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Poésie

Posts Tagged ‘mains’

Sur le rivage (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2021



Sur le rivage

L’air tremble au-dessus du rivage
Au milieu d’un délire de mâts
Je respire l’odeur des vagues

La terre presse ses lèvres
Sur la gorge nue de la mer
Entre nuage et écume
Entre vol et immobilité
Un cormoran plane
A ras des flots que rythme
Le diapason du vent

Sous un ciel engrossé de nuages
Nous rêvons sur un tapis de sable
Incrusté de coquillages
Où tu te couvres d’algues
Pour couvrir ta nudité
Au regard des passants
Qui longent les plages
A la recherche de coups d’oeil
Tandis que la mer noie ses poissons

Au bout de nos mains
La mer berce la baie.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: William Bouguereau

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Quelle majesté (Abbas Kiarostami)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2021



De mes mains
Je fais un bol
Je bois
À une petite cascade
Quelle majesté
Dans mes mains

(Abbas Kiarostami)

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Il voudrait prendre la nuit dans ses mains (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 29 avril 2021



Il voudrait
Prendre la nuit
Dans ses mains

Et la presser
Comme une éponge.

(Guillevic)

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Aphrodite (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 7 avril 2021



Aphrodite

L’été tout entier dans ses yeux
Née d’un coquillage
Elle rit dans le soleil
Et danse dans la lumière
Dans la joie du réveil
Ses doigts divaguent dans le ciel
Et déchirent une étoile attardée
Ses cheveux se mêlent à la toison des forêts
Quand elle les peigne
Dans le miroir où elle admire
L’écorce de sa chair tout le long de son tronc
Quand elle chante un cantique
Son regard émet une clarté
Qui éclabousse mes mains.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Sandro Botticelli

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Retouche à la chaleur (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 24 juillet 2020



Retouche à la chaleur

celle qui se dénude
entre les miroirs
le jour aux grands yeux la dévore

d’autres mains que les siennes
sauront franchir les gaves les collines

leur mettre un peu de nuit

(Daniel Boulanger)

Illustration: Francine Van Hove

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L’Assiette (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 23 avril 2020



Quand tombe des mains de la servante
la pâle assiette ronde
de la couleur des nuées
il en faut ramasser les débris,
tandis que frémit le lustre
dans la salle à manger des maîtres
et que la vieille école ânonne
une mythologie incertaine
dont on entend
quand le vent cesse
nommer tous les faux dieux.

(Jean Follain)

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Demeures de la vie (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2020


Le soleil brille sur les camps.
En sa chambre au mur qui s’écaille
projetant une grande ombre
un homme joint ses mains durcies
l’insecte s’essaie
à resplendir comme l’oiseau
la pureté des charbons
de très loin rejoint pourtant
celle du visage et des avants-bras découverts
de la vierge assise
après des travaux accablants.

(Jean Follain)

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Les yeux ouverts (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2020


Quand les filles mangent
Loin d’elles on pense
A leur fines fourrures cachées
Aux doigts joints vers un visage
A l’eau qui sur le corps
Ruisselle, glace
Aux douces mains opérant
Une besogne fangeuse
A des bêtes mourant
Avec la vue
De leurs yeux larges ouverts.

(Jean Follain)

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Si mes mains pouvaient effeuiller (Federico Garcia Lorca)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2020


Je prononce ton nom
Au cœur des nuits obscures,
Lorsque viennent les astres
Boire l’eau de la lune
Et que dorment les feuilles
Des secrètes ramures

Je me sens tout sonore
De passion, de musique,
Folle horloge qui chante
Les heures de jadis.

Je prononce ton nom
En cette nuit obscure
Et je l’entends sonner
Plus lointain que jamais,
Plus lointain que toutes les étoiles,
Et plus plaintif que le bruit de la pluie.

Pourrais-je un jour t’aimer
Comme je fis naguère?
Mon cœur, où est la faute?
Si le brouillard s’éclaire,
Aurai-je une nouvelle
Passion tranquille et pure?
Ah, si mes doigts pouvaient
Vous effeuiller, ô lune!

(Federico Garcia Lorca)

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Chanson pour une amoureuse nue (Edmond Jabès)

Posted by arbrealettres sur 31 décembre 2019



C’est une femme bleue
appuyée aux cheveux.

C’est une femme rouge
appuyée à l’épaule.

C’est une femme nue.
Tu lui donnes ton nom.

Ma douleur vaillante
prisonnière, debout.

Une femme sur ma route.
Tu lui donnes ton visage.

Je te cherche, elle répond.

C’est une femme
transparente
appuyée
à la lampe.

C’est une femme
étendue
qur qui rêve
le ciel.

C’est une femme
endormie
sur qui tu
marches seule.

C’est une femme
renouvelée
pour qui tourne
la terre.

C’est une femme
inconnue
les mains rongées
de fruits.

(Edmond Jabès)

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