Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘Don Juan’

DON JUAN – SONNET (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2018



 

Alexander Maranov (6)

DON JUAN – SONNET

Au bord d’un étang bleu dont l’eau se ride
Sous le vent discret d’une nuit d’été,
Parmi les jasmins, foulant l’herbe humide
Avez-vous jamais, rêveur, écouté

La voix de la vierge émue et timide
Qui furtive, un soir, pour vous a quitté
Le foyer ami — depuis froid et vide —
Où, les parents morts, plus rien n’est resté?

Parfum de poison, volupté cruelle
D’avoir arraché du sol ce lys frêle
Et d’avoir hâté l’œuvre des tombeaux…

O destruction de quels âpres charmes
Es-tu donc parée?
Et, voilés de larmes,
Pourquoi les yeux clairs en sont-ils plus beaux?

(Charles Cros)

Illustration: Alexander Maranov

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LA CLAIRIÈRE (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2018



 

Illustration: Alexandre-Evariste Fragonard
    
LA CLAIRIÈRE

Le socle sans statue, à l’ombre de ces arbres
S’enfonce dans le sol un peu plus chaque jour
Sous l’invisible poids d’un fantôme de marbre
Qui le piétine et le talonne et se fait lourd.

A moins qu’en s’en allant vers un fatal banquet
Le commandeur ne l’ait renvoyé au naufrage.
Comme un caillou qu’on jette à l’eau, du bord des plages,
Il fait mouche à sa cible et rejoint son reflet.

Mais je devrais entendre, au moins, près de l’étang
La fanfare sonnée par Don juan qui l’invite…
La voici, les échos la portent, je l’entends.
je sens sous mes deux pieds la terre qui palpite.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Contrée suivi de Calixto
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

COMPLAINTE POUR DON JUAN (Édouard Dubus)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2017



COMPLAINTE POUR DON JUAN

Je suis un piano brisé,
Parce qu’il a trop amusé.

Au clavier tout neuf, des menottes
A plaisir ont cassé des notes.

J’ai roucoulé très gentiment
Des morceaux pleins de sentiment.

Histoire de rire, des femmes
Ont tapote des airs infâmes,

D’autres des « tradéridéras
Et des « laïtous » d’opéras.

C’était faux, on n’y songea guère
A la guerre comme à la guerre.

Chacune voulut à son tour
Quelque ritournelle d’amour,

Et joua sans miséricorde
En massacrant corde sur corde,

Tant et tant ! que les trémolos
Eurent la gaîté des sanglots.

On croyait ouïr, aux roulades,
Les râles d’un tas de malades.

Quand ce fut assez odieux,
Elles me firent leurs adieux.

A coups de pied dans la carcasse :
Un joujou déplaît, on le casse.

Je suis un piano brisé,
Parce qu’il a trop amusé.

(Édouard Dubus)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Don Juan (André Frédérique)

Posted by arbrealettres sur 18 janvier 2016


 

c’est toi que j’aime
ô la suivante.

(André Frédérique)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :