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… Il m’a semblé que c’étaient des feux (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2019




… Il m’a semblé que c’étaient des feux
Qui volaient avec moi jusqu’à l’aurore.
Je ne suis pas arrivée à savoir
De quelle couleur étaient ces yeux étranges.

Autour de moi tout s’est mis à trembler,
tout s’est mis à chanter,
Et je n’ai pas réussi à savoir
si tu es ennemi, ami,
Si c’est l’hiver ou bien l’été.

(Anna Akhmatova)

Illustration: Brendan Monroe

 

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Au fond de ce lac (Ping Hsin)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2018



Un jour
au fond de ce lac qui scintille de tous ses feux
pourra-t-il se dresser une stèle de pierre dure
Et moi puis-je ainsi immobile – penser

(Ping Hsin)

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Placet futile (Stéphane Mallarmé)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2018



Placet futile

Princesse! à jalouser le destin d’une Hébé
Qui poind sur cette tasse au baiser de vos lèvres,
J’use mes feux mais n’ai rang discret que d’abbé
Et ne figurerai même nu sur le Sèvres.

Comme je ne suis pas ton bichon embarbé,
Ni la pastille ni du rouge, ni jeux mièvres
Et que sur moi je sais ton regard clos tombé,
Blonde dont les coiffeurs divins sont des orfèvres!

Nommez-nous… toi de qui tant de ris framboisés
Se joignent en troupeau d’agneaux apprivoisés
Chez tous broutant les voeux et bêlant aux délires,

Nommez-nous… pour qu’Amour ailé d’un éventail
M’y peigne flûte aux doigts endormant ce bercail,
Princesse, nommez-nous berger de vos sourires.

(Stéphane Mallarmé)


Illustration: Auguste Toulmouche

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Les feux dans la nuit (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2017



Si les feux dans la nuit faisaient des signes certes
la peur serait un rire et l’angoisse un pardon
mais les feux dans la nuit sans cesse déconcertent
le guetteur affiné par la veille et le froid

(Raymond Queneau)

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Paisible éloignement (Robert Ganzo)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2017



Paisible éloignement, cheveux
adoucis, yeux bienveillants, lèvres
que vous offrez encore, feux
tièdes comme certaines fièvres.

(Robert Ganzo)

Illustration: Pascal Renoux

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Les feux de ronces (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2017



Les feux de ronces qui tremblaient dans la poussière,
tirant de l’ombre une forêt de chevelures
où des bouches voilées s’entrouvrent et murmurent,
dès que le vent faiblit se fondent dans la terre.

Et vous, filles de ronce et cendres du matin
dont s’offrirent un jour les lèvres, le visage
et le corps étonné aux flammes du carnage,
la nuit de mort déjà s’est couchée sur vos seins.

A peine si je sens votre passage, à peine
si je retrouve en songe votre voix et si
mes mains savent encor le contour attiédi,
après ce grave amour, de votre hanche vaine.

La pluie vous mêle et vous éteint. Il ne demeure
sur la plaine déserte où vous fûtes brasier
– chacune se rêvant flamme d’éternité –
qu’une confuse nuit pleine de vos rumeurs.

(Jean Joubert)

Illustration: Sabin Balasa

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Le monde froid (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2017



Le monde froid

Comme si les feux ne pouvaient
que brûler bas dans le brouillard,
mêlant le gris au gris,
voilant la face d’un soleil lunaire.

Comme si l’arbre sur la rive,
le décharné, grondait
d’un perpétuel hiver.

Les femmes, dans les cuisines,
parlent bas, serrent des châles gris
contre leur corps
que nul amour n’embrase et ne dévêt.

(saison de glace, de murmures,
de coeur plus sourd, battant dans le brouillard)

Tentons alors le mot lumière,
le mot mémoire, le mot désir:
beaux cavaliers lancés contre le froid.

(Jean Joubert)

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La belle matineuse (Claude Malleville)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2017



Henrietta Rae 280 [1280x768]

La belle matineuse

I

Le silence régnait sur la terre et sur l’onde,
L’air devenait serein et l’Olympe vermeil,
Et l’amoureux Zéphir affranchi du sommeil
Ressuscitait les fleurs d’une haleine féconde.

L’Aurore déployait l’or de sa tresse blonde
Et semait de rubis le chemin du Soleil ;
Enfin ce dieu venait au plus grand appareil
Qu’il soit jamais venu pour éclairer le monde,

Quand la jeune Philis au visage riant,
Sortant de son palais plus clair que l’Orient,
Fit voir une lumière et plus vive et plus belle.

Sacré flambeau du jour, n’en soyez point jaloux !
Vous parûtes alors aussi peu devant elle
Que les feux de la nuit avaient fait devant vous.

II

L’étoile de Vénus si brillante et si belle,
Annonçait à nos yeux la naissance du jour,
Zéphire embrassait Flore, et soupirant d’amour,
Baisait de son beau sein la fraîcheur éternelle.

L’Aurore allait chassant les ombres devant elle,
Et peignait d’incarnat le céleste séjour,
Et l’astre souverain revenant à son tour,
Jetait un nouveau feu dans sa course nouvelle.

Quand Philis se levant avecque le soleil,
Dépouilla l’orient de tout cet appareil
Et de clair qu’il était le fit devenir sombre.

Pardon sacré flambeau de la terre et des cieux,
Sitôt qu’elle parut ta clarté fut une ombre,
Et l’on ne connut plus de soleil que ses yeux.

(Claude Malleville)

Illustration: Henrietta Rae

 

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A deux beaux yeux (Théophile Gautier)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2017



A deux beaux yeux

Vous avez un regard singulier et charmant;
Comme la lune au fond du lac qui la reflète,
Votre prunelle, où brille une humide paillette,
Au coin de vos doux yeux roule languissamment;

Ils semblent avoir pris ses feux au diamant;
Ils sont de plus belle eau qu’une perle parfaite,
Et vos grands cils émus, de leur aile inquiète,
Ne voilent qu’à demi leur vif rayonnement.

Mille petits amours, à leur miroir de flamme,
Se viennent regarder et s’y trouvent plus beaux,
Et les désirs y vont rallumer leurs flambeaux.

Ils sont si transparents, qu’ils laissent voir votre âme,
Comme une fleur céleste au calice idéal
Que l’on apercevrait à travers un cristal.

(Théophile Gautier)

Illustration: Dina Shubin

 

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Lentement, doucement (Albert Samain)

Posted by arbrealettres sur 26 décembre 2016



 

Lentement, doucement, de peur qu’elle se brise,
Prendre une âme ; écouter ses plus secrets aveux,
En silence, comme on caresse des cheveux ;
Atteindre à la douceur fluide de la brise ;

Dans l’ombre, un soir d’orage, où la chair s’électrise,
Promener des doigts d’or sur le clavier nerveux ;
Baisser l’éclat des voix ; calmer l’ardeur des feux ;
Exalter la couleur rose à la couleur grise ;

Essayer des accords de mots mystérieux
Doux comme le baiser de la paupière aux yeux ;
Faire ondoyer des chairs d’or pâle dans les brumes ;

Et, dans l’âme que gonfle un immense soupir
Laisser, en s’en allant, comme le souvenir
D’un grand cygne de neige aux longues, longues plumes.

(Albert Samain)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

Illustration

 

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