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Poésie

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QUAND VIENDRAS-TU? (Leiser Aichenrand)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2019



Illustration: Véronique Wibaux 
    
QUAND VIENDRAS-TU?

Dans l’océan des nuits
Tes paroles deviennent
Huîtres perlières
Et tes yeux, des pêcheurs
Portant filets de mélodies.

Le jour
Leur soif décoche
Des flèches de feu vers le soleil.
Qui de ton coeur pourtant
Fait le cri déchiré
Des mouettes
Effrayant même
La solitude ancienne
Du vent?

Intouché par les temps
Tu mets la voile
Dans la pluie des regards
À travers le ruissellement
Des tristesses
Là-bas
Où sur mon pays d’attente
Croît
Noire, l’herbe.

Quand viendras-tu ?

(Leiser Aichenrand)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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Un vide (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2019



Illustration: Edvard Munch
    
Un vide entre ma poitrine et mon cou.
Vide
entre la chaleur du croissant réfléchi sur les eaux
du triangle et la chaleur des mains –
Comment dire
ce vide à tes membres lunaires ? Et quand ?
Comment détruire ses murs ?
Alors que tu es l’interlocuteur, et le détenteur
de ses secrets ?

(Adonis)

 

Recueil: Lexique amoureux
Traduction: Vénus Khoury-Ghata Issa Makhlouf Houria Abdelouahed
Editions: Gallimard

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Tu m’aimes ? (Bernard Friot)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2019




    
Tu m’aimes ?

Un peu ? Beaucoup ?
Passionnément ? Vraiment ?

Pourquoi ? Comment ?
Et où ? Et quand ?

Amour en point d’interrogation
des doutes des questions
beaucoup d’hésitation.

Non ce n’est pas la solution :
il faut aimer sans raison
sans peur et sans explication.

Ah oui ?
Pourquoi ?

(Bernard Friot)

 

Recueil: Je t’aime, je t’aime, je t’aime… Poèmes pressés
Traduction:
Editions: Folio Junior

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La Lumière (Shiroyasu Suzuki)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2018


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J’ai appris quelque chose d’intéressant aujourd’hui
La lumière sans objet réflecteur n’éclairerait pas
L’espace même rempli de lumière
Sans objet réflecteur ne serait que ténèbres
Alors
Que paraisse ombre noire l’au-delà du ciel étoilé
En réalité ce serait un espace plein de lumière
Pourquoi voudriez-vous qu’on n’en parle pas?
Moi j’en tire de l’eau à ma rizière
Ces ténèbres aussi débordent de lumière
Oh! Objet réflecteur Toi
Toi Quand
Viendras-tu près de moi apporter la preuve de
L’existence réelle de la lumière?

(Shiroyasu Suzuki)

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Paroles de Perlimpinpin (Barbara)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018




    
Paroles de Perlimpinpin

Pour qui, combien, quand et pourquoi ?
Contre qui ? Comment ? Contre quoi ?
C’en est assez de vos violences
D’où venez-vous ?
Où allez-vous ?
Qui êtes-vous ?
Qui priez-vous ?
Je vous prie de faire le silence,
Pour qui, comment, quand et pourquoi ?
S’il faut absolument qu’on soit
Contre quelqu’un ou quelque chose,
Je suis pour le soleil couchant
En haut des collines désertes
Je suis pour des forêts profondes,
Car un enfant qui pleure,
Qu’il soit de n’importe où,
Est un enfant qui pleure,
Car un enfant qui meurt
Au bout de vos fusils,
Est un enfant qui meurt
Que c’est abominable d’avoir à choisir
Entre deux innocences !
Que c’est abominable d’avoir pour ennemis
Les rires de l’enfance !
Pour qui, comment, quand et combien ?
Contre qui ? Comment et combien ?
À en perdre le goût de vivre,
Le goût de l’eau, le goût du pain
Et celui du Perlimpinpin
Dans le square des Batignolles !
Mais pour rien, mais pour presque rien,
Pour être avec vous et c’est bien !
Et pour une rose entrouverte,
Et pour une respiration,
Et pour un souffle d’abandon,
Et pour ce jardin qui frissonne !
Rien avoir, mais passionnément,
Ne rien se dire éperdument,
Ne rien savoir avec ivresse
Et riche de dépossession,
N’avoir que sa vérité,
Posséder toutes les richesses,
Ne pas parler de poésie,
Ne pas parler de poésie
En écrasant les fleurs sauvages
Et voir jouer la transparence
Au fond d’une cour au murs gris
Où l’aube n’a jamais sa chance
Contre qui, ou bien contre quoi ?
Pour qui, comment, quand et pourquoi ?
Pour retrouver le goût de vivre,
Le goût de l’eau, le goût du pain
Et celui du Perlimpinpin
Dans le square des Batignolles,
Et contre rien et contre personne,
Contre personne et contre rien,
Et pour une rose entrouverte,
Pour l’accordéon qui soupire
Et pour un souffle d’abandon
Et pour un jardin qui frissonne !
Et vivre, vivre passionnément,
Et ne combattre seulement
Qu’avec les feux de la tendresse
Et riche de dépossession,
N’avoir que sa vérité,
Posséder toutes les richesses,
Ne plus parler de poésie,
Ne plus parler de poésie
Mais laisser vivre les fleurs sauvages
Et faire jouer la transparence
Au fond d’une cour aux murs gris
Où l’aube aurait enfin sa chance.

