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Poésie

Posts Tagged ‘se confier’

A qui donc se confiera l’homme (Guy Lévis Mano)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2019



Spectrum-SMH

A qui donc se confiera l’homme que l’opacité blesse au ventre
A qui se confiera l’homme qui sait ses yeux pleins de litanie
et n’ouvrira pas sa bouche parce que sa bouche est pleine de litanie…
et que la litanie est étang aux oreilles et croulière à l’âme

(Guy Lévis Mano)

Illustration: Euan Macleod

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Qui veut se souvenir (Maurice Blanchot)

Posted by arbrealettres sur 23 février 2019


 


 

Brendan Monroe -circulate

Qui veut se souvenir doit se confier à l’oubli,
à ce risque qu’est l’oubli absolu,
et à ce beau hasard que devient alors le souvenir.

(Maurice Blanchot)

Illustration: Brendan Monroe

 

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A qui donc se confier? (Du Fu)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2019



Au bord du fleuve, miracle des fleurs, sans fin
A qui donc se confier? On en deviendrait fou …

(Du Fu)

 

 

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Tu te racontes sans le savoir (Esther Granek)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2018


 


Andrey Remnev  (29)

Tu te racontes sans le savoir
même quand tu poses et fais semblant.
Tes gestes sont comme le miroir
De tes pensées d’hier, de maintenant.

De toi tu n’arrêtes de parler
tout en ne cessant de te taire.
Tu es, malgré toi, livre ouvert
qui traduit ton langage codé.

Souvent rien qu’un tic te résume.
En lui s’abrite ton amertume
Et dans chacun de tes mouvements
tu trahis tes rêves latents.

Pourtant tu te tiens sur tes gardes
Et à personne ne te confies.
A quoi cela sert-il, ma fille ?
Puisque tous tes secrets bavardent…

(Esther Granek)

Illustration: Andrey Remnev

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Ton âme (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2018



Illustration: Chris Ann    
    

Ton âme, tu la sais sans la voir, mais tu vois
Celle d’un autre quand il s’émeut ou se confie.
Miracle des regards croisés, fenêtre ouverte :
Voyant l’âme de l’autre, la tienne tu perçois.

(François Cheng)

 

Recueil: Enfin le royaume
Traduction:
Editions: Gallimard

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Elles bavardent peu (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2018



Elles bavardent peu

Sauf peut-être
avec certains vents au long cours
ou quelque nuit de gel pur
longtemps soutenu

Elles se confient encore moins

Si ce n’est aux racines
de quelques très vieux troncs
aux bords de quelques sources
en montagne
et à la mer
où elles se couchent pour mourir
sous des marées
de courtisanes expertes
qui les épuisent
jusqu’aux langueurs de nos plages
ou l’exquise
douleur écumeuse des falaises

Elles ont pouvoirs sur nos seuils
puissance sur nos enceintes
et nos murailles
tirant orgueil des permanences
de la poussière

Comme des éponges bien vivantes
elles sont gonflées du chant
des mondes
font et défont sans fin
les noeuds quantiques de l’harmonie

(Werner Lambersy)

 

 

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SANS ESPOIR DE RIEN (Charles Vildrac)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018



SANS ESPOIR DE RIEN

Sans espoir de rien, aller par les rues,
C’est là un destin meilleur qu’on ne croit,
A cause des allées et venues
De toutes les gentilles qu’il y a…

Sans espoir de rien, voguer la vie,
Cela vaut la peine tout de même,
A cause d’instants ensoleillés
Qu’il fait vraiment bon sentir passer.

Qu’apercevrais-tu que tu es heureux,
Si ton bonheur durait plus d’une heure ?
Et vaut-il pas mieux
Ne pouvoir aimer qu’avec les yeux,
Et qu’un pauvre instant la nuque, les yeux,
Le mystère qui fuit à jolis pas
De toutes les gentilles qu’il y a ?

Allons donc, la vie accepte qu’on la vive
La terre n’est pas si froide encore
Et les minutes rares ne sont si rares

Où l’on se confie qu’il fait bon vivre,
Où tout simplement, on se prend à vivre
Au frais dans l’herbe, au tiède sur le sable,
Ou bien le long des rues, tout à la joie
De cueillir des yeux le passage aimable
De toutes les gentilles qu’il y a…

(Charles Vildrac)

Illustration: Eugene Blaas

 

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JE connais une peine (Lionello Fiumi)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2018



 

JE connais une peine
Qui se confie à une solitude.

Quand décembre, hyène sinistre,
A dévoré la multitude
Des frondaisons
Qui tremblaient, moribondes,
Et qu’à l’arbre, auprès du réverbère,
Il ne reste plus sur sa branche dénudée,
Qu’une feuille
Survivant malgré elle;

Verte d’un vert artificiel,
Au souffle de tramontane
De la nuit hivernale
Qui la malmène,
La feuille confie au réverbère
Son inquiétude.

Je ne connais pas de tristesse plus humaine
Que cette peine
Qui se confie à cette solitude.

(Lionello Fiumi)

Illustration

 

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Serment (François Coppée)

Posted by arbrealettres sur 10 mai 2018



 

Gabriel Bonmati  (28)

Serment

O poète trop prompt à te laisser charmer,
Si cette douce enfant devait t’être ravie,
Et si ce coeur en qui tout le tien se confie
Ne pouvait pas pour toi frémir et s’animer ?

N’importe ! ses yeux seuls ont su faire germer
Dans mon âme si lasse et de tout assouvie
L’amour qui rajeunit, console et purifie,
Et je devrais encor la bénir et l’aimer.

Heureux ou malheureux, je lui serai fidèle ;
J’aimerai ma douleur, puisqu’elle viendra d’elle
Qui chassa de mon sein la honte et le remord.

Vierge dont les regards me tiennent sous leurs charmes,
Si tu me fais pleurer, je bénirai mes larmes ;
Si tu me fais mourir, je bénirai la mort !

(François Coppée)

Illustration: Gabriel Bonmati

 

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Le merle (Théophile Gautier)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2018



Illustration: Alexia Guerra
    
Le merle

Un oiseau siffle dans les branches
Et sautille gai, plein d’espoir,
Sur les herbes, de givre blanches,
En bottes jaunes, en frac noir.

C’est un merle, chanteur crédule,
Ignorant du calendrier,
Qui rêve soleil, et module
L’hymne d’avril en février.

Pourtant il vente, il pleut à verse ;
L’Arve jaunit le Rhône bleu,
Et le salon, tendu de perse,
Tient tous ses hôtes près du feu.

Les monts sur l’épaule ont l’hermine,
Comme des magistrats siégeant.
Leur blanc tribunal examine
Un cas d’hiver se prolongeant.

Lustrant son aile qu’il essuie,
L’oiseau persiste en sa chanson,
Malgré neige, brouillard et pluie,
Il croit à la jeune saison.

Il gronde l’aube paresseuse
De rester au lit si longtemps
Et, gourmandant la fleur frileuse,
Met en demeure le printemps.

Il voit le jour derrière l’ombre,
Tel un croyant, dans le saint lieu,
L’autel désert, sous la nef sombre,
Avec sa foi voit toujours Dieu.

A la nature il se confie,
Car son instinct pressent la loi.
Qui rit de ta philosophie,
Beau merle, est moins sage que toi !

(Théophile Gautier)

 

Recueil: Émaux et Camées
Traduction:
Editions: Gallimard

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