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Poésie

Posts Tagged ‘rage’

Le courage (Sabine Péglion)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2020



Théo Curin  
    
Le courage

Dans ces pas en suspens
Dans ces yeux refermés
Dans le corps qui se fend
Dans la voix effacée

Dans la main qui se tend
Dans le pas qui hésite
Dans ces regards fuyants
Dans ces êtres qui t’évitent

Que pourrais-tu attendre
Autour on applaudit
Mais oui on t’encourage
Tu avances on sourit

Tu poursuis le chemin
Tu ne l’as pas choisi

On redoute la pitié
On doute de l’amitié

Certains parlent de courage
En ignorant le coût
On occulte la rage
La colère le dégout
On est loin d’être sage

On voudrait bien en rire
On espère toujours
On regarde la lumière
Et on choisit de vivre

(Sabine Péglion)

 

Recueil: Courage Dix variations sur le courage et un chant de résistance
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Poème (Joyce Mansour)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2020



Joyce Mansour
    
Poème

Ne jamais dire son rêve
À celui qui ne vous aime pas
L’oreille hostile est tarie
La bouche amère calomnie
La haine vomit le sable du sablier
Plus vite toujours plus vite
La nuit trahie avorte
Une passion au présent déjà passée
Et la peur ne fait qu’augmenter
La rage du caïman
La taille du cancer
Enfouissez vos rêves dans les poches sous vos yeux
Ils seront à l’abri de l’envie
Ils seront à l’abri de l’adage
Qui veut que l’Africain babille
Et que tous les vieux soient sages

(Joyce Mansour)

 

Recueil: 120 nuances d’Afrique
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Au vent qui fait rage (Kakei)

Posted by arbrealettres sur 24 septembre 2020



    

Au vent qui fait rage
la lune du deuxième jour
va-t-elle être emportée

(Kakei)

 

Recueil: Friches
Traduction: René Sieffert
Editions: Verdier poche

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Les étoiles incrustées sous la chair (Jeanne Benameur)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2020




    
Les étoiles incrustées sous la chair
il faut vautour et rage
pour nous arracher
un peu
de ce qui brille

Et tant d’amour sans attente
pour garder la lumière

(Jeanne Benameur)

 

Recueil: Notre nom est une île
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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SOUS CASSIOPEE (Mihai Beniuc)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2020




    
SOUS CASSIOPEE

Le cliquetis du fer, les bottes en cadence
Sur la poussière du chemin, sous Cassiopée.
Pour la troisième compagnie l’ordre est d’aller.
Dans les hauteurs du ciel les grues vont en silence.

Coquelicots en fleur dans la steppe, à foison.
Gerbes amoncelées dans la steppe en été.
L’âme, bien sûr, mais c’est l’affaire du curé.
La jument qui hennit de rage est l’horizon.

Des nuages gris-blanc pour l’automne qui vient
Et l’hiver qui ricane avec ses dents de neige.
Frère, qui va tomber? Qui pour demain? Où vais-je?
C’est pour quand le retour? Père, écris-nous au moins.

(Mihai Beniuc)

 

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COMME PIERRE DANS LE PUITS (Henri Michaux)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2020



 

Pierre Mornet

COMME PIERRE DANS LE PUITS

Je cherche un être à envahir
Montagne de fluide, paquet divin,
Où es-tu mon autre pôle ? Etrennes toujours remises,
Où es-tu marée montante ?
Refouler en toi le bain brisant de mon intolérable tension!
Te pirater.

Présence de soi : outil fou.
On pèse sur soi
On pèse sur sa solitude
On pèse sur les alentours
On pèse sur le vide
On drague
Monde couturé d’absences
Millions de maillons de tabous
Passé de cancer
Barrages de génufléchisseurs et des embretellés.
Oh! Heureux médiocres
Tétez le vieux et la couenne des siècles et la civilisation des désirs à bon marché
Allez, c’est pour vous tout ça.
La rage n’a pas fait le monde, mais la rage y doit vivre.
Camarades du « Non » et du crachat mal rentré,
Camarades… mais il n’y a pas de camarades du « Non »,
Comme pierre dans le puits mon salut à vous!
Et d’ailleurs, Zut!

