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Poésie

Posts Tagged ‘rarement’

Le Poème (Jean Lavoué)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2019




    
Le Poème
Tu le suis pieds nus
Il ouvre la voie
Il marche devant
Tu n’es jamais au fait de sa venue
Il est toujours là où tu ne l’attends pas
Dès qu’il te voit il te hèle en passant
Tu le reconnais rarement
Et souvent tu le perds de vue
Mais c’est alors qu’en signes pauvres
En gestes silencieux
Sur la table du coeur
Il grave son secret
Avec des doigts de feu

(Jean Lavoué)

 

Recueil: Nous sommes d’une source
Traduction:
Editions: L’enfance des arbres

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UN MARIAGE (Norge)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2018



UN MARIAGE

Un garçon comme ça se rencontre rarement :
bon comme le pain, vif comme la poudre,
fort comme un turc, doux comme un mouton.
Et une fille comme ça :
belle comme le jour, fraîche comme la rose,
pure comme l’or se rencontre rarement.

Eh bien, ils se rencontrèrent.
Ils ont une fille laide comme un pou
et une vie bête comme chou.

(Norge)

 

 

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Ces grands cris des profondeurs (Marie Noël)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2018



    

Ces grands cris des profondeurs,
le poète ne les a poussés que rarement, à de très longs intervalles.

Ils ne doivent traverser une salle que très brièvement
sans s’y attarder.

Ce sont, comme presque tous les malheurs, des accidents.
Rassembler ces accidents me semble une faute d’art.
(…)
Ce n’est pas vrai.

(Marie Noël)

 

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UN JEUNE POÈTE PENSE A SA BIEN-AIMÉE QUI HABITE DE L’AUTRE CÔTÉ DU FLEUVE (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2018




    
UN JEUNE POÈTE PENSE A SA BIEN-AIMÉE QUI HABITE DE L’AUTRE CÔTÉ DU FLEUVE
Sao-Nan

La lune monte vers le cœur du ciel nocturne et s’y repose amoureusement.
Sur le lac lentement remué, la brise du soir passe, passe, repasse, en baisant l’eau heureuse.
Oh ! quel accord serein résulte de l’union des choses qui sont faites pour s’unir !
Mais les choses qui sont faites pour s’unir s’unissent rarement.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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ÉCLAТАNТE ВЕAUТÉ… (Attila József)

Posted by arbrealettres sur 12 juin 2018




    
ÉCLAТАNТE ВЕAUТÉ…

Je nageais dans la beauté
Éclatante, chair et rose…
D’un coup la réalité
M’assomme, caillou sans cause.

Mais pourquoi toujours biaiser?
Pas de caillou symbolique :
Ne pas idéaliser
Quand le sort me fait la nique.

L’instinct trahit rarement,
Cet homme apportait le drame :
«Il vient couper le courant » …
Mer et tempête en mon âme.

Prêt pour tailler mon crayon .
Mon couteau, dans la lumière :
Tuer… faire le lion,
Et qu’ils paient pour ma misère !

Déjà tout est condamné :
La bête, elle, a sa tanière,
Mais moi, je suis désarmé
Pour cette espèce de guerre.

Тu serai, pis encor :
Assommé sans élégance,
L’arme légale, c’est l’or :
On est dupe avec la lance.

Aujourd’hui le héros peut,
Bombe de nouvelle espèce,
Lancer de beaux billets bleus
Explosant en sous et pièces.

Et voilà comme, tangent,
Je tirai ma révérence…
Ce soir, lime, astres d’argent
Ме parlaient de l’espérance.

(Attila József)

 

Recueil: Aimez-moi – L’oeuvre poétique
Traduction: Georges Kassaï
Editions: Phébus

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Parfois (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2018


aimer

Parfois avec le Coeur
Rarement avec l’Ame
Encore moins souvent avec Toute-Puissance
Certains – n’aiment jamais.

***

Sometimes with the Heart
Seldom with the Soul
Scarcer once with the Might
Few – love at all.

