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Poésie

Posts Tagged ‘trottoir’

Le petit garçon malade (Madeleine Ley)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2019



 

enfant-malade 

Le petit garçon malade

Le petit garçon malade
ne veut plus regarder les images,
il ferme ses yeux las;
il laisse ses mains chaudes
traîner sur le drap.

Sa mère ouvre la fenêtre,
et le rideau blanc se balance
sur la rue, ce soir de mai.
Il entend jouer les autres
qui sautent à cloche-pied
en criant sur le trottoir.
Alors il tourne la tête
et pleure en silence
dans son petit bras plié.

(Madeleine Ley)

 

 

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BLOC-NOTES (Michèle Garant)

Posted by arbrealettres sur 25 mai 2019



BLOC-NOTES

Dire au vent : qu’il retienne sa course
Aux bourgeons : d’éclater la lumière
Dire au grésil, dire au ciel bleu
Giboulée chante, giboulée vente.

Dire au ruisseau : sauter vert, glisser frais
Dire aux pluies : laver à grande eau les trottoirs
Et les âmes des hommes vieux
En faire lessive qui claque.

Dire aux hommes : d’être petit comme une graine
Têtu et simple, retenu confiant
Rester au fond de la terre
Attendre patiemment.

(Michèle Garant)

 

 

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Répit (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2019



 

Leopold Survage _melancolie-11591-450-450

Répit

C’était l’anniversaire d’un grand amour.
La littérature se fanait derrière les vitrines des librairies.
Les chats ronronnaient contre la douceur de mon tweed.
Les trottoirs des avenues fleurissaient.

C’était l’anniversaire d’un grand amour.

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Leopold Survage

 

http://images.google.fr/search?hl=fr&site=imghp&tbm=isch&source=hp&biw=1600&bih=772&oq=Leopold+Survage+&gs_l=img.12..0i19.556.556.0.1784.1.1.0.0.0.0.110.110.0j1.1.0…0.0…1ac.1.15.img.mDM93ZryQC4&q=Leopold%20Survage

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Ambiance diabolo menthe (Josée Tripodi)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2019




    
Ambiance diabolo menthe
Sur le boulevard

Vert des arbres
Encore verts
Glaçons crus
D’un vent sans indulgence

Le soir tombe
D’un coup
Porte de Montreuil

La petite foule du vendredi
S’irrite

Entre les palissades des chantiers
Gisant noir
Dodu
Un sac poubelle
Embarrasse le trottoir

Le temps presse

Il est bientôt l’heure
De se repaître
Des malheurs du monde
Au journal télévisé

(Josée Tripodi)

 

Recueil: Le temps court plus vite que moi
Traduction:
Editions: Le Castor Astral

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Je viens de la rue (Henri Thomas)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2019




    
Je viens de la rue aux travaux sans nombre,
j’ai vu l’arroseur matinal changer
le bord du trottoir en azur léger,
sur l’autre trottoir c’est encore l’ombre.

J’ai vu fuir, presque silencieuse,
une automobile merveilleuse,
et les petits bars, très en retard
sur le jour (ils n’ouvrent que le soir).

J’ai vu peu de chose et bien des choses,
la rosée au fond des parcs déserts,
la Seine où mouraient de froides roses,
les chalands de leurs panneaux couverts.

Que m’en restera-t-il dans dix années,
et dans trente, seul, geignant dans un lit?
Rien peut-être, une incertaine pensée,
ou bien tout un monde, épars dans ma nuit?

(Henri Thomas)

 

Recueil: Poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

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Un jour rappelle-toi (Emmelie Prophète)

Posted by arbrealettres sur 8 avril 2019



 

Erik Johansson  on

Un jour rappelle-toi
cette ville dépecée
entre le bruit la bêtise et la douleur.
On a créé l’infidélité,
le bleu des trottoirs d’un autre continent.
La folie est devenue utile.
Nous nous appliquons à dessiner
des portes de sortie

Depuis tes yeux
le vide est à réinventer.

(Emmelie Prophète)

Illustration: Erik Johansson

 

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La Présence était bleu spectral (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 17 janvier 2019



Les murs ne tombent pas
[13]

La Présence était bleu spectral,
ultime rayon bleu,

rare comme le radium, aussi palliative ;
mon ancien ego, qui m’enveloppait,

était suaire (je parle de moi individuellement
mais j’étais entourée de compagnons

dans ce mystère) ;
êtes-vous surpris que nous soyons fiers,

distants,
indifférents à votre bien et mal ?

le péril, étrange rencontre, étrangement enduré,
nous marque ;

nous nous reconnaissons
par des symboles secrets,

mais, isolés, sans voix,
nous nous croisons sur le trottoir,

sur le palier dans l’escalier ;
bien qu’aucun mot ne soit échangé,

il y a une subtile appréciation ;
même après un bref salut hargneux

ou sans même parler,
nous connaissons notre Nom,

nous initiés sans nom,
nés d’une seule mère,

compagnons
de la flamme.

***

The Presence was spectrum-blue,
ultimate blue ray,

rare as radium, as healing;
my old self, wrapped round me,

was shroud (I speak of myself individually
but I was surrounded by companions

in this mystery) ;
do you wonder we are proud,

aloof,
indifferent to your good and evil?

peril, strangely encountered, strangely endured,
marks us;

we know each other
by secret symbols,

though, remote, speechless,
we pass each other on the pavement,

at the turn of the stair;
though no word pass between us,

there is subtle appraisement;
even if we snarl a brief greeting

or do not speak at all,
we know our Name,

we nameless initiates,
born of one mother,

companions
of the flame.

(Hilda Doolittle)

Illustration: Odilon Redon

 

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Bien des choses ont changé (Hervé Prudon)

Posted by arbrealettres sur 1 décembre 2018




    
bien des choses ont changé
des choses et des gens
surtout des gens des amis
et des inconnus des amis devenus
plus inconnus que des choses
inutiles et ceux qui changent
de trottoir ou de tête
ou d’idées et les choses
sont nouvelles et modernes
et moi loin et moins

(Hervé Prudon)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Devant la mort
Traduction:
Editions: Gallimard

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Quelque part (Jacques Ancet)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2018



Quelque part

En plein milieu de la rue, c’est toi.
Dans le piétinement des trottoirs,
le fracas des moteurs, à midi
ou cinq heures; une sorte de blanc
comme un film qui saute. On ne sent
que le vent qui se lève, le souffle
qui traverse les choses. Pourtant
rien ne bouge. Tout est immobile
quelque part: mais comment savoir où.

(Jacques Ancet)


Illustration

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Un samedi (Georges-L. Godeau)

Posted by arbrealettres sur 21 août 2018


l'aube-800

 

Il y en a partout qui posent leur sac
sur le trottoir, autour du marché,
et qui respirent avant de repartir.
Celui-ci a posé le sien et il s’appuie
à bout de forces sur sa canne.
Sa figure de terre s’accroche à tous
comme pour dire:
« Vous ne voyez donc pas…? »
Nul ne peut se charger, un samedi,
d’un vieux qui va mourir.

(Georges-L. Godeau)

Illustration

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