ferme les yeux.

Les oiseaux illuminés de la ville vont leur cage,
Et dressent la carte des longues courbes de la terre
Sous un soleil qui tourne le monde dans sa tête.

***

The sea its breath and shivers at the electric touch of the moonlight.
Dreaming fishes rise trough the poignant surface
And in their millions floap up the pallid air.

The crazy weathercock lighthouse on the headland closes its eyes.

The town’s illuminated birds travel their cage,
Mapping the horizontal curves of the earth
Under a sun yhat revolves the world in its mind.

(Michael Edwards)

(NB: l’auteur est bilingue et il a traduit en français son poème puis reconstruit le poème anglais)

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La route enchantée (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2020



 

Marcio Melo 04

La route enchantée

1. Le ciel est plein de joie
La nuit est parfumée
Ah! Quel parfum subtil
Odeur de feu de bois
Douce odeur de fumée
Odeur du mois d´avril
On sent que bientôt c´est la fête
La jolie fête du printemps
Qui fleurit par-dessus nos têtes
Le ciel d´avril comme les champs

{Refrain:}
Une étoile m´a dit
Deux étoiles m´ont dit
Connais-tu le pays du rêve
Le pays d´amour où,sous le ciel bleu
Tout est joyeux
Les beaux jours sont courts
Au pays d´amour
Et les nuits les nuits sont brèves
Mais l´on vit sa vie
Loin de tous soucis
Viens cette nuit
Pars c´est du mystère
Que tu veux : en voilà!
Pars oublie la terre
Pars viens avec nous tu verras
Les joyeux matins et les grands chemins
Où l´on marche à l´aventure
Hiver comme été
Toujours la nature
La route enchantée…

2. Rivière mon amie
C´est pour toi que je chante
Et vous petits oiseaux écoutez-moi
Cochons vaches et veaux
Et vous bêtes méchantes
Qui hurlez dans les bois
Demain c´est le jour où l´on s´aime
Et qui sème récolte l´amour
L´amour c´est le plus beau poème
Pourquoi ne pas s´aimer toujours

{Refrain} :
Une étoile m´a dit
Deux étoiles m´ont dit
Chante l´amour au clair de lune
Chante sans un sou
Chante comme un fou
Partout partout
La jeunesse est là
Qui te tend les bras
Le soleil c´est la fortune
Si tu vis ta vie
Loin de tous soucis
Viens cette nuit
Pars c´est du mystère
Que tu veux : En voilà
Pars oublie la terre
Pars viens avec nous tu verras
Les joyeux matins et les grands chemins
Où l´on marche à l´aventure
Hiver comme été
Toujours la nature
La route enchantée…
Bonjour le jour la vie la nuit l´amour!

(Charles Trenet)

Illustration: Marcio Melo

 

 

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AU MILIEU DE LA NUIT (Srecko Kosovel)

Posted by arbrealettres sur 28 février 2020



 

Rene Magritte   La méditation  o1_500

AU MILIEU DE LA NUIT

Au milieu de la nuit, quand les pins gémissent,
Quand les arbres des songes se lèvent,
Que le vent arpente les prés,
Mon coeur se réveille.

Sous le clair de lune luisent les campagnes
Le peuplier, le liard et le tremble
Dialoguent tout bas
Avec quelqu’un de l’au-delà.

Toutes les chambres de l’éternité sont ouvertes
Nos âmes ne sont plus accablées,
Les reflets d’or brillent vers nous :
Tu sens que tu n’es plus seul.

(Srecko Kosovel)

Illustration: René Magritte

 

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LE RETOUR À LA CAMPAGNE (Tao Yuan Ming)

Posted by arbrealettres sur 7 février 2020




    
LE RETOUR À LA CAMPAGNE

Jeune je n’aimais pas la vie agitée.
J’ai grandi dans l’amitié des montagnes
C’était une erreur d’entrer dans le monde.
J’ai perdu treize ans de ma seule vie.
L’oiseau en cage songe aux forêts d’antan,
le poisson du bassin à l’ancienne rivière.
Ainsi je suis retourné vivre dans le midi.
Je bêche mon jardin, je cultive mes champs.
J’ai peu de terre, dix mous à peine.
Ma maison est petite. Un orme et un saule
me font de l’ombre. J’ai des pêchers et des
abricotiers en face de la maison. Au loin
il y a les maisons des paysans. Je vois fumer
leurs cheminées dans le ciel calme. Un chien
aboie. Perché sur un mûrier, un coq chante.
Le silence habite chez moi. J’ai de l’espace.
J’ai du temps. Si longtemps j’ai vécu
en cage. Me voilà rendu à moi-même.

