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Poésie

Posts Tagged ‘perdurer’

Chanson muette (Gaëtane Drouin Salmon)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2019



Chanson muette

Coloris d’ombres sur l’été
grappes d’enfants soie

silence emmitouflé d’oiseaux
nuage de paroles sur la neige
bourrasque de feu

il y aura toujours
un écho perdu qu’on retrouve
un soleil ébloui qui perdure
une chanson muette avec

mon corps dedans

(Gaëtane Drouin Salmon)

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Les arbres aussi versent des larmes (Alain Mabanckou)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2019



il est encore dit
dans le village d’où je viens
que les arbres aussi versent des larmes
lorsque perdure
l’absence des oiseaux
sur leurs branches

(Alain Mabanckou)

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Oublie la fragilité des choses (Alain Mabanckou)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2019



Oublie la fragilité des choses
Ce qui est éphémère a des raisons de l’être
L’éternité n’est pas du côté
Des choses qui perdurent

(Alain Mabanckou)

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Oh, comme je voudrais (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2019




    
Oh, comme je voudrais,
Insaisissable et lisse,
Suivre en volant le rai
Là-bas où je n’existe.

Le seul bonheur qui t’aille :
Rayonner dans un cercle,
Apprenant chez l’étoile
Le sens de la lumière.

Rayon et clarté pure,
Cela vient seulement
D’un tout-puissant murmure,
D’un chaud balbutiement.

Sache que je murmure,
Et je vais, murmurant,
Au rayon qui perdure
Te confier, mon enfant.

(Ossip Mandelstam)

***

 

Recueil: Les poésies d’amour
Traduction: Henri Abril
Editions: Circé

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VIE PÉTRIFIÉE (Kathleen Raine)

Posted by arbrealettres sur 13 décembre 2018



    

VIE PÉTRIFIÉE

L’heure de vision
La fleur de lumière
Les intolérables
Ailes de l’envol

Tout devient fossile
Devient pierre
La coquille fragile
Et l’os massif.

Le sang les nerfs
La trace de la pensée
Qui traverse la nuit
Depuis la source du monde.

Le jeu de la lumière
Sillage du soleil
Est soudain immobile
Comme une rivière gelée

Immobiles soudain
Oiseau, fleur et coquille
Que l’amour a créés,
Que la vie a parfaits,
Pour ainsi perdurer.

***

STILL LIFE

The hour of sight
Flower of light
And unendurable
Wings of fight

Ail turn to fossil
Turn to stone
The delicate shell
And the mighty bone.

The blood the nerves
The trace of thought
That cross the night
From the source of the world.

The play of light
In the wake of the sun
Is suddenly still
Like a frozen stream

Suddenly still
Bird, , flower and shell
That love has created,
Life-shaped and perfected,
So to remain.

(Kathleen Raine)

 

Recueil: Sur un rivage désert
Traduction: Marie-Béatrice Mesnet et Jean Mambrino
Editions: Granit

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Que vouloir de plus? (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 19 septembre 2018



Les dieux, et les Messies qui sont des dieux,
Passent, et les songes vains qui sont d’autres Messies.
Muette la terre perdure.
Ni dieux, ni Messies, ni idées ne me prodiguent
Des roses. Miennes, ces roses, si je les tiens.
Et si je les tiens, que vouloir de plus?

(Fernando Pessoa)

Illustration: ArbreaPhotos

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Corps, que sais-tu de moi (José Ángel)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018



Corps, que sais-tu de moi
pour ainsi me fixer
dans la mélancolie du soir,
tu me scrutes, tu penses, bouges
la tête où perdure l’insolite
l’air
de ce qui fut notre jeunesse.

Et maintenant
que la traversée s’annonce longue et qu’il n’est
rien, semblerait-il, à quoi nous ne fussions morts,
corps nu, dis-moi,
que sais-tu de moi pour ainsi me fixer
au bord obscur et effacé de cette mer.

***

Qué sabes, cuerpo, tú de mí
que así me miras
en esta tarde melancólica,
me escrutas, piensas, mueves
la cabeza donde insólito dura
el aire
de aquella nuestra juventud.

Y ahora
que la navegación se anuncia larga y nada
parecería haber que no hubiéramos muerto,
desnudo cuerpo, dime,
qué sabes tú de mí que así me miras
en la borrada orilla oscura de este mar.

***

What do you know, body, of me
that you look at me so
on this melancholy afternoon,
scrutinize me, think, move
your head where strangely remains
the air
of that our youth.

And now
that the navigation promises to be a long one and nothing
would seem as if we had not died,
naked body, tell me,
what do you know of me that you look at me so
on the erased dark shore of this sea.

