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Poésie

Posts Tagged ‘trottoir’

LA FOLLE (Franz Hellens)

Posted by arbrealettres sur 16 mai 2022



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LA FOLLE

Elle était folle, disait-on, folle
Parce qu’elle marchait sur le même trottoir
Du matin jusqu’au soir
Sans prononcer une parole.

Elle était folle, disait-on,
Parce qu’elle s’en donnait plein la vue
Des autos qui fauchaient l’avenue
Comme pour y retrouver un nom.

Elle était folle, disait-on, folle
Parce qu’elle s’appuyait au mur
Quand à la nuit venue
Elle sentait se dérober le sol.

Elle était folle, disait-on,
Parce qu’elle ne dormait pas de hâte
De revoir dans la rade
Un soleil dont elle n’oubliait pas le nom.

Elle était folle, disait-on, folle
Parce qu’elle attendait ce bateau bleu
Qui lui avait fait signe, un jour,
Et qui pour elle faisait voile.

Elle était folle, disait-on,
Parce qu’à chaque signe
Elle s’élançait, à chaque signe
Qui s’annonçait à l’horizon.

Et parce que voyant un jour cette auto bleue
Venir à sa rencontre (elle en avait vu d’autres
De la même couleur, mais c’était celle-là
Qu’elle attendait, cette auto bleue)

Elle s’y jeta d’un élan si décidé
La face rayonnante et le coeur en fournaise
(On la dit folle, folle à lier)
Qu’elle en mourut, les gens en parlent à leur aise!

Et moi qui n’ai cherché ni le pied ni la rime
Mais autre chose qui bleuit je ne sais où,
Peu me chaut qu’on me l’impute à crime
Ou qu’on me dise fou !

(Franz Hellens)

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Même s’il tarde (Nico Naldini)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2021



Même s’il tarde
et que tu es seul à l’endroit convenu
c’est ta place.
La vie peu à peu
t’abandonne, sur le trottoir
dans un espace de plus en plus réduit.
Puisqu’au monde ne reste
que son écharpe des jours de fête.

***

Anche se tarda
e sei solo al posto convenuto
quello è il tuo posto.
La vita a poco a poco
ti lascia, nel marciapiede
in uno spazio sempre più breve.
Se al rondo c’è soltanto
la sua sciarpa festiva.

(Nico Naldini)

Illustration

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Solitaire au milieu de la foule (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2021



Solitaire au milieu de la foule
Je lutte pour avancer
Et arrache mon ombre citadin
Au trottoir que piétinent les passants.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Paul Klee

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La fille de joie (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2021



Je l’ai vue les seins presque nus
Sur les trottoirs de la ville
Les lèvres peintes
Les cils charbonnés
Avec des bas longs
Comme un chagrin d’enfant
Et des jarretelles roses
Comme des bonbons acidulés
La fille de joie
Au regard triste
Je l’ai reconnue
Elle a voulu se cacher
Mais elle m’a souri
Je n’ai pas osé lui parler
Mais j’ai incliné la tête.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

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BLOC-NOTES (Michèle Garant)

Posted by arbrealettres sur 6 avril 2021



BLOC-NOTES

Dire au vent : qu’il retienne sa course
Aux bourgeons : d’éclater la lumière
Dire au grésil, dire au ciel bleu
Giboulée chante, giboulée vente.

Dire au ruisseau : sauter vert, glisser frais
Dire aux pluies : laver à grande eau les trottoirs
Et les âmes des hommes vieux
En faire lessive qui claque.

Dire aux hommes : d’être petit comme une graine
Têtu et simple, retenu confiant
Rester au fond de la terre
Attendre patiemment.

(Michèle Garant)

 

 

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Trottoirs dangereux (Seamus Heaney)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2020



Trottoirs dangereux.
Mais cette année j’affronte la glace
Avec la canne de mon père.

(Seamus Heaney)

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La parole descend (Pierre Reverdy)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2020



La parole descend

Tous les coquelicots ou les lèvres des femmes
reflétées dans le ciel
Il a plu
Les enfants se noient sur le trottoir
Et le flot de la rue
La ville en entonnoir

De profil la journée glisse vers le couchant
Le pavé de descelle
Et les bêtes craintives
au bruit que fait le vent
s’en vont
Et elles s’appellent

Sur les balcons les vitres tremblent
– un moment –
La maison a la fièvre
5 heures
à part la nuit qui se mêle au tournant
Les arbres en prières

(Pierre Reverdy)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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DANS LES SIRÈNES (Gilles Vigneault)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2020



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DANS LES SIRÈNES

Dans les sirènes d’usine
Dans les klaxons
de cinq heures
dans le crissement des pneus
Dans le fracas
continu de la ville
J’entends la mer

Dans les profondeurs du sommeil
pans les secrets voyages de la nuit
Dans le noir blessé des néons
Je vois la mer

Et près des réverbères perdus
Je me suis appuyé les soirs de pluie
A la rambarde des trottoirs
Sans parapluie

(Gilles Vigneault)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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Cendrillon (Téléphone)(Louis Bertignac)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2020




    
Cendrillon

Cendrillon pour ses vingt ans
Est la plus jolie des enfants
Son bel amant, le prince charmant
La prend sur son cheval blanc
Elle oublie le temps
Dans ce palais d’argent
Pour ne pas voir qu’un nouveau jour se lève
Elle ferme les yeux et dans ses rêves
Elle part, jolie petite histoire (x2)

Cendrillon pour ses trente ans
Est la plus triste des mamans
Le prince charmant a foutu l’camp
Avec la belle au bois dormant
Elle a vu cent chevaux blanc
Loin d’elle emmener ses enfants

Elle commence à boire
A traîner dans les bars
Emmitouflée dans son cafard
Maintenant elle fait le trottoir

Elle part, jolie petite histoire (x2)

Dix ans de cette vie ont suffit
A la changer en junkie
Et dans un sommeil infini
Cendrillon veut voit finir sa vie
Les lumières dansent
Dans l’ambulance
Mais elle tue sa dernière chance
Tout ça n’a plus d’importance
Elle part
Fin de l’histoire

Notre père qui êtes si vieux
As-tu vraiment fais de ton mieux
Car sur la terre et dans les cieux
Tes anges n’aiment pas devenir vieux

(Téléphone)(Louis Bertignac)

 

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Invérifiable (Etienne Paulin)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2020




Illustration: ArbreaPhotos
    
Invérifiable

chère enfance,
avec toi je ne gagnerai pas d’argent

je veux juste le bord du trottoir
le ciment esquinté
jointure un peu poudreuse
dessins mal faits à la craie sur le goudron
riens qu’on a laissés
que le ciel use

cires suies le square est doux
ses quelques arbres parlent

(Etienne Paulin)

Découvert ici: http://laboucheaoreilles.wordpress.com/

Recueil: Là
Traduction:
Editions: Gallimard

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