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Posts Tagged ‘trompe’

L’éléphant (Gilles Brulet)

Posted by arbrealettres sur 13 janvier 2020



 

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L’éléphant

J’ai réussi
A savoir pourquoi
rarement s’énerve
L’éléphant
C’est tout simplement
Parce que la moutarde
A trompe à monter.

(Gilles Brulet)

Illustration

 

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Sous les niaoulis (Louise Michel)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2019



Sous les niaoulis

Sous les niaoulis, les arbres des tribus,
Nous écoutons les flots aux murmures confus.

Il faut que l’aurore se lève;
Chaque nuit recèle un matin.
Pour qui la veille n’est qu’un rêve,
L’herbe folle deviendra grain.
Les flots roulent, le temps s’écoule,
Le désert deviendra cité.
Sur les mornes que bat la houle
S’agitera l’humanité.

Nous apparaîtrons à ces âges
Comme nous voyons maintenant
Devant nous les tribus sauvages,
Dont les rondes vont tournoyant;
Et de ces races primitives,
Se mêlant au vieux sang humain,
Sortiront des forces actives
L’homme monte comme le grain.

Sur les niaoulis gémissent les cyclones.
Sonnez, ô vents des mers vos trompes monotones!

(Louise Michel)


Illustration

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Ce piano voyage en dedans (César Vallejo)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2019




    
Ce piano voyage en dedans,
voyage par sauts joyeux.
Ensuite il médite, en repos ferré,
cloué par dix horizons.

Il avance. Il se traîne sous des tunnels,
plus loin, sous des tunnels de douleur,
sous des vertèbres qui fuguent naturellement.

D’autres fois, ses trompes vont,
lents et jaunes désirs de vivre,
vont s’éclipsant
et s’épouillent d’insectiles cauchemars
déjà morts pour le tonnerre, héraut des genèses.

Obscur piano qui guettes-tu
avec ta surdité qui m’entend,
avec ton mutisme qui m’assourdit ?

Oh pouls mystérieux.

(César Vallejo)

 

Recueil: Poésie complète 1919-1937
Traduction: Nicole Réda-Euvremer
Editions: Flammarion

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Blessé d’une plaie inhumaine (Philippe Desportes)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2019



 

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Blessé d’une plaie inhumaine,
Loin de tout espoir de secours,
Je m’avance à ma mort prochaine,
Plus chargé d’ennuis que de jours.

Celle qui me brûle en sa glace,
Mon doux fiel, mon mal et mon bien,
Voyant ma mort peinte en ma face,
Feint hélas ! n’y connaître rien.

Comme un roc à l’onde marine
Elle est dure aux flots de mes pleurs :
Et clôt, de peur d’être bénine,
L’oreille au son de mes douleurs

D’autant qu’elle poursuit ma vie,
D’ennuis mon service payant,
Je la dirai mon ennemie,
Mais je l’adore en me hayant.

Las ! que ne me puis-je distraire,
Çonnaissant mon mal, de la voir ?
Ô ciel rigoureux et contraire !
C’est toi qui contrains mon vouloir,

Ainsi qu’au clair d’une chandelle
Le gai papillon voletant,
Va grillant le bout de son aile,
Et perd la vie en s’ébattant :

Ainsi le désir qui m’affole,
Trompé d’un rayon gracieux,
Fait hélas ! qu’aveugle je vole
Au feu meurtrier de vos beaux yeux.

(Philippe Desportes)

Illustration: Lori Earley

 

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Datura (Frédéric Jacques Temple)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2019



Illustration
    
Datura

Leurre,
par la blancheur
fétide
de sa trompe
vénéneuse.

(Frédéric Jacques Temple)

 

Recueil: Dans l’erre des vents
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Vois-tu, dans ces silences (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2018



Vois-tu, dans ces silences en lesquels les choses
s’abandonnent et semblent tout près
de trahir leur ultime secret,
parfois on s’attend
découvrir un défaut de la Nature,
le point mort du monde, le chaînon qui ne tient,
le fil à débrouiller qui enfin nous conduise
au centre d’une vérité.
Le regard fouille à l’entour,
l’esprit enquête, accorde, sépare
dans le parfum qui sans cesse gagne
lorsque le jour se fait plus languissant.
Ce sont les silences où l’on voit
dans chaque ombre humaine qui s’éloigne
quelque Divinité surprise.

Mais l’illusion cède, et nous ramène le temps
dans les cités bruyantes où l’azur se montre
par morceaux seulement, tout en haut, entre les cimaises.
La pluie fatigue la terre, ensuite; et s’accumule
la tristesse de l’hiver sur les maisons;
la lumière se fait avare — amère l’âme.
Quand, un jour, d’un porche mal clos,
entre les arbres d’une cour,
nous apparaît le jaune des citrons;
et voici fondre le gel du coeur
et faire en nous ruisseler
leurs chants
les trompes d’or de la solarité.