(José Ángel)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Hippolyte Flandrin

 

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SECRET (Philippe Delaveau)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2018



    


    
SECRET

Plusieurs vies se sont partagé ma vie
Pendant que je ceinturais la terre.
Il ne sert à rien de rêver :
Je croyais étreindre les astres,
Sonder l’intensité de l’ombre.

Ciel où l’être perdure. Mer couleur de papier
D’emballage et le môle. Épervier d’une grue,
Drague épileptique avec son bruit de rouille
Dans le chenal. Mais le navire à quai
Pour l’aventure. Rien sans exil ni solitude.

Je ne chercherai plus dehors ce qui est au-dedans
Le convoi lent de la sagesse et les images.
Sur cette terre aux masques blancs
D’Hécate, aux sauvagines
Sur les marais que troue le groin des barques,
Je craignais de me perdre : loin de toi
Le monde est mort, halliers déserts.

Souris-moi, parle de ta voix
Grave et douce et légère, joyeuse,
Des profondeurs et de ce temps.
Tes pas traversent doucement
La neige du silence et l’ombre sous les arbres.
Ô fée vêtue de fleurs.
Ta main au feu des bagues.

(Philippe Delaveau)

 

Recueil: Le Veilleur amoureux précédé d’Eucharis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Les Poètes allument des Lampes – (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2018



Les Poètes allument des Lampes –
Eux-mêmes – s’éteignent –
Ils remontent les Mèches
Si la Clarté vitale
Perdure comme les Soleils –
Chaque Âge sera un Verre
Qui diffusera leur
Halo de lumière –

***

The Poets light but Lamps –
Themselves – go out –
The Wicks they stimulate
If vital Light
Inhere as do the Suns –
Each Age a Lens
Disseminating their
Circumference –

(Emily Dickinson)

Illustration

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Chanson de Gautama (Julio Cortázar)

Posted by arbrealettres sur 11 février 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Chanson de Gautama

What is identity, and what is difference ? (NAGARJUNA)

Chaque pétale de la fleur
et chaque flocon de neige
entraînent la roue de la mort :
le un meurt, et naît le deux.

La cicatrice du cimeterre
qui coupe la soie volante,
sépare dans la réalité
ce qui dure et ce qui passe,

comme les yeux et les bouches
qui devinent et déjà tissent
leur royaume de vains visages,
leurs parcs de roses fictives.

Toute caresse est un miroir
qui nous montre des images,
toute question est le passage
de la parole au secret.

Amour, nostalgie finale
de terrasses et de jardins,
le son du flûtiste naît
de renoncer au baiser.

Pourquoi céder aux copies,
de tant de statues de soi,
si à la fin du chemin
ce qui se perd perdure ?

Un homme qui médite au pied
de l’arbre qui sera son signe,
sait que la route du pauvre
contient la route du roi,

et que dans le deuil constant
où meurt peu à peu le monde,
revient le délire d’être un
en pleine danse d’un autre.

Peut-être pour cela la fleur
nie la beauté du soleil,
comme dans le char de la lune
le blanc aurige nie Dieu.

Peut-être pour cela la voix
est le miroir du Miroir,
et l’homme, ce rêve divin,
monte en roulant dans le vide.

***

Canción de Gautama

Cada pétalo de la flor
y cada copo de la nieve
giran la rueda de la muerte:
el uno cesa, nace el dos.

El tajo de la cimitarra
que corta el vuelo del cendal
separa en toda realidad
lo que perdura y lo que pasa,

como los ojos y las bocas
al distinguir ya están hilando
su reino de perfiles vanos,
sus parques de fingidas rosas.

Toda caricia es el espejo
que nos propone a tanta imagen,
toda pregunta es el pasaje
de la palabra a otro secreto.

Amor, al final melancolía
de parques y terrazas, música
que sólo crece en la renuncia
al beso del sutil flautista.

¿Por qué ceder a tanta réplica,
a tanta estatua de sí mismo,
si en el resumen del camino
lo que se pierde es lo que queda?

El hombre que medita al pie
de un árbol que será su signo
sabe que al paso del mendigo
contiene ya el paso del rey,

y que de tan claro despojo
donde se va anulando el mundo
nace el delirio de ser uno
en plena danza de ser otro.

Por eso, acaso, está la flor
negando al sol en su hermosura,
como en el carro de la luna
el albo auriga niega a Dios.

Por eso acaso la palabra
es el espejo del Espejo,
y el hombre, ese divino sueño,
sube cayendo hacia la nada.

(Julio Cortázar)

Recueil: Crépuscule d’automne
Traduction: Silvia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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