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Posts Tagged ‘trompe’

DAME DE CŒUR (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2020




    
DAME DE CŒUR

Ce n’est pas vous ce n’est pas moi
qui ramasserons les hirondelles
c’est une enfant et c’est bien elle
qui saura tromper le roi

Elle est la reine et fidèle
elle joue toujours au fond des bois
comme le cor et le hautbois
à cache-cache ou à la marelle

Soyons discrets vous et moi
ne répétons que l’essentiel
pour qu’elle oublie les étincelles
les trompes de chasse et le tabac

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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Rondeauderdrome des éléphants (Jacques Roubaud)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2020




    
Rondeauderdrome des éléphants, A

Cinq éléphants font la danse
Tourne, tourne le rondeau
Leurs cinq trompes se balancent
Cinq éléphants font la danse
Ébahissant les badauds
Tourne, tourne le rondeau
Ils barrissent en cadence
Ébahissant les badauds
Leurs cinq trompes se balancent
Ils barrissent en cadence
Cinq éléphants font la danse

Rondeauderdrome des éléphants, B
Cinq éléphants font la danse
Tourne, tourne le rondeau
Leurs cinq trompes se balancent
Ils barrissent en cadence
Ébahissant les badauds
Tourne, tourne le rondeau
Ils barrissent en cadence
Cinq éléphants font la danse
Ébahissant les badauds
Leurs cinq trompes se balancent
Cinq éléphants font la danse

(Jacques Roubaud)

 

Recueil: Rondeaux poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’éléphant (Gilles Brulet)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2020



 

éléphant  [1280x768]

L’éléphant

J’ai réussi
A savoir pourquoi
rarement s’énerve
L’éléphant
C’est tout simplement
Parce que la moutarde
A trompe à monter.

(Gilles Brulet)

Illustration

 

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Sous les niaoulis (Louise Michel)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2019



Sous les niaoulis

Sous les niaoulis, les arbres des tribus,
Nous écoutons les flots aux murmures confus.

Il faut que l’aurore se lève;
Chaque nuit recèle un matin.
Pour qui la veille n’est qu’un rêve,
L’herbe folle deviendra grain.
Les flots roulent, le temps s’écoule,
Le désert deviendra cité.
Sur les mornes que bat la houle
S’agitera l’humanité.

Nous apparaîtrons à ces âges
Comme nous voyons maintenant
Devant nous les tribus sauvages,
Dont les rondes vont tournoyant;
Et de ces races primitives,
Se mêlant au vieux sang humain,
Sortiront des forces actives
L’homme monte comme le grain.

Sur les niaoulis gémissent les cyclones.
Sonnez, ô vents des mers vos trompes monotones!

(Louise Michel)


Illustration

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Ce piano voyage en dedans (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2019




    
Ce piano voyage en dedans,
voyage par sauts joyeux.
Ensuite il médite, en repos ferré,
cloué par dix horizons.

Il avance. Il se traîne sous des tunnels,
plus loin, sous des tunnels de douleur,
sous des vertèbres qui fuguent naturellement.

D’autres fois, ses trompes vont,
lents et jaunes désirs de vivre,
vont s’éclipsant
et s’épouillent d’insectiles cauchemars
déjà morts pour le tonnerre, héraut des genèses.

Obscur piano qui guettes-tu
avec ta surdité qui m’entend,
avec ton mutisme qui m’assourdit ?

Oh pouls mystérieux.

(César Vallejo)

 

Recueil: Poésie complète 1919-1937
Traduction: Nicole Réda-Euvremer
Editions: Flammarion

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Blessé d’une plaie inhumaine (Philippe Desportes)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2019



 

Lori Earley_470

Blessé d’une plaie inhumaine,
Loin de tout espoir de secours,
Je m’avance à ma mort prochaine,
Plus chargé d’ennuis que de jours.

Celle qui me brûle en sa glace,
Mon doux fiel, mon mal et mon bien,
Voyant ma mort peinte en ma face,
Feint hélas ! n’y connaître rien.

Comme un roc à l’onde marine
Elle est dure aux flots de mes pleurs :
Et clôt, de peur d’être bénine,
L’oreille au son de mes douleurs

D’autant qu’elle poursuit ma vie,
D’ennuis mon service payant,
Je la dirai mon ennemie,
Mais je l’adore en me hayant.

Las ! que ne me puis-je distraire,
Çonnaissant mon mal, de la voir ?
Ô ciel rigoureux et contraire !
C’est toi qui contrains mon vouloir,

Ainsi qu’au clair d’une chandelle
Le gai papillon voletant,
Va grillant le bout de son aile,
Et perd la vie en s’ébattant :

Ainsi le désir qui m’affole,
Trompé d’un rayon gracieux,
Fait hélas ! qu’aveugle je vole
Au feu meurtrier de vos beaux yeux.

