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Posts Tagged ‘moelleux’

L’envie de retrouver un être (Luc Bérimont)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2018



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L’envie de retrouver un être
Brûle au bas du poignet, au confluent du sang.
La fenêtre regarde à la face des lèpres
Les fumées, le brouillard, cimentent le ciel dur ;
La nuit va tout confondre
Il y a vers la gare un vacarme d’acier
Bordé par le moelleux d’un robinet de cuivre roux
qui goutte ;
Vers les plaines, la lune gît
Une forêt dérape au vent
Dévastée par l’appel d’un homme en solitude.

(Luc Bérimont)

Illustration

 

 

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LE POÈTE SE LÈVE TARD (La Flûte de Jade)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2018



 

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LE POÈTE SE LÈVE TARD

Les oiseaux, qui gazouillent dans les arbres, me réveillent.
Déjà, le soleil réchauffe l’auvent de ma fenêtre.
Je m’étire, puis je referme les yeux.
Ma couverture a une épaisseur convenable.
Mon oreiller est moelleux à souhait.

C’est le moment, entre tous exquis, où je suis incapable de penser.
Je ne sais plus si je suis vieux, si je suis jeune.
J’ignore, même, de quel côté est mon lit.

Il me semble que les sept trous de ma tête n’existent pas,
et que ma femme, tout à l’heure,
me prendra pour une grande chrysalide de papillon qui attend le printemps

(La Flûte de Jade)

Illustration

 

 

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Seigneur, l’automne arrive (Raymond Carver)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2018



Illustration
    
Seigneur, l’automne arrive.
Un vol de bernaches passe
dans le ciel. La petite jument lève
la tête, frissonne, se remet
à brouter. Je crois que je vais m’étendre
sur cette herbe moelleuse. Je fermerai les yeux
et j’écouterai le vent, et le bruit des ailes.
Rêver pendant une heure, heureux d’être ici
et pas ailleurs. Pour une part. Mais aussi
comprenant ce fait terrible:
des êtres que j’ai aimés sont partis
pour un autre et moindre lieu.

(Raymond Carver)

 

Recueil: La vitesse foudroyante du passé
Traduction: Emmanuel Moses
Editions: Points

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Qui donc vous a surpris… (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2017



Illustration: Luana Béatrice Lazar

    
Qui donc vous a surpris…

Qui donc vous a surpris, ô concert de parfums,
Musique résonnant comme au bord d’un abîme,
Vert chaleureux d’un pâtre en l’arc-en-ciel des cîmes,
Orage sombre pleurant sur nos bonheurs défunts.

Plus parfaits, plus moelleux qu’un contour mélodique,
Vous parlez à notre âme et ravagez nos sens,
Et vous nous caressez, tels des doigts frémissants,
Gestes enténébrés qu’aucun devin n’explique.

L’accord des buis amers et des oeillets musqués
Nous verse des liqueurs aux sûres attirances,
Je percois à travers leurs subtiles fragrances
Le piège que nous tend le désir embusqué.

Au secret éternel seul accent qui déroge,
Les parfums sont des fleurs aux vases du Léthé;
Plus clairs que le reflet des ruisseaux enchantés,
Les magiques miroirs que mon coeur interroge.

Fruits blets des bois rouillés, feuillages des sureaux,
Il suffit qu’au flacon merveilleux je m’abreuve
Pour que tout ce qui dort épars en moi s’émeuve,
Que s’agitent des morts au fond de leurs tombeaux.

Plus loin que la raison vaine et la conscience,
Jusqu’aux instincts gisants à jamais ignorés,
Dieux qu’on a détrônés, parfums, vous pénétrez:
Vous êtes l’infini distillant son essence.

(Marie Dauguet)

 

 

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J’te veux (Jean Villard–Gilles)

Posted by arbrealettres sur 13 mai 2017



 


Illustration
    
J’te veux

Quand on s’est connu dans la vie
C’était un jour d’ printemps
Elle était jolie, oh, jolie !
Une frimousse, un p’tit corps épatant
On s’est vu, on s’est plu tout d’ suite
Veux-tu monter chez moi ?
Et hop ! Dans le dodo bien vite
En chantant tous les deux à mi-voix

J’ te veux, tu m’ veux
J’ te r’veux, tu m’ reveux, c’est fantastique
De s’ vouloir comme ça !
Allons-y tant qu’y aura
De quoi faire marcher la p’tite musique
J’ te veux, tu m’ veux
J’ te r’veux, tu m’ reveux, c’est fantastique
Ohé, les copains
Ah ! là, c’ qu’on est heureux
Car les nuits se suivent à la queue leu leu

