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Posts Tagged ‘irréel’

QUAND JE FERME LES YEUX… (Louis Delorme)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2021




Quand je ferme les yeux, je crois voir des étoiles
Comme si, dans mon crâne, était un univers,
Ressemblant à celui qui nous est découvert
Quand la nuit chaque soir en déchire les voiles.

A qui notre intellect a-t-il servi de toile
Pour que, dans la pensée, se fasse le transfert ?
Irréel et réel vont souvent de concert,
Nous sommes imprégnés des deux jusqu’à la moelle ;

Tous deux sont bien présents, prompts à nous égarer
Si bien que nous avons du mal à séparer
Quelquefois ce qui est de ce qu’on imagine.

Le monde n’est perçu qu’à travers l’instrument :
Télescope géant ou lunette marine,
Avons-nous bien idée de notre dénuement ?

(Louis Delorme)

Illustration: Josephine Wall

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Solitude partagée (Robert Momeux)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2021



Solitude partagée

Une femme, qui a un visage comme une lampe, te regarde.
Elle te regarde comme l’aube éclaire, éveille et nourrit.
Son visage est comme ces clartés irréelles qu’on devine au loin sur la mer,
au moment où les dernières obscurités se défont.
Tout est tout proche et très loin.
Elle prend tes mains de loin.
Elle pose ta tête sur ses seins, tu entends battre son coeur :
c’est le sang des espaces qui ruisselle.
Elle met les mains sur tes yeux,
c’est alors que l’horizon s’épaissit,
la nuit bascule dans un ouragan de douceur silencieuse.
C’est l’oubli du sablier, la défaite des fantômes.
Tout, pour quelques instants, dans le parfum d’une mort heureuse,
se cache dans les plis de la robe des anges.

(Robert Momeux)

Illustration: Gaston Bussiere

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Construire l’irréel (Yves Sandre)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2021



    

Construire l’irréel d’une
vibration unique.

Dieu émergera du néant
intérieur.

(Yves Sandre)

 

Recueil: THÉORÈMES et PETITS RIENS
Traduction:
Editions:Amiot Lenganey

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Nirvâna (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2021



Illustration
    
Nirvâna

Tout est aboli, hormis le Seul muet.
Le mental affranchi de la pensée et le coeur de la peine
deviennent dès lors étonnamment inexistants ;
il n’y a plus ni Je, ni Nature, connu-inconnu.
La ville, théâtre d’ombres sans couleur,
flotte et tremble, irréelle ; des formes sans relief
passent comme de vagues silhouettes dans un film ; tel un récif
sombrant dans les abysses sans rivage, le monde n’existe plus.

Le Permanent illimitable, seul,
est ici. Une Paix prodigieuse, sans visage, immobile
remplace tout — ce qui naguère était Je, est en Elle
un vide sans nom, silencieux, satisfait
de disparaître dans l’Inconnaissable
ou de plonger dans l’extase des mers lumineuses de l’Infini.

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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ESTIVALES (René Guyomard)

Posted by arbrealettres sur 13 avril 2020



ESTIVALES

Instants rêvés de rêve faits
Miroitante houle apparences
L’été la saison irréelle
Chacun croit à peine en soi-même

Arc tendu de la voile
Homme flèche volant
Hors de soi dans l’azur

Immortel
Et périssable
Ton corps entre ciel
Et sable

Un pétale meurt
Au coeur de l’été
Nul ne se retourne.

(René Guyomard)

 

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LES ANGES DE L’IRRÉEL (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2019



    

LES ANGES DE L’IRRÉEL

Les anges de l’irréel nous guettent,
les anges du néant.

L’espoir, le désir immense,
c’est toujours un moment de réalité,
rien qu’un moment!

(Jean Tardieu)

 

Recueil: La part de l’ombre
Traduction:
Editions: Gallimard

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LIBERTÉ (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 21 novembre 2018



 

liberté

LIBERTÉ

J’extrais l’irréel
Du champ
De toute matière

Je plante le réel
Au coeur
Des utopies

Je conjugue
Liberté
Sur nos terres
Engourdies.

(Andrée Chedid)

Illustration: Michèle Bombamo

 

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Liberté (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2018



Liberté

J’extrais l’irréel
Du champ
De toute matière

Je plante le réel
Au coeur
Des utopies

Je conjugue
Liberté
Sur nos terres
Engourdies.

(Andrée Chedid)


Illustration

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AURORES DE MOGUER (Juan Ramón Jiménez)

Posted by arbrealettres sur 27 octobre 2018



 

Marais

AURORES DE MOGUER

Les peupliers d’argent
qui sortent de la brume !
Le vent solitaire,
sur les marais obscurs,
qui vient agiter — séisme
irréel — la Huelva
diffuse, rose et lointaine !
Sur la mer, vers La Rábida,
dans le gris perle humide
du ciel, encore dans la nuit
froide après l’aube crue
— horizons de pins ! —
froide après son aube blanche,
la lune éblouie.

***

AURORAS DE MOGUER

¡Los álamos de plata,
saliendo de la bruma!
¡El viento solitario
por la marisma oscura,
moviendo —terremoto
irreal— la difusa
Huelva lejana y rosa!
¡Sobre el mar, por La Rábida,
en la gris perla húmeda
del cielo, aún con la noche
fría tras su alba cruda
—¡horizonte de pinos!—,
fría tras su alba blanca,
la deslumbrada luna!

(Juan Ramón Jiménez)

Illustration

 

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LA PORTE VITRÉE (Jean de la Ville de Mirmont)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2018



porte colorée

LA PORTE VITRÉE

L’ombre du corridor obscur est éclairée,
Tout en haut, par le jour d’une porte vitrée
Aux carreaux de couleur, jaunes, rouges et verts.
Je suis l’enfant rêveur qui regarde à travers.

Son esprit maladif longuement se récrée
A voir sur le jardin une lueur dorée,
Une lumière glauque ainsi qu’au fond des mers
Ou bien un soleil pourpre ensanglantant les airs.

II se plaît en ce monde irréel, où la vie
Semble douce à sa nonchalante rêverie,
Mais si la porte cède, il trouve avec effroi

Le jour gris de l’hiver, au lieu de ce qu’il croit,
Le vent aigre et mauvais, non la douceur amie,
Et dans son coeur qui souffre il sent entrer du froid.

(Jean de la Ville de Mirmont)

 

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