(Philippe Desportes)

Illustration: Lori Earley

 

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Datura (Frédéric Jacques Temple)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2019



Illustration
    
Datura

Leurre,
par la blancheur
fétide
de sa trompe
vénéneuse.

(Frédéric Jacques Temple)

 

Recueil: Dans l’erre des vents
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Vois-tu, dans ces silences (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2018



Vois-tu, dans ces silences en lesquels les choses
s’abandonnent et semblent tout près
de trahir leur ultime secret,
parfois on s’attend
découvrir un défaut de la Nature,
le point mort du monde, le chaînon qui ne tient,
le fil à débrouiller qui enfin nous conduise
au centre d’une vérité.
Le regard fouille à l’entour,
l’esprit enquête, accorde, sépare
dans le parfum qui sans cesse gagne
lorsque le jour se fait plus languissant.
Ce sont les silences où l’on voit
dans chaque ombre humaine qui s’éloigne
quelque Divinité surprise.

Mais l’illusion cède, et nous ramène le temps
dans les cités bruyantes où l’azur se montre
par morceaux seulement, tout en haut, entre les cimaises.
La pluie fatigue la terre, ensuite; et s’accumule
la tristesse de l’hiver sur les maisons;
la lumière se fait avare — amère l’âme.
Quand, un jour, d’un porche mal clos,
entre les arbres d’une cour,
nous apparaît le jaune des citrons;
et voici fondre le gel du coeur
et faire en nous ruisseler
leurs chants
les trompes d’or de la solarité.

***

Vedi, in questi silenzi in cui le cose
s’abbandonano e sembrano vicine
a tradire il loro ultimo segreto,
talora ci si aspetta
di scoprire uno sbaglio di Natura,
il punto morto del rondo, l’anello ehe non tiene,
il filo da disbrogliare che finalmente ci metta
nel mezzo di una verità.
Lo sguardo fruga d’intorno,
la mente indaga accorda disunisce
nel profumo che dilaga
quando i1 giorno più languisce.
Sono i silenzi in cui si vede
in ogni ombra umana che si allontana
qualche disturbata Divinità.

Ma l’illusione manca e ci riporta il tempo
nelle città rumorose dove l’azzurro si rostra
soltanto a pezzi, in alto, tra le cimase.
La pioggia stanca la terra, di poi; s’affolta
il tedio dell’inverno sulle case,
la luce si fa avara – amara l’anima.
Quando un giorno da un malchiuso portone
tra gli alberi di una corte
ci si mostrano i gialli dei limon;
e il gelo del cuore si sfa,
e in petto ci scrosciano
le loro canzoni
le trombe d’oro della solarità.

(Eugenio Montale)

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Le pauvre héliotrope (Georges Ribemont-Dessaignes)

Posted by arbrealettres sur 8 février 2018



 

[…]
Et le pauvre héliotrope tout petit pour contenir tant
de chaleur et de lumière
Ignorant les limites de son amour,
Alors qu’il fallait se fondre et non posséder,
Et que si le repos de l’être exige du silence qu’il absorbe
l’esprit,
Au poème de la douce chair il n’est de foudroyant éclair
A unir les deux pôles du désir
Que dans l’ultime nuit,
Le pauvre héliotrope réduit à ne plus se connaître
Se fane, penche la tête,
Et le présent cligne de l’oeil,
Tandis que quelque part sur la voûte du zodiaque,
Du côté opposé au soleil,
Les éléphants de l’éternité sonnent de la trompe,
Et la chair inassouvie souhaite la mort
A l’heure que s’émeut le premier duvet de l’amour.

(Georges Ribemont-Dessaignes)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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Le galet (Louis Bouilhet)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2018



Le galet

Rond, luisant et poli sous la vague marine,
Océan, je l’ai pris parmi tes flots amers,
Ce caillou blanc avec sa frange purpurine,
Comme un bijou tombé du vaste écrin des mers.

Mille ans, il a roulé sur le bord de cette onde,
Les flots jaloux, mille ans, l’ont ramené vers toi ;
Et peut-être, Océan, sous ta houle profonde,
Tu ne l’avais poli que pour qu’il vint à moi !

Je l’ai pris, ruisselant d’une écume embaumée
(Tel un avare prend un trésor), et joyeux,
Ô mer, je l’emportai loin de ta rive aimée,
Comme un gage d’ami qui nous fait ses adieux.

Et depuis, quand parfois je le contemple encore,
Frémissant, éperdu, je crois tenir soudain
Avec ses bruits, ses flots et sa trompe sonore,
Tout le grand Océan dans le fond de ma main !

(Louis Bouilhet)

 

 

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