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Poésie

Posts Tagged ‘(Michael Edwards)’

Le phare (Michael Edwards)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2020



phare
La mer saisie par la force électrique du clair de lune frissonne.
Des poissons rêveurs percent la tendre surface des eaux
Et par millions s’élèvent dans l’air pâle.

Le phare folle girouette du rivage ferme les yeux.

Les oiseaux illuminés de la ville vont leur cage,
Et dressent la carte des longues courbes de la terre
Sous un soleil qui tourne le monde dans sa tête.

***

The sea its breath and shivers at the electric touch of the moonlight.
Dreaming fishes rise trough the poignant surface
And in their millions floap up the pallid air.

The crazy weathercock lighthouse on the headland closes its eyes.

The town’s illuminated birds travel their cage,
Mapping the horizontal curves of the earth
Under a sun yhat revolves the world in its mind.

(Michael Edwards)

(NB: l’auteur est bilingue et il a traduit en français son poème puis reconstruit le poème anglais)

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Maintenant (Michael Edwards)

Posted by arbrealettres sur 28 mai 2020



van gogh
Maintenant

Le soleil lourd
A la fin du jour
Brûle les champs de blé.

La brune qui avance
C’est le silence
Entre l’épervier et l’effraie.

A travers le voile
D’un or de gloire
Et d’un bleu fictif

Immensité
De ténèbres et de lumière.

***

Now

The heavy sun
Of the end of the day
Burns the cornfields.

The creeping dusk
Is the pause between
The hawk and the owl.

Through the veil
Of splendour of gold
And fictive blue:

Immensity
Of darkness and light.

(Michael Edwards)

(NB: l’auteur est bilingue et il a traduit en français son poème puis reconstruit le poème anglais)

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La pierre et la jeune fille (Michael Edwards)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2020



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Tu danses, et la frise immobile
Tremble du souvenir. Des jeunes filles avancent
Et lèvent les épaules au soleil du matin,
Tourbillons de jupes dans des parfums de pomme.
Les mains des yeux sentent le froid
Du marbre se chauffer dans les plis,
Touchent les cheveux tressés, effleurent
La joue solennelle prête pour l’amour.

***

Stone and Girl

You dance, and the immobile frieze
Trembles with memory. Stepping girls
Lift their shoulders to the morning sun,
Turning their skirts in the apple wind.
The hands of the eye feel the cold
Marble warming in the draperies,
And touch the braided hair, and brush
The solemn cheek ready for love.

(Michael Edwards)

Illustration: Miki de Goodaboom

 

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Le babil inconnu (Michael Edwards)

Posted by arbrealettres sur 23 décembre 2019


hiver

Nous respirons à peine. Les couleurs,
Les sons familiers des jours, les mains,
Les coeurs, attendent, mais déjà
Tout a changé, ou change, et dépasse
La poésie. Ce n’est pas
Comme la forme des arbres en hiver
Rendue visible par l’absence
Et l’avenir des feuilles.
Demain, par la brume lumineuse,
Nous demande d’ouvrir la lourde porte,
Malgré la peur, d’en être la charnière.
Le corps de l’âme cherche
En cet autre monde, son pays,
Dans les mêmes bouches, le babil inconnu.

***

We hardly breathe? Colours await,
A world of ordinary sounds,
Ans delves, and hands, and everything
Utterly different, and quite
Beyond imagining. Unlike
The structure of the winter trees,
Made visible within the absence
And futurity of leaves.
Tomorrow on the other side,
In a misting light, of an ancient door,
Appeals, appals, we two the hinge.
The body of the soul is moved
To seek its own in that other world,
New voices babbling in the old.

(Michael Edwards)

(NB: l’auteur est bilingue et il a traduit en français son poème puis reconstruit le poème anglais)

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A la Rochecourbière (Michael Edwards)

Posted by arbrealettres sur 7 mai 2019


caponigro.stone.voices

A la Rochecourbière

L’air écoute:
Nul bruit ne l’amuse.

Un soleil blanchi
Sur un ciel dénudé.

La distance fait
Trembler les champs.

Nous marchons sur un sol
Sec, et percevons

Ou croyons percevoir

La voix des pierres:
Silence des oiseaux.

***

At La Rochecourbière

An alertness of air
No sound impedes.

A whitened sun
On the naked sky.

Distance disturbs
Trembling fields.

We step on the dry
Earth an hear

Or strain to hear
The voice of stone,

The silence of birds.

