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Posts Tagged ‘côte-à-côte’

Pourquoi se rendre ? (René Char)

Posted by arbrealettres sur 28 septembre 2019



 

Pourquoi se rendre ?

Oh! Rencontrée, nos ailes vont côte à côte
Et l’azur leur est fidèle.
Mais qu’est-ce qui brille encore au-dessus de nous?

Le reflet mourant de notre audace.
Lorsque nous l’aurons parcouru,
Nous n’affligerons plus la terre:
Nous nous regarderons.

(René Char)

Illustration: Karen L’Hémeury

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Deux truites (Abbas Kiarostami)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2019



Deux truites
Endormies côte à côte
Dans le lit blanc
D’une assiette

(Abbas Kiarostami)


Illustration

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La pudeur des époux (Gérard Macé)

Posted by arbrealettres sur 28 août 2018




    
La pudeur des époux

à la fin du banquet, sur le sarcophage
où la mort les a surpris côte à côte.

Et la nôtre à l’entrée de la nuit,
comme si nos corps familiers l’un à l’autre
aspiraient à la gloire aveugle de la chair,
et se cherchaient encore.

(Gérard Macé)

 

Recueil: Filles de la mémoire
Traduction:
Editions: Gallimard

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Compagne inconnue (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 28 avril 2018



Illustration: Ora Tamir
    
Compagne inconnue

Venait-elle à l’encontre
Ô ses mains plus hautes
Donatrices

Venait-elle
L’obole d’une lampe
Aux dicibles clartés

Amie
D’une promesse
Durable de vieillir
Témoigne
Nos mémoires
Iront côte à côte

(Béatrice Douvre)

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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Côte à côte (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 18 avril 2018




    
Côte à côte

Des palais d’argent vénèrent nos mains
Ils ont inventé notre exil
Jusqu’aux sources éclairées des campagnes
Loin, nous irons loin parmi les feuilles
Les nids blancs indiqueront le chant de nos voyages

Tu iras au-devant, ma compagne inconnue
Te retournant avec le soir
J’aurai sombré, je serai là, haletant
Et transi, tu cesseras plus longtemps de marcher

Puis nous irons côte à côte Ô mémoire défendue
La main dans la main de l’autre, de personne.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

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Il a suffi qu’on les nomme (Claude Esteban)

Posted by arbrealettres sur 5 avril 2018



Illustration: Alexandra Guy
    
Il a suffi
qu’on les nomme pour qu’elles s’obscurcissent

étrangères soudain, exténuées
par le poids des signes

elles avaient grandi pourtant
côte à côte, tissant leurs fils imperceptibles
sur l’étendue

les choses
de chaque jour, fidèles
équanimes

avant que les mots
s’interposent, les mots et leur mortelle exactitude.

(Claude Esteban)

 

Recueil: La mort à distance
Traduction:
Editions: Gallimard

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L’océan là-devant là devant (Milo de Angelis)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
L’océan là-devant là devant
comme une idée d’aplomb
ou une hémoptysie
dans le plus court intervalle entre les tempes.
Le gris souffre. Le gris n’est pas une couleur
mais un retournement, c’est scruter par terre
l’absolue moitié de toute chose, plier en quatre
les planètes de la fortune
qui nous donnent une limite au fond de la poche,
de même qu’en hiver cette rangée de maisons
signifie marcher côte à côte, être en hiver.

***

L’oceano li davanti lí davanti
come un’idea a perpendioolo
o uno sbocco di sangue
nell’intervallo più piccolo tra le tempie.
Il grigio soffre. Il grigio non è un colore
ma un voltarsi, scrutare per terra
l’assoluta meta di ogni cosa, piegare in quattro
i pianeti della fortuna,
ohe dentro la tasca ci danno un confine,
come questa fila di case, d’inverno,
significa camminarci accanto, essere d’inverno.

(Milo de Angelis)

 

Recueil: L’océan autour de Milan
Traduction: Jean-Baptiste Para
Editions: Maison des écrivains étrangers

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Quand nous nous allongeons côte à côte (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2018



Illustration: John Singer Sargent
    
quand
nous nous allongeons côte à côte
mes petits seins se pavanent en deux charmantes tours aiguës et
je pousse chaudement la tendresse de mon ventre contre toi

tes bras sont
jeunes;
tes bras me convaincront,dans un complet silence disant
sur mon corps
leurs derniers mots sveltes.

ne ris pas de mes cuisses.

il y a entre mes grandes jambes une ville craquante.
quand tu me touches
c’est le printemps dans la ville;les rues se tortillent joliment,
c’est pour toi;ne les effraie pas,
toutes les maisons se serrent terriblement
quand tu arrives:
elles sont contentes
quand tu remplis d’enfants les rues de ma ville.

***

as
we lie side by side
my little breasts become two sharp delightful strutting towers and
i shove hotly the lovingness of my belly against you

your arms are
young;
your arms will convince me,in the complete silence speaking
upon my body
their ultimate slender language.

do not laugh at my thighs.

there is between my big legs a crisp city.
when you touch me
it is Spring in the city;the streets beautifully writhe,
it is for you;do not frighten them,
all the houses terribly tighten
upon your coming:
and they are glad
as you fill the streets of my city with children.

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Erotiques
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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SOLITUDE (Kenneth Rexroth)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2017




    
SOLITUDE

Penser à toi écrasée de
Solitude. Entendre ta voix
Au magnétophone dire
«Solitude». Le mot, la voix,
En débordent, et moi,
Sans toi, si perdu en elle —
Perdu dans la solitude et la douleur.

Noire et insoutenable souffrance
De penser à toi de chaque
Corpuscule de ma chair,
A chaque instant de la nuit
Et du jour. O mon amour, toutes les fois
Où nous avons oublié l’amour,
Assis seuls côte à côte.

Nous avons mangé ensemble,
Seuls derrière nos assiettes,
Nous nous sommes cachés derrière des enfants,
Nous avons dormi ensemble dans
Un lit solitaire. Aujourd’hui mon coeur
Se tourne vers toi, éveillé enfin,
Repentant, perdu dans la dernière
Solitude. Parle moi. Dis moi
Quelque chose. Brise le silence noir.

Parle d’un arbre plein de feuilles,
D’un oiseau en vol, de la nouvelle
Lune au soleil couchant, d’un poème,
D’un livre, de quelqu’un — tous ces mots
Simples et réparateurs
De ta voix résonnante et douce.
Le mot liberté. Le mot paix.

(Kenneth Rexroth)

 

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Retouche à l’égalité (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2017



retouche à l’égalité

au vestiaire d’amour casquette et haut-de-forme
côte à côte sur l’étagère de sapin
en attendant la fin ne pensent à rien

la tête était de trop en somme

(Daniel Boulanger)

 

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