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Poésie

Posts Tagged ‘dévêtu’

La vie à l’envers (André Dhôtel)

Posted by arbrealettres sur 24 décembre 2019



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J’ai acheté une théière
et puis j’allai au Luxembourg
voir Galatée
et les abeilles rue d’Assas.

Le bassin était sans voiliers
et c’est là que devait jouer
l’enfant blond de l’aimée absente
laquelle avait alors neuf ans.

Dans les marroniers les statues
s’arrêtaient naïvement
pour regarder vers les lointains
un avenir dévêtu.

Elles avaient aussi oublié
leurs chaussures et leurs robes
tant elles désiraient vraiment
que les futurs étés d’amour
scandalisent les balustrades.

(André Dhôtel)

 

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JE T’AI PEU A PEU DÉVÊTUE… (Jean Rousselot)

Posted by arbrealettres sur 29 août 2019



Je t’ai peu à peu dévêtue
De cette peau de rêves
De ces baisers cousus
Et soudain nue tu m’apparus
Plus rien de moi n’était à toi
Et tu t’enfonçais loin de moi
Mais ce que j’avais su te prendre
Et qui peut-être était le meilleur de moi-même
Me collait aux doigts comme un fard
Dont je ne savais que faire
Tourné vers les beaux seins que j’aime.

(Jean Rousselot)

Illustration: Pascal Renoux

 

 

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L’union parfaite (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2019



    

L’union parfaite

Jour et nuit, je pleure après une union, mon Amour,
Union semblable à une mort affamée.
Viens me ligoter, viens me cueillir,
Dénude-moi de ma pudeur, de mes habits, de mon voile.
Viens et maraude parmi mon corps juvénile,
Prive mes yeux de sommeil, du rêve même de dormir.
Dévalise cet univers vaste et réveille
Ma vie et ma mort, pour toute éternité.
Au bûcher de l’union dans un monde solitaire
Là où la création s’est évanouie à l’extinction du soleil,
Sans pudeur et dévêtus en deux coeurs nus
Que toi et moi devenions beauté infinie.
Quel est ce rêve audacieux, Seigneur,
Où réside cette union sans Toi?

***

Total union

Night and day, I weep, O Love, for a union,
Union resembling a hungry death.
Come and bind me, pluck me away,
Strip me of modesty, of raiment, of screen.
Come and steal this juvenile body,
Bereave my eyes of sleep, of dream of sleeping.
Rob this universe vast an d awake,
My life and my death, for an eternity.
At the crematorium of union amid a solitary world
Where the creation has fainted with the extinction of the sun,
Shameless unclothed in two naked hearts
Let you and me become beauty infinite.
What an audacious dream, O Lord,
Where lies this union without You?

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt Dièse, Tantôt Bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: Shahitya Prakash

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Maison sans racines (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2018



Maison sans racines

Engluée dans tes mailles
Vissée à tes ancrages
Couvant parures et biens

Je me défais de tes cordages
Te laisse à tes façades
A tes entraves de mille riens

Pour célébrer
La Maison sans racines
Entre ses murs dévêtus.

(Andrée Chedid)

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Jolimont (Norge)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2018


Jolimont

A l’ombre du gazomètre,
Vénus marchait dans l’ortie.
Une odeur de pleine mer
Coulait de sa chevelure
Où l’algue brouillait les mèches.
La sirène de la mine
Appelait éperdument
A ses tempêtes profondes
Mille marins maquillés
Qui tenaient d’une main rêche
La lampe des vierges folles.
Quelque nuage frileux
Rentrait dormir à la niche,
L’oreille basse et la langue
Pendante jusqu’au pavé.
Vénus, lumineuse et chaude,
Marchait dans l’ortie en fleur.
Elle s’appelait Minouche.
Au Minouche, que j’aimais
Tes jeunes cris dévêtus
Et les taches de rousseur
De tes cuisses de brugnon
Dans les blés de Jolimont.

(Norge)

Illustration: Theodore Chassériau

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La nudité (Emmanuel Hocquard)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2018




    
La nudité est confidence.
Si la confiance manque, la nudité s’évapore,
ne laissant en place qu’un corps dévêtu.