(Emily Dickinson)

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Nostalgie (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 6 novembre 2017



Quand
la nuit va s’évanouir
Peu avant le printemps
et que rarement
quelqu’un passe

Sur Paris se condense
une sombre couleur
de larmes

Au coin
d’un pont
je contemple le silence sans fin
d’une fille
grêle

Nos deux maladies
se confondent

Et comme emportés
on reste là.

(Giuseppe Ungaretti)

Illustration: Paul Delvaux

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Lettre à Louise Colet (Gustave Flaubert)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2017




    

Lettre à Louise Colet

Toi, je t’aime comme je n’ai jamais aimé et comme je n’aimerai pas.
Tu es, et resteras seule, et sans comparaison avec nulle autre.

C’est quelque chose de mélangé et de profond,
quelque chose qui me tient par tous les bouts,
qui flatte tous mes appétits et caresse toutes mes vanités.

Ta réalité y disparaît presque.
Pourquoi est-ce que, quand je pense à toi,
je te vois souvent avec d’autres costumes que les tiens?

L’idée que tu es ma maîtresse me vient rarement,
ou du moins tu ne te formules pas devant moi par cela.

Je contemple (comme si je la voyais)
ta figure tout éclairée de joie,
quand je lis tes vers en t’admirant,
alors qu’elle prend une expression radieuse d’idéal,
d’orgueil et d’attendrissement.

Si je pense à toi au lit, c’est étendue,
un bras replié, toute nue,
une boucle plus haute que l’autre,
et regardant le plafond.

Il me semble que tu peux vieillir,
enlaidir même
et que rien ne te changera.

(Extrait de lettre du 21 ao0t 1853)

(Gustave Flaubert)

 

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Un jeune poète pense à sa bien-aimée qui habite de l’autre côté du fleuve (Sao-Nan)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2017



UN JEUNE POÈTE PENSE A SA BIEN-AIMÉE QUI HABITE DE L’AUTRE CÔTÉ DU FLEUVE

La lune monte vers le coeur du ciel nocturne
et s’y repose amoureusement.

Sur le lac lentement remué,
la brise du soir passe, passe, repasse,
en baisant l’eau heureuse.

Oh ! quel accord serein résulte de l’union des choses
qui sont faites pour s’unir !
Mais les choses qui sont faites pour s’unir
s’unissent rarement.

(Sao-Nan)

 Illustration

 

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ANDANTINO (Giorgio Caproni)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2016




ANDANTINO

Je l’ai vu si rarement
et, toujours, si vite.

Une fois, ou bien l’ai-je cru,
ce fut dans un des plus sombres
recoins d’un bar, au port.

Mais était-ce moi, était-ce lui ?

Il y avait tant de fumée. Tant de gens.
A grand-peine, je pus découvrir son visage
fixé sur sa bière délaissée.
Il tenait sa main posée
sur la table, et tout
doucement battait des doigts
sur le marbre – ses doigts
plus longs, semblait-il, et plus maigres
que sa vie entière.

J’essayai de l’appeler. Je levai
même un bras.
Mais le vacarme.
La radio si forte.
Je cherchai,
en jouant des coudes, à m’ouvrir un passage
dans la foule, mais lui
(ou était-ce moi ?) lui
s’était déjà levé : disparu,
sans que je l’eusse croisé.

Muet, je m’assis
à sa place, et — vide —

***

ANDANTINO

Cosi di rado l’ho visto
e, sempre, cosi di sfuggiita.

Una volta, o m’è parso,
fu in uno dei più bui
canton d’un bar, al porto.

Ma ero io, era lui ?

C’era un fumo. Una folla.
A stento, potei scorgerne it volto
fisso sulla sua birra svogliata.
Teneva la mano posata
sul tavolo, e piano
piano batteva le dita
sul marmo – quelle sue dita
più lunghe, pareva, e più magre
di tutta la sua intera vita.

Provai a chiamarlo. Alzai
anche un braccio.
Ma il chiasso.
La radio cosí alta.
Cercai,
a urtoni, d’aprirmi un passo
tra la calca, ma lui
(od ero io ?) lui
già sera alzato : sparito,
sena che io lo avessi incrociato.

Mi misi, muto, a sedere
al suo posta, e – vuoto –

(Giorgio Caproni)

Illustration: Henri de Toulouse-Lautrec

 

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