Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘(Michael Edwards)’

A la Rochecourbière (Michael Edwards)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2019


caponigro.stone.voices

A la Rochecourbière

L’air écoute:
Nul bruit ne l’amuse.

Un soleil blanchi
Sur un ciel dénudé.

La distance fait
Trembler les champs.

Nous marchons sur un sol
Sec, et percevons

Ou croyons percevoir

La voix des pierres:
Silence des oiseaux.

***

At La Rochecourbière

An alertness of air
No sound impedes.

A whitened sun
On the naked sky.

Distance disturbs
Trembling fields.

We step on the dry
Earth an hear

Or strain to hear
The voice of stone,

The silence of birds.

(Michael Edwards)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Nous sommes, nous aussi, provisoires (Michael Edwards)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018


heurtoir

Peut-être est-ce nous qui sommes partis.
Les déménageurs musclés mais titubant
Comme des ivrognes sous des poids
Déraisonnables, n’ont laissé
Ni mondes enchantés au fond des glaces,
Ni crédences que l’oeil avait polies,
Ni solide bon sens des chaises, des armoires.
Dans les planchers, l’ébranlement n’est plus.
Nous sommes, nous aussi, provisoires,
Ce lieu qui nous portait devenu d’un coup
Epreuve négative de ces êtres
Etranges que nous fûmes et de leur savoir.
Entre deux portes, nous attendons
Le coup de heurtoir de nos demains.

***

As if we too, we two, had gone.
Heavy removal men have been
Through, and, tipsy with staggering
Weights have departed, leaving no
Alternative worlds in mirrors, no
Tables our looks had polished, nor
Solid sense in chairs or beds,
Now that the shaking floorboards cease.
We are provisional, we two,
The world we constitued now
A negative of me and you,
Those who we were and what they knew.
We are between, neither-nor,
All our tomorrows at the door.

(Michael Edwards)

(NB: l’auteur est bilingue et il a traduit en français son poème puis reconstruit le poème anglais)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Surprise (Michael Edwards)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2018


orig_oiseau

Surprise

La maison a posé son chevalet préféré dans les combles.
Si vous penchez la tête
Vous verrez le tableau qu’elle travaille:
Une lucarne qui s’emplit d’oiseaux émotifs
Traçant des lignes pures
Entre de froides étoiles étincelantes.

***

Surprise

The house has set its favourite casel in the loft.
If you tilt your head
You can see the picture that it’s working on,
A skylight filling with emotive birds
Tracing unerring lines between cold bright stars.

(Michael Edwards)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

A Grignan (Michael Edwards)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2017


ciel-avion

A Grignan

Suave clarté
des soleils de mars.
Demoiselle Nature
dans ce tilleul
sort d’un sommeil
obscur et secoue
d’absurdes rêves.
Levant au matin
ses mains graciles,
elle admire l’éclat
de ses ongles vernis.
(Et je revois
ton corps rieur,
ton corps agile,
menu et neuf.)
Elle s’étire,
le monde attend,
bientôt des visites,
il faut s’habiller.
Passe l’avion
qui exalte le bleu.
Frappe un pivert
à la porte du jour.

***

At Grignan

The suns of March
have sweetened the air.
The Lady Lime
awakes from sleep
and shakes away
the foolish dreams.
The slender hands
raised to the light
show her the sheen
of each lacquered nail.
(I remember this:
you limbs light,
your body laughing,
soft and new.)
A final stretch,
the world awaits,
company soon,
and time to dress.
A vapour trail
blues the sky.
A woodpecker knocks
at the door of the day.

(Michael Edwards)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Page (Michael Edwards)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2015


ile-reunion-cascade-grand-galet-resurgence-hdr

Page

Les couleurs s’annulent.
Vos pierres de gué
Devinent un chemin
Sur le blanc aveugle
Au ras des rives.
Le vide du puits
Avale les sons.
Bruissent les mots
Parmi les pierres.

Ils cherchent le noir
Fluide et frais
De l’eau souterraine.
Sur les bords du lac
Expire le souffle
Du vent qui passe.

Vous vacillez
Dans l’infini
De la lumière
Qui dissipe la voie.
Que vos paroles
Sombrent en tremblant
Dans la calme lueur,
Pour resurgir
Ailleurs, accomplies!

***

Page

A blanching of sight.
Your stepping stones
Extend a path
Across the depth
Of brimming white.
The hollow well
Absorbs the words.
Sounds as they fall
Resound in the shaft.