(Emmanuel Hocquard)

 

Recueil: Méditations photographiques sur l’idée simple de nudité
Traduction:
Editions: P.O.L.

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LÉDA (Rubén Darío)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2018



Illustration: Mariano Fortuny Madrazo
    
LÉDA

Le cygne paraît de neige dans la nuit,
et son bec est d’ambre quand l’aube reluit ;
le crépuscule suave qui bientôt se perd
rosit les ailes candides de sa lumière.

Et puis, sur les ondes du lac azuré,
après que l’aurore perdit sa teinte vermeille,
les ailes tendues et le col recourbé,
le cygne est d’argent, baigné de soleil.

Tel est-il, quand il lustre ses plumes de soie,
olympique oiseau que l’amour a meurtri,
et dans les flots sonores, viole Léda,
un bec recherchant les lèvres cramoisies.

La belle soupire, dévêtue et vaincue,
et pendant que ses plaintes s’envolent au vent,
des vertes profondeurs d’un feuillage dru
étincellent les yeux troubles de Pan.

(Rubén Darío)

 

Recueil: Chants de vie et d’espérance
Traduction: Lionel Igersheim
Editions: Sillage

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L’excuse (Robert Creeley)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2018




    
L’excuse

Je songe à composer un sonnet
sur des dames dévêtues. Une

gentillesse à leur égard
bien entendu.

(Robert Creeley)

 

Recueil: Le sortilège
Traduction: Stéphane Bouquet
Editions: Nous

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Ma jeune dame aura d’autres amants (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2018



&

Illustration
    

ma jeune dame aura d’autres amants
mais nul coeur ne s’arrêtera comme le mien
lorsqu’à mon désir elle découvre avec plaisir
de son possible corps la frissonnante faim.

De personne les bras ne crient plus largement
les lèvres ne meurent plus uniquement de la presser—
personne ne fera jamais ce que mon sang
fait contre elle,quand je la serre pour l’embrasser

(ou si parfois elle m’invite dévêtue
à conquérir en profondeur toute sa nudité
sa chair ressemble aux violoncelles nocturnes
contre le violon solitaire du matin)

mieux que nous ne le disent fleurs ou navires,
son baiser furieusement me comprend
comme une forêt radieuse aux grands arbres vifs
—alors qu’importe qu’elle ait une centaine de copains?

elle se souviendra je pense,de mes mains

(il ne faudrait pas s’en montrer jaloux.)
Mon jeune désir ne connaîtra d’autres dames.

***

my youthful lady will have other lovers
yet none with hearts more motionless than i
when to my lust she pleasantly uncovers
the thrilling hunger of her possible body.

Noone can be whose arms more hugely cry
whose lips more singularly starve to press her
noone shall ever do unto my lady
what my blood does,when i hold and kiss her

(or if sometime she nakedly invite
me all her nakedness deeply to win
her flesh is like all the ‘cellos of night
against the morning’s single violin)

more far a thing than ships or flowers tell us,
her kiss furiously me understands
like a bright forest of fleet and huge trees
—then what if she shall have an hundred fellows?

she will remember,as i think,my hands

(it were not well to be in this thing jealous.)
My youthful lust will have no further ladies.

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Erotiques
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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Tant de routes sous mon bâton (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2017



Illustration: Giacometti

    
Tant de routes sous mon bâton
et tant de maisons d’eau claire
où les gerbiers formant le cercle,
perdent la tête de leurs graines
dans des gâteaux de Royauté.

Tant de lits drapés de lavande
où parfois un sachet de sang
parfume mes nuits d’un éveil.

Tant de poussière accumulée
sur le passage de l’été,
tant de pierres dans les rivières
jetées pour compter les journées.

Tant d’arbres de douce écorce,
tant de feuillage contre le ciel,
tant de regards sous son ombre.

Et tout cela qui se taisait
dans le charnier de mon silence,
épris d’une eau fondue des neiges
et d’une fille encore acide.

L’été roule ses millions d’yeux
et ses fumées de forêt morte,
où ont dansé les nains de flammes
au bras de vierges dévêtues.

Je cherche encore une racine
qui médite des feuilles si longues
que l’ombre sur le soleil
n’ait plus besoin d’être doublée
pour y dormir tous mes travaux.

(Alain Borne)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Curandera

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