(Henri Michaux)

Illustration: Pierre Mornet 

 

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Neptune (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 25 décembre 2019



 

Illustration: Noèla Morisot
    
Neptune

Je m’habille chaque jour d’un bleu nouveau
veste électrique ou indigo
turquoise vase troublée des émaux
fluorescence ou lait de brumes
rage violette cernes de lune

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

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TON CORPS… (Robert Goffin)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2019



 

Alain Bonnefoit -Nu_avec_Dentelle

Ton corps enveloppé d’absences de caresses
Dont le souvenir brûle au bûcher des mémoires
A voyagé longtemps sur la route des hommes
Avant ce jour venu de plus loin que la chair
Décembre rage dans les rouges floraisons
Les caresses naissent au seuil de tes cheveux
Où le poète las de traîner ses abîmés
Décelait les secrets continents de tes hanches
Dans des senteurs d’aurore et de Patagonie
Ton visage revient de plus loin que lui-même
Par des brûlantes plages d’ombre et d’azalée
Où ton corps appelait la déroute des, hommes
Tes paumes d’archipels baignent au clair de lune
Tes yeux mélodieux d’ambre et de forêt vierge
Et tes hanches de puits profond dans le désert
Offrent leur orchidée de sable à la folie
Du poète hésitant devant le crépuscule
Il se tait d’écouter ton murmure d’absence
Il sollicite l’aube et l’ombre et l’orchidée
Il épelle l’azur le temps et les savanes
Il baise l’Orénoque et la Patagonie
De ses lèvres de source aux pistils de tes doigts

Et le bruit de ton sang et tes baisers perdus
Et ta saveur d’embrun de filtre et de rosée
Et tes automnes roux de feuillages rouillés
Ne sont plus que les mots de deux vies arrachées
Au poème de ceux qui râlent pour fleurir

L’ombre, l’ambre, la hanche, l’aube et tes savanes
Ne sont plus que les mots d’une flore interdite
Que le poète cueille au vif de ta blessure
Femme nouée enfin à la chair de ta vie.

(Robert Goffin)

Illustration: Alain Bonnefoit

 

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AMOUR DÉSHABILLÉ DE NOUS… (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2019




    
AMOUR DÉSHABILLÉ DE NOUS…

Amour déshabillé de nous comme, de mousse,
Par la rage de l’eau,
Un mur, toujours plus bas plongeant dans le terreau
Peuplé de larves douces,

Ton torse blanc résiste à la griffe des houx,
Aux hachures de l’ombre
Et chaque pierre en toi reste fidèle au nombre
Qui s’est défait de nous.

Te retrouverons-nous ? Brûlerons-nous ensemble ?
Parfois, dans le charbon,
L’enfant croit reconnaître en nos amas profonds
Quelqu’un qui lui ressemble,

Mais ce n’est qu’un nuage, une feuille, un serpent
Ou quelque rêve informe
Comme en font les rochers lorsque l’on croit qu’ils dorment
A l’ombre des vivants.

Et toi tu resplendis, à la fois vierge et veuve
Au soleil revenu :
On dirait que, nous arrachant à ton flanc nu,
La mort te fait plus neuve,

Amour femelle, et ton entêtement joyeux
Dans la beauté du monde
Qui n’est beau que de toi, de ton haleine blonde
Et de l’eau de tes yeux.

(Jean Rousselot)

 

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REPOS NOCTURNE (Menno Wigman)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2019




Illustration: Pascal Renoux
    
REPOS NOCTURNE

Soir. Deux jardins plus loin fait rage le printemps
et des corsaires se glissent dans le noir.
Quelque part des ongles se battent pour une fourrure. Cris
pour des miettes d’amour. Oreilles mordues.
Le rut guerrier d’une nuit de printemps.

Presque oublié comment, plein d’une rage semblable,
je chassais dans le noir, comment toi plus fourbe encore
qu’une chatte tu enfonçais tes ongles dans trois coeurs.
Il y a longtemps de cela et comme tu es toujours belle.

J’ai compté un par un les jours
et avec les meilleurs mots que j’ai :
je t’aime. En toi je trouve un lit.

Et c’est le renouveau et nous partageons ici
la même nuit avec tout ce que cela dit.

***

NACHTRUST

Avond. Twee tuinen verder woedt het voorjaar
en sluipen kapers door het donker.
Ergens vechten nagels om een yacht. Gekrijs
om kruimels liefde. Stukgebeten oren.
De krolse oorlog van een voorjaarsnacht.

Bijna vergeten hoe ik met dezelfde woede
door het donker joeg, hoe jij nog valser
dan een kat je nagels in drie harten sloeg.
Wat is het fang geleden en wat blijf je mooi.

Ik heb de dagen één voor één geteld
en met de beste woorden die ik heb:
ik hou van je. In jou vind ik een bed.

En het is lente en we delen hier
dezelfde nacht met alles wat dat zegt.

(Menno Wigman)

 

Recueil: L’affliction des copyrettes
Traduction: Pierre Gallissaires et Jan H. Mysjkin
Editions: Cheyne

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