They seek the cool
And liquid dark
Of water in earth.
The lakeside laps
With the dying breaths
Of the passing wind.

The infinite
Before within
Whose light you falter,
Disperses the way.
May the words you say
Tremble and sink
Through the glowing quiet,
To rise elsewhere
And be heard as they are.

(Michael Edwards)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Dans le royaume (Michael Edwards)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2015


Ecureuil

Dans le royaume c’est toujours maintenant.
Un écureuil coule vers la cime d’un chêne.

***

In the kingdom it is always now.
A squirrel flows up the oak.

(Michael Edwards)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Ni toi ni moi n’existe (Michael Edwards)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2015


je-n'existe-pas

Tes yeux couleur de terre.
Mes yeux, soleil et ciel
Reflets à mi-chemin
Le monde ayant cessé.

Ni toi ni moi n’existe
Mais nous serons un jour:
Sommes ailleurs, ici
Mystère au fond du qui.

En l’autre nous voyons
La voie au loin où le
Possible nous appelle:

Un corps pour la demeure
Prochaine et qui attend
Dans l’âme sa prison.

***

We, looking, grey eyes into brown,
Reflecting in a stopped world,
See that it is not you and I,
That one is not oneself, alone.
I is not I, you are not you,
Though who are does not appear;
Our other selves are elsewhere, here,
Within this mystery of who,
Begin is all we ever do,
Seeking the way, and open to
The summoms of the possible.
In each, beyond, we see a home,
A body for the world to come,
Imprisoned in the fallen soul.

(Michael Edwards)

(NB: l’auteur est bilingue et il a traduit en français son poème puis reconstruit le poème anglais)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le clair du seuil (Michael Edwards)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2015


vide

Le clair du seuil

Ce n’est plus La maison. Chaque pièce,
Vide, se remplit d’un jour nouveau.
Les livres, les lampes, qui descendent
Lentement sur les marches du rêve,
S’éloignent dans le vague des camions
Un spectre
Fragile nous soutient, si peu nous-mêmes,
Débarrassés, visibles.
Elle rend tout léger, la lumière
Qui entre et qui possède la maison.
La demeure partout tremble de silence.
Une douce clarté efface les cloisons.
L’air est lourd d’une absence d’être.
Nous touchons le soleil sur les fenêtres.

***

Moving House

Look: the base rooms of what was then
Our home fill with unimpeded,
Unforeseen light. Books from shelves,
Bulbs from ceilings, having been
Lowered and crated, will, I suppose,
Have joined all that the house has shed,
In hollow vans. The house and we,
Without, simplified, curtainless.
The light, as if we were not there,
Brims and possesses, while the house
Trembles with silence everywhere.
What is this light? This lightness? We
Observe the air no presence fills,
And touch the sunlight on the sills.

(Michael Edwards)

(NB: l’auteur est bilingue et il a traduit en français son poème puis reconstruit le poème anglais)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

La pie (Michael Edwards)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2015



La pie

La pie à la porte de l’aubépine
tourne sa tête intéressée
au-dessus de la belle nature aplatie,
sans bonté.

Un blanc, un noir, éblouissants
(seule la ramée a le secret
du bleu et du vert laqués,
de la queue qui gouverne les vents).

Sertie dans le vif des feuilles,
du cercle constellé de fleurs,
lustrée par les jumelles:
exquise miniature.

***

Magpie

The magpie at the door of the may
swivelling its purposeful head
above the flattened vista
boding no good.

It dazzles with white and black
(only the foliage knows
the lacquered blue and green,
the tail for ruddering the winds).

Set in the thick of the leaves,
of the circle studded with flowers,
polished by binoculars,
an exquisite miniature.

(Michael Edwards)

(NB: l’auteur est bilingue et il a traduit en français son poème puis reconstruit le poème anglais)
(Michael

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Vers La Lance (Michael Edwards)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2015


ubac-adret

Vers La Lance

Les ombres des nuages
Qui maneuvrent là-haut
Rôdent sur les versants,
Eteignent tour à tour
Les arbres, les maisons.

Le noir de la lumière
Creuse des puits profonds
Dans la terre surprise,
Et libère en partant
D’éclatantes collines.

***

Towards La Lance

The clouds process.
Their shadows range
the slopes at will,
dousing each tree
and house in turn.

The dark of light
sinks in the earth,
hollowing deep.
Its going leaves
luminous hills.

(Michael Edwards)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

 
%d blogueurs aiment cette page :