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Poésie

Posts Tagged ‘dents’

Feux (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2020



Feux
1
Je m’approche du feu
Pour me réchauffer
Et regarde la flamme
Danser dans tes beaux yeux.

2

rire avec le feu
feu de rire
rire avec la flamme
flamme de rire
rire avec la fumée
fumée de rire
la cigarette consume
l’ombre du doigt

3
Dans la cheminée
La crémaillère montre ses dents
Le feu lutine sur les fagots
Et fait grimacer les armoires

Le soir la chaumière
Se referme sur des mystères
Alors que le vent du large
Eparpille des étoiles
Autour de son toit.

(Jean-Baptiste Besnard)

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Dans la campagne (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 27 août 2020



Dans la campagne

La faux siffle dans les blés
La charrette chargée de gerbes
Cahote vers la ferme
Dans les chemins creux
La batteuse ronfle
Et le grain gonfle les sacs

La pâte danse dans le pétrin
Et du four monte l’odeur du pain
Qui allèche le village
Sous la croûte qui se crevasse
Les dents déchirent
Une dentelle de farine.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Pieter Bruegel l\’Ancien

 

 

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Fais comme l’oiseau (Michel Fugain)

Posted by arbrealettres sur 24 août 2020



Fais comme l’oiseau
Ça vit d’air pur et d’eau fraîche, un oiseau
D’un peu de chasse et de pêche, un oiseau
Mais jamais rien ne l’empêche, l’oiseau, d’aller plus haut

Mais je suis seul dans l’univers
J’ai peur du ciel et de l’hiver
J’ai peur des fous et de la guerre
J’ai peur du temps qui passe, dit
Comment peut on vivre aujourd’hui
Dans la fureur et dans le bruit
Je ne sais pas, je ne sais plus, je suis perdu

Fais comme l’oiseau
Ça vit d’air pur et d’eau fraîche, un oiseau
D’un peu de chasse et de pêche, un oiseau
Mais jamais rien ne l’empêche, l’oiseau, d’aller plus haut

Mais l’amour dont on m’a parlé
Cet amour que l’on m’a chanté
Ce sauveur de l’humanité
Je n’en voit pas la trace, dit
Comment peut on vivre sans lui
Sous quelle étoile, dans quel pays
Je n’y crois pas, je n’y crois plus, je suis perdu

Fais comme l’oiseau
Ça vit d’air pur et d’eau fraîche, un oiseau
D’un peu de chasse et de pêche, un oiseau
Mais jamais rien ne l’empêche, l’oiseau, d’aller plus haut

Mais j’en ai marre d’être roulé
Par des marchands de liberté
Et d’écouter se lamenter
Ma gueule dans la glace, dit
Est-ce que je dois montrer les dents
Est-ce que je dois baisser les bras
Je ne sais pas, je ne sais plus, je suis perdu

Fais comme l’oiseau
Ça vit d’air pur et d’eau fraîche, un oiseau
D’un peu de chasse et de pêche, un oiseau
Mais jamais rien ne l’empêche, l’oiseau, d’aller plus haut

(Michel Fugain)


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Mer sinistre (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 24 août 2020



Mer sinistre

Au-dessus de l’océan
Sombre plane un goéland
La baie entrouvre sa bouche
Entre les dents des rochers
Que la lueur du phare touche
Sur ce rivage écorché

Agités par un vent froid
Les mâts brandissent leurs croix.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration

 

 

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Le roseau (Eugenio Montale)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2020



Le roseau qui effeuille
mollement son rouge
éventail au printemps;
l’avenue encaissée, sur le noir
ruisselet survolé des libellules;
et le chien haletant qui revient,
sa charge entre les dents,

aujourd’hui en ce lieu je ne puis reconnaître;
mais là où le reflet se fait le plus ardent
et très bas le nuage, derrière
ses prunelles désormais lointaines, juste deux
faisceaux de lumière, en croix.
Et le temps passe.