Blottis près du ciel au septième,
Jouons le joli jeu
C’est si bon d’être deux quand on s’aime
C’est si bon d’ s’aimer quand on est deux
Aujourd’hui, c’est l’anniversaire
De nos premiers émois
L’ plus grand plaisir qu’ tu puisses me faire
Tu l’ sais bien, mon gosse chéri, c’est toi

J’ te veux, tu m’ veux,
J’ te r’veux, tu m’ reveux, c’est fantastique
Le plus beau cadeau
C’est toi dans le dodo
C’est l’amour et sa tendre musique
J’ te veux, tu m’ veux
J’ te r’veux, tu m’ reveux, c’est fantastique
Ohé, les copains
Ah ! là, c’ qu’on est heureux
Car les nuits se suivent à la queue leu leu

La gloire, les honneurs, les richesses,
Tout ça n’ vaut pas l’amour
Les nuits de caresses et d’ivresse
Qui font oublier les mauvais jours
Par-dessus la ville affairée
Tout là-haut, sous les toits,
Joyeux contre vents et marées
Beaux amants, chantez à pleine voix

J’ te veux, tu m’ veux,
J’ te r’veux, tu m’ reveux, c’est fantastique
Et puis, nous aurons
Des enfants qui feront
A leur tour marcher la p’tite musique
L’amour toujours
Chantera sa chanson frénétique
Tant que sur la Terre, au fond des lits moelleux,
Les nuits se suivront à la queue leu leu

(Jean Villard–Gilles)

 

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Mort en avion (Carlos Drummond de Andrade)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2016



Mort en avion

Je m’éveille pour la mort.
Je me rase, m’habille, me chausse.
C’est mon dernier jour: un jour
entamé d’aucun pressentiment.
Tout fonctionne comme toujours.
Je sors dans la rue. Je vais mourir.

Je ne mourrai pas maintenant. Un jour
entier se profile devant moi.
Un jour comme c’est long. Combien de pas
dans la rue, que je traverse. Et que de choses
dans le temps, accumulées. Sans faire attention,
je suis mon chemin. Bien des visages
se pressent dans mon agenda.

[…]

Je vis
mon instant final et c’est comme
si je vivais depuis bien des années
avant et après ce jour,
une vie continue, sans rupture,
où il n’y aurait pauses ni syncopes ni sommeils,
tant est moelleux dans la nuit cet engin et tant aisément il fend
l’air en blocs de plus en plus gros.

Je suis vingt dans la machine
qui suavement respire,
entre des panneaux stellaires et de lointains souffles de la terre,
je me sens normal à des milliers de mètres d’altitude,
ni oiseau ni mythe,
je garde conscience de mes pouvoirs,
et sans mystification je vole,
je suis un corps volant et j’ai toujours des poches, des montres, des ongles,
relié à la terre par la mémoire et par l’habitude des muscles,
chair sur le point d’exploser.

Ô blancheur, sérénité sous la violence
de la mort sans préavis,
précautionneuse et pourtant irrésistible approche d’un péril atmosphérique,
coup percuté dans l’air, lame de vent
dans le cou, éclair
choc fracas fulguration
nous roulons pulvérisés
je pique verticalement et me transforme en fait divers.

(Carlos Drummond de Andrade)

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Rêve pour l’hiver (Arthur Rimbaud)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2016




Rêve pour l’hiver

L’hiver, nous irons dans un petit wagon rose
Avec des coussins bleus.
Nous serons bien. Un nid de baisers fous repose
Dans chaque coin moelleux.

Tu fermeras l’oeil, pour ne point voir, par la glace,
Grimacer les ombres des soirs,
Ces monstruosités hargneuses, populace
De démons noirs et de loups noirs.

Puis tu te sentiras la joue égratignée…
Un petit baiser, comme une folle araignée,
Te courra par le cou…

Et tu me diras: « Cherche! » en inclinant la tête,
Et nous prendrons du temps à trouver cette bête
Qui voyage beaucoup…

(Arthur Rimbaud)

Illustration: Ricardo Lopez-Cabrera

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L’après-midi (Alain Serres)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2016



C’est l’après-midi.
Je n’ai pas
rien à faire.
Je n’ai pas rien à dire.
Je suis couché là
dans les bras moelleux de l’air
et par un coquelicot,
je retiens la Terre.

(Alain Serres)

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Ma mère (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2016



Ma mère
comme le moelleux
d’une purée de pommes de terre

(Werner Lambersy)


Illustration

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Le Ciel de l’espace immaculé (Dalaï-Lama VIIème)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2015



 

Rockwell Kent    _at_peace

Le Ciel de l’espace immaculé,
J’ai pensé y fondre mon esprit;
le centre des frais nuages suspendus,
J’ai pensé toucher leur moelleux.

(Dalaï-Lama VIIème)

Illustration: Rockwell Kent

 

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