Il n’arrive pas grand-chose chez nous.
Il passe peu de voitures sur le chemin.
Pendant le jour les portes restent closes.
Dans la maison calme les désirs se calment.
Quelquefois je rencontre un voisin sur la route.
On parle peu. La récolte de chanvre sera bonne.
Il y aura cette année beaucoup de mûriers.
La moisson sera belle. La terre s’enrichit.
Pourvu qu’il ne gèle pas, que le gel ne tue pas
tout, laissant seulement broussaille morte.

Je me lève tôt pour aller bêcher,
Quand je reviens avec ma bêche, je porte aussi le clair de lune
sur mon épaule.
Le sentier est étroit, hautes les fleurs sauvages et l’herbe.
Mes habits sont trempés de rosée. Ça m’est égal,
si rien ne vient troubler ma paix.
Sur le versant sud j’ai planté des haricots.
Il y a beaucoup de mauvaises herbes. Les semis sont maigres.

(Tao Yuan Ming)

 

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Rondeau de la moule (Jacques Roubaud)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2020




    
Rondeau de la moule

La moule bâille au clair de lune
Entre les étoiles de mer
L’arapède au rictus amer
Et l’oursin aux aiguilles brunes

La vague idiote l’importune
Et le crabe aux pinçons pervers
La moule bâille au clair de lune

Le vent qui souffle de la dune
Lui flanque un frisson dans la chair
Ah vivre au coeur du Loir-et-Cher
Près d’une plantation d’agrumes
La moule bâille au clair de lune

(Jacques Roubaud)

 

Recueil: Rondeaux poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

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Tombent les fleurs du prunier (Natsume Soseki)

Posted by arbrealettres sur 9 décembre 2019



    

 

 

(Natsume Soseki)

 

Recueil: Les plus beaux HAÏKU(S)
Traduction: Akié Boulard
Editions: Arichi

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LA NUIT (Reid Zychlinski)

Posted by arbrealettres sur 25 novembre 2019



Illustration: Marc Chagall   
    
LA NUIT

La nuit
Quand je dors
Veille à mon chevet
Mon squelette –
De blanches rotules,
Un violon blanc.
Du trou des orbites
Jaillit
Dans mon rêve
La sonate au clair de lune.

(Reid Zychlinski)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

    

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LE TABLEAU (Marc Chagall)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2019



Marc Chagall
    
LE TABLEAU

Si mon soleil rayonnait dans la nuit,
Je dors – baigné dans des couleurs,
Dans un lit d’images,
Et ton pied sur ma bouche
M’étouffe et me torture.

Je m’éveille dans la douleur
D’un nouveau jour, avec des espérances
Qui ne sont pas encore peintes,
Qui ne sont pas empreintes de couleurs.

Je cours là-haut
Vers les pinceaux desséchés.
Comme le Christ je suis cloué,
Crucifié sur ma palette.

Suis-je fini,
Achevé dans ma toile ?
Tout rayonne, ruisselle, court.

Lève-toi, encore une touche
Là-bas, du noir,
Ici, le bleu le rouge se sont étendus
Et m’ont apaisé…

Écoute-moi – mon lit de mort
Mon herbe desséchée,
Les amours disparues,
Revenues de nouveau,
Écoute-moi.

Je passe par-dessus ton âme,
Je franchis ton ventre,
Je bois le reste de tes jours.

J’ai englouti ton clair de lune,
Le songe de ton innocence
Afin de devenir ton ange
Et te veiller comme autrefois.

(Marc Chagall)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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LE VENT EST BLEU (Géo Libbrecht)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2019



LE VENT EST BLEU

Le vent est bleu, la mer est blanche,
et s’envolent les dimanches,
les dimanches bénévoles,
ceux d’hier et d’aujourd’hui.
Quais de Rio, quais d’ici,
embarquez vos clairs de lune,
les sirènes se sont tues
et dans le tunnel des gares,
les hommes sont des statues.

(Géo Libbrecht)

 

 

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