(Barbara)

 

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La Somnolence (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2018



La Somnolence

Quelques mots se retournent
dans l’aquarium de l’après-midi
sous le coup d’aile à la surface
d’un souvenir d’amour

on ne sait plus très bien quand
mais le beau visage est là
dans le milieu du monde et du temps

(Daniel Boulanger)

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Le visiteur (Mohammed Dib)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2018




    
Le visiteur

Il arriva. Il salua,
Ses fleurs à la main.

Je serai couché là
Dit l’enfant. Mais quand ?

Il les déposa. Resta.
Il dit, je reviendrai.

Il dit, de la maison
Non il n’y a pas loin.

Il revint, en redéposa.
Revint. En redéposa.

Il dit : toute la nuit
Qui me tiendra compagnie ?

Il se regarda autour.
Il dit : ces fleurs.

(Mohammed Dib)

 

Recueil: Poésies
Traduction:
Editions: De la Différence

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LE SONNET DE TREIZE VERS (Rubén Darío)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2018



Illustration
    
LE SONNET DE TREIZE VERS

De la jeunesse en son innocence
que garder si ce n’est le subtil
parfum, essence de son Avril,
la plus merveilleuse des essences !

À se lamenter en ma conscience,
demeura d’un ivoire indocile
un conte que je tirai des Mille
et Une Nuits de mon existence…

Shéhérazade tomba de sommeil…
Il méditait encore, le vizir…
Dinarzade oublia le soleil…

Pourtant l’oiseau bleu a pu revenir…
Mais…
Néanmoins…
Toujours…
Quand…

(Rubén Darío)

 

Recueil: Chants de vie et d’espérance
Traduction: Lionel Igersheim
Editions: Sillage

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Plus vraie la vie que la raison voudrait faire croire (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2018



Illustration: Josh Fancher
    
plus vraie la vie que la raison voudrait faire croire
(bien plus secrète ou que folie ne révéla)
plus profond que perdre est la vie:plus haut qu’avoir
—mais même si vivre est tout,plus chaque est la beauté

à l’infini sans aucun si multipliées
les surpuissantes méditations humaines se trouvent
anéanties par une simplement feuille qui s’ouvre
(après quel à portée il n’est pas d’au-delà)

ou vienne un moindre oiseau que l’oeil n’en peut connaître
contempler le silence et pleinement chanter?
les futurs sont caducs;les passés sont à naître
(un ici moins que rien est bien plus que toute chose)

la mort,comme on l’appelle, achève ce qu’homme on suppose
—mais si mourir est quand:plus à présent la beauté

***

ife is more true than reason will deceive
(more secret or than madness did reveal)
deeper is life than lose:higher than have
—but beauty is more each than living’s

allmultiplied by infinity sans if
the mightiest meditations of mankind
cancelled are by one merely opening leaf
(beyond whose nearness there is no beyond)

or does some littler bird than eyes can learn
look up to silence and completely sing?
futures are obsolete;pasts are unborn
(here less than nothing’s more than everything)

death,as men call him,ends what they call men
—but beauty is more now than dying’s when

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Une fois un
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: La Nerthe

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Quand l’ai-je vue? (Chûnagon Kanesuke)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2017




Sur la plaine de Mika,
Jaillissement et courant,
Le torrent d’Izumi.
« Quand l’ai-je vue? » me dis-je. Et pourquoi
Pensé-je si tendrement à elle? »

(Chûnagon Kanesuke)

Illustration: Hokusaï

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