***

La canna che dispiuma
mollemente il suo rosso
flabello a primavera;
la rédola nel fosso, su la nera
correntia sorvolata di libellule;
e il cane trafelato cire rincasa
col suo fardello in bocca,

oggi qui non mi tocca riconoscere;
ma 1à dove il riverbero più cuoce
e il nuvolo s’abbassa, oltre le sue
pupille ormai remote, solo due
fasci di luce in croce.
E il tempo passa.

(Eugenio Montale)

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Bébé pleure (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2020



Bébé pleure

Bébé pleure en arrivant
Bébé pleure quand il fait ses dents
Bébé pleure quand il est amant
Bébé pleure quand il est clopant
Bébé pleure quand il est mourant
Bébé pleure après comme avant

(Pierre Albert-Birot)

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La rouille (Henri Gougaud)

Posted by arbrealettres sur 17 octobre 2019



Elle fait mal aux charnières
mal aux morts mal à la scie
et mal aux vieilles prières
elle tue le sabre aussi

Rampe et jamais ne s’enlise
elle est l’eau elle est le feu
elle est déjà dans la brise
au premier souffle de Dieu

Mieux que rage mieux que foudre
elle est la crasse du ciel
et passerelle de poudre
entre l’abeille et le miel

Je sens bien sa langue brune
à chaque tour de mon sang
à grands efforts sur l’enclume
mon coeur lui forge des dents.

(Henri Gougaud)


Illustration

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Ma famille est formidable! (Claire Poutiers)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2019


comics

Ma famille est formidable:
Quand Maman quitte la table,
Elle s’envole dans les airs
Pour faire la course aux éclairs!

Ma famille est formidable:
Papa a l’air d’un comptable,
Mais c’est un super-héros
Avec des chaussures turbo!

Ma famille est formidable:
Mon grand frère est imbattable;
II arrive, rien qu’en sifflant,
A renverser quinze éléphants!

Ma famille est formidable:
Mon grand-père a des érables
Qu’il soulève d’un orteil
Pour se curer les oreilles!

Ma famille est formidable!
Et si vous m’appelez « minable »
Prenez bien garde à vos dents
Si ma famille vous entend!

(Claire Poutiers)

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L’aveugle (Jacques Chessex)

Posted by arbrealettres sur 10 novembre 2018



Illustration: Pablo Picasso
    
L’aveugle

J’ai vu tes filles,
Dieu des armées
Et tout de suite j’ai aimé leurs yeux de brume
J’ai aimé leur chevelure de fougère nocturne
Et l’odeur de la menthe des ruisseaux à leurs tempes

J’ai respiré tes filles, ô Éternel
J’ai bu les gouttes de sueur à leur aisselle
La poussière de l’été à leur cou
J’ai bu leurs larmes à leurs paupières

J’ai mangé tes filles, Dieu jaloux
J’ai tenu la pointe de leurs seins entre mes lèvres
J’ai tenu leur pulpe entre mes dents
J’ai pressé ma bouche sur leur bouche noire et sur leur bouche blanche
J’ai happé le serpent charnu de leur langue avec ma langue

Maintenant je suis vieux et je suis aveugle, Dieu vainqueur
Je n’ai plus ma force d’arbre et mes mains tremblent
Que me reste-t-il de tes filles innombrables ?
Que me reste-t-il de leur rire sous mes doigts morts?

Le calviniste

(Jacques Chessex)

 

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LIBERTE (Bartolo Cattafi)

Posted by arbrealettres sur 24 avril 2018



LIBERTE

En mouvements heurtés, les dents serrées,
tu découds le paysage
et tandis que tu le réduis
en bandes, lambeaux, lanières,
tu voyages vers une confuse,
ivre liberté,
sur des bandes,
parmi les lambeaux et les lanières d’un âge ancien.

***

LIBERTA

A scatti a denti stretti
scuci il paesaggio
e mentre lo riduci
in strisce lembi bande
viaggi verso un’ebbra
confusa libertà
su strisce
fra lembi e bande d’una vecchia età.

(Bartolo Cattafi)

 

 

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