(Michael Edwards)

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Nous sommes, nous aussi, provisoires (Michael Edwards)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018


heurtoir

Peut-être est-ce nous qui sommes partis.
Les déménageurs musclés mais titubant
Comme des ivrognes sous des poids
Déraisonnables, n’ont laissé
Ni mondes enchantés au fond des glaces,
Ni crédences que l’oeil avait polies,
Ni solide bon sens des chaises, des armoires.
Dans les planchers, l’ébranlement n’est plus.
Nous sommes, nous aussi, provisoires,
Ce lieu qui nous portait devenu d’un coup
Epreuve négative de ces êtres
Etranges que nous fûmes et de leur savoir.
Entre deux portes, nous attendons
Le coup de heurtoir de nos demains.

***

As if we too, we two, had gone.
Heavy removal men have been
Through, and, tipsy with staggering
Weights have departed, leaving no
Alternative worlds in mirrors, no
Tables our looks had polished, nor
Solid sense in chairs or beds,
Now that the shaking floorboards cease.
We are provisional, we two,
The world we constitued now
A negative of me and you,
Those who we were and what they knew.
We are between, neither-nor,
All our tomorrows at the door.

(Michael Edwards)

(NB: l’auteur est bilingue et il a traduit en français son poème puis reconstruit le poème anglais)

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Surprise (Michael Edwards)

Posted by arbrealettres sur 11 mars 2018


orig_oiseau

Surprise

La maison a posé son chevalet préféré dans les combles.
Si vous penchez la tête
Vous verrez le tableau qu’elle travaille:
Une lucarne qui s’emplit d’oiseaux émotifs
Traçant des lignes pures
Entre de froides étoiles étincelantes.

***

Surprise

The house has set its favourite casel in the loft.
If you tilt your head
You can see the picture that it’s working on,
A skylight filling with emotive birds
Tracing unerring lines between cold bright stars.

(Michael Edwards)

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A Grignan (Michael Edwards)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2017


ciel-avion

A Grignan

Suave clarté
des soleils de mars.
Demoiselle Nature
dans ce tilleul
sort d’un sommeil
obscur et secoue
d’absurdes rêves.
Levant au matin
ses mains graciles,
elle admire l’éclat
de ses ongles vernis.
(Et je revois
ton corps rieur,
ton corps agile,
menu et neuf.)
Elle s’étire,
le monde attend,
bientôt des visites,
il faut s’habiller.
Passe l’avion
qui exalte le bleu.
Frappe un pivert
à la porte du jour.

***

At Grignan

The suns of March
have sweetened the air.
The Lady Lime
awakes from sleep
and shakes away
the foolish dreams.
The slender hands
raised to the light
show her the sheen
of each lacquered nail.
(I remember this:
you limbs light,
your body laughing,
soft and new.)
A final stretch,
the world awaits,
company soon,
and time to dress.
A vapour trail
blues the sky.
A woodpecker knocks
at the door of the day.

(Michael Edwards)

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Page (Michael Edwards)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2015


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Page

Les couleurs s’annulent.
Vos pierres de gué
Devinent un chemin
Sur le blanc aveugle
Au ras des rives.
Le vide du puits
Avale les sons.
Bruissent les mots
Parmi les pierres.

Ils cherchent le noir
Fluide et frais
De l’eau souterraine.
Sur les bords du lac
Expire le souffle
Du vent qui passe.

Vous vacillez
Dans l’infini
De la lumière
Qui dissipe la voie.
Que vos paroles
Sombrent en tremblant
Dans la calme lueur,
Pour resurgir
Ailleurs, accomplies!

***

Page

A blanching of sight.
Your stepping stones
Extend a path
Across the depth
Of brimming white.
The hollow well
Absorbs the words.
Sounds as they fall
Resound in the shaft.

They seek the cool
And liquid dark
Of water in earth.
The lakeside laps
With the dying breaths
Of the passing wind.

The infinite
Before within
Whose light you falter,
Disperses the way.
May the words you say
Tremble and sink
Through the glowing quiet,
To rise elsewhere
And be heard as they are.

(Michael Edwards)

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Dans le royaume (Michael Edwards)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2015


Ecureuil

Dans le royaume c’est toujours maintenant.
Un écureuil coule vers la cime d’un chêne.

***

In the kingdom it is always now.
A squirrel flows up the oak.

(Michael Edwards)

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