***

Vedi, in questi silenzi in cui le cose
s’abbandonano e sembrano vicine
a tradire il loro ultimo segreto,
talora ci si aspetta
di scoprire uno sbaglio di Natura,
il punto morto del rondo, l’anello ehe non tiene,
il filo da disbrogliare che finalmente ci metta
nel mezzo di una verità.
Lo sguardo fruga d’intorno,
la mente indaga accorda disunisce
nel profumo che dilaga
quando i1 giorno più languisce.
Sono i silenzi in cui si vede
in ogni ombra umana che si allontana
qualche disturbata Divinità.

Ma l’illusione manca e ci riporta il tempo
nelle città rumorose dove l’azzurro si rostra
soltanto a pezzi, in alto, tra le cimase.
La pioggia stanca la terra, di poi; s’affolta
il tedio dell’inverno sulle case,
la luce si fa avara – amara l’anima.
Quando un giorno da un malchiuso portone
tra gli alberi di una corte
ci si mostrano i gialli dei limon;
e il gelo del cuore si sfa,
e in petto ci scrosciano
le loro canzoni
le trombe d’oro della solarità.

(Eugenio Montale)

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Le pauvre héliotrope (Georges Ribemont-Dessaignes)

Posted by arbrealettres sur 8 février 2018



 

[…]
Et le pauvre héliotrope tout petit pour contenir tant
de chaleur et de lumière
Ignorant les limites de son amour,
Alors qu’il fallait se fondre et non posséder,
Et que si le repos de l’être exige du silence qu’il absorbe
l’esprit,
Au poème de la douce chair il n’est de foudroyant éclair
A unir les deux pôles du désir
Que dans l’ultime nuit,
Le pauvre héliotrope réduit à ne plus se connaître
Se fane, penche la tête,
Et le présent cligne de l’oeil,
Tandis que quelque part sur la voûte du zodiaque,
Du côté opposé au soleil,
Les éléphants de l’éternité sonnent de la trompe,
Et la chair inassouvie souhaite la mort
A l’heure que s’émeut le premier duvet de l’amour.

(Georges Ribemont-Dessaignes)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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Le galet (Louis Bouilhet)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2018



Le galet

Rond, luisant et poli sous la vague marine,
Océan, je l’ai pris parmi tes flots amers,
Ce caillou blanc avec sa frange purpurine,
Comme un bijou tombé du vaste écrin des mers.

Mille ans, il a roulé sur le bord de cette onde,
Les flots jaloux, mille ans, l’ont ramené vers toi ;
Et peut-être, Océan, sous ta houle profonde,
Tu ne l’avais poli que pour qu’il vint à moi !

Je l’ai pris, ruisselant d’une écume embaumée
(Tel un avare prend un trésor), et joyeux,
Ô mer, je l’emportai loin de ta rive aimée,
Comme un gage d’ami qui nous fait ses adieux.

Et depuis, quand parfois je le contemple encore,
Frémissant, éperdu, je crois tenir soudain
Avec ses bruits, ses flots et sa trompe sonore,
Tout le grand Océan dans le fond de ma main !

(Louis Bouilhet)

 

 

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LA VOIX DU CHOEUR (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



LA VOIX DU CHOEUR

Combien souvent nous pleurons
Sur la médiocrité de notre vie !
Mais si vous saviez, amis,
Le froid et les ténèbres des jours futurs !

Maintenant, tu serres la main de l’aimée,
Tu joues, tu plaisantes avec elle ;
Tu pleures, si tu te crois trompé,
Ou si tu vois dans sa main un poignard,
Enfant, enfant !

Mensonge et perfidie sont sans mesure,
Et la mort est encore loin !
De plus en plus noir sera le monde terrible,
De plus en plus fou le tourbillon des planètes
Pendant des siècles, des siècles !

Et le siècle dernier, le plus effrayant de tous,
Nous le verrons, vous et moi.
Le péché sordide cachera tout le ciel,
Le rire se figera sur les bouches,
Devant l’horreur du néant !

Le printemps, enfant, tu attendras :
Le printemps te trahira.
Tu appelleras le soleil dans le ciel
Le soleil ne se lèvera pas.
Et ton cri, quand tu te mettras à crier,
Comme une pierre, retombera.

Soyez donc contents de votre vie,
Plus calmes que l’eau, plus humbles que l’herbe
Oh, si vous pouviez savoir, enfants,
Le froid et les ténèbres des jours qui viennent !

(Alexandre Blok)

Illustration: Hans Thoma

 

 

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LA PITIÉ DE L’AMOUR (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2017



 

LA PITIÉ DE L’AMOUR

Pitié plus qu’on ne peut dire
Se cache au coeur de l’amour,
Puisque tous ces gens qui trafiquent
Et le charroi des nuées,
Et tous ces vents froids qui soufflent
Sans fin leurs trompes de pluie,
Et ce bois de noisetiers sombre
Où l’eau court comme souris grises,
Tout menace l’être que j’aime.

***

THE PITY OF LOVE

A pity beyond all telling
Is hid in the heart of love :
The folk who are buying and selling,
The clouds on their journey above,
The cold wet winds ever blowing,
And the shadowy hazel grove
Where mouse-grey waters are flowing,
Threaten the head that I love.

(William Butler Yeats)

Illustration: Ai Xuan

 

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